Chouhibou · 30 novembre 2016 à 8:31 13 messages · 4 participants · 1 683 affichages | | | | 30 novembre 2016 à 8:31 Message 1 de 13 · 1 683 affichages · Partager Bonjour,
Je suis actuellement en voyage au long cours (depuis bientôt 2 ans). Je vous propose ci dessous quelques ressentis de mes étapes au Laos. Je commence par Luang Prabang et j'en ferai suivre d'autres, en espérant que cela pourra vous servir ou simplement vous faire (un peu) voyager. Je réponds évidemment aux questions pratiques, dans la limite de mon expérience. Je précise que ces envois sont faits depuis l'étranger (suis en ce moment au Cambodge) et grâce à mon tel portable. Ça explique l'absence de photos que je mettrai en ligne sur mon blog, à mon retour. Didier | | | Luang Prabang (octobre 2016)
Après mon étape à Phuket qui est l'image de ce que le tourisme de masse peut produire de pire, un vol de moins d'une heure et demie m'a amené à Luang Prabang, au Laos.
Venant de Phuket, Luang Prabang est un enchantement. Certes la ville est très touristique mais ici les rénovations des maisons traditionnelles sont réussies et de bon goût. Évidemment on y fait du commerce (sur le dos des touristes) mais l'ambiance est bon enfant. Le vieux centre est une péninsule baignée au nord par le Mekong, au sud par la Nam Khan. On n'imagine pas comme les eaux boueuses de ces 2 rivières peuvent avoir comme charme. Les rives ont été sobrement aménagées. Côté berges elles accueillent souvent des terrasses qui incitent à la farniente, tandis que le côté ville est bordé de demeures somptueuses occupées par des hôtels qui incitent quant à eux à une activité pas plus productive. Ajoutez à celà des rues calmes où la circulation se fait discrète, des venelles où subsiste tout de même un peu de vie locale, un marché d'alimentation croquignolet le matin, un autre d'artisanat le soir, des restaurants branchouilles certes mais aussi des bouis bouis qui vous servent une cuisine de rue tout à fait acceptable, de beaux temples, et vous comprendrez que c'est un lieu où on a envie de rester. Ce qui fût fait. Cerise sur le gâteau le lendemain de mon arrivée avait lieu Lai Heua Fai, le festival des bateaux de feu. C'est une espèce de carnaval avec tout de même une base religieuse, une fête populaire, c'est peu de le dire, l'ensemble de la population de la région semblant s'être donné rendez-vous à Luang Prabang ce soir là. Il y a d'abord dans la ville une longue procession. Des bateaux de papier illuminés de dizaines de bougies et longs de plusieurs mètres défilent sur l'artère principale. Un peu plus tard ils sont lâchés sur les eaux du Mekong, comme une offrande. Plus modestement, la plupart des gens se contente d'acheter un bouquet en forme de soucoupe. On y plante une bougie qu'on allume puis on le lâche lui aussi sur les eaux du fleuve, en faisant un voeu qui ne manquera pas de se réaliser. Bref, une fête des lumières façon Laos, très joyeuse, où même les bonzes s'en donnent à coeur joie, à grands coups de tambours. Il y a également dans la ville ou à proximité de chouettes visites à faire. Ici on loue facilement un scooter. C'est l'occasion de pousser jusqu'à de belles chutes d'eau, où la baignade est trooooop bonne (Attention, nids de poules monstrueux sur la route, sinon les Lao roulent plutôt à la cool). Si on préfère rester sur place il ne faut pas manquer le temple Xieng Thong (malgré son nom il faut entrer pieds nus ouarf ouarf). Et puis, avant de pousser vers le nord laotien, la visite du musée ethnologique (TAEC) nous apprend plein de choses intéressantes sur les peuplades qu'on espère croiser les jours prochains. Elles sont tout près ces peuplades: 426km soit....14h de bus ! Je vais voir de quoi elles ont l'air.... | | | 2ème étape: Phongsali
426km séparent Luang Prabang de Phonsali, une grosse bourgade du nord Laos. Mais il faut cependant pas moins de 15 heures de bus (et même un peu de stop sur la fin) pour la rejoindre, sur une route pourtant asphaltee. J'ose pas calculer la vitesse de croisière du bus en question..
On ne peut pas dire de Phongsali qu'elle ait beaucoup de charme. La vieille ville mérite tout de même un coup d'oeil car y subsistent encore quelques maisons typiques de négociants chinois, certaines très jolies (enfin bon, disons qu'il faut aimer). Ici l'influence chinoise saute aux yeux. Aux oreilles aussi quand vous entendez certains habitants renifler très fort avant de cracher bruyamment un peu n'import'où, un peu n'importe quand, c'est à dire à la chinoise. Dans cette ville on entend aussi très bien la propagande de l'état: les hauts parleurs hurlent les messages qu'on devine orientés avant que la nuit tombe, mais aussi le matin dès 6 heures. C'est pour ça qu'il faut oublier la grasse matinée dans un lit douillet à Phongsali d'autant que d'après moi, étant donné l'état des hôtels que j'ai vu ici, il n'y a pas de lit douillet dans la ville.
Mais z'alors que viens tu faire dans ce trou perdu Didier me direz-vous ? Eh ben je ne le savais pas encore mais j'allais passer ici un de mes plus chouettes anniversaires, ou plutôt journiversaire, bref je vous explique si vous avez 5 minutes.
Notre guide s'appelle Nom. Véridique. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à la scène hilarante du dîner de cons et j'imaginais: - Et il a un nom ? - Oui, c'est Nom. Nom, c'est juste son nom tu comprends, non ?
Simon, un autrichien, Bertrand un français, et moi-même avons loué les services de Nom pour un trek de 2 jours par l'intermédiaire d'une agence locale. Après 1h20 de bus, une petite halte de 3/4 d'heure puis 20' de bateau, nous debarquons au milieu de nulle part. Il y a là un chemin large qui monte, plutôt une piste, et c'est là que commence le trek qui doit nous mener vers des villages perdus, habités par les Akhas. L'heure et demie qui a suivi s'est transformée en calvaire pour moi: ça grimpait fort, en plein cagnard, en plein midi, sans ombre et, cerise sur le gâteau, je me suis fait là une petite hypoglycémie. Une pomme et une grenade (le fruit !) sorties du sac de Nom m'ont heureusement requinqué juste avant la traversée d'un premier village. Les gens qui vivent ici sont désormais isolés c'est ça le progrès. La construction d'un barrage en contrebas a noyé le seul accès qui permettait de rejoindre la ville, à 40km de là. Le gouvernement ne s'est pas donné la peine de tracer une piste alternative. Il y a donc dans ce village 2 camions coincés là qui ne servent plus à rien et les habitants n'ont plus que le bateau pour rejoindre la ville. Les enfants sont curieux de nous voir passer et s'amusent à regarder les photos que je prends d'eux. 2ème village plus ou moins à l'identique. C'est dans le 3ème que nous ferons étape pour la nuit. Ce village là est perché sur une crête. L'endroit est entouré de montagnes boisées mais le petit bourg lui même est bien dégagé et offre une magnifique vue sur le relief environnant. Les animaux - veaux vaches cochons couvees et chevaux - font leurs vies librement et tondent sans cesse le gazon. Une centaine de personnes vivent ici dans des maisons de bois. Les intérieurs sont plutôt grands mais doivent parfois accueillir plusieurs familles. Le sol est de terre battue. Il y a une grande pièce qui correspondrait à notre salle à manger. Une cuisine où le feu -à même le sol - crepite toute la journée. Et puis aussi 3 chambres, justes séparées des autres pièces par un tissu. Notre hôte vit dans sa maison avec sa femme, ses 2 enfants. Il y a aussi une dame dont on nous dit qu'elle a perdu la raison et un mec allongé. Celui-là, en 24 heures de présence, je ne l'aurais vu se lever qu'une seule fois, pour aller pisser. Le reste du temps il fume de l'opium, allongé, ou bien il dort. La visite de rares touristes c'est l'assurance pour le village et la famille d'accueil d'un petit revenu. Pour le reste, la production locale semble suffire à la population. Certains champs alentour sont cultivés, notamment de riz qui pousse ici plus haut que du blé, sur un terrain très pentu. Les repas constitués de viande sont réservés pour les jours de fête et ça n'était pas fête pendant mon séjour. Le village tire quelques autres revenus de la vente des bêtes mais aussi probablement de l'opium (plutôt destiné à l'exportation vers une clientèle chinoise). Des instituteurs se déplacent jusqu'ici pour faire chaque matin l'école. Les adultes ne semblent pas avoir eu cette chance, ils parlent leur dialecte mais pas le Lao, langue officielle du pays. Du coup, même si les enfants sont curieux de notre présence et les adultes amusés, sans langue commune les échanges sont malheureusement limités, mais on echange quand même, par gestes et avec le sourire aux lèvres. Nom connait la langue locale et nous permet tout de même d'en savoir un peu plus sur les us et coutumes: par exemple que le chef de la tribu est élu pour 3 ans et que les femmes n'ont pas droit à cet honneur (juste l'idée qu'une femme puisse devenir chef fait beaucoup rire Nom). La plupart des femmes portent le costume traditionnel Akha. Elles travaillent aux champs comme les hommes mais la corvée pour aller chercher l'eau semble leur être réservée. Avant la nuit on passe à la "salle de bain". Il faut marcher 300 mètres pour arriver à un tout petit bassin alimenté par une source. Une bassine remplie d'eau fait l'affaire pour prendre sa douche. Pour les toilettes il suffit de choisir un bosquet suffisamment éloigné des habitations. Les animaux se chargeront du nettoyage. Le soir venu on allume la seule ampoule de la maison, alimentée par un petit panneau solaire. Lorsqu'on passe à table les femmes sont priées - elles et leurs enfants - d'attendre que les hommes aient fini leur repas pour prendre le leur. Riz et légumes. Thé traditionnel (tout au plus de l'eau parfumée) Et lao-lao (alcool de riz), lao-lao, lao-lao, heu merci mais là ça va aller. Mes 2 compagnons se laissent tenter par l'expérience opium. La préparation est comme un rituel, assez long. Après quelques bouffées ça plane gentiment pour eux, mais rien de plus. Avant de filer au lit je fais un tour dehors. La nuit est constellee d'étoiles et les animaux se sont tus.
Le 22 octobre 2016 je me réveille au petit matin. Les enfants sont déjà levés, les femmes aussi. Il fait doux, le paysage est magnifique et paisible à la fois. Le soleil commence à éclairer doucement les maisons du village. Avant le départ j'offre quelques stylos et crayons à des parents, Bertrand offre des brosses à dents. En retour ils nous proposent de petit déjeuner avec eux. Je vis mon 20.000 ème jour sur la terre et je me dis que pour un journiversaire, ça aurait pu être pire. (À suivre...) | | | 3ème épisode: rivière Nam Ou
Une fois le nord du pays visité il reste une chose à faire, redescendre vers le sud. Et plutôt que souffrir de nouveau des heures entières dans un bus déglingué j'ai choisi de rejoindre Luang Prabang par voie fluviale. Hat Sa est un petit port situé à 1h de bus (soit...21km!!) de Phongsali. Là j'ai juste le temps de prendre mon petit déjeuner - la traditionnelle soupe de nouilles - et j'embarque à 9h30 avec 7 autres passagers, tous laotiens (le touriste se fait rare dans le coin). La boueuse et brune rivière Nam Ou sillonne à travers des paysages montagneux couverts d'une jungle dense. Quelle tristesse que cette rivière serve autant de dépotoir que de voie de communication. La Nam Ou file nonchalamment vers le sud, vers Muang Khua, ma prochaine étape. Heu ben finalement non. Un barrage a été construit là au milieu de nulle part et c'est un tuk tuk qui prend le relais, le tuk tuk de l'horreur sur une piste bien defoncee. C'est donc la colonne vertébrale brisée en 3 morceaux que j'arrive à Muang Khua. Muang Khua, construite à la confluence de la Nam Ou et... d'une autre (oublié le nom) n'est pas folichonne. Il y a une passerelle qui franchit la rivière et qui permet de jolies perspectives sur les berges cultivées. Et puis voilà. J'allais tout de même oublier l'essentiel: Muang Khua c'est, comme Phongsali auparavant mais à mille lieux de Luang Prabang. C'est le Laos, le vrai le profond, celui pour lequel je suis venu. Et c'est très agréable de s'asseoir à une terrasse un peu miteuse, commander une bière et devant le carrefour principal du village regarder la vie qui va. Je poursuis ma route vers le sud, de nouveau en bateau. La Nam Ou est désormais un peu moins indolente, on franchit même de petits rapides. Le public transporté a complètement changé: alors que j'étais le seul touriste à bord jusque là, nous voici 11 français (+1 québécois +2 anglais et 1 seule laotienne) sur le même bateau. Les échanges sont sympas. Sur le lot de touristes, 5 sont des voyageurs en solo. Au cours de la descente de la rivière des travaux gigantesques annoncent la construction prochaine d'un barrage. Ça n'est pas le premier que je vois. Je me suis laissé dire que l'électricité produite est destinée... à la Chine. Ce sont d'ailleurs des entreprises chinoises qui construisent ces ouvrages. Sachant que le Laos est un des pays où la corruption est la plus communément répandue, on peut être assez pessimiste sur le bénéfice que peut retirer le peuple lao de ces infrastructures qui par ailleurs affectent les paysages et isolent les villages en noyant les voies d'accès. Nous arrivons à Nuang Ngoi Neua, qui s'est construite en bord de rivière dans un cadre splendide. C'est un petit village très plaisant malgré une certaine fréquentation touristique. Celle-ci reste tout de même limitée car aucune route ne mène au village. Les habitants n'ont pas l'air bousculés. Certains jouent de l'argent aux cartes, les autres attendent l'arrivée des bateaux et des touristes à leurs bords. Si un jour je veux écrire un livre au calme, loin de tout, c'est ici que je viendrais d'autant que l'hébergement ne coûte rien (50.000 Kip/nuit pour un bungalow très correct avec vue sur le fleuve, soit moins de 6€). J'ai trouvé les ballades autour de Nuang Ngoi Neua extenuantes, principalement du fait de la chaleur. Non, ici ce qu'il faut faire, c'est se laisser vivre au rythme de la rivière, tout doucement. Le court trajet (1h) de bateau qui m'amène à Nong Khiaw est très beau. La rivière est bordée de reliefs karstiques aux falaises impressionnantes, ben oui voyager permet aussi d'apprendre des mots nouveaux. Cette nouvelle étape ( Nong Khiaw) à du mal à soutenir la comparaison avec la précédente (Nuang Ngoi Neua), même si le cadre est magnifique. Je reste le temps de louer un vélo ce qui n'est pas bien malin par cette chaleur, le temps de suer toute la beerlao (bière locale) ingurgitee depuis 10 jours, le temps d'une nuit dans un bungalow accueillant. C'est l'heure de quitter la belle rivière Nam Ou et le nord Laos, de rejoindre Luang Prabang et de filer vers la capitale laotienne, Vientiane.. | | | Salut,
Quelle tristesse que cette rivière serve autant de dépotoir que de voie de communication.
Que veux-tu dire exactement ? J'ai beaucoup parcouru cette rivière et l'ai au contraire toujours trouvée particulièrement préservée. Peut-être ce constat est-il désormais réel aux abords du nouveau barrage de Muang Samphan, qui retiendrait alors des déchets ?
ps : il y a pas loin de 80 projets de barrage au Laos. Au delà des prévisibles catastrophes écologiques et humaines à venir, s'ils sont le plus souvent construits par des entreprises chinoises, des sociétés françaises y ont souvent des parts.
A + 321 | | | À: 321 · 2 décembre 2016 à 15:35 Message 6 de 13 · 1 559 affichages · Partager Bonjour,
Sur le parcours que j'ai suivi (sur la nam ou) il existe peu de villes et pas de grandes villes. Ça explique probablement pourquoi cette rivière parait "préservée". Mais il y a bel et bien des endroits où les déchets s'accumulent. Le pire est probablement à voir sous l'eau. Il n'y a rien à espérer de ce côté-la tant que les laos n'auront pas été efficacement sensibilisé à l'écologie (l'état déplorable de certaines cours d'écoles en dit long à ce sujet). Mais il est clair que le tableau est bien plus triste sur certaines autres rivières. Didier (Merci pour les infos concernant les barrages) | | | 4ème épisode: Vientiane
J'attendais beaucoup de la visite de Vientiane, capitale du Laos. Mais finalement j'ai été assez déçu. La ville n'a rien conservé -ou pas grand chose- de son époque coloniale. Le fleuve Mekong a lui aussi perdu de la beauté qu'il possède plus en amont. S'il faut trouver du charme à Vientiane on le trouve avant tout dans le fait que son centre ville est peu encombré de voitures, tout petit, facile à découvrir à pieds. On peut ainsi passer d'un temple à un musée en quelques minutes sans même utiliser les vélos qu'on vous propose partout à la location. Bon, mais côté temple je n'ai rien eu d'exceptionnel à me mettre sous la dent. Le Haw Pha Kaeo abrite une collection de Boudhas mais je suis peut être un peu lassé de Boudha, assis-debout-couché, bras ballants, ou bras en croix ou mains protectrices, on tourne un peu en rond. Le vat Si Muang pousse très loin le concept du kitch, ça pique un peu les yeux. Du côté des musées, le musée national du Laos est vieillot et sa scénographie date d'un autre siècle. Mais toute la partie consacrée à la colonisation et aux guerres qui s'en sont suivies est très touchante, illustrée de nombreuses photos ou tableaux d'une époque peu glorieuse pour les occidentaux français et américains. Dans la continuité de cette visite, la COPE (coopérative orthotic & prosthetic enterprise) est à voir. Le musée décrit l'abomination que sont les armes qui ont été utilisées par les américains pour lutter contre les forces communistes de la région. En guest stars, les cluster bombs. La grosse bombe est étudiée pour larguer elle même 680 bombinettes. Toutes ensembles elle "couvraient" la superficie de 3 terrains de foot. Au delà des dégâts causés au moment des largages, 30% de ces bombinettes n'ont pas explosé durant la guerre c'est à dire que le sol du Laos était couvert de 80 millions de ces engins en attente d'explosion à la fin de la guerre. Les gens de la campagne qui travaillent la terre et les enfants sont les plus touchés et sautent régulièrement dessus, encore aujourd'hui (1 victime/mois en moyenne). On estime que le pays sera débarrassé de ce fléau à la fin du siècle. À l'heure actuelle des bombes ont été détectées dans plus de 4000 zones et sont en attente de nettoyage. La COPE, comme son nom l'indique, permet aux victimes survivantes d'être équipées de prothèses. Une visite intéressante, gratuite (dons acceptés) et illustrée de petites vidéos faciles à comprendre même si on n'est pas anglophone. Les jours passent, il est temps de filer vers le sud Laos... | | | Épisode 5: la boucle (Tha Khaek)
Il n'aura fallu que 8h de transports en commun (2 tuk tuks et un bus) pour rejoindre Tha Khaek, à 230 km au sud de Vientiane.
Parfois on sent bien les choses tout de suite sans bien savoir expliquer pourquoi. Ben cette petite ville - Tha Khaek - je l'ai tout de suite bien sentie (dès la gare routière, mais c'était peut être aussi le bonheur de sortir de ce bus pourri). Tha Khaek est située en bord de Mekong. Il est ici moins sauvage qu'à Louang Prabang mais beaucoup plus large, peut être équivalent à un peu plus de 2 fois le Rhin au niveau de Strasbourg. De l'autre côté de la rive on voit une ville thaïlandaise puisque le Mekong fait frontière (comme le Rhin, qui sépare Strasbourg de Kehl). Les berges du côté Lao sont occupées par des petites terrasses, c'est sympa comme tout. La place centrale (place de la fontaine) était bien animée quand je suis arrivé, couverte de petits boui-bouis qui proposaient un plat, une crêpe... Ça vivait comme vit un village un jour de fête ou de marché, bref, j'ai aimé. J'étais venu là pour louer un scooter et explorer un peu du Laos profond, et j'ai fait ça dès le lendemain de mon arrivée. Il s'agit en fait d'un circuit en boucle à faire sur 3 ou 4 jours. C'est fréquenté par les touristes mais dans une proportion extrêmement raisonnable. C'est un parcours qu'empruntent également quelques camions mais on se sent tout de même en relative sécurité dès lors qu'on prend soin d'éviter sur la route: Les poules Les boeufs Les cochons Les chiens Les enfants Et les nids de poule qui, en guise de poule, peuvent abriter une autruche. Quelques minutes seulement après avoir quitté Tha Khaek, la route plonge dans le relief environnant, les montagnes karstiques si communes en Asie du sud-est (mais inconnues par chez nous). Le paysage est parfois sublime, malheureusement souvent gaché par les lignes haute tension. Le temps n'était vraiment pas top, j'ai pourtant adoré me balader sur mon scooter dans cet environnement singulier. Et puis le temps de quelques virages en lacets et me voici sur un plateau, 300m plus haut. Le paysage est complètement différent. Un immense lac semble occuper la majorité de l'espace, noyant la jungle qui ne trouve refuge que sur les collines. Ce lac a été créé par la construction d'un barrage. Il est réellement immense. Ce paysage est donc tout récent. C'est à la fois très beau (une partie de la forêt a été inondée) mais aussi dramatique car des villages entiers ont été noyés et la population concernée a dû être déplacée. Plus ou moins obligés, les gens se sont reconvertis et certains habitants du village perdu dans lequel je fais étape le soir sont devenus pêcheurs.
Au 2ème jour le beau temps semblait de retour. La route légèrement surélevée se faufile avec de chaque côté les paysages de forêt inondée. Ca dure des kilomètres et c'est magnifique. Puis viennent une série de petits villages. Jamais depuis mon arrivée je ne me suis autant senti au "coeur" du pays, le Laos profond. Les gens y sont particulièrement souriants et les enfants vous lancent des "sabadee" (bonjour) accompagnés de petits signes de la main. La soupe de nouilles s'accompagne ici de viande, et elle est largement aussi bonne qu'ailleurs malgré le côté cradingue du boui-boui dans lequel je la déguste. Les vendeuses du bord de la route s'amusent de ma présence, peu d'occidentaux doivent s'arrêter dans le coin. En pousuivant, le relief karstique est de nouveau à l'honneur. Les falaises sont magnifiques. Je pose ma mob' et me voilà embarqué (c'est à dire... grimpé dans une barque) sur une rivière dont je n'ai plus le nom en tête et pourtant dont je me souviendrai. Si ce qu'on demande à un guide est qu'il vous ramène sain et sauf à votre point de départ, alors je peux dire que mon guide fut le meilleur qui soit. Son boulot a consisté à me balader sur cette rivière qui passe sous terre pendant la bagatelle de 7 km, dans l'obscurité évidemment (enfin à la lueur de sa frontale ce qui n'est pas grand chose). Naviguer dans ces conditions, dans un "tube" souterrain qui parfois semble énorme, cerné par la roche à la fois inerte et menaçante, sans autre bruit que le petit moteur de la barque, ça a quelque chose d'anxiogène, je vous dis pas. Ça dure suffisamment longtemps (7kms !!) pour que plein de choses vous passent par la tête genre: "le Laos est-il un pays à risque sismique ?" ou bien "le guide a t il correctement chargé les batteries de sa frontale ?" etc... Une fois arrivé au bout du tunnel, ben chouette, il n'y a plus qu'à faire le chemin inverse, dans les mêmes conditions, l'obscurité, le plic plic de l'eau qui goutte de la roche et de nouveaux questionnements: "l'EDF locale ne va t-elle pas choisir pile poil cet instant pour opérer un lâcher de 2 millions de m3 d'eau depuis le barrage plus haut ?". Voilà en tout cas une expérience peu banale, juste un peu gâchée par le fait que le guide, même s'il vous ramène finalement à bon port, n'a strictement rien à vous raconter sur la rivière, la grotte, sa formation... Le soir je dors tout près de là, dans une ambiance villageoise qui sent bon la campagne laotienne. Le 3ème jour est essentiellement consacré au retour, au début dans un décor toujours somptueux puis, pour les derniers 100kms, franchement ennuyeux. Mais la beauté des lieux traversés et le dépaysement valaient bien ce sacrifice. (À suivre...) | | | À: Chouhibou · 13 décembre 2016 à 10:45 Message 9 de 13 · 1 348 affichages · Partager Bonjour,
Très beau récit, il faut continuer  .Petite question, avez-vous été à Paksé (nbres d'heure en bus de Tha Khaek) et de Paksé au Cambodge, par exemple à Siem Reap, est-il possible de le faire en bus et de jour, plus agréable que la nuit ?
Cordialement
claude | | | À: Routard37 · 15 décembre 2016 à 7:42 Message 10 de 13 · 1 309 affichages · Partager Bonjour,
Très beau récit, il faut continuer  .Petite question, avez-vous été à Paksé (nbres d'heure en bus de Tha Khaek) et de Paksé au Cambodge, par exemple à Siem Reap, est-il possible de le faire en bus et de jour, plus agréable que la nuit ?
Cordialement
claude
Hello,
Oui il est possible de faire Paksé/ Cambodge de jour sans soucis. Il y a un bus qui fait Paksé/4000 îles à 8h du matin. Et des 4000 îles il y a à peine 20mn de route pour arriver à la frontière ;) Ensuite de la frontière jusqu'à Siem Reap il faut compter 6/7h de route.
Je suis en train de démarrer un autre carnet de voyage sur le Laos également, j'y mettrais toutes les infos pour le passage de frontière ;) | | | Bonjour,
Très beau récit, il faut continuer  .Petite question, avez-vous été à Paksé (nbres d'heure en bus de Tha Khaek) et de Paksé au Cambodge, par exemple à Siem Reap, est-il possible de le faire en bus et de jour, plus agréable que la nuit ?
Cordialement
claude
Hello,
Oui il est possible de faire Paksé/ Cambodge de jour sans soucis. Il y a un bus qui fait Paksé/4000 îles à 8h du matin. Et des 4000 îles il y a à peine 20mn de route pour arriver à la frontière ;) Ensuite de la frontière jusqu'à Siem Reap il faut compter 6/7h de route.
Je suis en train de démarrer un autre carnet de voyage sur le Laos également, j'y mettrais toutes les infos pour le passage de frontière ;)
Bonjour, et merci pour votre réponse, j'attends donc avec impatience ce carnet de voyage sur le Laos, et je ne manquerai pas de revenir vers vous pour d'autres questions. Cordialement Claude | | | À: Routard37 · 16 décembre 2016 à 10:48 Message 12 de 13 · 1 280 affichages · Partager Bonjour, et merci pour votre réponse, j'attends donc avec impatience ce carnet de voyage sur le Laos, et je ne manquerai pas de revenir vers vous pour d'autres questions. Cordialement Claude
Il est dispo ICI , je l'ai commencé hier :) Désolé pour l'interférence sur ce carnet | | | À: Routard37 · 17 décembre 2016 à 16:20 Message 13 de 13 · 1 251 affichages · Partager Bonjour Claude,
Désolé pour ce manque de réactivité de ma part...  Heureusement d'autres t'ont répondu, merci à eux.
De Paksé à Siem Reap pas sûr que ce soit possible au cours de la même journée. Dans tous les cas ce sera très long (et puis le coin de 4000 îles est à faire si tu as le temps). Au Laos comme au Cambodge il faut tabler sur une vitesse moyenne de 40km/h, guère plus.
Bon voyage Didier PS: Merci pour tes encouragements | Carnets similaires sur le Laos: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 4 789 visiteurs en ligne depuis une heure! |