Salut Kamiko,
Ton argument sur le créole est peut-être valable pour la
Réunion, mais ne tient pas la route concernant les
Antilles (je précise que j'ai vécu 6 ans en
Guadeloupe et que je vis depuis 6 mois maintenant à la
Réunion).
Les profs locaux aux
Antilles n'adressent que de manière exceptionnelle la parole en créole à leurs élèves.Ce n'est pas interdit bien sûr, mais c'est....contre-indiqué.De même qu'il est généralement mal venu (sauf dans certaines circonstances précises) pour un élève d'adresser la parole en créole au prof.
Aux
Antilles, comme ce doit être le cas sur tout le territoire national, les profs sont tenus de transmettre une éducation républicaine aux élèves.Les spécificités de cultures et particulièrement de langues sont cependant loin d'être bafouées, mais sont généralement transmises dans un cadre privé (famille, amis etc...)
La
Réunion, dans son "parlé", est beaucoup plus créolophone que les
Antilles, d'où la difficulté pour certains jeunes marmailles de s'exprimer dans la langue de Molière.A la
Réunion, le créole est nettement plus "décomplexé"; d'où ta tendance malheureuse à calquer sur les
Antilles des arguments qui seraient valables uniquement pour la
Réunion.
Il ne faut toutefois pas se complaire dans l'hypocrisie; beaucoup de profs métros (pour ne pas dire la majorité), viennent surtout toucher les fameuses primes d'éloignement et de vie chère et éventuellement se dorer la pillule, personne n'est dupe (attention, je ne dis pas que c'est le cas de la personne qui a lancé le sujet, je ne la connais pas).Mais on ne peut rien faire contre ça sans se mettre hors-la-loi (discrimination), même si tout le monde sait que ça peut se pratiquer...en douce bien sûr....car ce n'est pas normal, mais humainement compréhensible (vouloir travailler dans sa région d'origine).
En admettant que le recrutement local eût un effet significatif sur le chômage (ce qui est loin d'être sûr), ce ne serait que de manière artificielle, il n'y a que le dynamisme économique d'une région comme seule arme vraiment crédible face au chômage.
Cordialement.
Ruddy.