Sa y es j'ai le jour du passage en Esapgne :). Fin de la via podiensis et début du camino Francese. Decollage a 7h du matin alors qu'il fait encore nuit de
St jean pied de port (180m) pour
Roncevaux via le col Lepoeder (1429m). A l'
office du tourisme on m'avait conseillé de passer par la
route Napoléon, beaucoups plus simple pour les vélos. Je ne respecterais bien entendu pas ce conseil pour lui préferer l'itinéraire piéton, choix que je ne regretta pas car j'ai du y pousser le vélo qu'a un endroit qui serait surement passé par temps sec. La 1ère partie de l'ascension se deroula parfaitement bien malgrés de gros raidars et sous un grand ciel bleu. Seulement en 5 minutes, le temps va totalement tourner et ce transformer en une énorme tempête avec des vents terribles, des trombes d'eau et du brouillard qui nous empechait de voir a dix mêtres devant. J'arrive donc à
Roncevaux completement trempé, congelé et couvert de boue de la tête aux pieds. Après s'être rechauffer dans un bar (que j'ai remplis de terre...) je repars direction
Pampelune en me rendant compte qu'après
Roncevaux la piste n'était même pas mouillée. Sympatique comme tout ces Pyrénnées. Je n'ai aucune idée d'a quoi ressemblait ce qui devait être la plus belle partie du chemin ^^.
Après sa le camino Francese devient d'une énorme facilité a vélo avec que des grandes pistes large et sans beaucoups de relief ou la seul difficulté et de slalomer entre les très très nombreux pélerins. D'ailleurs a partir de
Roncevaux on se met pour la 1ère fois a croiser beaucoups de vélos. Ceux-ci ne sont même pas toujours des VTT et portent d'enormes sacoches sur leurs porte-bagage. J'arrive à
Pampelune et pour ma 1ère nuit en
Espagne je dors dans une énorme albergue qui me semble irréel. Les albergues sont les gites pour pélerins en
Espagne. Elles ont pour particularité d'être vraiment pas chère (souvent 5 ou 6 euros dans les albergues municipales) mais comme inconvéniants qu'on ne puisse pas y réserver sa place. Les premiers arrivés sont donc les premiers servi. En arrivant a 14h30 j'y obtiens une des toutes dernières places. Avertissement sans frais. Dans cette albergue j'observe qu'une grande partie de ces occupants sont des Asiatiques. L'une d'entre elles m'expliquera qu'ils sont en fait tous Corréens. Il y a quatre ans une journaliste Corréenne était venu faire le camino Francese et avait adorée cela au point d'en faire un reportage qui est passé sur leur principale chaine de télévision. Depuis cela chaques années énormément de jeunes Corréens viennent faire le chemin pour s'y découvrir.
Le rythme des pélerins en
Espagne est différent de celui de
France. Dans l'albergue certains se lèvent très tôt en réveillant tout le monde (5 heures...) et partent immédiatement à la frontale le ventre vide. Tout ceci dans le but d'arriver les premiers a l'albergue suivante ou ils arriveront a midi et attendront son ouverture. Mes journées ressemblaient plus a un levé a 6h30, un petit dej copieux a 7h en attendant que le soleil se lève (leurs énormes pain au chocolat servi dans une assiette avec des couverts ainsi que leurs jus d'orange préssée sont un vrai régal), un départ a velo vers les 7h30, une pause vers les 10h30 pour manger une délicieuse part de tortillas (omelette aux pommes de terre) puis je m'arretais dans l'albergue vers les 14h30-15h et allait manger un sandwich aux tortillas. Après plus un rinçage qu'un véritable nettoyage des affaires, je les mettaient a sécher. Le repas du soir en
Espagne se passait très souvent au restaurant alors qu'en
France je cuisinais systématiquement. Pour généralement 8 euros on a un menu pélerin copieux contenant entrée, plat, dessert, café et vin.
Juste après
Pampelune viendra une petite difficulté que j'ai beaucoups aimé, l'alto del pardon.
Le 2ème soir en
Espagne je souhaite m'arreter dans la ville de Viana, juste avant
Logrono. A 14h30 ces 5 albergues sont déja pleines. Je continue donc jusqu'à
Logrono. Cette fois ces 9 albergues sont pleines, et ces hotels également car une grande fête s'y déroule. L'
office du tourisme me conseille donc de continuer à la ville d'après 12 kilomètres plus loin. Tout pleins et il commence a ce faire tard. Finalement une pèlerine dans la même galère que moi m'indique qu'elle a trouvée une place dans une casa rurale en sortant du chemin 8 kilomêtres plus loin. Je n'ai donc pas le choix et m'y rend. 45 euros la nuit et une étape a 120 km aye aye il ne faudra pas que cela se reproduise ou ni mon budget ni me jambes ne vont tenir. On mange dans se tout petit village écarté du chemin ou je passerais une des meilleurs soirées du voyage. Dans le bar ou nous mangeons, quasiment tout le village se rejoin tout les soirs pour boire un verre et manger ensemble comme une grande famille. Bon souvenir.
Je suis en revanche très étonné par le froid qu'il fait le matin. Au passage d'un col a 1000m je m'aperçoit que tout est gelé. J'arrive donc congelé à
Burgos a 10 heures du matin. Le thermomètre y affiche 4 degrés. Je fonce donc à decathlon y acheter une paire de gants longs, un pantalon de randonnée des sur-chaussures, des plaquetes de frein et une seconde housse de selle car je commence a avoir vraiment très mal au cul ^^.J'ai a ce stade déja passé les 3 jeux de plaquetes d'avance que j'avais emporté, et tous sur le frein arrière. Mon pilotage ne doit pas être bien équilibré.
Après
Burgos et jusqu'à Léon s'etand ce qui s'appel la meseta. Il s'agit d'un enorme plateau quasiment désertique, sans relief et très très sec.
Beaucoups de pèlerins trichent et prennent le bus pour relier ces deux grandes villes. Ils évitent ainsi ce qui correspond a 10 jours à pied qui ne sont pas les plus marrants mais font parti du voyage et contiennent quelques beaux villages. Durant cette traversée je passe dans une petite ville totalement irréel. On entre dans cette ville en passant devant un golf. Première surprise. Le seconde est que absolement toutes ces maisons et ces petites barres d'immeuble y sont a vendre. Plus un habitant dans la ville. Le gérant du seul bar pour pélerins qui s'y trouve m'explique que grace a des subventions Européennes, les Espagnols ont construit ce golf et toutes les habitations qui sont autour croyant que cela suffirait pour faire venir vivre les gens ici au milieu du désert. Une partie de ces habitations a vendre ne sont même pas reliable a l'eau. Les espagnols ont vraiment tendance a faire n'importe quoi avec l'immobilier.
J'arrive à la fin de cette meseta à la grande ville de Léon. J'y passe une soirée et en profite pour visiter sa magnifique cathédrale.
Etant en avance de quelques jours et ayant envie d'emprunter des sentiers vraiment plus typés VTT, je décide de quitter le camino Francese pour emprunter le camino del
san salvador. Celui relie Léon à
Oviedo a travers les montagnes des Asturies avec un beau dénivelé et avec l'avantage d'être beaucoups moins fréquenté.
Je traverserais ce sentier en 2 jours avec une étape dans l'albergue du village de Poladura de la tercia. Cette albergue était très speciale, on ce serait cru dans un refuge non gardé a 2500m d'altitude. Il faut oublier le confort, mais sa fait parti du charme de ce chemin. Le lendemain je passerais le point culminant de tout mon sejour a 1583m. Ce camino del
san salvador fut très engagé physiquement, mais malgrés quelques poussages ce fut un réel plaisir a VTT, très loin de l'autoroute qu'est le camino Francese.
Arrivé à
Oviedo deux choix ce sont proposés a moi; soit rejoindre le camino del norte (le chemin cotier) soit prendre le camino primitivo qui est un autre chemin traversant les montagnes des Asturies. Mon choix se porta sur le camino del norte pour enfin voir l'océan.
Cette côte
nord de l'Espagne ne ressemble pas du tout au reste de ce que j'ai vu du pays. On oublie le sec de la meseta pour un paysage très vert ressemblant beaucoups à la
Bretagne. J'y prendrais d'ailleurs une grosse pluie deux des trois jours que j'aurais mis pour le traverser. On reste la plupart du temps vraiment proche de l'océan mais en s'approchant très rarement de l'eau car on est la plupart du temps séparée d'elle par de grandes falaises. Seul quelques fois on descend jusqu'a l'eau pour s'approcher de ces magnifiques plages cachées entre les barres de falaises. Les étapes sur ce camino sont tout de même difficile car l'on ne fait qu'y monter et descendre. Les conditions météo avaient rendu tout le chemin terriblement boueux et je devais souvent mettre pied a terre dans les montées car je patinais. Toutes fois ce camino del norte a vraiment son charme, et on y retrouve tout de même pas mal de pèlerins mais aucuns problèmes pour trouver des places dans les albergues.
Pour mon arrivée a Santiago de Compostella on m'a conseillé d'arriver au plus tard en fin de matinée afin d'aller valider ma Compostella. J'y arrive a 11h30. Trop tard, une queue d'au moins quatre heures y est déja présente. Pas grave je reviendrais dans deux jours a l'ouverture des guichets. Je choisis donc de ne pas m'arreter tout de suite à Santiago pour continuer direction Muxia, puis Fisterra.
Le lendemain après une longue étape j'arrive à la très belle petite ville de Muxia, au bord de l'océan sous une soleil éclatant. Après avoir visité la ville je décide de me baigner pour la première fois du séjour.
Personne ne s'y baigne, quelques aventureux trempent au mieux leurs pieds mais tant pis je n'ai pas promener un slip de bain sur tout ce trajet pour ne pas me baigner une fois ! Au bout de 10 minutes j'arrive enfin a me lancer dans l'eau. Je nage 10 mêtres et fait demi tour pour sortir de l'eau en courant... quelle excellente idée cette baignade elle m'apportera une bonne crêve jusqu'a la fin du séjour. Le lendemain je réalise ma toute dernière étape qui ne sera que d'une trentaine de kilomètre pour relier Muxia a Fisterra, le bout du monde connu. Je traverse la ville et grimpe les trois kilomètres qui la relie au phare de Fisterra qui est la fin officielle des
chemins de Compostelle.
La ville de Fisterra n'est pas vilaine, mais n'est vraiment pas aussi belle que celle de Muxia. J'emprunta ensuite un car blindé, vélo en soute, qui me ramena jusqu'à Santiago.
Mon dernier jour et demi fu donc réservé à la visite de Santiago avant de me diriger vers l'aeroport direction
Geneve. Le dernier jour je file pour l'ouverture des guichets pour faire valider ma compostella. En arrivant a 8h on n'a le droit de ne faire que 1h30 de queu ^^. Une fois le beau diplome en poche, direction la traditionnelle messe des pèlerins tout les jours a midi avec son attraction que beaucoups de monde viens voir : son encensoir géant qui se balance d'un bout a l'autre de la cathédrale.
Tout le monde y sort son téléphone pour filmer. Un dernier bon repas espagnol et quelques boutiques souvenirs plus tard (les alentours de la cathédrale en sont infestés), je me dirige en vélo vers l'aéroport pour mes derniers kilomètres. Sur place un service de l'aéroport emballe les vélos et autre colis pour 17 euros. Plus qu'a embarquer pour l'avion easy jet direction
Genève.
Au final 28 jours, 2222 kilomètres, 160 heures de vélo et 46500 mètres de dénivelé positif sans un jour de repos. De superbes rencontres en cours de route. Quelques journées de galère sous la pluie, mais certaines superbes étapes pour un VTTiste. 4 kilo de perdus quand même, le corps s'étant habitué a rouler tout les jours le gros coup de fatigue a eu lieu une fois rentré à la maison. Le vélo aura tenu jusqu'au bout mais si il a maintenant besoin de petites réparations (chaine, cassette, un rayon de roue arrière, plaquettes de frein). Un bien beau défi a relever pour rouler de long jours durant sans avoir a transporter de tentes ni duvet. En comptant tout et sans se priver, le voyage me sera revenu a 1300 euros vol de retour compris. Maintenant plus qu'a trouver une nouvelle idée de trip surement a velo pour l'année prochaine. Pourquoi pas la traversée de la route de Pamir ?