L’investissement chinois au
Laos :
Les constructions d’autoroutes et chemins de fer : c’est un thème récurent pour l’économie laotienne. Les chinois venant au
Laos se sont mis en tête de construire d’abord dans les années 1960 une route puis aujourd’hui un chemin de fer reliant
Kunming en
Chine à
Bangkok en
Thaïlande tout en passant par le
Laos. En 1960, le projet dure dix ans et cela sert directement les intérêts de la
Chine. Cette construction chinoise massive s’arrêtera quelques temps quand les relations diplomatiques seront refroidies lors des années 1970 et 1980. Les provinces de
Luang Namtha et Oudomxay ont connu une forte construction routière dans les années 1990 et en 1997 s’est achevée une voie rapide entre Boten et Houexai : reliant le Yunnan au nord de la
ThaïlandeLe développement de la ligne de chemin de faire à grande vitesse sur le chemin de l’autoroute. Ligne qui donne un accès rapide à la
Chine pour la
Malaisie et
Singapour. Mais ce projet de 7 milliards de dollars a été reporté par le gouvernement laotien en 2011, car les chinois demandaient de nombreuses terres autour de cette ligne et cela promettait à l’avenir l’arrivée massive d’immigrés chinois dans la région laotienne
Le développement de la voie rapide (autoroute 3) a permis le développement de Boten, devenue en 2002 une Zone Economique Spéciale chinoise. « Boten Golden City » est désormais chinoise pour 30 ans (et possiblement 60 ans). La ville est sous fuseau horaire chinois, on y parle le mandarin et on paye tout en yuan. Les chinois sont fiers d’avoir fait de cette ville la plus moderne et internationale du
Laos (golf, aéroport international, centre de congrès...)
Le
Laos n’est pas uniquement considéré comme une zone de transit, il attire également des projets d’investissement par des particuliers ou entreprises chinoises qui voudraient s’implanter plus durablement dans le pays
La présence chinoise massive et nouvelle entraine parfois des conséquences néfastes pour l’environnement :
Les chinois pensent rentabilité et profit, or leurs nouvelles activités peuvent dégrader l’environnement comme lorsque certains récoltent massivement des espèces protégées au
Laos pour créer des médicaments prisés en
Chine. En outre, le long de l’autoroute 3, les chinois ont mis en place des plantations massives d’hévéas et de tecks. Comme les chinois traitent en direct avec les locaux, leur promettant de grosses sommes en échange d’un permis de plantation, de nombreux abus sont visibles. Si en 2007 le gouvernement avait tenté de faire face à la déforestation du nord et bloquer ces transactions illicites, il n’y est jamais parvenu
Cependant si beaucoup critiquent la présence chinoise (pensant que le gouvernement « brade » le pays aux chinois) et poussent parfois même l’Etat à reculer face à des projets d’investissement chinois, de plus en plus les laotiens sont satisfaits de cette implantation. Les chinois semblent leur apporter une plus grande prospérité économique, facilitant la consommation et le confort. De plus comme l’explique Danielle Tan, chercheuse à l’Institut de Recherche sur l’
Asie du Sud-Est Contemporaine : les laotiens souhaitent cette présence chinoise pour « contrebalancer la tutelle politique exercée traditionnellement par les vietnamiens ».
Aujourd’hui la
Chine est donc très présente au
Laos par les investissements économiques (elle détrône le
Vietnam en prenant la première place des investisseurs étrangers au
Laos), mais également par les migrations des nouveaux chinois et la revitalisation de ses anciennes communautés déjà bien implantées. Il apparaît également que le gouvernement Laotien, s’il tente de maîtriser cette implantation, n’est pas contre développer de grands projets économiques avec la
Chine, parfois contre l’avis de la population.