Bonjour à tous,
Ayant trouvé très peu d’information sur la question avant mon voyage, je déterre ce vieux sujet pour confirmer qu’en 2019, il est toujours possible de faire l’ascension du
Kilimandjaro sans porteurs. En effet, seul un guide est obligatoire. Explications.
1)
Lorsque je me suis lancé à la recherche d’un guide, j’ai contacté plusieurs agences locales (à
Moshi et
Arusha) depuis l'Europe en demandant s’il était possible de faire l’ascension sans porteurs. Elles m’ont toutes répondu pareil: "impossible sans le soutien logistique d’une équipe », « interdit par les autorités du Parc », etc..
C’est en changeant d’approche que les portes se sont déverrouillées: j’ai contacté d'autres agences en expliquant mon projet, en insistant sur le fait que j’avais déjà fait des treks de plusieurs jours en portant des sacs de 15Kg et en altitude (ne pas hésiter à donner des exemples), et que ma demande était « à prendre ou à laisser ». J’ai alors eu 2 réponses positives.
Vous pouvez me contacter en privé si vous voulez le nom des agences.
2)
Les autorités du parc ne sont pas habituées à voir passer ce genre de trekkeurs (j’étais seulement le 2eme de mon guide en 10 ans). Le 1er jour du trek, en arrivant à l’entrée du parc, j’ai été « convoqué » par le Ranger en chef qui m’a demandé des explications, si je partais volontairement sans porteurs, et si j’étais conscient de la « mission » dans laquelle je me lançais. Il a également voulu contrôler mes affaires (nourritures). A la fin de la discussion (très courtoise, aucune agressivité), il m’a demandé d’écrire une lettre de décharge précisant que j’étais bien volontaire pour m’engager dans ce périple. Et j’ai donc pu démarrer le trek. Il est donc tout à fait possible de faire l’ascension
sans aucun porteurs
Deux autres points un peu hors sujet mais qu’il me semble important de partager:
3)
La période. Malgré les infos que vous trouverez ici et là sur le net, octobre n’est PAS une bonne période pour le
kilimandjaro. En effet, il pleut tous les après-midi, des heures durant, et en grande quantité. Ce ne sont pas de "simples averses passagères" comme on peut lire sur certains sites, ce sont de vraies pluies tropicales. En plus des températures froides, il fait donc humide, et les camps sont très boueux.
Très compliqué de faire sécher des vêtements mouillés dans ces conditions. Si vous prenez l’eau dès le 1er jour, vous êtes condamnés à passer les 5 jours suivants dans vos fringues trempées....Si vous faite l’ascension en style alpin (=sans porteur) et que vous avez donc pris le minimum de matériel, ça peut être problématique.
Même si ce sont les périodes les plus touristiques, il vaut mieux y aller pendant la saison sèche (juillet et août semble les meilleurs mois).
4)
Le froid. Cela peut sembler évident lorsque l’on s’attaque à un somment de 5800m, mais il faut vraiment prendre des équipements chauds. Habitués à faire de l’alpinisme été comme hiver dans les Alpes, je connais ces conditions et pensais avoir pris le matériel adéquat....Et pourtant, j’ai vraiment souffert du froid le jour du sommet. Pourquoi? Tout simplement parce que le rythme imposé par le guide est extrêmement lent (afin d’éviter le MAM). Au
Kilimandjaro, impossible de progresser à son rythme afin de se réchauffer. En suivant le guide, on a parfois l’impression d’être statique, en plein vent (les températures ressenties le jour du somment varient entre -10 et -25°C. Toujours beaucoup de vent). Du coup, il faut s’habiller vraiment en conséquence (notamment protéger les pieds)
N’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions.