... j'avoue être un peu larguée dans les bus.
En
Indonésie ce n'est pas toi qui prend un "transport" mais c'est le "transport" qui te prend

Le client n'est pas roi. Une fois qu'il a payé il n'est plus considéré. Ou alors comme un "colis", une "denrée" qu'on transporte sans lui accorder plus d'importance que celle qu'on accorde à un colis ou une denrée quelconque.
Quelques exemples :
Le bus de Pekanbaru à
Bukittinggi s'arrête à quelques kilomètres de sa destination. On débarque un client ? L'arrêt s'éternise ! Plus rien ne bouge depuis déjà un bon moment. La nuit est tombée et j'ai hâte d'arriver à destination pour me trouver un hôtel et un restaurant pour diner... pour diner !... et bien c'est justement ce à quoi sont occupé le chauffeur et ses (nombreux) acolytes

Les passagers sont priés de bien vouloir attendre le bon vouloir du "transport"
De
Bukittinggi jusqu'au
Lac Maninjau : à la gare des bus je monte dans celui qu'on m'a désigné et qui est sensé aller au
Lac Maninjau. Départ à... ? On ne pose pas ce genre de question en
Indonésie. Après un long temps d'attente dans le bus, désespérément vide, on me demande de prendre place dans un autre déjà bien rempli et qui ne tarde pas à démarrer, sort de la gare des bus et... s'arrête quelques mètres plus loin juste à hauteur d'un tas de détritus en feu, la fumée pénètre à l'intérieur

C'est reparti et on arrive à Padangluar (4km) et le bus tourne à droite en direction de Maninjau mais s'arrête 100 mètres après le carrefour. Le chauffeur et le receveur se mettent à réparer le lecteur de CD/DVD

Ils quittent le bus et on ne les voient plus revenir

Depuis mon arrivée à la gare de B.ttinggi et le moment où je pète les plombs il s'est passé... 2 heures et on n'a même pas franchi 5 Km

Je n (irais pas au
Lac Maninjau, il est trop tard, je rentre en ville... à pied, peinard

A
Ruteng (Flores) un bus passe devant mon hôtel. Il va à Labuanbajo. Parfait. Je monte et peux choisir une place à la fenêtre vu qu'il n'y a personne dans ce bus. Nous avons quitté
Ruteng... 2h15 plus tard. Après moulte détours en ville et autres retours à la gare des bus. Départ... faux-départ...
Le trajet d'une ville à une autre est composé, schématiquement, de très longs temps d'attente et de courses effrénées, pied au plancher (peut être pour regagner le temps perdu

)
A part ça les Indonésiens sont donc plutôt nonchalants et sympathiques mais peuvent très rapidement devenir désinvoltes et désagréables. Difficile de faire la différence quelquefois.
L'idéal pour se déplacer en
Indonésie est de prendre des "travel", voiture ou camionnette partagée; avec place réservée (pas du genre 3 places pour 4 personnes, non ! 3 places, 3 personnes). Prise en charge à l'hôtel et débarquement au lieu désiré à destination. Ça n'empêche pas les temps d'attente à aller chercher (au départ) et à déposer (à l'arrivée) les autres clients. Prix, en général le double du bus.
Les horaires des bus sont... élastiques. D'où l'expression indonésienne "jam karet", l'heure élastique

Ci joint quelques photos de transports, du "travel" au "bus de luxe" (pas se sonates de Ludwig à l'intérieur mais du boum boum boum boum à fond la caisse

) en passant par des bus "normaux" ou des "camions bus" sans oublier les pannes diverses (crevaison - 30' à 1h pour changer une roue - ou réparation des plaquettes de freins - compter 1h à 1h30)
Images attachées: