Recherche Laurent Vallier habitant au Cambodge Hialle · 8 janvier 2012 à 15:22 · Une photo 14 messages · 10 participants · 12 952 affichages | | | | 8 janvier 2012 à 15:22 Recherche Laurent Vallier habitant au Cambodge Message 1 de 14 · 12 791 affichages · Partager Bonjour, Laurent a 42 ans et il vit depuis 15 ans au Cambodge. Il s'est marié il y a une bonne dizaine d'années avec une khmère qui est décédée à la naissance de leur 4ème enfant. Il habitait à Kompong Speu.
Depuis septembre, on est sans nouvelle de lui et de ses enfants. Il a manifestement quitté son domicile pour fuir sa belle-famille qui le harcelait depuis la mort de sa femme et qui l'a dépouillé de ses biens. On pense qu'il se cache quelque part pour protéger ses enfants, sans doute dans une pagode au fin fond du Cambodge.
Si par cas vous avez entendu parlé de lui, faite signe en mp. Un français avec 4 enfants, cela ne devrait pas passer inaperçu.
MERCI !!!!! Image attachée: Photo postée par le membre Hialle. | | | À: Maddy01 · 11 janvier 2012 à 9:07 Re: Recherche Laurent Vallier habitant au Cambodge Message 3 de 14 · 12 617 affichages · Partager Merci Maddy ! Effectivement message ralayé sur votre site avec une superbe photo (que je ne connaissais pas !) | | | À: Goldandlink · 14 janvier 2012 à 12:42 Re: Recherche Laurent Vallier habitant au Cambodge Message 5 de 14 · 12 459 affichages · Partager Oui, c'est tragique, il n'y a pas de mots pour exprimer ce que l'on ressent. C'est la police qui ce matin vers 7h, heure française, a fait cette macabre découverte. Elle avait perquisitionné la maison il y a quelques temps, mais n'avait pas examiné la marre qui est derrière la maison et qui est profonde. | | | À: Goldandlink · 14 janvier 2012 à 13:05 Re: Recherche Laurent Vallier habitant au Cambodge Message 6 de 14 · 12 401 affichages · Partager Horrible dénouement ! Pas de mot assez fort pour exprimer notre douleur. | | | À: Hialle · 15 janvier 2012 à 10:44 Re: Recherche Laurent Vallier habitant au Cambodge Message 7 de 14 · 10 940 affichages · Partager Quelle terrible nouvelle! Pauvre famille, je pense bien à vous tous et je partage votre peine. Bien a vous. | | | À: Hialle · 16 janvier 2012 à 9:00 Re: Recherche Laurent Vallier habitant au Cambodge Message 8 de 14 · 9 537 affichages · Partager L'horreur absolue et de nombreux points d'interrogation sur les circonstances de ces disparitions. De tout coeur avec la famille | | | À: Hialle · 16 janvier 2012 à 17:34 Re: Recherche Laurent Vallier habitant au Cambodge Message 9 de 14 · 9 254 affichages · Partager salut laurent...
priere pour toi et les enfants | | | À: Cmichel · 16 janvier 2012 à 23:55 Re: Recherche Laurent Vallier habitant au Cambodge Message 10 de 14 · 9 134 affichages · Partager Pour sortir de l’horreur, pour ne jamais oublier ce drame mais surtout, pour ne jamais oublier qui était Laurent et ses petits.
A toi Laurent,
Que de choses nous avons partagées depuis quelques années. La première rencontre, le premier regard, le premier sourire en coin où ton air interrogateur se demandait qui étaient ces nouvelles touristes que tu devrais trimbaler dans ton vieux 4x4 que tenaient quelques bouts de fil de fer. Le chapeau en vrac, la pipe aux lèvres, tu me faisais penser à Indiana Jones. Qui mieux que toi pouvait balader ma p’tite mère de 73 ans à travers le Cambodge, toi qui aimais ce pays comme on aime une mère adoptive qui t’aurait pris sous son aile. Tu m’as toujours dit « la première fois que j’ai mis les pieds au Cambodge, j’ai su que c’était là ». Quel bonheur de te suivre au milieu des hévéas, des plantations de poivre, de traverser le Mékong sur de vieux bacs branlants se demandant si on arriverait de l’autre côté ; de rencontrer cette petite mamie potière qui n’a plus d’âge raconter sa vie, assise dans la cours de sa maison sur son vieux tabouret ; de découvrir ces petites nonnes au puits de lumière. Tu nous as montré le Cambodge tel qu’il ne se révèle pas facilement aux touristes. C’est avec toi aussi qu’on a découvert l’horreur des accidents de ce pays, ce bus qui avait fait moult tonneaux avec ces gens sur le toit. Ta délicatesse et ton respect des mourants au bord de la route forçaient le respect, compréhension totale de cette culture khmère. De rencontres en rencontres, j’étais moins touristes à tes yeux, on s’apprivoisait, on nouait une complicité implicite. Tu aimais raconter ta jeunesse dans ces Pyrénées qui sont devenues mon paysage à moi. Ce n’est plus la voyageuse que tu accompagnais mais la copine qui allait voir sa filleule dans son orphelinat à l’autre bout du Cambodge près de la frontière Thaïlandaise. Ce sont tes yeux à toi qui percevaient l’invisible, les non dits. Rappelle-toi, Laurent, c’est avec toi qu’on a acheté la belle bicyclette bleue à Makara dont elle était si fière. Tu te souviens ? Tu montrais tardivement que tu comprenais la langue pour mieux marchander après. Je n’ai pas eu le temps de te dire, tu es parti juste avant, mais tu sais, Makara fait maintenant des études. Elle est sortie de son bar à putes et deviendra une femme respectée. C’est avec toi aussi qu’on avait acheté 50 paires de tongues pour les petits de l’orphelinat. Ça te faisait marrer. Tu te rappelles aussi les heures passées en voiture dans Phnom Penh pour chercher l’improbable adresse de cet improbable médecin qui finançait soit disant des puits dans les villages ? et toi, stoïque ou râlant comme un fou dans la circulation de la ville, tu as décidé que tant qu’on ne trouverait pas, on continuerait à chercher. Bien sûr que t’avais raison, on l’a trouvé ce médecin, et on a trouvé aussi les puits et le bonheur des gens dans les villages qui avaient enfin de l’eau pour irriguer. Ça te plaisait, ça, ces initiatives individuelles, ces petites associations qui changeaient la vie de quelques paysans. C’est à cette époque que tu m’as ouvert ta famille, ta maison, ceux que tu aimais. Privilège pour moi que de pénétrer dans l’antre de « l’ours ». Ta fierté de père en me présentant tes trois petits, Sovann encore bébé mais qui avait déjà ce sourire qui me faisait craquer. Et ta femme, discrète et souriante qui nous préparait des mets de rois. On parlait bouquins, politique, on mangeait le saucisson que tu me réclamais et tu racontais, racontais... Je t’écoutais pendant des heures comme le fait l’enfant devant la conteuse, enviant cette vie d’aventure. Tes débuts à Kep dans ta guest house. Quelle rigolade quand tu imitais les serpents dans ta cuisine de l’époque. Et comme tu aimais parler de ce film Holy Lola auquel tu as participé, ou encore de ta journée passée à balader Bernard Giraudeau dans l’arrière pays khmer. Ce qui nous reliait aussi, c’est cet amour du monde paysan. Le lycée agricole était un de nos points communs, toi élève, moi prof, ça te faisait marrer. Comment un pyrénéen comme toi s’était passionné pour cette culture du riz qui nous est si peu familière. Et tu parlais fumure, azote, densité de plantation, rendement. Ça aussi, ça te plaisait. Ta ferme, c’était ta fierté. Etre paysan, un besoin pour toi qui remontait bien loin, ancré dans ta tête. Nourrir l’homme ! Je ne t’ai jamais dit combien tu étais précieux pour moi, comme tu m’as aidé à comprendre ce pays au démarrage de la petite association qu’on a monté ensuite. Heureusement que tu étais là pour ouvrir un compte bancaire à Théa, le jeune directeur de l’école que nous parrainions. Tu sais, c’est lui qui a remué ciel et terre pour retrouver ta trace depuis le mois d’octobre. Mais c’est lui aussi qui a téléphoné samedi matin à l’aube pour parler de cette voiture que l’on ressortait de ta marre. Cette putain de marre dont tu nous parlais de la profondeur cet été, cette putain de marre pour laquelle tu voulais trouver un système pour éclaircir l’eau, cette putain de marre qui se faisait l’écho des grenouilles qu’on écoutait avec bonheur le soir à ta terrasse. La naissance de Mickaël devait être le point d’orgue de ta vie heureuse. Ce coup de fil, un matin d’octobre il y a deux ans a eu l’effet d’une lame. Ton fils venait de naître, sa mère mourrait dans les minutes qui précédaient mon appel. L’horreur ! « Pascale, elle est morte ». Les mots ont raisonné longtemps dans mes tempes. La semaine suivante, je te retrouvais à Kompong Speu, devenu papa poule, assumant toutes les tâches que demandaient tes quatre petits. Les biberons, les couches, l’école des plus grands. Ta vie, c’était eux. Tu étais père et mère. Ta petite Sovann se blottissait contre moi, ne me lâchant pas d’une semelle même la nuit. Cette petite qui cherchait les câlins pour elle, rien que pour elle. Ses yeux malicieux et pétillants, embués de tristesse qui exprimaient ce que ses mots ne pouvaient dire. Mais quel bonheur de les retrouver un an plus tard, passer un dimanche ensemble comme toutes les familles du monde à jouer au cerf volant au bord d’une plage le long du Mékong. Johann se débrouillait bien et tenait à ne pas se faire aider, Rasmey s’emmêlait un peu les ficelles et voulait voir son cerf volant s’envoler plus haut que celui de son frère, Sovann éclatait de rire et courait dans tous les sens. Et toi, Laurent, tu donnais la béquée à Mickaël qui ne tenait pas encore très bien sur ses jambes. Plaisir magique, instants de bonheur. Dernière visite cet été. Tu nous doubles avec ton vieux 4x4, les gamins à l’arrière. Notre mobylette a crevé, tu rigoles, tu nous récupères. Fin de journée douce. Les aînés vont à leur cours d’anglais, les deux petits jouent dans le jardin, je fais des pâtés de sable avec Sovann. Les orchidées accrochées à l’arbre devant la maison sont toute en fleur, éclatantes de couleurs. Et comme à chaque visite, de longues discussions nous tiennent une partie de la soirée avec le saucisson et les rillettes. On refait le monde pour la énième fois. Tu es devenu Khmer, mais tes papilles n’ont jamais oublié le Sud-Ouest de ton enfance. Derniers instants ensembles. Les grands partent à vélo pour l’école. Tu t’occupes de Mickaël, nous prenons la mobylette pour repartir vers cette école de Trapaing Anchanh. Tu n’avais plus de temps à nous consacrer pour l’école que nous parrainions, mais tu savais tout ce qu’on y faisait, tu nous suivais et nous accompagnais de tes conseils. Ce dernier jour, je ne t’embrasse pas. Le khmer que tu étais devenu ne fait pas la bise, il joint les mains. C’était un jeu entre nous. On se dit « à la prochaine », ce devait être fin octobre. Mais quand je suis revenue deux mois après, ton téléphone s’était tu à jamais. Je n’entendrai plus les rires de tes quatre amours, je ne verrais plus ton œil moqueur et ton krama autour du cou. | | | À: Hialle · 26 janvier 2012 à 22:20 Re: Recherche Laurent Vallier habitant au Cambodge Message 11 de 14 · 7 926 affichages · Partager c'est une fin bien tragique. Toutes mes condoleances a la famille et aux amis de Laurent.
Pacale,
c'est un bel hommage que tu as fait pour Laurent et ses enfants. Ton texte est beau et bien agreable a lire. Merci! | | | À: Camnet · 15 mars 2012 à 7:14 Re: Recherche Laurent Vallier habitant au Cambodge Message 12 de 14 · 6 818 affichages · Partager Bonjour,
Toutes mes condoléances à la famille.
Depuis que je vis au Cambodge j'en ai appris pas mal sur la police cambodgienne, sa participation au cambriolage et autres affaires glauques, ce sera pas facile si ils en sont mêlé de connaitre la vérité sur cette tragédie. | | | À: Hialle · 10 février 2013 à 20:41 Re: Recherche Laurent Vallier habitant au Cambodge Message 13 de 14 · 4 803 affichages · Partager très très bel hommage Pascale, je viens de prendre connaissance de cette affaire... Ca m'a retourné.... J'espère que les coupables seront jugés malgrè les doutes sur les compétences du gouvernement Cambodgien... L' asie du sud-est est ses multiples arnaques aux farangs/barangs.... Nous ne sommes que des portes-monaie sur pattes pr certains.... La jalousie est monaie courante.....
Paix à son âme et pensée à toute sa famille..... | | | À: Hialle · 24 mars 2013 à 7:24 Re: Recherche Laurent Vallier habitant au Cambodge Message 14 de 14 · 4 386 affichages · Partager Bonjour Pascale ;
je viens de voir des nouvelles de cette tragédie à ce propos du journal du Cambodge.
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Le crime de Laurent Vallier et de ses quatre enfants.
n'est plus une hypothèse mais une certitude acquise :"Des avancées extrêmement sérieuses ont été réalisées. Elles permettent désormais d'écarter l'hypothèse du suicide", a précisé un communiqué de l'ambassade.
"Les échanges de pièces et de procédure, les recherches de police technique très délicates et les nombreuses auditions n'ont été possibles que grâce à une collaboration très efficace et constante des équipes cambodgiennes" poursuit le communiqué.
Chhim Rithy, un magistrat de Kampong Speu où habitait Laurent et ses enfants, a indiqué à l'AFP que des traces de sang avaient été découvertes sur une corde à l'intérieur de la maison des victimes. "Ce n'est pas un suicide", a-t-il convenu.
La police cambodgienne, qui mène elle aussi son enquête, a toujours refusé de commenter le dossier. Le grand-père des enfants, Tith Chhuon, a de son côté affirmé qu'il ne croyait pas en la thèse du suicide, convaincu que son gendre et ses quatre petits-enfants avaient été assassinés. Cette thèse contre laquelle s'est battue la famille française de Laurent et dont la pugnacité est pour l'instant partiellement récompensée, il reste à trouver le(s) auteur(s) du crime. R.B Source >> lejournalducambodge.blogspot.fr/...llier-et-de-... | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 12 979 visiteurs en ligne depuis une heure! |