Pierre --
A l’attention de
Monsieur le Président de la République de
Madagascar
Monsieur Le Président de la République,
Le 17 mai 2007 j’épouse Mme KARA Marie-
Thérèse en la mairie d’Uffheim (68), assorti d’un contrat de mariage avec séparation de biens. Il est à noter que mon épouse possède la double nationalité malgache/française, âgée de 48 ans, et moi de nationalité française, âgé de 53 ans.
D’un commun accord nous avons projeté de nous installer à
Majunga, ce qui sera fait en avril 2008, pour y construire notre maison pour notre future retraite. Pour financer ce projet j’ai vendu ma maison (un bien personnel) en
France.
Pour se faire nous achetons un terrain dans le quartier de l’Université, Ambondrona.
En mars 2010, la construction arrive à son terme, et en avril nous y emménageons. A daté de ce mois mon épouse ne cesse de me tenir un langage outrancier, grossier, entrecoupé de provocations. Elle me bloque le passage entre deux pièces, m’obligeant à la bousculer. Elle se jette à terre, puis me menace. Nous avions de temps à autre des querelles de couple, comme tous les couples, comme la fois, en
France, où mon épouse voulait m’interdire de fréquenter mon beau-frère Jean-Louis Geist, le mari de sa sœur. Je lui avais alors expliqué que cette façon de faire ne faisait pas partie des clauses du mariage, qu’elle ne pouvait pas me fixer de telles conditions. Il faisait partie de la famille et c’était mon droit de le fréquenter.
Depuis avril 2008, je remarquais des changements dans son comportement. Lorsque nous étions invités chez son frère Bezandry Jean-Claude, ces derniers, ainsi que mon épouse, parlaient systématiquement malgache. Ce faisant, moi je ne comprenais rien et j’avais la nette impression d’être de trop. C’est à cette époque également que disparait mon agenda, avec les coordonnés de mon fils de mes amis en
France.
Sur le chantier, mon épouse me faisait des remontrances devant les ouvriers. A mon tour je lui signalais que j’étais le patron sur mon chantier, que si elle avait des griefs à formuler contre moi, elle pouvait me les dire en privé. Régulièrement de grosses sommes d’argent disparaissaient de la maison. Je gardais la chose pour moi, mais je soupçonnais mon épouse d’en être l’auteur. Mes soupçons se sont confirmés après le passage en vacance de sa fille, en octobre 2010. Il est vrai que j’avais fait naitre de la convoitise et de la jalousie dans l’entourage familial. Mais j’étais loin de m’imaginer un tel degré de jalousie.
J’exploitais un camion, je faisais des livraisons de sable, tout venant pour la construction, je livrais des clients. C’est en janvier 2011 que mon ancien chauffeur me déclarera enfin que mon épouse me détournait la moitié de la recette, soit près de 10 millions d’ariares sur l’année.
A plusieurs reprises, un autre frère, Félicien Kara, m’a escroqué de plusieurs dizaine de millions d’ariares, et ceci avec l’aval de sa sœur, mon épouse, et de son frère Jean-Claude. Ce frère, ai-je du apprendre, est un trafiquant notoire d’huile de cannabis.
En novembre 2010, les choses montent d’un cran. Je lui explique que je veux vendre deux de mes véhicules, une fiat brava et un Chrysler voyager, pour acheter un véhicule tout terrain, plus adapté aux routes du pays. Il est vrai qu’en période de pluie, rouler avec une fiat brava sur les chemins d’Ambondrona, quartier de l’université, n’est plus possible. Lorsque je trouve un acheteur pour la fiat, mon épouse a tout simplement fait opposition sur les cartes grises, sans motif réel, au bloc administratif. J’entame une procédure au tribunal d’instance afin de demander la main levée sur les cartes grises.
Il est à noter également que les cartes grises des véhicules que nous possédons sont toutes à mon nom, et acquises bien avant le mariage (2001, 2003, 2004, 2005). A ce jour le problème n’est toujours pas réglé. Le tribunal convoque mon épouse par trois fois pour l’entendre, mais elle ne se présente à aucune des convocations.
Début novembre elle refuse de me préparer les repas. Pourtant je fais tous les jours le bazar. Un officier de police judiciaire ainsi que deux de mes ouvriers en sont témoins. L’officier de police judiciaire, qui est aussi un ami de notre couple, décide alors que je prendrai dorénavant mes repas chez lui. Le repas du soir je le prends chez des amis qui tiennent une épicerie de quartier. Ils sont également mes clients pour ce qui est de l’approvisionnement en riz et charbon. Ce sont aussi ces personnes qui se sont chargés de me laver mon linge personnel. Je paye le repas du soir et le lavage de mon linge. Je ne voulais en aucune façon abuser de leur gentillesse.
Début décembre 2010, elle porte plainte au commissariat central, puis au tribunal, contre moi. Je l’insulterais, je la frapperais, je ne lui donnerais pas d’argent pour faire le bazar, j’insulterais les malgaches. Je suis entendu par les inspecteurs de police, et le dossier est classé sans suite. A notre domicile, elle m’agresse en me jetant de la tisane au visage. Elle jette plusieurs sceaux d’eau sur mon matelas, pour m’empêcher de dormir, me coupe la moustiquaire, me frappe avec un sceau d’eau vide au visage. Une attestation médicale est établie. J’ai même été arrêté, par des policiers, à mon domicile après 21 heures, ce qui est interdit, soi-disant pour des violences conjugales. En fait mon beau-frère a payé plusieurs de ces policiers. Ce soir-là lorsque j’arrive au commissariat, l’inspecteur Nourdine, chargé du constat, étonné de voir, ne sachant trop ce qui se passe, me demande : « Pierre qu’est-ce que tu fais ici ? ». Je lui réponds que je n’en sais rien moi-même, et je lui explique la situation. Il prend note, et vers 23 heures, je suis libre. Mon beau-frère, Jean-Claude Bezandry, me commande un taxi pour que je puisse rentrer chez moi, mais un officier de police s’interpose et refuse, il craint pour ma vie. Je dors chez lui. Le lendemain je regagne mon domicile.
Le 22 ou 23 décembre, un cousin, pasteur, son frère Jean-Claude et son épouse Laurence, et une quatrième personne dont je ne me souviens plus le nom, nous rendent visite à domicile. Sans m’insérer dans la discussion, j’ai néanmoins la politesse de les écouter. Le pasteur cite quelques passages bibliques. Le frère de mon épouse les commente, ce qui finit par m’exaspérer. En réponse je lui dis : « la tradition malgache veut que, quand les parents sont décédés, le grand frère joue ce rôle de parent. Lorsqu’un problème surgit dans la famille, il écoute les griefs de l’un et de l’autre, afin de se faire une opinion. Après quoi il peut suggérer des solutions. Toi tu n’as fait qu’écouter ta sœur, sans jamais venir me demander ce qui se passait. Qui plus est tu n’as jamais réprimandé ton frère escroc. Pour moi tu n’es qu’un hypocrite, et tu te permets de venir me faire la morale. Tu n’es plus le bien venu chez moi ». Sur quoi il me répond qu’il viendra sur mon terrain aussi souvent qu’l le voudra, qu’il est sur ce terrain ‘ chez lui’. J’abrège la discussion et je quitte la pièce. A mon retour, au bout de 15 minutes, il me fait des excuses que je ne peux accepter.
Le 25 décembre il m’invite à déjeuner, invitation que je décline.
En janvier 2011, après mûres réflexions, et mon épouse refusant toute discussion et compromis,
je dépose une demande en divorce auprès des Maîtres DUCOS et MALALA.
Mon épouse disparaît six semaines. Je le signale au chef fokotan d’Ambndrona, sur les conseils de mes avocats.
Avec l’aide de sa cousine, RAFOLISSISOA Hanitriniala, Présidente des Droits de l’Homme, possédant un cabinet d’avocats, et travaillant au CENI, mon épouse monte un dossier avec (photos... ?), verse une somme de 15 000 000 fmg au ministre de l’intérieur de l’époque, avant le remaniement de mars 2011. Ces informations m’ont été données par le grand patron de la police, de
Tana.
Le commissaire de l’immigration, Monsieur CLEMENT Eugène me convoque une première fois en février, je ne me souviens plus trop. Il me pose des questions, me demande si j’ai une maîtresse (je lui réponds NON), puis nous discutons longuement. Je lui fais part de mon souhait de divorcer. Son but était manifestement de nous aider à trouver une solution à l’amiable. Je le remercie de son aide, et lui dit que je ne suis pas contre cette idée, mais qu’il n’est possible d’avancer vers cette solution positive que si les deux, mari et femme, communiquent, seul je ne peux rien faire. De plus, que faire quand la confiance ne règne plus. Ce qui n’était manifestement plus le cas pour mon épouse, puisqu’elle avait préconisé une solution plus radicale.
De passage à
Majunga, le grand patron de la police, dont je ne me souviens plus de son nom, m’a lui aussi convoqué. Il me pose quelques questions au sujet de mon épouse : où est-elle ? Vous l’auriez tué... !! Ai-je une maîtresse ? Cela m’a fait éclater de rire. Je me souviens lui avoir dit « je la suppose à
Tana, moi je suis tranquille, je profite du calme, j’ai l’impression d’être en vacance ». Puis nous avons discuté, le même genre de discussion qu’avec le commissaire Clément, lui aussi m’encourageant à trouver une solution positive. Je lui ai fait les mêmes réponses qu’au commissaire.
Vers le 7 mars mon épouse rentre au domicile.
Le 8 mars nous sommes convoqués tous les deux chez le commissaire Clément. Devant lui je lui déclare à nouveau que je ne suis pas contre le fait de trouver un compromis, mais qu’elle devait accepter certaines conditions (citées plus haut). Elle accepte de faire l’effort de discuter, car elle refuse de divorcer. Elle m’accuse d’avoir une maîtresse, d’avoir donné près de 16 millions d’ariares à l’officier de police Etienne Eric, pour sa construction, ami de la famille, d’être un ivrogne.
Le mercredi 9 mars je constate à nouveau un vol de 300 OOO ariares dans la chambre de la 1ière maison, où je dors, ainsi que le vol de mes papiers d’identité.
Le 11 mars j’ai encore une discussion avec le commissaire de l’immigration.
Le 12 mars, après avoir pris mon petit déjeuner, comme à l’accoutumée depuis novembre, auprès d’une dame âgée du quartier qui tient un petit commerce, un policier de l’immigration vient me chercher et me conduit au commissariat de l’immigration. Il est 8h 30.
L’officier de police me tend un courrier et après lecture j’apprends que je suis expulsé du territoire avec interdiction de revenir, avec un délai de 48 heures. Mon avocat Maître Ducos est à
Paris pour un bilan de santé, et si je vais déposer plainte pour vol de papiers d’identité dans un commissariat, je serai arrêté. L’après-midi de ce samedi, à 17 heures, un huissier me remet une convocation pour me présenter au tribunal à 16 heures, alors que le tribunal est fermé pour le week end.
La semaine suivante j’apprends que mes comptes bancaires et dépôts à termes sont bloqués.
Je quitte le territoire malgache le 30 mars 2011, alors même que la police des frontières n’était pas au courant de mon expulsion, sans avoir pu prendre mes effets personnels, sans argent et sans mes papiers.
Aujourd’hui je suis SDF, sans domicile fixe et sans emploi. J’ai appris que mon épouse a logé la famille de son frère sur notre terrain. Elle a vendu le camion. Elle ne cesse de menacer la dame âgée chez qui je prenais mon café, et je la soupçonne d’avoir voulu faire enlever la petite fille de 10ans de la famille qui tient l’épicerie-bar ‘le
Vietnam’, ceux-là même qui me préparaient le repas du soir et me faisaient laver mon linge.
Cela conforte les rumeurs qui couraient en
France, dans la famille, avant notre départ, et qui laissaient entendre que mon épouse allait à
Madagascar, y construire une ‘maison familiale’.
Aujourd’hui je me dis que j’ai été stupide, trop peut-être, à vouloir faire confiance à mon épouse.
Mais s’il ne peut y avoir confiance, quelle valeur devrais-je donner à mon couple ?
J’ai travaillé près de 38 ans, fait des sacrifices, économisé, vendu ma maison.
J’ai voulu donné un autre sens à ma vie, avec mon épouse. Je nous ai construit une maison pour notre retraite. J’ai eu à cœur de chercher et trouver des personnes de confiance malgaches, de leur offrir un travail, une opportunité qui leur permette de vivre décemment. J’ai été satisfait de leur service, et ils m’ont apporté beaucoup de plaisir, de joie intérieure, malgré la conduite indécente des membres de ma famille, pour qui, avoir justice se résume à payer des pots de vin, des dessous de table.
Je regrette profondément que certaines personnes achètent leur justice à coup de billets, mais je ne mange pas de ce pain. J’ai foi en la justice.
Le drapeau malgache a trois couleurs (rouge, vert, blanc). Elles ont une symbolique. Le rouge
Symbolise la souveraineté, la force de l’état malgache. Le blanc renvoie à la pureté de cœur, à la loyauté des Malgaches. Le vert est synonyme d’agriculture, de biodiversité, mais aussi d’espoir (Maïtson ‘ny Fanantenana). Tout ceci n’a de valeur que si l’on bâtit sur une justice équitable et égale pour tous, et non parce certaines poches débordent de billets.
Je pense avoir bonne réputation auprès du chef fokotan d’Ambondrona, ainsi qu’auprès du service de l’immigration, et bonne réputation en général.
Mon désir dans la vie, mon seul désir, que j’avais exprimé à mon épouse, en 2008, quand j’ai lancé mon projet de m’installer à
Madagascar, construire notre maison de retraite, et vivre une vie paisible, au sein de la famille.
J’en appelle à Monsieur Le Président de la République de transition, accordez-moi la possibilité de retourner à
Madagascar, rendez-moi mon visa de long séjour qui m’a été retiré injustement, permettez-moi de réaliser mon projet avec mon épouse, si cette dernière veut encore y croire, et de vivre parmi les personnes de mon quartier pour qui j’ai beaucoup d’estime et de respect.
Veuillez recevoir, Monsieur le Président de la République Malgache, l’expression de mes sentiments les plus distingués.