| Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Genevois · 1 mars 2011 à 15:52 · 3 photos 57 messages · 18 participants · 27 017 affichages | | | | 1 mars 2011 à 15:52 · Modifié le 16 mars 2011 à 6:20 Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 1 de 57 · Page 1 de 3 · 18 023 affichages · Partager Prologue
L'attente et la préparation ont maintenant fait place à l'excitation. Des mois à lire les guides, consulter les sites et les forums sur le net, des heures à collectionner des impressions, des informations des tuyaux et maintenant, dans quelques heures ce sera le départ pour l'aéroport. Avec son lot de petits pincements, les au-revoirs à nos trois enfants (bien qu'à bientôt 18 et 20 ans, peut-on encore parler d'enfants ?), avec les doutes, les laisser pendant un mois, bien que nos propres parents seront bien présents. Tout va-t-il bien se passer ? Ici à Genève ou sur les chemins poussièreux du Laos ?
Mélange excitant qui ressurgit à chaque départ...
Une fois n'est pas coutume, pas encore partis et déjà en train de prendre le clavier. Faire son voyage, dans sa tête en premier, le préparer, s'y préparer, commencer à le vivre, et partir. Cette année, j'innove. Non pas tant que l'idée vienne de moi, mais c'est vrai qu'au fur et à mesure des carnets de voyage, des amitiés, toutes virtuelles pour la plupart, bien concrètes pour d'autres, se sont formées. Des amitiés basées sur les mêmes passions, les mêmes envies de découvertes, et bien souvent les mêmes destinations !
Alors, les conseils ont fusé : "on aimerait suivre ton voyage, connaître vos impressions, mais là, en même temps que vous. Et puis le Laos, ça nous intéresse". L'idée du livre lao et ses chapitres a germé. Oui, pourquoi pas. Prendre le temps d'écrire, de retranscrire et de partager notre voyage au jour le jour, ou tout du moins dès que l'occasion se présente (merci le WiFi...) ?
Prologue, chapitre 1, chapitre 2, chapitres... conclusion, remerciements... Un livre. Que l'on prépare, que l'on peaufine, que l'on vit et que l'on range une fois terminé dans sa bibliothèque des souvenirs. Mais toujours à disposition pour y replonger. Comme un voyage en quelque sorte...
Petit retour en arrière. Le Laos... Coincé entre deux montres du tourisme, la Thaïlande et le Vietnam, ouvert depuis peu et pas encore atteint par le tourisme de masse, réputé pour la gentillesse de ses habitants et la beauté de ses paysages, comment ne pouvait-il pas nous attirer à lui, comme un aimant ? Comme toute cette si fascinante Asie finalement, mais certainement encore plus que d'autres contrées de l'Extrême-Orient. Est-ce son côté nature et beauté des paysages ? La réputation de son peuple accueillant et souriant ? Son ambiance de calme et de tranquillité ? Un condensé de tout cela, sans aucun doute, comme un besoin de souffler, de mettre une vie occidentale, où le temps rime avec rendement, entre parenthèse l'espace d'un périple.
Les sacs sont prêts, les esprits aussi.
Décollage avec SWISS vers 21h00 pour une courte étape vers Zurich, puis un long vol vers Bangkok. Demain, le chapitre 1 débute... En route pour le livre lao. | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Genevois · 2 mars 2011 à 10:38 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 2 de 57 · Page 1 de 3 · 17 935 affichages · Partager ça y'est, c'est parti    
Je me réjouis de lire vos impressions suite aux différents échanges que nous avons eu.
Pour notre part, c'était un magnifique voyage.
Bon voyage Moustique
laos-cambodge-2010-11.blogspot.com | | | À: Genevois · 2 mars 2011 à 20:14 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 3 de 57 · Page 1 de 3 · 17 840 affichages · Partager Hello Lolito Ca y est le départ est arrivé, dire qu'il me reste encore 4 mois à attendre le mien. Bon j'attends avec impatience tes premières impressions. N'oublie pas de parler de nous à M. Vong: 13 personnes pour le 4 juillet. Bises à Dom | | | À: Genevois · 3 mars 2011 à 13:34 · Modifié le 16 mars 2011 à 6:21 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 4 de 57 · Page 1 de 3 · 17 824 affichages · Partager Chapitre 1 : Zurich- Bangkok- Vientiane
L'aéroport de Genève est vide et le check-in est donc immédiat. Exploit : nous avons réussi à limiter nos sacs à moins de 9 kilos chacun (Isa, tu me lis... ?). Précision toute helvétique, notre vol décolle pile à l'heure pour à peine 40 minutes de trajet pour rejoindre Zurich. Transit minimum : à peine 50 minutes. Plusieurs longs courriers décollent plus ou moins en même temps, Sao Paulo, Hong Kong et bien sûr Bangkok, ce qui rend les contrôles aux embarquements relativement longs.
Nous sommes dans les derniers à rentrer dans l'A340-300 de SWISS et nous rejoignons nos places tout à l'arrière de l'appareil. Une heure après l'envol, voici le repas et surtout un petit Stillnox qui m'enverra dans les limbes assez rapidement pour quelques heures de gagnées sur l'ennui du voyage. J'émerge gentiment, il reste 90 minutes de vol.Dominique aussi a dormi, mais sans aide. Vol tranquille...
SWISS : nul n'étant prophète en son pays, c'est une des premières fois que je voyage avec notre compagnie nationale.Rien à dire. Avion impeccable, à l'allure sortant de l'usine, passages fréquents des hôtesses, nourriture correcte, ponctualité. Et en l'occurrence, au même prix que certaines compagnies du Golfe, Qatar notamment que nous avons l'habitude de prendre, tout du moins pour ce périple.
A l'arrivée à Bangkok, il y a foule. Les gros porteurs se succèdent, ne faisant pas mentir la réputation du plus gros hub du sud-est asiatique. Mais l'organisation est parfaite. Un nombre impressionnant de guichets sont ouverts pour le passage de l'immigration qui se déroule en très peu de temps. En arrivant au tapis des bagages, les sacs et valises de notre vol sont déjà en train de tourner.
Nous devons rejoindre la gare de Hua Lamphong pour notre train de nuit, le No 69, qui part à 20h00. Deux solutions pratiques : le bus ou la nouvelle ligne du City Train. Au même prix d'ailleurs, 150 baths. A la différence près que le train ne va pas jusqu'à la gare et qu'il faut changer pour le métro à Makassan. Par contre le tempo est imbattable : à peine une demi-heure. Nous avons le temps, nous optons pour le bus. Il nous faudra presque 2 heures pour atteindre la gare, tant les embouteillages sont importants. Mais nous aurons eu le temps de mesurer la frénésie de la capitale thaïe, ce grouillement perpétuel, comme un véritable termitière. Rien n'a changé depuis notre dernier passage ici en 2008. Pourquoi cela aurait-il évolué d'ailleurs ? Déjà dans le bain... Bref, si vous êtes à la bourre, le train s'impose.
A Hua Lamphong, le système est huilé. Comme prévu, un employé de la société Travex m'attend avec mes billets, commandés et payés sur le net, à peu près 3000 baths TTC comme se plaisent à le dire mes amis français, via le site www.thailandtrainticket.com . Aucune embrouille, tout joue. Je paie la taxe de livraison "main à main", 300 baths. Il nous reste un peu de temps avant le départ, juste de quoi aller nous restaurer dans une des gargottes en face de la gare. Achats de fruits, toujours aussi excellents et bon marché, et nous rejoignons notre wagon. Notre cabine individuelle doit bien faire dans les 2 m2 au maximum. Une banquette, une autre que l'on relève, un minuscule lavabo et les toilettes à l'étage, en bout de wagon. Mais nous aurons droit à des draps s'il vous plaît, blancs et propres. Le trajet doit durer près de 12 heures pour atteindre, Nong Khai, sur les bords du Laos, près de Vientiane, mais encore côté thaï. L'air conditionné fonctionne et si besoin, on peut le couper. Le convoi se met en branle, au propre comme au figuré. Rapidement, une employée vient voir si nous voulons commander de la nourriture, elle a même un menu. Non merci, nous sommes servis. Puis c'est au tour du faiseur de lit de venir faire son job. Il défait les couchettes, ajuste les draps et nous souhaite une bonne nuit. Un autre passe encore la serpillière dans le couloir, et pas qu'une seule fois. Plusieurs petits jobs qui en Europe serait effectué par un seul homme. Ou comment résoudre en partie le problème du chômage, à la sauce thaïe...
La nuit avance, et même peut-être plus vite que ce train. Le rythme est lent, les arrêts fréquents.La voie semble unique, et pas seulement parce qu'elle n'est ni droite, ni plate, mais parce que nous faisons plusieurs arrêts pour croiser des convois. La longueur du voyage s'explique. Tremblements, secousses, ballotements, de quoi faire pâlir les quelques turbulences ressenties hier soir lors du vol. Dormir ? ce serait un luxe que de l'affirmer. Somnoler plutôt, et encore, par intervalle. Une deuxième nuit consécutive à manquer de sommeil. Vers 06h30, le wagon s'éveille, en même temps que le jour. Encore 2 heures.
0825h., notre heure d'arrivée à Nong Khai. Heure supposée, car aucune trace d'une ville. Nous sommes perdus en pleine campagne, cahotant à une allure modérée. Un dialogue anglo-thaï, bien plus thaï qu'anglo d'ailleurs, avec la personne qui fait le café nous apprend que nous aurons du retard. Combien ? La réponse est très claire : "delay, delay" en souriant. Le temps, toujours le temps. Les seuls à se soucier du retard sont les quelques Occidentaux du train. Le temps, cette notion qui n'a pas la même valeur pour un Blanc que pour un Asiatique, alors même que les journées ont partout la même durée... Le retard se comptera en heures. 3 en réalité.
Arrivés à Nong Khai, la frontière est là et rien de plus simple. A la gare même, il y a une navette traversant le pont qui enjambe le Mékong et qui va à la gare de Thanaleng, en territoire lao. Nous achetons le billet à 20 baths, puis nous passons par le poste-frontière thaï pour faire tamponner nos passeports pour la sortie du territoire. Une fois à Thanaleng, les douanes lao vont délivrer un visa en moins de temps qu'il n'en faut pour faire le trajet. Coût désormais de 35 $ (ou 1500 baths, faites vos comptes...) et il ne faut pas oublier une photo, sans quoi retour en Thaïlande. Une fois ces formalités accomplies, une bonne dizaine de chauffeurs de vans vous assaillent en anglais pour vous proposer un transport jusqu'à Vientiane. Il faut dire qu'il n'y a guère le choix, à moins de partir sur la route et de marcher quelques centaines de mètres jusqu'au village voisin pour attraper un tuktuk. En groupant le transport avec 3 Anglais, on s'en tire à 100 baths par personne, livrés directement à notre guesthouse. Mais il faut bien négocier, car le premier prix est à 300...
Notre guesthouse sera la Sisavad Villa, excentrée et pas dans la zone touristique. 15 $ la chambre avec douche et WC, très propre, clim et excellent lit. Il y a même une petite piscine dans laquelle nous ne tremperons pas un doigt. On s'enregistre, on réserve notre bus pour Vang Vieng pour demain et départ à pied pour un petit tour de ville. Première étape, Patouxai, l'Arc de triomphe lao, lui-même au bout des Champs-Elysées de Vientiane. On sent l'influence française... Le soleil tape fort et il fait chaud, un petit 35°. Nous suivons l'itinéraire proposé par le Lonely Planet et après Patouxai, voilà le marché de Talat Sao, typique asiatique avec ses stands où l'on trouve de tout, de la montre à l'artisanat en bois en passant par les récipients en plastique. Et les habituels stands de nourriture et de fruits bien entendu. Direction ensuite le bord du Mékong, près du Palais présidentiel et du Vat Si Saket avec ses centaines de buddhas.
Le Mékong, ce géant asiatique, à la base de tant de légendes. Un Géant capricieux à Vientiane, il n'y a presque pas d'eau, il faudrait encore parcourir des centaines de mètres sur une pseudo plage de sable pour toucher le liquide brunâtre. Ses quais sont animés, de jeunes lao portable à l'oreille, matant là les filles ou rigolant en groupe. Les rues à l'ouest du Palais composent le Vientiane touristique. Les guesthouses succèdent aux restaurants français et aux caves à bière belges. Il est loin le Laos communiste, fermé aux étrangers. Nous trouvons notre bonheur non pas dans une Gueuze (bien qu'avec la chaleur qu'il fait cela aurait été un vrai plaisir), mais dans la rue des échoppes de massage. Comment résister ? Deux nuits sans sommeil, marche depuis 3 heures sous le soleil. Il est temps pour un massage, des pieds car il faut bien commencer en douceur. Une heure de relaxation à se faire tripoter mollets et orteils sous la lumière tamisée du salon. A notre sortie, il fait nuit et la température a baissé d'au moins 5°, pas de quoi se rafraîchir. Retour à la Sisavad en tuktuk pour une bonne douche et le temps d'écrire.
Petite parenthèse pour parler des kips lao, la monnaie locale. Il convient d'être sacrément prudent, tous les billets se ressemblent et on aurait vite tendance à se tromper. Jamais à son avantage bien sûr. Pour obtenir des kips, là aussi très facile. Les ATM sont partout et une carte Visa ou Maestro fait l'affaire. En un retrait, je suis millionnaire. Un million de kips !
Vientiane en un jour à peine. Je vais me faire incendier. Comme dans tout endroit, il faudrait des jours entiers pour voir ce que la capitale laotienne recèle en son coeur. Mais nous cherchons autre chose ici, les escapades en nature, les villages, les rivières, alors nous zappons. Mea culpa.
Mais nous aurons déjà trouvé ici une partie de ce que nous venions y chercher : le sourire sur les visages, les "Sabaidee" des gens qui nous croisent, la facilité de vivre sans se soucier du Temps (tiens encore celui-là). Cela suffira pour aujourd'hui.
Demain cap sur Vang Vieng la décriée. Un autre chapitre. | | | À: Genevois · 3 mars 2011 à 21:33 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 5 de 57 · Page 1 de 3 · 17 776 affichages · Partager Bonjour vous deux
Et bien c'est un bon début et surtout un pur bonheur de te lire presque en direct après tant d'échanges de messages avant votre départ. Nous avons l' impression d' y être déjà, (puisque nous partons en août prochain pour les lecteurs non avertis). C' est un excellente idée de faire le CR en "épisodes" au fil de votre voyage.
Très bonne continuation et comptez sur nous pour vous suivre dans votre périple au jour le jour.
Olivier et Mina | | | À: Genevois · 4 mars 2011 à 15:18 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 6 de 57 · Page 1 de 3 · 17 751 affichages · Partager Hello vous deux !
Quel plaisir de prendre de vos nouvelles et de participer virtuellement à votre aventure. De tout coeur avec vous, profitez bien !
Fred | | | À: Genevois · 5 mars 2011 à 12:16 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 7 de 57 · Page 1 de 3 · 17 717 affichages · Partager Chapitre 2 : Vientiane (suite et fin) - Vang Vieng
Je ne pensais pas reparler de Vientiane, mais la soirée passée là m'y oblige.
S'il fallait trouver un défaut à la Sisavad Villa, il résiderait dans son éloignement du centre. Evidemment, le jour on s'en rend moins compte, puisque dans le centre, on y est plus ou moins en balade. Mais le soir, quand il s'agit de trouver un endroit pour manger, l'isolement de la Sisavad devient un problème. Oh non pas un problème insurmontable, car les tuktuk sillonent la ville pour parer à ce souci majeur. 30'000 kips plus tard, vous voilà au coeur de la ville, là où vous trouverez des établissements pour tous les goûts (de la pizzeria aux spécialités méridionales ou provençales en passant par le toujours en vogue burger) et pour toutes les bourses.
Bon, dans ces quartiers, vous croiserez surtout le touriste classique, reconnaissable à sa peau chocolat, chocolat blanc vous aurez vous-même apporté cette précision, son bermuda militaire, son t-shirt soit sans manche pour montrer le dernier tattoo tribal à la mode, soit exhibant fièrement les couleurs de la Lao Beer ou son attachement au " Cambodia" ou à "Siam Reap" ou encore au "Golden Triangle" sur son t-shirt. C'est fou ce besoin qu'ont certains de prouver au reste du monde qu'ils sont dans leur trip Asie du sud-est. Quelques Occidentaux encore, l'âge mûr bientôt derrière eux, se baladant main dans la main avec des demoiselles bridées, mais pas ridées, vu leur sortie toute fraîche de l'adolescence. Bien sûr, ce sont ceux qui attirent l'oeil, mais le Laos attire évidemment aussi une grosse frange de voyageurs sac à dos qui n'ont pas ses caractéristiques. Heureusement.
Près de la Sisavad, rien de tout cela, il y a bien quelques guesthouses ou hôtels, mais l'Occidental se fait discret et de ce fait, les restos aussi. Donc, nous avons nous aussi rejoint la zone internationale de Vientiane pour notre repas du soir. Un petit resto sur l'avenue qui borde le Mekong, de mémoire le Thonglor ou quelque chose qui s'approche de cela, presque tout au bout côté ouest, qui proposait de magnifiques grillades de poulet mariné ou de poisson à l'allure de dorade, le tout à des prix très doux. Une cuisine délicieuse que le simple cadre du resto ne laissait pas forcément supposer. Retour à notre repaire en tuktuk pour une nuit qui sera sans doute meilleure que les deux précédentes. Le réveil est programmé à 08h00, le départ à 9.
C'est à la Sisavad que nous avons reservé notre transport "VIP". Avec l'âge, nous apprécions un peu de confort, et en plus, notre bourse peut se le permettre. En l'occurrence, ce sera 60'000 kips par personne, prise en charge sur place. Je remarque avec ironie que pas mal de services sont VIP dans ce coin du monde : les transports, certains cafés (ceux proposant le WiFi), certaines guesthouses, bref le VIP devient banal... Il est vrai que vu le niveau de richesse des Laos, le touriste quel qu'il soit, est un VIP.
Après une nuit encore un peu difficile, cette fois c'est le décalage horaire, la température au lever est très agréable. Nous prenons notre petit-déjeuner à la Sisavad. Bien complet, avec fruit, café et de la baguette, et chaude ! A 09h00, un van vient nous chercher. Nous sommes les premiers à embarquer. Mais nous ferons le tour de plusieurs guesthouses pour remplir le véhicule. Finalement, nous irons à Vang Vieng en bus. Le van nous dépose sur une esplanade en bord du Mékong, le point de rendez-vous pour ce véhicule plus gros. 3 bonnes heures de route plus tard, nous débarquons à Vang Vieng. Nous sommes rapidement pris d'assaut par des rabatteurs qui nous vantent les mérites de leur guesthouse. Sans succès pour nous, nous avons une réservation à la Maylin Guesthouse.
Une réservation faite par Patrick (alias Bmonkey), un Québecois rencontré au hasard d'une discussion sur Voyageforum.com en 2009 alors que nous rentrions de Malaisie. Patrick avait posté un message fort sympathique et nous avions échangé quelques mots en messages privés. Le contact était resté et le hasard faisant bien les choses (c'est bien connu), Patrick et son amie voyagent cette année en Asie et notamment au Laos. Et le hasard faisant encore mieux les choses, il est Vang Vieng cette semaine. Via Skype, nous avons parlé et il m'a réservé mon bungalow. Elle est pas belle la vie ?
En sortant du bus, nous utilisons le plan du Lonely Planet et trouvons facilement la Maylin. L'établissement est de l'autre côté de la rivière et il faut traverser un pont. Un pont payant. Je connaissais les gardiens de phare, les gardiens de but, les gardiens de prison, et bien voilà les gardiens de pont. 4000 kips par personne l'aller-retour, 6000 si vous avez un vélo et 10'000 avec un scooter. Une entreprise privée, capitalisme à la lao, ou un vestige du communisme qui profite à l'ensemble de la communauté étatique des lieux ? Je ne le saurais probablement jamais. Et alors ?
Arrivés à la Maylin, notre bungalow est prêt. Et ce satané hasard est décidément bien luné, car nous devons avoir le meilleur possible, le No 15. La terrasse donne directement sur les formations karstiques qui entourent Vang Vieng. Un coin de paradis, avec le chant des oiseaux en prime, comme un bonus à la quiétude. Un bungalow tout simple, un bon lit avec ventilo et moustiquaire, une douche à l'eau froide et un WC, le tout sur pilotis. 70'000 kips la nuit, même pas CHF 9.-- pour les Suisses, EUR 6,50 pour les autres (taux de change tout personnel). Chaque bungalow a son petit carnet pour y inscrire ses consommations, la base, c'est la confiance. Nous profitons du calme, et allez soyons fous, plutôt de la magie des lieux.
Patrick m'a laissé un mot avec son adresse à Vang Vieng. Il sera temps de faire connaissance de vive voix, le rendez-vous est fixé à 17h00. Avant cela, nous aurons le temps de parcourir Vang Vieng et ses rues dédiées au tourisme, vente de lunettes de soleil et de tongs en tête. Du tourisme oui, mais pas n'importe lequel. Celui des vieux ados ou des jeunes adultes, c'est selon, qui viennent prendre leur dose d'exotisme, mais sans céder un pouce à leurs valeurs bien occidentales : fête, alcool (sans compter quelques autre produits "happy") et déconnade. On est bien loin des standards du Laos. Comme une call-girl qui a pourtant tout pour plaire sans s'abaisser, Vang Vieng a ouvert ses cuisses à cette mode, endroit unique dans ce pays encore si pudique. Bien sûr, il ne s'agit que de mon avis et certains pourront s'offusquer de ce point de vue.
A17hoo, nous rejoignons Patrick et Melissa qui sont partis il y a plus de deux mois de leur Canada natal pour parcourir l'Asie. Après l' Inde et la Thaïlande, les voilà au Laos, avant de mettre le cap sur le Cambodge, le Vietnam et la Malaisie. Quelques échanges virtuels via le net, et maintenant des échanges bien réels. Une bien belle rencontre, des échanges sur nos vies respectives, nous sommes sur la même longueur d'onde. D'ailleurs rendez-vous est pris pour un tour en moto demain dans les environs de Vang Vieng. Et dire que tout a commencé il y a deux ans par un simple message sur un forum.
Lorsque nous prenons le chemin du retour, la nuit est bien entamée. Petit stop dans la rue principale pour manger un petit plat, vérifier nos mails via le Wifi, avant de regagner la Maylin. En chemin, nous croisons les spécimens décrits plus hauts, bouteilles d'alcool à la main, le pas peu assuré. Une fille est même courbée en deux l'air absente, ses camarades s'inquétant pour elle. Décidément, ce côté de Vang Vieng est, excusez-moi de l'expression, vraiment à chier. Mais devant l'appât du billet, Vang Vieng se pose en victime consentante. Une vraie call-girl. Et pourtant, derrière cet habit de scène, il y a une autre facette, bien plus agréable. Nous le vérifierons demain.
L'air est frais, les insectes du coin nous jouent leur récital, la terrasse de notre refuge est un bonheur en cette fin de soirée. | | | À: Genevois · 7 mars 2011 à 14:34 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 8 de 57 · Page 1 de 3 · 17 667 affichages · Partager Chapitre 3 : Vang Vieng (suite)
Il faudrait expliquer aux coqs laotiens que les chants, c'est au lever du jour, pas pendant la nuit. Et en même temps, on pourrait glisser aux chiens du coin qu'un Rock Band d'aboiements, c'est cool, mais pas lorsque les deux pattes dorment !
Ah, voilà le Laos que nous étions venus chercher. Voilà le Vang Vieng derrière le rideau. Tout a commencé vers les 09h00 avec la location d'une moto presque en face de la Maylin. 60'000 kips la journée, le plein fait.
La moto : un scooter en réalité, de fabrication chinoise, solide comme un roc. Les vitesses ? Il faut s'y faire. Le levier a deux positions. Vers l'avant pour monter de la 1ère à la 4ème, vers l'arrière de l'axe pour rétrograder. Ce qui fait qu'au début il faut réfléchir, même pour un adepte de la moto comme moi.
Patrick et Melissa nous rejoignent et nous voilà partis pour la boucle de l'Ouest comme la décrit le Lonely Planet. Première étape après quelques kilomètres bien pratiques pour assurer son équilibre sur la piste caillouteuse et prendre confiance.
Première étape donc : la grotte de Khan. Nous allons rapidement apprendre la valeur d'un billet de 10'000 kips. Car tout fonctionne aux 10'000 kips dans ce tour. A la grotte, 10'000 kips pour pouvoir y accéder, le prix est fixe et non négociable. Un homme, d'un âge très respectable va nous servir de guide dans les cavités et il nous remet des lampes de poches qu'il nous loue le temps de la visite à 5'000 kips la pièce. Les cavités sont assez impressionnantes, sans être exceptionnelles. Une statue de Bouddha trône au fond de l'une d'entre elles. Je ne recommanderai à personne de s'aventurer dans ses grottes sans guide, ni lampe. Et de un parce qu'il est très facile de s'y perdre et de deux car elles sont parsemées de trous profonds d'où personne ne vous remontera. Petite précision, le chemin pour aller à cette grotte est un ancien lit de rivière, je vous laisse imaginer comme cela secoue en scooter...
Retour sur la route principale, avec pour but le fameux Blue Lagoon. Le prix pour y accéder ? Vous le connaissez déjà. Mais là, je dois dire que cela les vaut largement, ces 10'000 kips. Une rivière qui forme un bassin profond et par je ne sais quel procédé, l'eau rend un ton bleu. L'eau est fraîche et claire, c'est un bonheur de s'y tremper. Des cordes formant des balançoires pendent de la branche d'un arbre, des sauts sont possibles depuis cette même branche. Et pour arranger le tout, il y a même une petite échoppe qui fait à manger ou des fruit shake. Quelques touristes, quelques familles laotiennes, ce n'est pas la foule. Nous y restons suffisamment de temps pour nous rafraîchir, mais il nous faut reprendre la piste pour être sûrs de boucler le tour avant la fin de l'après-midi.
La partie gauche du parcours va nous permettre de traverser plusieurs villages laotiens. Les enfants sortent en courant des habitations, agitant leurs mains et nous lançant des "Sabaidee !" en souriant. Les animaux, poules, vaches, cochons, vivent en parfaite liberté au milieu des gens. Pas de souci pour prendre des photos, même si chaque fois nous demandons la permission. J'oublie de préciser qu'en toile de fond, il y a toujours ces fameuses collines karstiques d'une beauté spéciale. L'Asie telle qu'on se la représenterait sur un dépliant touristique...
Souvent, nous devons passer une petite rivière sur un pont. Un pont ? En fait, quelques planches de bois enjambant le faible débit de l'eau. Ma découverte d'hier au sujet des gardiens de pont se vérifie encore aujourd'hui. Devant chacun d'entre eux, il y a un petit abri et un péage (pas besoin de préciser combien...).
Nous finissons par arriver au village de Nagnao où à la sortie, nous voyons une maison avec une enseigne en bois et peinte à la main "Restaurant". Un petit en-cas n'est pas de refus, nous stoppons. Il y a là une famille qui tient le commerce. Un homme et sa femme, avec leurs deux magnifiques enfants, dont le dernier a quelques mois. Nous commandons et vu que dans un des plats il y a des légumes, l'homme part en courant dans son jardin et en revient avec un chou. Vous avez dit bio ? Le repas sera excellentet très bon marché (20'000 kips par personne), nous jouerons un peu avec les enfants. Malheureusement le dialogue est impossible, l'anglais leur est inconnu et notre lao est très limité. Posté sur le bord de la piste, combien de clients s'arrêtent là ? Sans doute pas beaucoup, à tort.
Nous continuons notre tour, lâchons encore quelques milliers de kips pour des passages de pont. Le retour par la partie droite est un peu moins intéressant, non pas que les paysges soient moins beaux, mais il n'y a qu'un seul village à traverser. Nous ne sommes déçus que d'une seule chose : nous arrivons vers la fin de la saison sèche et toutes les rizières sont récoltées et vides. L'herbe est un peu brunie et brûlée par l'absence de pluie. Les mêmes paysages avec les rizières vertes de tiges devraient être féériques. M'enfin, on ne peut pas tout avoir...
Retour à la Maylin vers les 16h00, nous sommes fourbus et surtout empoussiérés. Une bonne douche (froide) plus tard, nous voilà débarrassés des marques de la piste. Nous rendons notre monture, la tenancière n'y jette même pas un oeil. Patrick et Melissa nous ont quitté pour continuer leur périple asiatique, cela a été un réel plaisir de passer ces moments avec eux et de faire leur connaissance. Peut-être se reverra-t-on, à Montreal, à Genève ou ailleurs sur les chemins du monde ?
Un petit détour par un café qui propose le Wifi, juste après le pont payant, nous permet de nous connecter sur Skype et de parler à nos enfants. Puis, retour àla Maylin pour la spécialité de la patronne : le barbecue de poisson. Un beau et bon poisson grillé, avec de la citronelle dans ses entrailles. Un vrai délice. Quelques discussions aussi, avec des clients de la Maylin, des Français, des Suisse-Allemand, une Américaine, échange d'infos et de tuyaux entre voyageurs...
Comme hier, la température en soirée est très agréable. Un bruit de fond léger nous parvient des bars de Vang Vieng, mais sans que ce soit dérangeant. Chaque établissement ayant sa propre musique, je n'ose pas imaginer loger tout à côté... Aujourd'hui, nous avons vu l'autre Vang Vieng, celui que la majorité des touristes ici ne daigne pas visiter. Et quel dommage, car Vang Vieng sous cet aspect est à découvrir.
Chapitre 4 : Vang Vieng (suite et fin)
Comme hier, la température nocturne a été très agréable. Moins de concerts animaliers aussi ou alors notre sommeil était plus lourd.
Deuxième journée de découverte des environs. Vu que nous partons sur le côté du village, nous louons notre scooter de l'autre côté du pont, afin d'éviter le péage du retour. 50'000 kips, à ramener avant 18h00, à l'un des premiers loueurs rencontrés. Ici, aucun problème pour louer un deux-roues, tout le monde en propose.
Nous voilà partis direction nord, sur la route de Luang Prabang. Quasi aucune circulation, donc quasi aucun danger. Il faut toutefois se méfier principalement de deux choses. Un, les trous. Ils sont assez nombreux sur le bord de la route et surtout profonds. Passer dans un de ces trous à 40km/h signifierait la chute immédiate et le début de sacrés ennuis. Deux, la circulation qui arrive en sens inverse. Elle se décale souvent pour justement éviter les trous et tout-à-coup se retrouve sur la voie opposée, donc la votre. Avec ces précautions de base, les risques sont très minimes.
Première étape : l'Organic Farm, à 4km de Vang Vieng. Une ferme écologique qui cultive des mûres, élèves des chèvres et fait de la culture biologique. La visite peut être guidée, mais seul cela va aussi très bien. Nous avons pu nourrir quelques chèvres, voir les mûriers qui sont des arbres et non des buissons épineux comme chez nous. Et pour finir, 2 thés de mûres, un chaud, un froid.
L'Organic Farm se situe au point de départ du fameux tubing (pour les initiés, la descente de la rivière Nam Song sur des chambres à air, les rives étant parsemées de bars...). Remarquez qu'on ne pourrait rater l'endroit, vu la musique à plein tube (c'est le cas de le dire). On se croirait à une rave party dans les Vosges vu le niveau des basses de la techno. Les Laotiens attirent les touristes, tous Blancs, avec des shots gratuits, et il n'y a pas que de la bière. Je ne parlerai même pas des produits additionnels, tout cela sous un soleil de plomb. Il y a plusieurs tyroliennes pour sauter dans l'eau, certaines à près de 10 mètres au-dessus des flots. Des pontons aussi et même un toboggan géant. Le souci est que certains sont déjà bien imbibés lorsqu'ils tentent les sauts. Et il faut lâcher la corde au bon moment sous peine de venir s'écraser sur les rives, chute qui serait quasi mortelle. Nous voyons quelques jeunes boiter, les pieds bandés.D'autres arrivent sur les lieux une bière à la main (la bouteille de bière au Laos fait 6,4 dl). Bref, vraiment pas pour nous. Bien sûr, on peut aussi faire la descente sans toucher à l'alcool, ce qui est tout de même plus sûr. Heureusement les accidents sont rares. Mais quel contraste entre les paysans laotiens qui cultivent les champs juste à côté et la jeunesse occidentale qui fréquente ces lieux. Même s'ils apportent leur contribution à l'économie locale, ces loisirs ne font pas que des heureux et des associations font des pétitions pour lutter contre la pollution sonore et les abus en tout genre. Chacun aura son avis sur la question.
Nous repartons vers le Nord, la route est magnifique et traverse quelques villages, avec des maisons sur pilotis, les animaux en liberté, les bananiers et toujours ces monts karstiques autour de nous. Nous allons jusqu'au village de Pathang, à quelque 25km de Vang Vieng. Il est au pied de ce que les locaux appellent "la Dent", vu la forme de la montagne qui le surplombe. La photo depuis le pont (tiens, gratuit celui-là) au début du village est magnifique.
Nous revenons sur nos pas pour visiter un trio de grottes peu avant Pathang. Cette visite est décrite dans le Lonely Planet comme le Triangle de Tham Sang. En arrivant, nous n'avons pas le choix, nous devons garer notre scooter sous un abri. Payant. 5000 kips. Mais le gardien veille sur nos casques. Bon.
Un pont (aussi gratuit, bizarre) enjambe la Nam Song pour aller sur la rive où les grottes se trouvent. La première est la grotte de l'éléphant, en fait plus une caverne qu'une grotte, où trône une statue de Buddha. Nous sommes les seuls Blancs ici et pas mal de regards se tournent vers nous. Le plus enhardi d'un groupe de Laotiens nous aborde et nous demande de faire une photo avec lui.Du coup, les autres se lâchent et finalement, nous poserons avec tout un groupe, en plusieurs fois. Voulant savoir d'où on venait, la Suisse ne lui dit visiblement rien. Alors j'ai élargi la zone en disant que l'on venait d'Europe. Il a paru satisfait.
Deuxième étape, les grottes de Tham Hoi et Tham Loup. Tham Hoi est un couloir, haut et large, que l'on peut emprunter sur plusieurs kilomètres paraît-il. Je ne ferai que quelques centaines de mètres, puisque Dominique n'est pas très à l'aise et reste à l'extérieur. Un jeune laotien m'accompagne, il me servira de guide. On se croirait dans un couloir de métro, vu la forme de l'excavation. Parfois le plafond et les murs se resserrent rendant le couloir étroit et bas, mais sans être oppressant.
Puis, à quelques dizaines de mètres, ce sera Tham Loup, plus petite, différente, avec de belles démonstrations de stalagmites et stalagtites. Intéressant aussi.
Et ce que le Lonely Planet appelle le clou du spectacle, Tham Nam, une rivière souterraine qui surgit de la montagne. Un câble a été tendu dans le trou, sur plusieurs centaines de mètres, et on pénètre dans la grotte sur une grosse chambre à air en tirant sur ce câble pour avancer. L'eau est fraîche sans être froide et la sensation est étrange.
J'ai oublié de préciser que si la grotte de l'éléphant est gratuite, toutes les autres sont payantes (5000 kips pour Hoi et Loup, 10'000 pour Nam bouée comprise). Des lampes de poche sont fournies et comprises dans le droit d'entrée.
Une bonne après-midi de passée, des visites intéressantes et une belle route parcourue en moto.
Sur le retour, mon moteur a des ratés. Panne d'essence ! Heureusement, nous sommes dans un village et un homme vient voir ce qu'il se passe. Je lui fait comprendre que je n'ai plus de jus, il me fait des signes en me montrant des maisons plus loin sur la route. J'en déduis que j'y trouverai de la benzine. Et bien oui, 200 mètres plus loin, une petite épicerie vend de l'essence parmi ses produits. J'en achète 1 litre qui me permettront de rentrer sur Vang Vieng. Quelle chance d'avoir été à sec dans un village, sinon c'était poussette obligatoire...
Nous rendons le scooter et, petit tuyau qui peut être pratique à un groupe important de Bordelais en voyage (lesquels se reconnaîtront...), nous avons une astuce pour éviter le pont payant. En fait, il y a un pont gratuit surle haut du village, vers la Grandview Guesthouse, il n'y a plus qu'à longer la rivière et remonter vers Maylin. Ce pont gratuit peut aussi être emprunter par une moto, mais il faut être prudent, il est étroit et sans barrière. Le mot pont ne désigne pas ici une structure en béton avec barrière sécurisante, mais plutôt des planches et des piliers en bois, le tout souvent sans barrière.
Douche froide réparatrice, repos sur la terrasse, on récupère, avant de sortir manger. Demain changement de décor, départ pour Luang Prabang, en bus commandé et payé à la Maylin. 5 heures de route, une journée vouée au transport.
La journée a été riche, une fois encore, et nous avons adopté le rythme lao : contrairement à chez nous, ce n'est pas le temps qui nous a pris, c'est nous qui avons pris le temps.
Au revoir Vang Vieng, bienvenue Luang Prabang ! | | | À: Genevois · 8 mars 2011 à 7:05 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 9 de 57 · Page 1 de 3 · 17 632 affichages · Partager Salut Lolo Un groupe important de bordelais en voyage    aimerait savoir si, au lieu de louer des scoot pour faire la boucle sud, on peut louer des vélos. Peut on en trouver aussi près de la maylyn GH? Le groupe attend la suite  . | | | À: Babylon5 · 8 mars 2011 à 9:16 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 10 de 57 · Page 1 de 3 · 17 627 affichages · Partager Pouvoir c'est toujours possible, il y a le choix. Maintenant, reste à voir si tes mollets et tes fesses le supporteront. On a mis 6 heures pour faire la boucle (avec les arrêts, visites, etc...)... Faites votre choix... | | | À: Genevois · 8 mars 2011 à 11:49 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 11 de 57 · Page 1 de 3 · 16 998 affichages · Partager Ca monte ou c'est plat? Et pour la location dans des vélos le coin? | | | À: Genevois · 8 mars 2011 à 15:28 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 12 de 57 · Page 1 de 3 · 16 987 affichages · Partager Chapitre 5 : Luang Prabang
Le lever se fait sans alarme, les animaux s'en chargent, mais heureusement pas trop tôt. Repas du matin, faire les sacs, payer l'addition. 500'000 kips pour tous les repas, les 3 nuits, un total vraiment bas pour les prestations.
A 0930h., nous sommes en attente en haut du pont payant où un bus local vient nous récupérer. Il fait la tournée des guesthouses pour conduire tous les touristes à la gare routière. Il y a tellement de monde dans ce bus, que les sacs forment un mur entre le chauffeur et le reste du véhicule.
Changement de véhicule et nous voici dans un grand car qui nous mènera à Luang Prabang, quelque 230 km au nord. Autant le dire tout de suite : environ 7 heures de trajet !!! La route traverse les montagnes, ça monte, ça descend. Et surtout ça tourne, encore et encore. Sans compter que la route est loin d'être régulière. Le car a donc une allure de tortue. Ceux qui sont sujets au mal des transports ont intérêt à se préparer. Ca secoue. Deux arrêts en cours de route, assez courts, qui permettent de se restaurer et de se soulager. Le prix du billet : 105'000 kips.
Nous arrivons à Luang Prabang vers les 1730h. et là, pas le choix, il faut prendre les tuktuk qui guettent les voyageurs à la descente du bus.10'000 kips livrés posés à la guesthouse de son choix.
Pour nous ce sera la Halolao, repérée sur internet. Un petit bâtiment principal à deux étages et un autre à l'arrière. La chambre est basique, un lit, un ventilo et une salle de bains, Wifi gratuit, le tout propre et au prix de 12$. Bon, le lit est vraiment mou. Située dans une petite rue sans trafic, il nous faut à peine 10 minutes à pied pour rejoindre le centre et le marché de nuit. Première constatation : 230 km plus au nord, il fait nettement plus chaud !
Nous allons directement au marché de nuit, il paraît qu'on y trouve de quoi manger. Ce marché offre tout d'abord un artisanat de qualité. Des tissus, des statues, des bijoux, des habits locaux et quelques babioles telles que des sacs. Nous y ferons quelques achats, c'est certain, mais pas ce soir.
Au niveau nourriture, d'entrée nous croisons les marchands de fruits qui préparent des shake devant vous. Vous choississez les fruits et on vous le fait devant vous. Puis avec l'aide de 2 touristes françaises, nous trouvons la ruelle des stands de nourriture. Incroyable. Des étals où il y a des dizaines de plats que l'on peut choisir, y compris des poissons grillés. Facile, l'assiette bien remplie de tout ce que vous voulez est à 10'000 kips, les poissons entre 15 et 20'000 kips selon leur taille. Il y a de quoi y manger pendant une semaine chaque soir différemment.
Deux poissons grillés plus tard, retour à la Halolao pour un petit moment agréable sur la terrasse. Autant il fait plus chaud, autant les moustiques sont bien plus présents. La protection est nécessaire. La rue assez vite calme. Malgré les cloisons assez minces, le calme règne à la Halolao, la nuit sera tranquille et ventilée grâce aux hélices qui tournent au plafond.
Le lendemain sera la journée vélo. Nous louons 2 cycles à la guesthouse (15'000 kips la journée chacun) et nous partons à la découverte de la ville. Tout d'abord deux grands cafés (gratuits avant 1030h), puis nous croisons les marchands de shake aux fruits. Cela sera notre petit-déjeuner du jour, un vrai cocktail vitaminé.
Que dire de cette journée ? Nous avons épuré toutes les petits chemins, les ruelles de la péninsule de la nouvelle ville de Luang Prabang. Le bout de la ville nouvelle est parsemé de magnfiques maisons de style colonial, transformées en guesthouses plus ou moins luxueuses. Palmiers et divers arbres en fleurs en prime. Il y règne un rythme nonchalent, peu de circulation, pas de klaxons, des gens cool, des enfants qui essaient de vous vendre des babioles (bracelets, etc..), mais sans agressivité. Nous pouvons même plaisanter avec certains d'entre eux.
Nous croisons pas mal de jeunes moines, car les temples sont nombreux. Certains sont payants, d'autres gratuits, au choix. Nous avons aussi parcouru le marché du matin, ses étalages de fruits (et des achats de papaye, de citrons verts et de mangues), sa boucherie en plein air avec les mouches indispensables à l'ambiance du lieu, les choses bizarres, comme un "tibia" de buffle et son sabot au milieu des poissons séchés... Pour le repas de midi, en réalité nos fruits achetés ce matin, il y a derrière la colline du Mont Phou Si, une rivière qui coule et un pont en bambou (payant) pour passer sur l'autre rive. Un petit coin d'ombre au coin d'une cahutte, la vue sur les enfants qui jouent dans l'eau. Certains d'entre eux n'en reviennent pas que nous mettions du citron vert dans notre papaye et que nous la mangions avec une cuillière. Nous sommes l'attraction du moment... Pas besoin ici de jouets sophistiqués pour distraire les gosses. Une vieille table au milieu de l'eau et c'est le concours de saut périlleux arrière. Et les éclats de rire pour ceux qui s'éclatent le ventre...
Cette partie de la ville est coincée entre deux cours d'eau dont le Mékong, finalement bien plus mythique ici qu'à Vientiane. Débit, courant, bateaux, le voilà, leMékong qui parcourt une grande partie de l'Asie, celui qui a construit des légendes.
En fin d'après-midi, nous montons sur la colline du Phou Si qui domine toute la ville afin d'assister au coucher de soleil. Coucher de soleil pas si impressionnant, faute à la brume.
Les mollets tirent, les jambes sont lourdes, la chaleur du jour nous a quelque peu assomés. Nous mangeons au Lamache, en terrasse sur les bords du grand Mékong. Un bon repas avant de rendre les vélos et de profiter du WiFi sur la terrasse de la Halolao. Le vélo est vraiment le must ici, pas de risque, libre circulation quelque soit le sens des voitures, liberté totale et en plus, c'est plat.
Demain, autre jour à Luang Prabang. Nous essaierons de louer une moto pour partir aux chutes de Khouang Xi, à 35 km au sud de la ville. | | | À: Genevois · 8 mars 2011 à 18:05 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 13 de 57 · Page 1 de 3 · 16 972 affichages · Partager C'est une bien belle manière de raconter ton voyage, une belle formulation de phrases et le côté amusant, s'imaginer les décors sans photos, bon, je triche y étant allé peu de temps avant.
Je vois que le pont pour accéder à la grotte de l'éléphant était gratuit à ton passage, pas a notre passage, 10'000 kips par tête!
Dommage que vous ne saviez pas pour le pont gratuit à Vang Vieng, pourtant j'ai bien du le mentionner sur notre
Vous avez eu de la chance en louant le scooter en face du Maylyn, 2 clients ont perdu beaucoup de temps, leurs 2 scooters étant tombés en panne, ils ont du organiser le rapatriement. Depuis le pont gratuit, en montant dans le village, à 30m sur la gauche, 40'000 kips jusqu'à 19h00 en excellent état (neufs). Astuce pour ces scooters chinois, en 4e à l'arrêt, (suite à un rapide freinage) il suffit d'appuyer sur le levier de vitesse sur l'avant pour qu'il se mette au point mort.
Photos: Entrée de la grotte du lagon bleu; Vol matinal en montgolfière au-dessus de Vang Vieng; Pont parfois payant pour la grotte de l'éléphant au Triangle de Tham Sang
au plaisir de lire ce magnifique récit. Moustique Images attachées: | | | À: Moustiques · 9 mars 2011 à 3:29 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 14 de 57 · Page 1 de 3 · 16 950 affichages · Partager Waouh la photo depuis la montgolfière... On les a vus... depuis le sol !!
Merci pour le tuyau du scooter, j'en prends un à l'instant et dans un petit moment, départ pour les chutes de Kuang Si. Je testerai.
A + (et merci pour les encouragements) | | | À: Genevois · 9 mars 2011 à 9:46 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 15 de 57 · Page 1 de 3 · 16 935 affichages · Partager Laurent, tu as bien fait de prendre ton notebook avec toi. Pendant ce temps, je voyage...par tes récits. Vivement juillet. A+ | | | À: Genevois · 10 mars 2011 à 12:53 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 16 de 57 · Page 1 de 3 · 16 835 affichages · Partager Chapitre 6 : Luang Prabang (suite et pas encore fin)
On ne dort jamais vraiment longtemps à Luang Prabang. Les premiers pas résonnent tôt dans les couloirs des guesthouses. Les portes commencent à claquer dès 0600h. La raison ? L'aumône des moines. Chaque matin, les jeunes moines parcourent la rue principale de Luang Prabang et font l'aumône. Ce qui attirent inévitablement tous les touristes de la ville. Nous attendrons notre deuxième passage ici, à notre retour de Nong Khiaw d'ici une toute petite semaine pour aller assister à cet événement.
Nous sommes donc réveillés tôt, mais nous prenons le temps de savourer notre café du matin sur la petite terrasse de la Halolao, avant que le soleil ne commence à cogner et nous mettre presque KO. Nous partons voir un loueur de motos que nous avions repéré hier soir. Contrairement à Vang Vieng, la location ici, c'est le vélo. Pas facile de trouver un scooter ou une moto. Il y en a un à l'entrée de la ville nouvelle, sur la rue principale. Tarif : 130'000 kips la journée, soit le double de Vang Vieng !!! Est-ce l'effet "ville inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco" ? En tous les cas, impossible de négocier. Une agence de voyage voisine en propose aussi, 160'000. Bon, pas le choix. Enfin si, l'excursion aux chutes de Kouang Si est proposée à 90'000 kips pour deux depuis la guesthouse, en tuktuk ou minivan. Mais nous voulons vraiment être indépendants. Certains ont décidé de la faire à vélo. Alors là petit conseil : VTT obligatoire et mollets entraînés. Ca monte, tant à l'aller qu'au retour.
Et aujourd'hui, ce sera du nippon. Une Honda 100 cc, toujours à 4 vitesses. Première étape, pas bien longue. Le début du marché pour un shake aux fruits, désormais notre petit-déjeuner favori. Nous voyons bien les boulangeries qui proposent baguette chaude et confiture, mais laisser passer ces cocktails vitaminés (et si bon marché) est impossible.
Nous nous mettons en route. Aucune difficulté, la route qui mène aux chutes est le prolongement de la rue principale. Et quelques panneaux nous rappellent le chemin au cas où. Petit rythme, mais grande sensation de liberté. L'air nous siffle aux oreilles, on assiste à la vie locale au bord de la route, on s'arrête à volonté, un vrai plaisir. Peu de circulation, la route est bonne, peu de trous. Nous gardons tout de même nos casques. Des casques ? Plutôt une protection contre... le soleil ! Pas sûr qu'ils tiendraient le coup en cas de gros choc. Mais nous veillons à ne pas dépasser les 40 km/h. Les chutes de Kouang Si sont à quelque 30 km, nous avons le temps.
La route traverse des villages hmongs et nous pouvons faire les arrêts désirés. Quelques tuktuk nous dépassent rapidement, nous avons bien fait de venir en moto. Nous arrivons vers une école et visiblement c'est la pause de midi. Les élèves sont dehors et nous voyons la cantine scolaire locale. Dehors, sous un arbre, distribution de nourriture. Nous stoppons et entrons dans le périmètre. Nous nous approchons et demandons si nous pouvons prendre des photos, ce qui est accepté avec le sourire. Un homme fait cuire des piments dans un wok sur un feu, des volailles, mi-oie mi-pintade, circulent au milieu de la "cuisine" et des écoliers. Quelques sourires, mais le contact est difficile. Timidité ? Pudeur ? Indifférence ? difficile à dire tant il est dur de lire les émotions sur ces visages asiatiques.
Nous poursuivons notre chemin et enfin, nous les voyons, ces fameuses rizières bien vertes. Il y en a peu, vu la saison sèche et le manque d'eau, mais tout de même. Par contre, ce que nous voyons bien, ce sont le nettoyage fait par les paysans suivant la méthode du brulis. Champs, sous-bois, collines, une grande partie du terrain est brûlée. Les arbres ont séchés, certainement dû à la chaleur et n'ont plus de feuilles. Autre dégât impressionnant : la pollution par le plastique. Bouteilles, sacs jonchent le sol à l'abord des villages. Les Laotiens ne mesurent pas encore l'importance de sauvegarder leur environnement naturel. Voilà qui devrait être prioritaire pour un pays qui se veut en plein développement touristique.
Nous arrivons aux chutes et trouvons le traditionnel parking à motos payant, 2'000 kips. Il y a là boutiques et stands de nourriture et boissons. Le parking est déjà bien plein avec des minibus et des tuktuk. Après avoir pris nos tickets (20'000 kips chacun), une route goudronnée monte en direction des chutes, de même qu'une petite piste. C'est cette dernière qu'il faut emprunter. Un enclos avec des ours asiatiques, bien moins grands que les ours européens ou nord-américains, soignés et à l'abri de mauvais traitements, se trouve là. Un plaisir de les voir s'amuser et épater la galerie avec leurs facéties. De vrais clowns.
Le chemin monte et longe immédiatement le petit cours d'eau qui forme bassins et cascades. L'eau doit être bien calcaire et donne un couleur turquoise. Ceux qui connaissent les chutes d' Erawan en Thaïlande sauront de quoi je parle. Des gens se baignent, nous garderons ce plaisir pour la redescente. Arrivés à la grande cascade, d'une hauteur de bien 30-40 mètres et où les groupes de touristes viennent faire la "kitch photo", il y a encore un chemin qui continue à monter de part et d'autre de la chute. Quelques marches bien raides, dans la terre sèche mais qui doivent être très glissantes en saison des pluies. 20 minutes plus haut, nous sommes sur un petit plateau, en forêt, qui sont le point culminant des chutes. Une barrière en bois protège du vide, mais on peut aller dans l'eau pour voir la déclinaison et le vide. La plupart des touristes restent en bas, dommage.
Bien transpirant, nous revoilà au niveau des petits bassins propice à la baignade. Il y en a 3 ou 4, donc un avec une corde "à Tarzan", qui fait le bonheur des jeunes anglo-saxons. Nous en choisissons une autre, plus calme. Il y a même quelques cabines pour se changer et, rapidement en maillot, je me jette à l'eau. Fraîche, juste pas froide, de quoi se soigner de la chaleur ambiante.
Dommage d'avoir dû une fois encore constater le manque de respect et de savoir-vivre, ou plutôt de savoir-voyager, de quelques jeunes Occidentaux. Certaines se baladaient en maillot de bain string, d'autres déambulaient bière à la main, d'autres encore hurlaient dans les vasques. Ce qu'aucun Asiatique présent ne faisait. Après un long moment à profiter des lieux, c'est le retour, par le même chemin. Là aussi, nous faisons quelques arrêts, notamment dans une rizière pour voir le système d'écoulement entre les divers bassins.
De retour à Luang Prabang, nous ne résistons pas à l'appel du massage. Au Lotus du Laos, dans la rue principale, après le musée national. Pourquoi celui-là, alors qu'il y en a tant d'autres ? Parce que nous étions passés devant et avions regardé les soins proposés, rien de plus. Un Full Body pour moi (ou presque Full, le tout bien tout honneur étant sauvegardé) et le Facial Massage pour Dominique. Une heure de détente chacun pour 60'000 kips chacun.
Nous rendons notre Honda avant de nous diriger au marché de nuit pour le repas du soir. a nouveau un choix incroyable. Ce soir, ce sera d'excellentes nouilles aux légumes et au poulet, les boissons pour à peine 60'000 kips au total.
Luang Prabang est vraiment une excellente étape, paisible. On s'y sent bien tout de suite et on se laisse vivre. Nous n'aurons pas de problème à occuper les jours que nous y passerons encore après notre escapade un peu plus au nord.
Demain, départ pour Nong Khiaw, à 4 heures de route. Un autre chapitre. | | | À: Genevois · 13 mars 2011 à 20:54 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 17 de 57 · Page 1 de 3 · 16 748 affichages · Partager Salut à vous deux
Merci pour cet avant goût de vacances bien passionnant Une question : je ne suis pas motard : as tu une idée du prix d' un tuk tuk par jour pour un tour comme vous avez fait à VV ? Merci et excellente continuation. Mina et Olivier | | | À: Olivier75015 · 14 mars 2011 à 11:49 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 18 de 57 · Page 1 de 3 · 16 734 affichages · Partager Désolé Olivier, alors ce sera vélo, car les tuktuk ne vont pas sur les pistes caillouteuses des alentours de VV... Affûtez vos mollets ! | | | À: Genevois · 14 mars 2011 à 11:58 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 19 de 57 · Page 1 de 3 · 16 736 affichages · Partager Chapitre 7 : Nong Khiaw
Ce matin, nous testons la résistance à l'attente. Debout à 0700h. pour faire les sacs, prendre un petit-déjeuner et être prêt pour 0810h., heure à laquelle nous sommes supposés être pris en charge pour aller à Nong Khiaw. Le billet a été acheté à la Halolao pour 60'000 kips chacun.
A 0830h. un tuktuk nous prend et nous amène à la gare routière côté sud où la suite du voyage se fait en minivan. Départ programmé et annoncé vers 09h00. En réalité 10h30. 13 personnes, 13 sacs sur le toît et c'est finalement parti pour environ 3 heures de route avec un arrêt. Un beau parcours qui traverse de nombreux villages, avec les éternels enfants qui jouent. Nous sommes vraiment surpris de voir des bambins s'amuser à même le sol à parfois moins d'un mètre du bord de la chaussée où passent tout de même camions et voitures...
Le chauffeur est prudent, roule bien, rien à signaler. En début d'après-midi, nous voici arrivés à la gare routière de Nong Khiaw. Tout au début de la ville. Une ville ? Un gros broug plutôt, avec une rue centrale en terre et en poussière surtout en cette période sèche. En boue pendant les pluies j'imagine. Notre guide Lonely Planet l'avait mal située cette gare routière. Nous partons à pied pour rejoindre le pont qui enjambe la Nam Ou qui devrait n'être qu'à quelques dizaines de mètres. 20 minutes de marche plus tard, après avoir traversé tout le village, nous voilà arrivés au fameux pont. Un pont en dur, construit par des Chinois il y a presque 40 ans. La traversée du village a tout de même été très intéressante, aucun Blanc à l'horizon et de belles scènes de vie.
Les guesthouses de Nong Khiaw sont quasi toutes sur l'autre rive. Nous tentons notre chance à la Nam Houm Guesthouse, recommandée par le site travelfish.org. Dernière chambre de libre, un magnifique bungalow en bamboo, grand lit super confortable, une moustiquaire et de charmantes petites attentions, une bougie par ci, une fleur par là. 70'000 kips la nuit (même pas CHF 9.-- ou EUR 7.--...). Mais sans la vue sur la rivière, dont nous nous passons volontiers.
Nous laissons nos sacs et départ pour un tour des lieux. Il fait faim, donc première étape, un petit resto tenu par une famille laotienne sur le chemin en terre qui rejoint la route principale. Un riz sauté aux ananas, deux shake aux fruits et une bouteille d'eau, 25'000 kips ! Nous avions choisi celui-là, car il semblait moins touristique, plus familiale, très bon choix. D'autres restos proposent du Wifi, de la musique et des services un peu plus faits pour les Occidentaux.
Retour sur le pont. La vue depuis là est juste féérique. D'un côté le village, de l'autre la rivière qui coule au milieu de la vallée, avec une végétation et des collines typiques de la région. Nous sommes sous le charme. Comme depuis notre arrivée au Laos, rien de particulier à faire ici, juste une ambiance et le plaisir de jouir des lieux. Nous partons à pied nous balader le long de la route, le long des maisons aussi. Les femmes sont dehors et préparent des fines galettes à l'aide d'algues, qu'elles font ensuite sécher au soleil en y rajoutant de l'ail et sauf erreur des piments. Selon les mimes de l'une d'entre elles, c'est excellent. On la croit sur parole.
Il y a dans le village une échoppe de massage et de sauna aux herbes. Ce soir ? Demain ? J'irai c'est sûr. Il y a aussi des locations de VTT ou de vélos. Nous avons un tuyau (merci Voyageforum.com) sur une balade qui part le long de la Nam Ou pour rejoindre des villages, à environ 5 km. Bref, s'occuper une journée entière à Nong Khiaw ne posera pas de problème.
Nous assistons au coucher du soleil sur Nong Khiaw. Comme partout en Asie, la nuit tombe rapidement. Repas du soir au Deen Restaurant qui propose des mets indiens. Des naan et autres tandoori au fin fond du Laos... Entre 17 et 21 heures, le WiFi et l'accès à internet y est gratuit et nous pouvons donc converser avec nos filles via Skype. A notre sortie du restaurant, la température est bien descendue, même un pull ne serait pas de trop. La nuit risque donc bien d'être agréable. La fatigue est là et le coucher sera tôt, avant 22 heures.
Mis à part les discussions de volailles, et on s'y fait, la nuit a été parfaite. Fraîche au point de supporter le léger duvet de la chambre. Au réveil, la fraîcheur disparaît au fur et à mesure que le soleil monte dans le ciel. Un léger petit-déjeuner plus tard, nous voilà prêts pour notre balade du jour. Des villages le long de la Nam Ou que juste une piste relie à Nong Khiaw.
Le chemin pour s'y rendre se prend avant le pont, juste au-dessus de l'accès au Riverside Resort. Dieu que le soleil tape dur ! Et aucune ombre sur cette piste. Casquettes et bouteilles d'eau sont obligatoires. Après environ une heure, nous atteignons un premier village, mais il n'y a pas grand monde. A la sortie, nous pouvons entrer dans une classe de l'école. Personne.Un tableau noir, des banquettes bricolées en bois, point de pupitre, le strict minimum. Nous croisons un couple qui nous dit que le second village est bien plus intéressant. Donc départ. Le chemin n'est de loin pas plat, l'effort est parfois rude, surtout en pleine chaleur et sans air. Le VTT aurait été aussi une bonne option. 45 minutes plus tard, le second village est en vue. Afin de ne pas le manquer, il faut descendre tout de suite vers l'école. Un robinet est au coin du terrain, vers une barrière. Nous ne pouvons pas boire cette eau, mais mouiller notre casquette et nous rafraîchir, alors ça oui.
Ce village est traversé par une "rue" principale en terre. Nous pouvons nous balader en toute liberté. Peu de contacts, si ce n'est avec les enfants, les adultes répondent du bout des lèvres à nos Sabaidee. Là encore, nous ne savons pas si c'est de la timidité, de la pudeur ou juste de l'indifférence. Mais ce qui est certain, c'est que le contact est moins facile que prévu, bien moins qu'au Sri Lanka par exemple. Nous arrivons à un magnfique temple, plus ou moins au milieu du village. Un moine est assis à l'ombre lorsque son portable sonne. Modernité et tradition... Nous récupérons de l'effort, en nous protégeant du soleil sous un arbre. Nous sommes un peu découragés par l'idée de refaire environ 2 heures de marche sous le soleil et en pleine chaleur pour regagner Nong Khiaw. Il faut dire que si le village en lui-même est intéressant à visiter, le chemin lui n'apporte rien à la balade. C'est juste une piste, poussièreuse et sans ombre, ouverte au milieu de la végétation pour que les véhicules et piétons puissent rejoindre le bourg de Nong Khiaw.
Alors que nous sommes en train de prendre une photo d'une maison traditionnelle en bambou, un homme sort et nous demande, plutôt par signes, si nous allons à Nong Khiaw et nous prospose de nous y emmener avec son bateau. Il nous demande 50'000 kips pour le trajet. C'est vrai que les heures de marche en plein soleil ne nous motivent guère, alors on négocie. Non pas pour gagner de l'argent, mais plus par principe et pour montrer aussi que les touristes ne doivent pas devenir des "porte-monnaie à pattes". Au final, inflexible, il acceptera le prix de 40'000 kips. Elevé pour la région ce prix, mais bon, pour nous 40'000 kips, c'est à peine un coca dans un bistrot. En attendant qu'il parte chercher de l'essence, sa femme nous invite à visiter la maison. Pas de meuble, juste de quoi entreposer les affaires. Nous faisons aussi connaissance avec les enfants de la famille, 3 filles et 2 garçons, plus un qui n'est pas là. Une d'entre elles, Nahn âgée de 10 ans et belle comme une déesse, nous accompagnera jusqu'à Nong Khiaw.
Le moteur est enlevé de la barque et conservé à la maison. Nous partons donc, notre chauffeur moteur sur l'épaule et moi le bidon d'essence à la main. Sa barque est une embarcation plate qui n'est pas de première fabrication. Nous partons et pouvons voir les vies sur les rives de la Nam Ou. Les buffles et cochons qui sont soit couchés sur le sable, soit dans l'eau, les enfants qui sautent et jouent dans l'eau, les pêcheurs qui attrapent de beaux poissons avec leur technique de pêche locale.
A un moment donné, nous voyons un groupe de touristes nous faire des signes depuis la rive droite de la rivière. Ils veulent traverser de l'autre côté pour rejoindre la piste de Nong Khiaw. Nous faisons le détour, les prenons en charge. L'eau n'est pas loin d'entrer dans la barque, la ligne de flottaison s'est bien abaissée. Ils laisseront un bon pourboire à notre homme qui n'aura donc pas perdu son après-midi. Arrivés à Nong Khiaw après 40 minutes de navigation, j'offre une bière à notre batelier et 2 pâtisseriesà la petite Nahn qui avait les yeux émerveillés devant des escargots à la cannelle. Qu'elle a dégustés avec lenteur et visiblement plaisir.
Retour à notre guesthouse pour une douche et un peu de lessive. Nous sommes fourbus. Nous avons rendez-vous sur Skype avec notre fils vers les 17h00, mais ensuite, le massage du Sabaï Sabaï est dur à éviter et ne le sera d'ailleurs pas... la nuit est fraîche, le lit de la Nam Houm Guesthouse est accueillant. Nous discutons encore un peu avec la souriante patronne des lieux, enceinte et bientôt à terme. Une bien belle famille qui tient sa petite entreprise de main de maitre. Une perle cette guesthouse.
Nong Khiaw, une excellente étape. Assuremment. | | | À: Genevois · 16 mars 2011 à 6:30 Re: Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants Message 20 de 57 · Page 1 de 3 · 16 669 affichages · Partager Chapitre 8 : Muang Ngoi
Le bateau part à 1100h. Car il n'existe aucune route pour se rendre à Muang Ngoi, sa seule voie d'accès se fait par la rivière Nam Ou. Un bateau ou plutôt une barque à fond plat, le moteur à fleur d'eau, capable de naviguer même lorsque le niveau d'eau est très bas.
Nous prenons notre ticket au guichet qui se trouve en haut des marches donnant accès aux bateaux. 20'000 kips chacun. Pas de réservation, on vient, on prend son billet et on embarque. Je me demande ce qu'il se passerait si les passagers étaient plus nombreux que les places disponibles...
En tous les cas, aujourd'hui, c'est calculé au millimètre. Nous sommes serrés comme dans un paquet de nouilles, mais tout le monde est monté. 25-30 personnes, dont 90 % de touristes et leurs sacs, plus un couple de Laotiens qui doivent regagner leur village. 90 minutes de navigation à avoir les jambes repliées et le cul dur comme un caillou, assis sur une planche en bois.
Mais un parcours qui laisse voir la vie autour de la rivière. Là, les buffles qui sont couchés soit sur le sable soit dans l'eau en fonction de l'intensité du soleil, ici des enfants qui pêchent avec leurs filets-nasse entre les jambes essayant d'attraper de beaux poissons, des enfants toujours qui jouent dans l'eau, souvent à moitié nus, dans des éclats de rire. Ils savent tous nager les gosses d'ici.
Le bateau peine parfois à remonter le courant, car même si le débit est minimum, nous rencontrons parfois des rapides. Le batelier mène sa barque comme un chef, toujours au plus profond pour garantir le passage, frôlant les rochers à fleur d'eau ou la grève que l'on pourrait toucher en sortant la main du bateau.
Muang Ngoi est en vue. Et tout de suite on devine que l'endroit est magnifique. Perché au-dessus de la rivière, ses chalets et les terrasses de quelques restaurants donnant sur l'eau. Nous récupérons nos sacs et départ pour le village, en haut des marches. A peine arrivés, les patronnes des guesthouses abordent le touriste pour vanter les mérites de leur établissement. Nous sommes alpagués par la tenancière de la Ning Ning. Cela tombe bien, elle faisait partie de nos choix suite aux commentaires récoltés sur le net lors de la préparation du voyage. Elle nous mène à un grand bungalow en bois, avec une jolie terrasse et une chambre magnifique. Grand lit, très confortable, les draps sentant la lessive, une grande salle de bains très propre. Prix Madame ? 70'000 kips. Ok, vendu.
Muang Ngoi et son statut de bout du monde, accessible que par une belle rivière. Bout du monde non pas par un isolement total ou une difficulté particulière à l'atteindre (il y a encore de nombreux villages Hmong, Lao ou Khamu à des heures de marche plus loin à l'intérieur des terres), mais plutôt parce que l'indécence n'a pas eu l'audace d'équiper le village de WiFi et de réseau pour les téléphones portables. Moyens de communication qui sont tellement ancrés en nous, au point qu'ils feraient presque partie de notre patrimoine, et qui n'ont pas cours ici. Encore plus qu'ailleurs, le mot stress est absent du dictionnaire local. La vie coule paisiblement. Comme la Nam Ou en contrebas du village.
Muang Ngoi où les Occidentaux viennent chercher leur dose d'aventure et d'exotisme, en un lieu qui conserve son lien toujours par cette rivière. Oh bien sûr les paraboles fleurissent ça et là, même si l'électricité n'est pas disponible toute la journée. Avec l'arrivée des touristes, les habitants de ce magnifique endroit ont compris ce que nos besoins d'évasion pouvaient leur apporter et surtout leur rapporter. Les guesthouses sont nombreuses, les restaurants aussi, vous trouverez toujours de quoi vous loger ici. Et l'économie des lieux fonctionne comme cela.
Malgré que les touristes soient presque aussi nombreux que les habitants, Muang Ngoi sait garder son charme et ses traditions.Il faut entrer dans le village, sortir de sa rue principale en terre, parcourir les moindres recoins. Aller voir le match de foot du soir sur un terrain de fortune. Les buts : deux poteaux en bois et une tige de bambou pour faire la barre. Point de filet, lorsqu'un but est marqué, il faiut aller chercher le ballon dans la végétation. Certains joueurs ont des chaussures, la plupart sont à pieds nus. Les filles, elles, jouent au volley un peu plus haut, avec des cris chaque fois qu'un point est marqué. Aller voir les parties de pétanque, sans le pastis et les cigales. Le must reste la rivière en fin de journée. La rivière, lieu de pêche, voie de communication, terrain de jeux, et qui devient la plus grande salle de bains à ciel ouvert. Les habitants y descendent avec leur corbeille en plastique contenant tout le nécessaire : savon, serviette, brosse à dent. Et on s'y lave. Les cheveux, le corps, les pieds et les dents. A quelques mètres, une femme fait sa lessive. Un peu plus loin, une vieille femme y rince et fait regonfler son riz, déjà cuit et prêt à la consommation. Muang Ngoi, les scènes de vie y sont incroyables, loin de celles que nous avions pu connaître lors de nos précédents voyages, loin de nos standards. Et plus particulièrement avec les enfants. Alors que les notres sont aseptisés et couvés, ici l'enfant joue dans la poussière, les habits sales, au milieu des volailles et des chiens pas plus propres qu'eux. Ni console, ni jouet coûteux, les distractions sont un pneu de vélo, un bout de bois, un caillou, une caisse ou un carton dans lequel ils se croient au volant d'un bolide. Et ils sont beaux les enfants de Muang Ngoi, comme ailleurs au Laos.
Bref, assez palabré. Muang Ngoi est un passage obligé, même avec l'afflux des touristes blancs.
1800h. les générateurs se mettent en marche. La lumière fait son apparition et les télévisions s'allument dans les foyers. La rue principale se vide. Séries thaïs ou occidentales, les habitants de Muang Ngoi se rattachent au monde. Nous mangeons de délicieuses nouilles au Ning Ning, les portions sont généreuses et les prix aussi. Pas de distraction ici, les nuits sont longues, car on se couche tôt. 2200h., les générateurs se font silencieux. Il est temps pour le village de s'endormir.
En cours de nuit, une invitée-surprise, pas franchement bienvenue, s'est jointe à nous. La pluie. Et elle n'est pas venue seule puisqu'elle a amené éclairs et tonnerre. Un vrai orage tropical, des trombes d'eau, dont les gouttes jouent des percussions sur le toît de notre bungalow. Se sentant bien à Muang Ngoi, comme nous, elle est encore là au matin. Plus que quelques gouttes, mais suffisament pour perturber notre programme si elle venait à durer. Le ciel est bas, les nuages enveloppent les montagnes environnantes. Le soleil pointera tout de même son nez, perçant suffisamment la brume pour sécher l'humidité.
L'excursion du jour, à faire facilement sans guide : les grottes de Tham Kang, à environ 30 minutes à pied du village. Pour y aller, facile. Longer le terrain de foot, prendre le chemin qui continue, c'est tout droit. La balade est agréable, le long de rizières ou de cultures. Après une demi-heure, une petite cahutte est en vue. C'est le péage, 10'000 kips qui iront au développement des villages et de leurs écoles d'après un panneau explicatif. Il faut monter quelques marches pour entrer dans la grotte, mais n'espérez pas aller trop loin sans une puissante torche. Visiblement une rivière souterraine arrive ici. Quelques mètres plus loin en revenant sur le chemin, il y a une deuxième cavité, toute petite. C'est là que le ruisseau sort. Il ne faut pas hésiter à y pénétrer. On a de l'eau jusqu'aux genoux, mais au fond c'est assez profond pour faire une bonne trempette rafaîchissante. Nous l'avons fait sur le chemin du retour, car se baigner nu est exclu ici et il faut alors marcher avec les habits trempés. Après les grottes, nous marchons encore dans l'espoir d'atteindre les villages ethniques. Espoir déçu. Après 15 minutes supplémentaires, nous arrivons sur des rizières, bien dégagées. Il n'y aucune indication et nous choississons de tirer sur la gauche, mais 40 minutes plus tard, toujours aucun village en vue. Peut-être aurait-il fallu prendre à droite. Nous ne tentons pas cette autre option et nous revenons à Muang Ngoi par le même chemin, avec la petite baignade décrite plus haut.
Fin d'après-midi, le tonnerre gronde à nouveau au loin. L'orage semble se rapprocher. Nous nous relaxons sur une terrasse au-dessus de la Nam Ou, attendant la pluie.
Le Boupha Restaurant, au milieu de la rue principale, propose des buffets matin et soir à 15'000 kips. 7-8 plats différents, tous végétariens et très bon. Ce sera notre repas du soir, 40'000 kips pour deux boissons comprises !
Avant une bonne nuit, fraîche comme depuis notre arrivée dans le nord du Laos. | Carnets similaires sur le Laos: Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 3 636 visiteurs en ligne depuis une heure! |