| Makalu 2015: exploration du glacier du Barun et ascension du Kamepe Ri Gazipach9 · 19 novembre 2015 à 12:11 · 58 photos 28 messages · 11 participants · 5 328 affichages | | | | 19 novembre 2015 à 12:11 Makalu 2015: exploration du glacier du Barun et ascension du Kamepe Ri Message 1 de 28 · Page 1 de 2 · 4 487 affichages · Partager
Du 8 au 27 octobre 2015
Avant-Propos:
Pour cette troisième exploration des vallées du Makalu, nous avions vu gros: Surplomber Shersong pour découvrir simultanément l' Everest et le Kanchenjunga, aller jusqu'au pied du Cho Polu, enfin vaincre un sommet de plus de 6000m et admirer le Barun Tse.
J'avais recruté un partenaire sur trekkingpartners.com pour sécuriser la progression, toujours risquée en haute montagne. Mal m'en a pris puisque l'individu m'abandonna à Kongma, prétextant un sac trop lourd, des pieds endoloris et le mauvais temps! Il me faudra, à l'avenir, prêter plus d'attention à la sélection des candidats à l'aventure!
Il a donc fallu rabattre un peu mes ambitions mais le plus important a été effectué (mon premier 6000 en solitaire!). De plus, l'extraordinaire vallée du Barun, pour la première fois, s'est découverte sous un superbe soleil d'automne.
Par chance, j'arriverai à me déplacer malgré la crise du pétrole qui secoue le Népal. Peu de jours après mon retour, les vols intérieurs seront annulés pour cause de pénurie... Après le tremblement de terre du 25 avril dernier, il faut que les népalais soient particulièrement sereins pour supporter avec autant de calme tous ces malheurs et toutes ces privations sans broncher!
Les trekkeurs seront plus nombreux qu'en Mai 2014 sur les chemins du camp de base. Après, ce sera la grande solitude, rompue par quelques corbeaux tentant de me voler ma maigre pitance. J'aurai tendance à sympathiser davantage avec les guides et les Sherpas qu'avec certains touristes fort exigeants et parfois irascibles. Je suis de plus en plus opposé aux voyages organisés expédiant des gens sans effort en altitude et laissant dans la montagne des tas d'ordures comme souvenirs éternels de leurs passages (voir en annexe : La trekkeuse et ses porteurs).
Préparation:
Le même matériel est utilisé qu'en mai 2014. J'embarque cette fois-ci 4.5 kg de nourriture pour 6 jours prévus d'autonomie sur le glacier du Barun. Je suis chargé de 20 kg avec l'eau et l'essence (c'est trop, mon dos s'en ressentira).
Les routes sont inscrites à partir de Google Earth sur le GPS comme d'habitude. Le glacier du Barun a été mis sens dessus dessous, probablement par le tremblement de terre du 25 Avril, et, dans cet enfer d'éboulis et de crevasses béantes, mes prévisions de routes ne serviront pas à grand chose...
Situation:
Accès et Budget:
Je voyage de nouveau avec Air India (620€, bon service). Il est facile de trouver moins cher mais les escales sont souvent fort longues... Au retour, nous arriverons avec plus d'une heure de retard à Delhi mais l'avion pour Paris nous attendra sagement. Yeti Airlines, comme les autres compagnies, a augmenté ses tarifs en 2015 (247€ AR). J'ai utilisé des jeeps privées pour le trajet Khandbari - Num (600Rs à l'aller, mais 3000Rs au retour) par crainte de pénurie de pétrole mais aussi pour le confort!
Sur place, au Népal, la dépense, tout compris et sans trop compter, a été de 500€ (avec 4 jours d'autonomie "gratuits"). Avec les vols domestiques et internationaux, la dépense totale s'élève à 1370€, incluant visa et accès au parc. Pour une telle aventure et lorsque l'on regarde les catalogues, cela reste vraiment très bon marché!
Il faut compter en moyenne 15 à 20€/jour pendant le trek lui-même, quand on ne consomme pas de bière (350 à 500Rs la bouteille, lui préférer le raksi local ;-)
Agenda:
Altitude à l'étape:
Altitude = f (Distance):
Dénivelé Total Quotidien:
Le Trek au Jour le Jour:
Jeudi 8 Octobre: de Num à Seduwa -
départ 11h35 - arrivée à 17h55 - altitude 1564m
Le voyage en jeep a été très confortable. Sur la route, les montagnes convoitées se découvrent déjà au loin. C'est un appel à l'aventure!
Ce n'est pas vraiment la grande forme pour ce premier jour qui n'est pas le plus facile. De Num, Seduwa paraît toujours fort proche, à la même altitude et juste séparée par la vallée de l'Arun. Juste: il ne faut pas oublier la descente de 750 m puis la montée de 820 m. Nous ne nous pressons pas et nous arriverons à la tombée de la nuit à Seduwa.
Du 9 au 11 Octobre: Interruption dans la région de Seduwa, Robesha, Tashigaon
Voilà trois jours d'interruption pour mener à bien les audits nécessaires à l'avancement des projets en commun avec Friends of Nature. Je découvre une cascade bien agréable pour prendre un bain à une petite demi-heure du village.
Lundi 12 Octobre: de Seduwa à Tashigaon
Lever 6h45, départ 8h40, arrivée 13h15, altitude 2200m
La marche est facile aujourd'hui. Il faut prendre garde de ne pas accrocher de sangsues, en marchant autant qu'il est possible sur les pierres du chemin. La seconde moisson de riz de l'année a commencé et l'activité bat son plein dans les champs.
J'en profite pour visiter l'école de Tashigaon, récemment équipée. L'accueil est chaleureux. Le temps s'est couvert dans la matinée mais nous évitons la pluie. Je m'installe dans le seul lodge ouvert.
Mardi 13 Octobre: de Tashigaon à Kongma
Lever 6h, T intérieure 14°C, départ vers 8h, arrivée 15h30, altitude 3614m
Le temps est beau en début de matinée et se couvrira fortement dans la montée pour terminer par un orage très violent en soirée avec grêlons et neige. Le climat tropical a brutalement laissé place à l'hiver.
Ce jour est probablement le plus difficile de tout le parcours avec l'ascension de 1450m qu'il impose. Le "partenaire" montre des signes de fatigue et de mauvaise humeur anormaux et alarmants. Le seul avantage de la situation est qu'elle est réversible. C'est comme cela que je me réconforte en me demandant comment j'arriverai à le traîner jusqu'au glacier du Barun...
Nous déjeunons à mi parcours dans un petit restaurant (N 27.642, E 87.2152, 2939m) appartenant au fils aîné de la propriétaire du lodge de Kongma et ouvert pour la circonstance. C'est une affaire de famille sur toute la route jusqu'au camp de base...
Je repère l'embranchement probable du chemin pour la vallée d'Isuwa (Ishuwa) sur la crête (N 27.647117° E 87.209821°). Ce peut être un futur trek. Il n'est pas dit que le chemin se poursuive très loin. La descente puis la progression en pleine jungle, si le chemin disparaît, me paraît compromettante.
Il pleuviote quand nous arrivons à Kongma où deux nouveaux lodges se sont construits depuis 2014. Je reste fidèle en m'installant dans le plus ancien.
Dans la soirée, alors que la neige commence à blanchir les alentours, un guide m'affirme que le mauvais temps durera une semaine encore car la pluie doit nettoyer la terre du sang des animaux sacrifiés pendant la fête hindoue du Dashain. C'est pratique. Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, le "partenaire" m'apprend qu'il m'abandonne à mon triste sort...
Mercredi 14 Octobre Acclimatation à Kongma
La pluie a remplacé la neige dés le matin. J'avais envisagé de franchir les quatre cols pour arriver à Dobato dés aujourd'hui, en négligeant l'acclimatation, précaution pourtant nécessaire. Le mauvais temps me persuade qu'il vaut mieux rester à Kongma. Je passe une bonne partie de la journée au lit, sous 3 couches de blanquettes pour ne pas me refroidir.
Je rencontre deux jeunes trekkeurs allemands qui me reconnaissent. Ils ont organisé leur trek avec les renseignements de mon livre de bord de mai 2014 et reviennent du camp de base. Voilà une agréable surprise liée à la célébrité naissante de mon site! Ils espéraient aller jusqu'à Sherpani mais ils ont abandonné, sans accompagnement... Dommage que nous ne nous soyons pas croisés plus tôt.
Jeudi 15 Octobre: les quatre cols jusque Dobato
levé 6h15 - T intérieure 7°C - départ 7h20 - arrivée 13h30 - altitude 3900m
Comme j'ai l'habitude à Kongma et au-dessus, c'est une course perdue à l'avance contre la montre avec les nuages. Le soleil commence à peine à donner que des brumes s'arrachent déjà des coteaux gorgés d'humidité. Celles-ci montent pour s'accumuler vers 4000m. Je pars avec le soleil et arrive à Kongma la à 8h. J'aperçois encore la chaîne de montagnes à l'Est, dominée par une couche de nuages de haute altitude. Parmi elles doit se cacher le Kanchenjunga (8586m et troisième sommet du monde). Il paraît qu'on le voit d'ici par temps dégagé. Les sommets coiffant la vallée d'Isuwa, sont quant à eux, totalement cachés.
La vallée de Tashigaon à Num est toujours sous le clair soleil du matin. Elle me semble déjà bien loin.
Une pluie fine me rejoint vers le 3ème col (Shipton la, 4230m) qui se transforme bientôt en neige jusqu'à mon arrivée à Dobato. La marche est mille fois plus facile que l'année dernière car le chemin est libre de toute neige ou glace. Je fais cependant attention à chaque pas de ne pas glisser sur les pierres humides. J'attrape un léger mais persistant mal de tête, malgré l'acclimatation d'hier. Un cachet d'ibuprofène ne le supprime pas complètement. Je me force à manger sur la route en m'abritant sous le toit d'un bâtiment nouvellement construit.
La neige redouble à proximité de Dobato et je suis heureux de retrouver Pemba Sherpa qui m'accueille avec sa bonne humeur. Nous déjeunons ensemble d'un délicieux dalbath aux abats, arrosé de thé.
Vendredi 16 Octobre - Acclimatation forcée à Dobato
Vers 5h30 du matin, le crépitement sur le toit de tôles de la neige glacée me réveille. C'est plus qu'un mauvais présage. Je ne me précipite pas pour un départ aux aurores... Il neigera toute la journée et je commence à désespérer de la météo. Apparemment, le sang des sacrifices de Dashain ne se lave pas facilement. J'essaie de gérer ma journée pour que le temps ne s'écoule pas trop lentement. L'arrivée de trekkeurs, dans l'après-midi, me donne l'occasion de discussions animées. Six français arrivent de Yangle avec une armée de porteurs. L'un d'entre eux m'apostrophe brutalement car il trouve honteux d'utiliser les services d'enfants de 12 ans et portant des charges élevées (30 kg). J'ai beau essayer d'argumenter en lui disant qu'il devrait faire pression sur son agence de voyage, que je n'y suis pour rien, que je suis moi-même simultanément guide, porteur, et trekkeur, rien n'y fait mais le temps passe et c'est le principal. Voir annexe "la vieille trekkeuse et ses porteurs".
Samedi 17 Octobre - de Dobato à Yangle kharka
levé 6h - T intérieure -1°C - départ 7h - arrivée 13h40 - Altitude 3620m
Comme pour me rassurer des doutes d'hier et me surprendre, il fait plein soleil ce matin! De quoi punir ceux qui ont renoncé trop rapidement à cause du mauvais temps et récompenser ma ténacité! J'ai laissé un peu de vivres à Pemba car je ne pourrai d'ores et déjà pas rester 6 jours sur le glacier du Barun. Il est inutile de me surcharger inutilement.
La brume monte de l'Est, poussée par un vent glacial. Les éboulis bordant le Barun ont été un peu consolidés depuis mai 2014 et la progression se fait un peu plus aisément. A Yangle que je retrouve sous la brume, le jeune propriétaire me reconnait et je retrouve un couple d'espagnol rencontré à Seduwa. Ils reviennent du camp de base où ils ont eu beau temps. Cela me redonne confiance et courage. Encore une bonne soirée au coin du feu.
fin partie 1 | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Gazipach9 · 19 novembre 2015 à 12:34 Re: Makalu 2015: exploration du glacier du Barun et ascension du Kamepe Ri Message 2 de 28 · Page 1 de 2 · 4 456 affichages · Partager Partie 2 Dimanche 18 Octobre - de Yangle à Shersong
levé 5h45 - T intérieure +1°C - départ 7h - arrivée 15h06 - Altitude 4698m
C'est la troisième journée difficile du trek avec un dénivelé de plus de 1000m. J'estime que l'acclimatation double à Kongma et Dobaté doit suffire. Cette année, le lodge de Langmale est ouvert et permet un arrêt de sécurité pour les trekkeurs sans tente.
J'ai la surprise de découvrir la magnifique vallée du Barun sous le soleil. Les paysages sont grandioses, en même temps encore très verts mais bordés de falaises ocres et sombres, gigantesques. Plus loin se profilent les hautes montagnes enneigées que je dois rejoindre en deux petits jours maintenant.
Un léger mal de tête m'accompagne sur toute la montée. Le vent d'Est reste glacial et le soleil peine à me réchauffer dés que je m'arrête pour souffler un peu.
Je n'ai croisé qu'une jeune maman et son bébé de toute la journée. Elle me demande où se trouve mon guide et mes porteurs. Quand je lui réponds que je suis seul, elle reste très dubitative. Cette situation lui semble totalement improbable. Elle me quitte avec ses doutes.
Je retrouve mon camp à Shersong et je plante ma tente dans le même enclos. L'ibuprofène supprime la migraine. La soupe au poulet mélangée aux grains de semoule est un régal.
Camp de Shersong, bordé par les Pics 6 et 7 Il n'y a déjà plus personne ici. C'est l'orée du monde minéral.
Lundi 19 Octobre - de Shersong au Camp du Barun
levé 6h07 - T intérieure -4°C - départ 8h25 - arrivée 15h24 - altitude 5122m
Le grand beau temps persiste! Je peux profiter de la vue sur les pics 6 et 7 (6758m) d'un côté et le Makalu (8485m, cinquième sommet du monde) de l'autre.
Le Makalu, 5ème sommet du monde - 8485m
Tout est couvert de givre. Il faut beaucoup de temps pour démonter le campement et sécher le duvet et la tente. Le duvet sèche sur un muret de pierre. La tente restera mouillée au pliage.
Je pars donc fort tard mais j'arrive rapidement au camp de base, à 10h40. Le lodge de Pasang est cadenassé. J'apprends qu'elle s'est mariée cette année et est partie vivre à la frontière du Tibet. Je profite de la halte pour déjeuner d'une plâtrée de riz et de patates arrosée de thé dans le dernier lodge ouvert (700Rs!)
emplacement du Sandy Camp, avalé par le glacier
Je m'engage ensuite sur le chemin de Sandy Camp. Tout va bien jusque 5000m. Je suis ensuite des cairns que je n'avais pas vus l'année dernière.Comme ils m'emmènent vers une sorte de plateau, je ne m'inquiète pas en pensant que j'ai peut-être trouvé une solution pour gravir la centaine de mètres séparant le glacier de la moraine où se situe Sandy Camp. Malheureusement, je dois constater que le chemin se termine sur des éboulis dangereux car totalement instables. Il est impossible d'y progresser, même lentement. Un bloc de granit qui lâche me blesse le tibia. Le GPS m'indique que je suis encore à 1.4 km de Sandy Camp. Je ne reconnais rien de la configuration de l'année dernière. Plus j'avance, moins j'arrive à deviner où se trouve Sandy Camp. A 14h30, il faut que j'accepte l'évidence: Sandy Camp a disparu. La moraine, avec tout le versant de la montagne a glissé dans le glacier. Lui même est méconnaissable. Il se compose d'immenses cratères, de monts de caillasses et de crevasses béantes.
Je continue de progresser dans les éboulis en pente et finis par apercevoir sur le glacier un petit promontoire à peu près horizontal. Je m'y achemine lentement. Cette plate forme de sable fin est craquelée de petites crevasses. Le sol est instable partout mais c'est bien là qu'il faut que je m'installe pour la nuit. Je n'ai pas d'autre option.
Camp sur le Barun
Je dois retourner sur mes pas pour chercher l'eau du dîner et du petit-déjeuner dans une crevasse. Quand je remonte, je chasse un corbeau qui a commencé à déchirer mon sac de provisions. Il était temps! Il n'a pas eu le temps de les entamer. Mon nouveau campement est plus bas de 80m par rapport à Sandy Camp disparu. A la nuit tombante, je peux apercevoir le sommet de l' Everest derrière le Lhotse.
Mardi 20 Octobre - Du camp du Barun au Camp de Base du Kamepe Ri
Levé 5h49 * T intérieure -6°C - départ 7h45 - Arrivée 12h40 - Altitude 5472m
La progression semble à première vue moins difficile que la veille. Il n'en est rien. Les amas d'éboulis restent très peu propice à la marche. Je tombe en me tordant la cheville droite. Une petite douleur apparaîtra ensuite dès la moindre torsion. Je suis rassuré d'avoir emporté une chevillère et des bandes de compression.
Vers le glacier latéral de Sherpani
J'avais prévu d'aborder le glacier latéral de Sherpani par le bas, c'est à dire par le glacier du Barun plutôt que par le promontoire formé par la moraine. La destruction de la moraine de Sandy Camp ne me laisse pas le choix: c'est devenu la seule voie possible. Je m'engage dans un goulot assez étroit par lequel s'écoule l'eau de fonte du glacier. Ici, rien ne tient, que ce soit les pierres au sol ou les parois de terre et de pierres creusées par le torrent.
J'ai aussi des difficultés pour reconnaître le camp de l'année dernière. Tout semble avoir été chamboulé, ici aussi. Avec moins de violence. Je trouve des empruntes de pas qui me confirment que des trekkeurs sont passés par ici récemment. On m'avait averti à plusieurs reprises que deux groupes avaient tenté de rejoindre Sherpani pass.
Je profite du soleil pour faire une petite lessive et me laver un peu. L'eau du petit torrent a tendance à dévier pendant l'après midi avec son débit croissant du fait de la hausse de température. Il vient envahir mon campement! Je construis une petite digue avec des pierres et de la terre pour qu'il reste dans son lit d'origine. Ma cheville ne me fait plus mal.
Coucher de soleil sur le Makalu, vu du Camp de Base du Kamepe Ri
La fermeture du double toit, qui fonctionnait déjà mal, dysfonctionne totalement. C'est peut-être du au sable fin? Je peste car c'est le pire endroit où cela pouvait se produire! Je répare en perçant le tissu et en cousant tout au long une fermeture plus ou moins étanche avec ma corde au diamètre trop important. La réparation me permettra de conserver un peu de chaleur.
Mercredi 21 Octobre - Ascension du Kamepe Ri - 6132m
Levé 5h40 - T intérieure -9°C - départ 7h - arrivée au sommet 12h (N 27.864611°, E 87.017533°) retour CB 15h24
C'est le jour J. Tout les efforts qui précèdent ont été effectués pour vaincre ce sommet. Si les monstres qui nous entourent, Baruntse et Makalu sont inaccessibles, l'ascension, entamée l'année dernière jusque 5850m, semble, elle, faisable sans matériel particulier. Le camp de base est parfaitement placé et le temps, comme depuis plusieurs jours maintenant, est totalement dégagé.
La progression commence par l'ascension d'une pente composée de blocs de granit plus ou moins cohérents. Elle est plus facile que le chemin pour accéder au camp de base. L'absence de sac à dos facilite aussi la tâche. La vue se dégage progressivement tout autour vers le Makalu et le glacier du Barun, vers les cols de Sherpani, les glaciers immaculés et les sommets qui se découvrent par derrière vers le Khumbu. La pente relativement douce me conduit jusqu'à 6050m environ. Je croyais qu'il s'agissait pratiquement de l'altitude sommitale, selon les indications de mon GPS. Cependant, je suis encore loin du sommet, composé d'un double pic oublié par Google Earth. Je commence à apercevoir la première pointe que je dépasse en la contournant. Elle en cache une seconde que je dois rejoindre par une crête délicate car il faut contourner des obstacles qui donnent dans le vide.
Le Baruntse et ses glaciers
Fin seconde partie | | | À: Gazipach9 · 19 novembre 2015 à 12:57 · Modifié le 23 nov. 2015 à 16:55 Re: Makalu 2015: exploration du glacier du Barun et ascension du Kamepe Ri Message 3 de 28 · Page 1 de 2 · 4 451 affichages · Partager Partie 3
Au sommet, je peux découvrir le Baruntse ainsi que ses glaciers et les massifs plus au Nord Ouest: le Cho Polu et le Lhotse principalement. L' Everest se devine, caché pour sa plus grande part par le Lhotse.
Je déjeune au sommet et décide d'entamer la descente par un canal d'éboulis au Sud, qui me semble plus sûr que le chemin de la montée. Cette descente, composée de poussières et de graviers continue par des blocs de plus en plus gros pour donner sur le glacier de Sherpani.
J'installe mes crampons pour le plaisir de marcher sur la glace. En progressant, je trouve des traces de pas à la file indienne. Ces traces se dirigent vers Sherpani Pass et confirment qu'un groupe au moins s'est dirigé récemment vers ce col.
Glacier de Sherpani
En descendant, je découvre, au pied du glacier, un camp appelé "Swiss Camp". L'endroit serait superbe s'il n'était les tas d'immondices laissés par les groupes organisés, qui ne respectent rien. Des vieilles tables métalliques, de nombreuses paires de chaussures éventrées copinent avec des réchauds, des sacs et des bouteilles de plastiques. Des trekkeurs autonomes, même sans conscience, ne pourraient pas laisser de tels souvenirs puisqu'ils ne seraient simplement pas capables de les porter jusque là! Voir Annexe "la trekkeuse et ses porteurs"
Je rentre de mauvaise humeur au camp.
Kamepe ri, en Scherpa signifie la montagne sans neige. Neige se dit ka en Sherpa en allongeant le A, comme en Turc kar (le R ne se prononçant pas, provoque un allongement naturel du A). L'étymologie est probablement commune. Ces petits détails de l'Histoire de l'Humanité me passionnent.
C'est au tour du réchaud de me lâcher au cours de la préparation du dîner. J'ai beau nettoyer le gicleur et la canalisation d'arriver de pétrole, je n'arrive pas à le rallumer. C'est peut-être la pompe. La panne est brutale en tous cas et j'ai les mains noires de suie. Ce dernier événement m'incite à renoncer à rester un jour de plus pour tenter de rejoindre Sherpani Pass. Je me contenterai de la belle victoire d'aujourd'hui. C'est ce qu'on doit appeler la Sagesse!
Jeudi 22 Octobre : du Camp de Base du Kamepe Ri au Camp de Base du Makalu
levé 6h06 - T intérieure 0°C extérieure -7°C - départ 9h05 arrivée 18h15 - Altitude 4844m
Plus que les ennuis matériels, le retour vers MBC me contrarie. Je sais que, quelque soit le chemin, il sera dangereux et épuisant. Comme je suis arrivé avec difficulté par la lisière du glacier, je choisis de revenir par un trajet plus central. Je commence le retour en suivant une série de cairns sur le glacier de Sherpani. Ceux-ci disparaissent dans le goulot rejoignant le glacier du Barun.
Dans ce champ de bataille pour géants, il me faut parfois perdre plus d'une demi-heure pour éviter une crevasse se découvrant au dernier moment: il n'y a aucune visibilité d'ensemble. Je descends sur une rampe de glace pour gagner un peu de temps. Je tente aussi d'éviter les plus gros monticules et entonnoirs d'éboulis. Le temps passe et j'avance très lentement, environ 300 m/h rapportés à une ligne droite. Lorsque je parviens enfin à la limite aval du glacier, je continue en longeant la berge du torrent naissant en espérant ainsi rejoindre le camp de base sans tracas. Je m'aperçois que ce n'est pas la bonne solution car il faudrait suivre les longs détours formés par ses méandres. D'autre part, l'eau tumultueuse empêche souvent la progression sur la berge. Je décide donc de rejoindre le début du chemin, en surplomb, à l'aide du GPS.
Je n'ai pas encore rejoint le chemin quand la nuit commence à tomber. Heureusement, une demi-lune, déjà levée, suffit à éclairer chichement les obstacles à mon acrobatique progression. Je dois marcher encore plus d'une heure avant de retrouver le camp de base.
C'est un sentiment particulier que celui d'entendre de nouveau des voix au loin et de sentir la fumée du feu de bois. Je m'engouffre dans le seul lodge ouvert, épuisé par 9 heures de marches aléatoires et parsemées de chutes. Mon dos en gardera un souvenir douloureux pendant plusieurs semaines (mois?).
Je passe le reste de la soirée avec un couple de français, locataires d'une maison à Patan. Ils veulent rejoindre le Khumbu en passant par Sherpani avec leur guide. Bon courage!
Vendredi 23 Octobre - de MBC à Yangle kharka
Levé 7h - T intérieure -5°C - départ 7h45 - arrivée 15h
Il fait un temps superbe au camp de base. Le Makalu, majestueux, trône toujours si près de nous.
Pic 7. On distingue probablement Isuwa la sur sa droite.
Le chemin ne présente plus aucune difficulté, surtout avec le sac allégé de 4 kg de nourriture. Le temps se couvre progressivement dans la matinée et la neige commence à tomber bien avant l'heure du déjeuner. Je ne peux plus mettre mes gants car mes doigts sont blessés et endoloris par les nombreux rattrapages sur les blocs de granit d'hier.
Je croise un cortège nombreux de japonnais montant vers le camp de base. Certains sont équipés de parapluies. Dans le brouillard et la neige, ce spectacle est fantasmagorique.
Je me force à m'arrêter et m'installe dans une baraque abandonnée pour me mettre à l'abris du vent et de la neige. Il n'y a pas âme qui vive ici. La nature s'est couverte d'un manteau blanc. En repartant, je peine à trouver le chemin de temps en temps. J'arrive enfin à Yangle kharka qui ressemble à une carte de Noël. Le lodge est cadenassé et je crains de devoir passer une nouvelle nuit sous la tente. Le propriétaire me fait signe de l'autre côté du Barun: il regroupe ses 13 yacks avec ses compagnons puis il me rejoindra. Je peux m'installer à l'étage, resté ouvert.
C'est moi qui le rejoins pour finir car il me refait signe. Dans une petite baraque en bois, une fête improvisée a commencé: Onze des yacks sont parqués. Deux se sont enfuis dans la jungle mais ils seront retrouvés. A chaque jour sa peine... Cela n'inquiète personne. Le troupeau est maintenant prêt à rejoindre Tashigaon pour l'hiver.
Mon verre de tchang ne tarit pas car mon hôte le remplit dés que le niveau baisse un peu. Je reprends aussi des forces avec un délicieux mélange de viandes et de riz. Puis vient le temps des danses pour accompagner la musique népalaise traditionnelle. Je m'écroulerai plusieurs fois lorsqu'il faudra rentrer au lodge et je ne me souviens plus comment j'ai franchi le petit pont de bois recouvert de neige glacée enjambant le Barun...
Samedi 24 Octobre - de Yangle à Dobato
Levé 6h15 - T intérieure -4°C - départ 8h10 - arrivée 16h45
C'est de nouveau sous un beau soleil que je continue la descente de la vallée du Barun. Le petit vent d'Est glacé recommence à souffler. Mon dos, quant à lui, me fait mal assez rapidement et je suis obligé de m'arrêter plus souvent pour le soulager. Je ne rencontre personne sur la route sauf deux trekkeurs montant vers le camps de base.
Dans la grande et interminable montée pour atteindre Dobato, le temps se couvre rapidement et c'est dans un brouillard glacé que le lodge m'apparaît. Un brouhaha animé s'en échappe. Il est rempli et déborde de porteurs, de guides et de quelques rares trekkeurs. Certains ont installé des tentes. Un couple d'allemands s'est installé dans le dortoir. Je tente d'investir un lit qui semble libre. L'homme sort de son duvet comme un ressort bandé qui se détend brutalement. Il me jette un regard assassin. Je lui demande s'il a un problème. Il ne daigne même pas m'adresser la parole! Son guide, fort gêné, arrive à sa rescousse. "Vous ne pouvez pas rester à cet endroit, il faut vous installer ailleurs" "tous les lits sont-ils occupés?" Pas de réponse. "S'il vous plait, installez-vous avec les porteurs". Ce n'est pas que cela ne me plaise pas mais je refuse par principe. Je vide mon sac sur le lit pour bien montrer que je ne capitulerai pas devant une telle arrogance de la part de ces touristes et une telle soumission de la part des Népalais. Pour finir, ces derniers n'en sont pas mécontents et nous passerons une très bonne soirée ensemble. J'apprendrai le lendemain que ce couple déplaisant ne paiera même pas ses lits et laissera leur guide régler leur addition sur son propre salaire...
Dimanche 25 Octobre - De Dobato à Kongma
Levé 6h30 - T intérieure -1°C - départ 8h - arrivée 14h25
Le temps est mitigé ce matin, avec quelques coins de ciel bleu qui disparaîtront rapidement. Dés que j'arrive au premier des quatre cols, le brouillard m'enveloppe. Les dieux locaux me préservent de la pluie et de la neige. Je n'aurai jamais parcouru ces passages sous un temps clément. Une équipe d'italiens sympa s'est installée à Kongma avec sa propre cuisine. Cela limitera nos échanges.
La propriétaire du lodge téléphone à Num (Japanese Sherpa Lodge) pour me réserver une place en jeep privée pour le retour à Khandbari. En effet, la pénurie d'essence rendrait le trajet aléatoire en jeeps publiques.
Lundi 26 Octobre - de Kongma à Seduwa
Levé 6h06 - Départ 7h25 - Arrivée à Tashigaon 11h15 - Arrivée à Seduwa 16h45
C'est une longue journée de marche en descente dans un climat redevenu doux. Ma place de jeep est confirmée le soir pour le lendemain vers 13 heures.
Mardi 27 Octobre - de Seduwa à Num
Levé 5h40 - départ 6h45 - arrivée 11h45
Fin du trek.
Annexe : La Trekkeuse et ses Porteurs
C'était à Dobato et il avait plu toute la journée. Ce genre de jours, le temps passe très lentement et il faut prendre son mal en patience. Il n'y a rien à faire que de dévorer le moins vite possible le seul bouquin embarqué... ou de se vider l'esprit en essayant de se réchauffer au plus près du foyer.
Quel temps fera-t-il demain? "Plus la pluie tombe, moins il en reste dans le ciel" dit l'optimiste. "Une grosse dépression a envahi le pays. Elle est bien accrochée à la chaîne de l'Himalaya" dit le pessimiste. Si cela continue, les cols seront bientôt fermés!...
C'est de ce genre de torpeur que m'extrait une trekkeuse arrivant de Yangle Kharka. L'après-midi est à moitié avancée, comme coincée entre une matinée maussade et une soirée qui n'arrive pas. Je l'examine en détail: elle est trempée, les traits tirés et semble en colère. La montée vers Dobato est un supplice en temps normal et la pluie a du transformer chaque pierre en piège redoutable pour les chevilles. Je compatis par une petit sourire solidaire. Ma mimique est une invitation à la conversation.
Après s'être à peu près égouttée, elle se rapproche de moi d'un pas guerrier.
"Vous êtes française? dans un endroit aussi perdu?". Il est vrai que ces quelques mots pour ouvrir la conversation sont un peu stupides et la colère ne désemplit pas ses traits.
"La montée était tellement difficile alors que nous n'avions que 7 kg sur le dos! imaginez nos porteurs! L'un d'entre n'a que 12 ans et il porte, lui, 30 kg! C'est inacceptable!"
Son ton ne fait pas l'ombre d'un doute: je suis sur le banc des accusés! Le porteur en question fait son entrée et c'est vrai qu'il est bien jeune... Sa place est plus à l'école que sur les chemins du Makalu...
"Vous vous rendez compte?"
Oh là! La vieille trekkeuse a épuisé mes ressources de compassion en me désignant comme cible de son écoeurement bien-pensant a posteriori. "Comme-ci j'y pouvais la moindre chose, moi qui suis simultanément porteur, guide et trekkeur! Je porte seul mon sac de 20 kg depuis Num. Adressez vous à votre agence de voyage et demandez lui d'adhérer à une charte de bonne conduite. Je n'ai ni acheté ni organisé votre trek! Je vous conseille de faire comme moi la prochaine fois ou de rester chez vous!"
La conversation s'arrête aussi net et je me replonge dans mes pensées. La question se pose malgré l'indélicatesse de cette femme. Comment des agences françaises peuvent faire indirectement travailler des enfants dans ces conditions indignes: alcool dés le matin, marche en tongs et pieds nus dans la neige à parfois plus de 5000 m.
Ces agences françaises et des autres pays occidentaux devraient se montrer dignes en exigeant de leurs partenaires népalais qu'ils respectent les droits fondamentaux des hommes, en commençant par ceux des enfants, au travers de chartes certifiées et d'audits périodiques et aléatoires...
Par delà le respect des droits des enfants, je trouve un nouvel argument pour réglementer l'usage des porteurs: leur coût reste modique pour les touristes, à raison d'une dizaine ou quinzaine de dollars par jour. On peut ainsi marcher aisément tout en conservant le confort de son petit chez soi: tables métalliques pour manger, fauteuils en plastique pour asseoir ses grosses fesses, bonbonnes de gaz pour se réchauffer aux brûleurs radiants et chauffer l'eau de la douche aux parois en bâches plastiques, des nourritures pléthoriques et occidentales soigneusement emballées dans des sacs plastiques dans pour se remettre en forme. Et pourquoi pas une tablette reliée à un satellite pour suivre son courrier électronique?
Quand il faut redescendre, ces mêmes touristes oublient de regarder derrière eux. Bizarrement, leurs cous deviennent rigides. Ils oublient de regarder leurs porteurs. S'ils se sentent plus légers, ce n'est pas parce qu'ils redescendent, c'est parce qu'ils ont laissé comme souvenirs immortels tous leurs immondices dans la montagne.
Au Camp dit "des Suisses" à 5700 m d'altitude, N 27.860423° E 87.023644°
Le plus irrespectueux des trekkeurs ne pourrait pas laisser le centième de ces ordures, parce qu'il ne serait pas capable de les apporter avec lui, tout simplement. Le durcissement de la réglementation et son application serait un moyen de respecter les droits fondamentaux des porteurs. S'ils engendraient un surcoût important, il y aurait aussi moins de candidats pollueurs, au final les seuls responsables de cette situation doublement inacceptable. | | | À: Gazipach9 · 20 novembre 2015 à 18:24 Re: Makalu 2015: exploration du glacier du Barun et ascension du Kamepe Ri Message 4 de 28 · Page 1 de 2 · 4 372 affichages · Partager Merci Jean-François pour le partage.
C'est toujours un plaisir de lire ces compte-rendus. Bon entre le précédent trek et celui-là, pas sûr que cela me motive pour le glacier du Barun... Cela m'a fait un peu penser à la traversée du Trokarding au pied du Tashi Lapsa mais bon, je n'étais pas seul, nous étions 3 et cela rassure. Bravo pour ce 6000 en solitaire ! | | | À: Sjeanmarc · 20 novembre 2015 à 19:03 Re: Makalu 2015: exploration du glacier du Barun et ascension du Kamepe Ri Message 5 de 28 · Page 1 de 2 · 4 369 affichages · Partager Merci Jean-Marc! | | | À: Gazipach9 · 20 novembre 2015 à 22:36 Re: Makalu 2015: exploration du glacier du Barun et ascension du Kamepe Ri Message 6 de 28 · Page 1 de 2 · 4 351 affichages · Partager Super compte-rendu Jean-François ! Merci du partage.
Si je me rappèle bien de ton dernier voyage au Népal, tu avais déjà repéré ce 6000, content pour toi que tu aille pu le faire !
Sympa cette rencontre avec les deux allemands, ça fait confirme que tes récits de voyage sont vraiment utiles en plus d'être très plaisant à lire :)
Comment est-ce ce Sherpani Pass ? Faisable en solo ? Ah cette traversée Makalu BC - EBC me fait rêver... | | | À: Gazipach9 · 21 novembre 2015 à 10:03 Re: Makalu 2015: exploration du glacier du Barun et ascension du Kamepe Ri Message 7 de 28 · Page 1 de 2 · 4 325 affichages · Partager Bravo pour ce compte rendu très détaillé et ces magnifiques photos Cela donne envie de retourner au Nepal | | | À: Gazipach9 · 21 novembre 2015 à 17:01 Re: Makalu 2015: exploration du glacier du Barun et ascension du Kamepe Ri Message 8 de 28 · Page 1 de 2 · 4 283 affichages · Partager Magnifique parcours et travail, comme d'hab! Ton carnet de voyage du Dhaulagiri Trek nous est tres utile pour la preparation de celui pour le mois prochain. Salutations depuis la Bulgarie et grand MERCI - ca aide!! | | | À: Julien92Sui · 21 novembre 2015 à 17:53 Re: Makalu 2015: exploration du glacier du Barun et ascension du Kamepe Ri Message 9 de 28 · Page 1 de 2 · 4 274 affichages · Partager Bonsoir Julien et merci! Aller jusqu'à Sherpani pass est faisable en solo mais ça reste délicat: je pense aux éventuelles crevasses cachées par des ponts de glace. Apparemment, d'après ce que j'en ai vu sur les photos, on monte sans être encordé et sans crampon. Aller au delà sans matériel semble impossible d'après tous les témoignages recueillis sur place et ici: il est nécessaire de descendre plusieurs centaines de mètres avec une corde (150m de mémoire, facile à vérifier). J'imagine qu'il faut la récupérer pour d'autres passages difficiles qui suivent. MBC vers le Khumbu, est un projet qui m'emballerait aussi! | | | À: Tilicho · 21 novembre 2015 à 17:54 Re: Makalu 2015: exploration du glacier du Barun et ascension du Kamepe Ri Message 10 de 28 · Page 1 de 2 · 4 272 affichages · Partager Bonsoir Michel, Merci! | | | À: LatinChef · 21 novembre 2015 à 17:55 Re: Makalu 2015: exploration du glacier du Barun et ascension du Kamepe Ri Message 11 de 28 · Page 1 de 2 · 4 269 affichages · Partager Bonsoir Peter, Merci! | | | À: Gazipach9 · 22 novembre 2015 à 12:14 Re: Makalu 2015: exploration du glacier du Barun et ascension du Kamepe Ri Message 12 de 28 · Page 1 de 2 · 4 054 affichages · Partager Bonjour,
Nous avons lu avec intérêt votre récit car tout ce qui parle du Népal nous intéresse et votre compte rendu nous a plu. Très beau paysage dans cette vallée...
Nous avons quatre séjours d'un mois au Népal à notre "actif" et nous espérons y retourner bientôt. Nous y combinons un trek et un séjour dans une famille et un village Tamang dans les collines, personnes avec lesquelles nous sommes en communication internet presque que quotidiennement.
Nous avons 60 ans et nous n'avons sans doute pas la forme ou l'expérience de la montagne que vous avez mais nous ne nous n'arrêtons pas à 3600 m après 3 jours de marche... Par contre, physiquement nous ne nous sentons plus fort capable de porter un lourd fardeau (pour nous) pendant de nombreuses journées... Il nous semble qu'il ne faille pas jeter l'opprobe sur toute aide par un ou des porteurs - le métier de porteurs est bel et bien un métier y compris en dehors du tourisme et c'est aux trekkeurs d'être très vigilants dès le départ : pas d'ustensiles ou de vivres inutiles, pas de porteurs trop jeunes ou mal équipés quitte à les équiper au départ...
Pour notre part, nous faisons appel (sans agence) à deux de nos amis/connaissances népalais qui partagent l'ensemble des bagages nécessaires qu'ils soient guide ou porteur et nous trekkons ainsi en famille et solidairement quitte même à prendre nous-même le bagage du porteur s'il ne se sent pas bien...
Aux touristes aussi de s'enquérir du salaire (il faut insister car les asiatiques n'ont pas l'habitude de se plaindre ou de répondre "non") et des conditions matérielles d'accueil de ceux qui les accompagnent (nourriture et logement dans les lodges que nous exigeons être identiques aux nôtres !)
En ce qui concerne un salaire décent pour ces accompagnateurs, les chiffres que vous citez nous paraissent corrects sachant pas exemple qu'une infirmière diplômée travaillant à temps plein dans un hôpital de Katmandou gagne environ 150 Euros par mois, soit quelque 7 euros par jour.
Suite au tremblement de terre, nous essayons autant que possible d'apporter une aide au village que nous connaissons (voir page facebook Hello Thulo Parsel). Vu le contexte politique et la corruption qui règnent au Népal, l'aide en direct au niveau local et la multiplication de micro-projets nous paraissent plus adéquate que le relais de grandes ong.
Merci pour votre attention,
Serge et Myriam Couvin Belgique | | | À: Gazipach9 · 22 novembre 2015 à 13:40 Re: Makalu 2015: exploration du glacier du Barun et ascension du Kamepe Ri Message 13 de 28 · Page 1 de 2 · 4 019 affichages · Partager Jean-François, bravo pour ce trek, et quel courage. Je réagis moi aussi à tes remarques concernant l'utilisation des porteurs. Tu as la chance d'être jeune et de pouvoir porter un sac de 20 kg en altitude, ce n'est malheureusement plus mon cas. J'ai effectué de nombreuses randonnées dans les Alpes, le Pérou, le GRV 20 en Corse avec des sacs de 20 à 25 kg, je le paye sans doute aujourd'hui. Nous avons réalisé le trek du camp de base de l'Everest, en passant par les 3 cols et en ajoutant de nombreux extras (camp de base Ama Dablan, camp de base de l'Island Peak, Chhukhung Ri, Gokyo Ri etc...), 23 jours de rêve devant un paysage sublime. Nous étions 8 copains, de 58 à 69 ans, sans porteurs nous n'aurions pas pu effectuer ce trek. Nous sommes passé par une agence sérieuse (Tribeni Trek pour info, je vous la recommande), nous nous étions assuré par avance des conditions de travail des porteurs et nous avons vérifié le matériel de ceux-ci au départ. Nous n'aurions pas accepté d'avoir un enfant de 12 ans dans l'équipe. Pour info, la plupart des agences travaillant dans le Khumbu s'adresse à un hôtel de Lukla qui fournit les porteurs, ainsi que le matériel nécessaire (vêtement chauds, chaussures). Nous nous assurions chaque soir des conditions de logement des porteurs. Nos porteurs étaient payés 1200 roupies par jour, la norme pour une charge de 30 kg. Pour info, un porteur est payé 50 roupies le kg pour un transport de Lukla à Namche Bazar allez-retour (3 jours de travail), les charges atteignent souvent 100 kg ce qui représente 5000 roupies pour ce travail soit 1700 roupies par jour. 30 kg pour 1200 roupies par jour pour nos porteurs avec une charge acceptable contre 100 kg pour 1700 roupies par jour pour une charge totalement inhumaine: Je ne pense pas être un vulgaire exploiteur au vu de ces chiffres. Nous avons également donné 10 000 roupies de pourboire à chacun à la fin du trek au cours d'une petite fête de remerciement, c'est peu de chose mais c'est la norme en vigueur. Je vous parle de porteurs pour des trekkeurs utilisant les lodges, je ne parle pas des trek en camping. Mais c'est à chacun de s'assurer des conditions du trek et de son impact sur l'environnement (un mot encore inconnu de la plupart des népalais malheureusement). Dans ces moments difficiles que vit le Népal actuellement, les népalais ont besoin d'argent et le portage est encore un moyen d'en gagner sans partir à l'extérieur, c'est une vérité économique qui peut déranger mais qui est réel. Suite au tremblement de terre, notre agence nous a contacté pour savoir si nous maintenions notre trek, les personnels s'inquiétaient pour leur travail de l'automne. Nous estimons avoir modestement aidé ce pays en vivant une expérience unique.
Bonne continuation à toi, et peut-être à un de ces jours à Katmandou (je compte bien retourner au Népal encore une dizaine de fois) Image attachée: | | | À: Fetter · 22 novembre 2015 à 19:09 Re: Makalu 2015: exploration du glacier du Barun et ascension du Kamepe Ri Message 14 de 28 · Page 1 de 2 · 3 871 affichages · Partager Bonsoir Serge et Myriam, et merci pour votre lecture et vos analyses. Je reconnais avoir eu une analyse engagée au sujet des porteurs. Mais je ne les accuse pas. C'est un métier à part entière que je respecte. Il est tout à fait possible que j'y fasse appel un jour. J'accuse plutôt le système très lucratif et très peu soucieux de la sécurité, de la santé et de l'environnement qui va avec. Je vous rejoins aussi pour dire que la responsabilité revient aux trekkeurs, j'ajouterais au management des agences locales aussi. Ce coup de colère me semble justifié dans un contexte où le syndicat NAAN fait un lobbying forcené pour exiger l'accompagnement systématique des trekkeurs par un guide ou porteur, partout. Le contraste entre leur argumentation fallacieuse (sécurité) et la réalité du terrain (mes photos du Camp des Suisses) valait bien un petit coup de gueule et je n'en resterai pas là. Pour commencer, j'avertirai les autorités du parc national du Barun avec qui je travaille par ailleurs pour qu'ils en prennent conscience. Je pense qu'ils ne montent jamais aussi haut malheureusement. Il suffit de peu de choses pour détruire en profondeur un environnement, le contraire étant aussi vrai. Pour ce qui est du travail sur le terrain, de même, je vous rejoins. Nous avons la même expérience. Travailler au plus près des bénéficiaires avec des associations de valeur tout en contrôlant fréquemment les travaux accomplis, en vérifiant le fonctionnement de tout, dans le détail est une nécessité: par exemple cette fois-ci: des toilettes neuves cadenassées parce qu'il n'y a pas de source d'eau à proximité de l'école (alors que nous avions proposé d'installer des toilettes sèches comme au Mustang ou au Ladakh!), un projecteur vidéo inutilisable parce que la prise ne rentre pas dans le seul ordinateur, etc.)
Cordialement, | | | À: Bermon01 · 22 novembre 2015 à 19:29 Re: Makalu 2015: exploration du glacier du Barun et ascension du Kamepe Ri Message 15 de 28 · Page 1 de 2 · 3 854 affichages · Partager Bonsoir Bernard, Merci pour ton appréciation et ton analyse. J'ai du mal exprimer le malaise ressenti devant ces tas d'immondices à 5700m car d'autres messages vont dans le même sens de ce que tu écris. Je ne veux surtout pas rejeter la faute sur les porteurs. Au contraire, j'ai le sentiment qu'ils sont exploités. C'est plus les agences (certaines agences) et les trekkeurs (certains trekkeurs), qui n'ont pas ta conscience que j'accuse. Comme j'écrivais plus haut, j'utiliserai peut-être un jour les services de porteurs et/ou guide en fonction de mes besoins. J'ai des amis porteurs et guides du reste, dont un très proche qui est monté deux fois au sommet de l' Everest. Nous avons avec lui discuter de ces points et du tort que cela cause durablement à son pays et aux népalais. Pratiquement, j'ai vu des tas d'immondices à des endroits qui devraient être immaculés, je vois des gamins porter 30 kg alors qu'ils devraient être à l'école, des porteurs en tongs marcher dans la neige et qui "tiennent" à coup de tchang dés le petit matin, je vois le syndicat des agences népalaises effectuer en même temps un lobbying tenace pour exiger du gouvernement népalais que tout trekkeur soit accompagné, par au moins par un porteur ou guide, partout. Tout cela explique mon petit coup de gueule. Je reverrai le texte! Avec plaisir à Kathmandu! je prévois d'y aller 2 fois en 2016. | | | À: Gazipach9 · 23 novembre 2015 à 19:42 Re: Makalu 2015: exploration du glacier du Barun et ascension du Kamepe Ri Message 16 de 28 · Page 1 de 2 · 3 393 affichages · Partager Bonjour Jean-Francois J'ai comme d'habitude lu ton récit avec attention et avec beaucoup de plaisir  .
Pour ce qui est de passer le Sherpani pass ou l'east col en solo...
Comment est-ce ce Sherpani Pass ? Faisable en solo ? Ah cette traversée Makalu BC - EBC me fait rêver...
Aller au delà sans matériel semble impossible d'après tous les témoignages recueillis sur place et ici: il est nécessaire de descendre plusieurs centaines de mètres avec une corde (150m de mémoire, facile à vérifier). J'imagine qu'il faut la récupérer pour d'autres passages difficiles qui suivent. MBC vers le Khumbu, est un projet qui m'emballerait aussi!
Nous en avons discuté plusieurs fois ensemble et je pense que nous n'en avons pas fini  . Tout d'abord, je pense qu'il faut bien distinguer Sherpani pass & East col. Je connais le 2ieme pas le 1er. Sur la très belle photo que tu as mis en 1er, l'east col est au bout de la langue du glacier qui part sur la droite. Je pense que le sherpani pass est au bout de la langue du glacier qui part sur la gauche.
Dans le sens Makalu BC-> Khumbu, en 2007, les conditions étaient les suivantes. Montée de l'east col en rocher, niveau escalade 2 à 3. Rien de phénoménal, pas dangereux mais je me risquerais à faire une tautologie en disant que du niveau 3 à 6000m d'altitude, ça n'est pas la même chose qu'au niveau de la mer  . La descente était un peu plus ardue: mixte rocher/glace assez raide. Rien de phénoménal non plus, en cotation alpinisme, on était sur du PD/PD+. Les groupes avec des porteurs posent une corde fixe. Cette corde n'est pas nécessaire si on dispose d'un minimum de matos & d'expérience. A conditions identiques, pour un grimpeur avec un minimum de connaissance & expérience, et correctement équipé (grosses, crampons semi auto et piolet), ça serait de la roupie de sansonnet.
Après pour quelqu'un avec moins d'expérience et un équipement moindre, ç'est à voir. Je ne le recommanderais pas. Si je devais franchir ce col avec comme crampons de simples micro spikes et des bâtons de marche à la place d'un piolet je pense que ça le ferait. sans trop de souci. Maintenant de là à t'inciter à y aller, seul avec ce genre de matos....
La suite n'est pas forcément dangereuse ni même plus compliquée, au contraire. Passé l'east col, le glacier est quasiment plat et n'est pas perturbé (risque de pont de neige sur des crevasses très faible... très faible n'étant pas synonyme de nul...). Quant au west col, la montée est simplement un passage en roche simple de 3 à 5m de haut et la descente est une pente de neige raide (conditions en 2007) faisables sans souci si on n'as pas le vertige, des crampons (spikes ok... à condition que la neige ne soit pas trop brassée et soit portante) et un piolet ou des batons de marche.
Je pense qu'un jour ou l'autre il faudra que tu tentes l'aventure, mais pas seul. Il faudrait que tu fasses ça avec Sylvie ou encore mieux avec Sylvie + un "guide" que tu pourrais peut être recruter dans un guest house sur le chemin.
Les ordures laissées aux campsSont ce vraiment les trekkeurs qui laissent ces ordures ainsi ? D'expérience, à travers le monde et au Népal en particulier, ce sont souvent les locaux qui laissent tout et n'importe quoi de la sorte. Après sur ce forum et ailleurs, des voix ont manifesté des expériences contraires. Quoiqu'il en soit, ça ne change rien au problème, et ce sont malheureusement effectivement le lot des "treks organisés" (contre lesquels je n'ai rien, je précise).
Les porteurs, surtout les jeunes porteursEh oui, putain, porter des charges pareilles à 12 ans...J'en ai encore croisé un paquet cette année pour lesquels je me suis demandé mais il a quel âge celui là putain ?! J'ai le plaisir de voir que tu as eu deux réponses polies et constructives à ta "diatribe"  sur l'utilisation des services de porteurs. C'est un métier, à priori d'après les retours que j'ai ça et là plutôt bien payé.
Pour ce qui est des "tongs", il faut savoir que si tu donnes des chaussures à un porteur, il y'a de fortes chances qu'il les vendent. Voir des porteurs en tongs ne me choque pas plus que ça. Par contre, putain 30kg, c'est énorme, c'est probablement trop. J'ai déjà porté moi même ce genre de charge même en altitude. Ca l'a fait sans souci. Sauf que je fait 1m85 et que j'ai une certaine musculature.
Par contre, vraiment ce qui est écœurant, ce sont ces gosses qui n'ont parfois pas plus de 12 ans (et encore j'en ai croisé dans le Khumbu, je ne suis pas sûr qu'ils avaient cet âge là) qui portent des charges hallucinantes et qui comme tu l'as fort bien dis seraient bien mieux à l'école. .. Vive la France ! Quel pays formidable que le nôtre qui permets aux plus modeste de prendre un ascenseur social grâce à la scolarité des enfants. Et Vive le Népal, puisse ce pays trouver la fin de ses soucis, se développer et élever son niveau de vie !
Samuel | | | À: Sbecker · 24 novembre 2015 à 12:00 Re: Makalu 2015: exploration du glacier du Barun et ascension du Kamepe Ri Message 17 de 28 · Page 1 de 2 · 3 224 affichages · Partager Bonjour Samuel, Merci pour ton analyse et tes précisions, vécues!
Sherpani & East passes: Je suis bien d'accord avec toi. Mais lorsqu'on parle avec les népalais, locaux ou d'ailleurs, ils ne connaissent que Sherpani pass qu'ils situent à la place de East pass. On parlait avec eux de deux groupes tentant d'y aller ou de le franchir en octobre et les traces partaient doit vers East pass. c'est pourquoi j'avais changé le nom sur mon dernier post. Cela mis à part, nous parlons bien du même col, celui qui est au bout et vers la droite du glacier sur la photo. Je n'ai pas eu le projet de le franchir jusqu'aujourd'hui mais seulement d'y monter. Partie remise! Effectivement aussi, le projet de le franchir pour rejoindre le Khumbu, et, bien d'accord avec toi, pas sans la maîtrise mini des risques...
Tas d'ordures: Ce sont les porteurs qui les laissent. J'ai modifié mon post pour tenir compte des critiques, justifiées: les porteurs n'ont pas de responsabilité dans le fond. Ce sont les commanditaires, c'est à dire les trekkeurs au travers des agences qu'ils paient pour des prestations qui ne peuvent pas être que les mener d'un point A à un point B, mais aussi la propreté, les droits des enfants et la sécurité. Je n'aurais rien contre les treks organisés, 1°) s'ils respectaient ces 3 points, 2°) s'ils ne détruisaient pas aussi l'esprit du Trek lorsque le système revient parfois à pousser au cul des incapables parce qu'ils sont plein de fric (voir la caricature qu'est devenue l'ascension de l' Everest), 3°) si le système ne tentait pas continuellement de se rendre incontournable par un lobby pour créer de nouvelles lois excluant le trek autonome.
Très jeunes porteurs: Je voulaisinterpeller par mon petit témoignage (les petits ruisseaux forment les grandes rivières). Je suis sûr que tout le monde est d'accord, ici en France. Prévenir me semble la meilleure solution: lorsqu'on prépare et commande la prestation avec les agences françaises, Alibert etc. et/ou népalaises à Kathmandu; Quand on est sur les chemins, c'est trop tard... | | | À: Gazipach9 · 24 novembre 2015 à 15:08 Re: Makalu 2015: exploration du glacier du Barun et ascension du Kamepe Ri Message 18 de 28 · Page 1 de 2 · 3 189 affichages · Partager Bonjour Merci pour ces moments de rêve.... Je n'irai plus jamais si haut... l'âge.... Je partage vos commentaires sur le manque de respect des charges de portage... J'ai vu moi aussi des agences françaises très connues qui ne l'appliquaient pas et leurs "clients" s'en moquaient quand on le leur faisait remarquer.... Les sentiers au Pérou sont bien plus propres... Merci C B | | | À: Fetter · 24 novembre 2015 à 18:22 Re: Makalu 2015: exploration du glacier du Barun et ascension du Kamepe Ri Message 19 de 28 · Page 1 de 2 · 3 154 affichages · Partager Merci pour votre réponse et les nuances apportées sur le métier de porteur. Nous lorgnons aussi sur les activités d'Araucaria puisque nous en avons pris connaissance. Cordialement,
Serge et Myriam | | | À: Gazipach9 · 24 novembre 2015 à 18:40 · Modifié le 25 nov. 2015 à 14:16 Re: Makalu 2015: exploration du glacier du Barun et ascension du Kamepe Ri Message 20 de 28 · Page 1 de 2 · 3 148 affichages · Partager Merci Samuel et Jean-François pour vous précisions sur ce col et sur l'itinéraire des trois cols plus généralement.
Je pense qu'un jour ou l'autre il faudra que tu tentes l'aventure, mais pas seul
Je serais intéressé si tu te décide de t'y lancer un jour. N'hésitez pas à me contacter si l'un d'entre vous à le projet de faire cette traversée. Je ne la ferai pas non plus seul, mais étant très réticent à prendre un guide, j'irais volontiers avec d'autres randonneurs expérimentés. Je n'aurai pas souvent l'occasion d'avoir de longues vacances aux deux bonnes périodes de l'année, mais j'ai le projet de reprendre une année sabbatique dans un avenir proche. | Carnets similaires sur le Népal: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 6 219 visiteurs en ligne depuis une heure! |