Fabricia · 30 septembre 2004 à 16:57 · 127 photos 41 messages · 12 participants · 19 835 affichages | | | | 30 septembre 2004 à 16:57 · Modifié le 13 sep. 2005 à 13:31 Nostalgie indochinoise- Vietnam et Cambodge - 1 Message 1 de 41 · Page 1 de 3 · 13 672 affichages · Partager Paris-Saïgon (Ho Chi Minh-Ville)
Sous l'immense verrière de l'aéroport Charles de Gaulle, à Roissy, une énorme explosion retentit, faisant trembler sols et vitres... Un bagage abandonné vient d'être proprement pulvérisé par les services de sécurité. Incident ordinaire en ces lieux sensibles où le moindre sac oublié par son propriétaire n'a qu'une très courte durée de vie.
Nous meublons l'attente du vol Air- France pour Saïgon en allant déjeuner à la Brasserie Flo du terminal F. Agréable manière de passer les quelques heures en savourant une choucroute bien française, avant l'aventure indochinoise que nous avons choisie en cet automne de l'an 2000.
Déception lorsqu'on nous délivre nos cartes d'embarquement : rangée de sièges n° 43 ! Tout à l'arrière du gros Boeing 777-200... Les passagers sont comprimés dans l'énorme zinc comme sardines en boîte. Une jeune femme très enceinte est assise près de nous, sans égard particulier pour son état : c'est la zone de l'avion la plus exposée aux turbulences. Et turbulences il y a, tout au long de l'interminable vol sans escale jusqu'à Singapour. Nous traversons des tempêtes qui brassent le Jumbo-jet comme un fétu de paille. Le personnel de bord ne brille pas par sa courtoisie. Le steward daigne nous servir, du haut de sa grandeur, quelques plateaux-repas sans le moindre sourire. Il faut insister longuement pour obtenir un verre d'eau. "Vous devriez louer un avion privé" nous dit ce malappris à qui nous marquons notre mécontentement d'être si mal accueillis.
Courte escale à Singapour, dans l'aéroport éclaboussant de luxe, le plus beau d'Asie, où nous dégustons un succulent café dans la zone-transit. Au lever du soleil, voici la terre indochinoise noyée sous les flots du Mékong qui ont envahi la plaine qui miroite comme un lac immense. Comprimés pendant des heures dans l'espace étriqué de la classe Canigou, les passagers posent enfin le pied sur la terre ferme. Derrière le guichet d'accueil, les préposés à la vérification des passeports et visas ont tous une mine sévère et peu engageante... Ils scrutent attentivement chaque étranger et tamponnent comme à regret les documents dont il ne faudra se séparer à aucun prix : cette demande de visa qu'il a fallu remplir pour l'obtenir, et qu'il faudra présenter à nouveau au moment du retour en France...
Un taxi nous dépose à l'hôtel Saïgon-Prince, établissement touristique de belle allure sur le boulevard Nguyen-Hue, quartier des affaires de cette ville cosmopolite que tous les français continuent de nommer Saïgon, malgré le vilain nom " Ho-Chi-Minh-Ville" de la réunification... L'arrivée sur le sol vietnamien n'est pas dépaysant : il règne dans ce pays une atmosphère de France d'autrefois qui a laissé une profonde empreinte sur ses habitants. Dans le hall imposant du palace, on remarque surtout des clients japonais.
Confortable et silencieuse, la vaste chambre donne sur une cour intérieure, à l'écart des bruits de la circulation très dense sur le boulevard.
L'Agence Vietnam-Tourist nous a été fermement recommandée pour organiser notre séjour. C'est un organisme d'état (le pays est sous le régime "communiste-libéral") et son directeur francophone établit un plan de visites selon nos désirs, qui suivent de près ses conseils appuyés. Cette ville active, grouillante et surpeuplée est consacrée en premier lieu aux affaires et au commerce tout azimut. Malgré trente années de guerre meurtrière, le Vietnam se relève du cauchemar à une vitesse vertigineuse, grâce au courage et au dynamisme exceptionnel de la population. A maintes reprises, nous allons voir des preuves tangibles de la grande force de vie qui s'exprime à travers le pays.
Parfum de cuisine française, au "Bistro Augustin", le patron est vietnamien, mais il a séjourné en Bretagne de longues années. A nous le filet de porc à la moutarde, le bar grillé et la crème brûlée ! Tout est délicieux, servi par une mignonne jeune fille au fin minois de porcelaine. C'est sûr : on va revenir souvent chez Augustin pour d'autres agapes.
On marche avec plaisir sur les larges trottoirs des avenues dont certaines portent l'ancien nom colonial avec la nouvelle dénomination. L'ex-rue Catinat a été rebaptisée Dong Khol. Seules trois rues gardent encore leur nom d'origine: rue Pasteur, rue Calmette et rue Yersin. A noter que ce sont trois scientifiques-bienfaiteurs de l'humanité ayant inventé des vaccins contre des maladies redoutables.
Les monuments officiels de Saïgon sont des vestiges intacts construits par les français entre 1900 et 1908. L'Hôtel de Ville, pâtisserie de stuc rose et blanc, colonnettes et frises rococo, ferme la perspective de l'avenue Nguyen-Hue. Il faut braver le joyeux désordre des innombrables engins à deux roues qui sillonnent en rangs serrés les grandes artères. Le directeur de l'agence nous a donné ce conseil : "Vous traversez, sans courir ni vous arrêter, les conducteurs vous évitent et vous ne risquez rien !"... Facile à dire, mais il faut garder tout son sang-froid pour se lancer dans ce magma en mouvement perpétuel environné de vapeurs d'essence.
Nous pouvons témoigner de l'efficacité de la méthode, puisque nous reviendrons sains et saufs d'un audacieux périple de 30 jours. Autre recommandation : se méfier des nombreux pickpockets qui sévissent autour de l'hôtel. Et pas plus tard que ce premier soir, quand nous allons à pied au restaurant, de l'autre côté de l'avenue, mon compagnon est abordé et serré de près par deux gus, dans l'intention manifeste de lui piquer sa sacoche. Mais l'homme a déjà été piégé, à Istanbul, par de semblables individus, et il repousse l'assaut en gueulant si fort que les gars s'enfuient sans insister ! Que dit-on ? "Seul le fou tombe deux fois dans le même piège..."
Demain, destination : le delta du Mékong, le fleuve jaune dont nous avons aperçu de l'avion les méandres débordant sur la campagne inondée... | | | Une découverte très agréable de Saïgon (l'inconnue pour moi), au travers de tes lignes... J'attends, avec plaisir, la suite qui prendra les teintes du Mékong. | | | Quel plaisir de retrouver tes écrits, une seule hâte la suite.......
déjà que j'hésite que la prochaine destination, tu ne vas pas m'aider en me faisant rêver.
merci beaucoup en tout cas
lisou | | | À: Lisou69 · 1 octobre 2004 à 15:11 · Modifié le 19 jan. 2006 à 15:40 Re: Nostalgie indochinoise- Vietnam et Cambodge - 1 Message 4 de 41 · Page 1 de 3 · 13 562 affichages · Partager Delta du Mekong -
Une voiture de l'agence Vietnam-Tourist nous attend devant l'hôtel ainsi qu'une jeune fille au visage sévère dans le rôle de guide officiel. La demoiselle répond au doux nom de Kiou. Elle se distingue par son appartenance à une grande famille du Vietnam du nord, à Hanoï, où elle poursuit des études supérieures. Elle nous fait l'honneur de sa présence, s'exprime exclusivement en anglais, qu'elle prononce avec un accent asiatique un peu gênant pour nos oreilles, mais nous faisons l'effort d'écouter attentivement ses commentaires tout au long de la journée.
A bord de notre voiture, nous roulons à travers le quartier chinois de Cholon, après avoir circulé dans des rues étroites, surchargées de véhicules hétéroclites, bordées d'échoppes dégoulinant de marchandises diverses : pyramides de paniers d'osier, chapelets d'offrandes, fagots de bâtonnets d'encens, bouteilles dans lesquelles flottent des serpents ou des scorpions imbibés d'alcool de riz, linges brodés, objets de bois précieux incrustés de nacre...
Sur l'un des bras du Mekong, la ville de My-Tho s'étale dans les mares d'eau boueuse. Miss Kiou nous confie aux bons offices d'une guide locale, Mrs Hoa, jeune femme francophone au joli sourire. Nous montons sur un vieux bateau amarré le long du débarcadère, dont nous sommes les seuls passagers avec notre nouvelle hôtesse. La croisière sur le fleuve jaune se déroule dans les pétarades du vieux moteur à gazoil, qui empeste et gâche un peu le plaisir d'évoluer le long des rives pittoresques de la lagune. Le Mékong mérite plus que jamais son adjectif : gonflées d'alluvions, les eaux sont d'une couleur ocre et palpitent en vagues qui déferlent sur les rives. Les pêcheurs s'affairent à remonter les casiers pleins de poissons frétillants et nous saluent d'un grand sourire.
Le circuit touristique tracé selon les directives de l'agence comporte, hélas, une halte commerciale sur une île consacrée à la vente des produits artisanaux du delta : fruits cueillis dans les vergers et servis aux visiteurs canalisés sous les tonnelles, thés aux parfums insolites, bonbons caramels et noix de coco... Et l'inévitable traversée des boutiques de nappes brodées, kimonos, robes chinoises de satin broché, maroquinerie, jades, multiples gri-gri dont les orientaux sont si friands... On achète quelques gadgets pour ne point sortir les mains vides de ce piège à touristes.
La surprise du jour, réservée à tous les visiteurs étrangers, c'est un retour à bord d'une barque fuselée à travers les canaux d'irrigation, les "aroyos", ruisseaux sinueux sous une voûte de bambous arborescents. Une rameuse à l'avant du frêle esquif, un barreur à l'arrière, et nous avec Mrs Hoa, coiffés du classique "nan", ce fameux chapeau chinois conique. Cette coiffure n'est pas superflue : elle protège nos crânes des petits serpents qui se laissent parfois choir des hauts feuillages sur la tête des passants... Pierre Loti a parlé de la spécialité de ces bestioles dans son récit "Un pèlerin à Angkor". Un siècle et demi plus tard, les habitants de la région s'en méfient toujours autant !
Amarrée au quai de l'arrivée, la grande barcasse à moteur nous ramène à My-Tho, où Miss Kiou nous récupère. Nous remercions vivement Mrs Hoa de sa délicate présence, en la félicitant pour l'excellence de ses commentaires, et son parfait français. Elle avait bien voulu répondre à toutes nos questions, notamment à propos de la condition des femmes vietnamiennes dans la société actuelle. Soumises au bon vouloir de leur époux, qui détient, en apparence, le pouvoir à l'extérieur de la famille. La censure s'applique avec rigueur sur les programmes et les films diffusés sur les deux chaînes de la télévision d'état. Même si les réseaux de télé par satellites sont théoriquement accessibles au Vietnam, les postes sont trafiqués pour bloquer leur réception. On est encore très loin d'une véritable démocratie à l'occidentale.
Un déjeuner typique nous est servi dans une charmante auberge, entièrement consacrée aux étrangers. Un "poisson-éléphant" est présenté dressé sur un plat entouré de pétales de légumes ciselés comme des bijoux. Suivi de crevettes géantes, puis un pot-au-feu à la Viet avec boule de riz, complété de desserts multiples...
Miss Kiou et le chauffeur ont refusé de se joindre à cet énorme festin, préférant les coulisses du restaurant et des nourritures plus discrètes.
La route du retour vers Saïgon mène inévitablement (encore...) à un atelier de Laques, dont la visite est programmée dans le but de nous soutirer quelques milliers de dongs, ou mieux, des dollars, le roi vert dominant toutes les autres devises comme partout ailleurs dans le monde. Tous les objets exposés sont parfaitement réalisés, selon une technique ancestrale dont les étapes de fabrication présentent, à nos yeux, tout l'intérêt de cette halte à but lucratif. Nous n'achetons rien, malgré la déception d'une vendeuse qui a pourtant déployé tous ses talents de sirène en pure perte !
La circulation est intense sur la route inondée, défoncée par les pluies récentes de la mousson, si violente cette année. C'est un slalom-stock cars auquel se livrent les milliers de véhicules roulant en tous sens sur des pistes à peine praticables. Les conducteurs n'en perdent jamais leur sang-froid, évitant à tout moment des collisions prévisibles sans échanger la moindre injure. Contrôle de soi et flegme oriental oblige.
Un dîner à la française, à "La Fourchette", un fameux troquet à l'enseigne hexagonale qui nous régale de... rillettes et d'un hâchis Parmentier...
La pagode Giac-Lam est enfouie sous de hauts arbres, dans un quartier excentré : oasis de paix et de verdure, où se rassemblent de nombreux étudiants, assis sur les pelouses, révisant leurs cours à haute voix. Tout près, le temple bouddhique ouvre ses portes aux visiteurs, et je suis autorisée à photographier tout ce que je désire.. Dans la première salle, tables et chaises invitent à la dégustation d'un thé parfumé, breuvage délicat servi par une dame attentive.
Dans le coeur du sanctuaire, un très vieux bonze au visage parcheminé est assis dans un coin sombre. Il ponctue chaque minute du jour en actionnant un puissant levier de bois qui frappe sur le gong rituel, pour marquer la marche inexorable du temps.
Dans le parc, des stèles hautes en couleurs, vrais chefs d'oeuvre kitsch, s'élèvent à la mémoire d'on ne sait quels dieux rigolards, dont les effigies ressemblent à des dessins de Cabu : frappant contraste avec le dépouillement du bouddhisme environnant.
La visite du marché Bin Tranh est une vraie plongée dans la vie saïgonnaise, avec ses étalages de légumes, fruits, épices exotiques exhalant des senteurs de nioc-mam, ce condiment sans qui nulle préparation culinaire digne du pays ne saurait être servie. Odeur à la limite du supportable pour mes narines : mélange de poisson pourri et bouillon aigre qui me soulève le coeur !
Ce soir, je me contenterai d'un banal bouillon de légumes à l'occidentale, sous l'oeil déçu du maître-cuisinier de l'hôtel en grande tenue... Mon compagnon, qui n'a peur de rien, va se servir abondamment dans les multiples chaudrons qui mijotent sur l'immense table du "buffet"... Cet homme vit dangereusement ! Images attachées: | | | Fabricia, 
Tu me transportes au travers de ces flux ocres du Mekong...je vais au devant de l'inconnu...je m'ennivre de tes lignes (quelle poésie! si si dans le verbe exprimé!  )...je respire les bâtonnets d'encens ainsi que les épices du marché Bin Tranh, je frisonne à l'idée que le "serpiente" ne me tombe sur la tête (en tombant d'un de ces feuillages), je déguste ces mets asiatiques... je voyage en te lisant
Merci | | | Fabricia, s'il te plaît, tu veux bien continuer à m'enchanter ? Avec toi, le rêve devient réalité, alors j'attend de poursuivre ton voyage qui, par la magie de tes mots, devient aussi un peu le mien...
A bientôt
Dolma | | | À: Dolma · 4 octobre 2004 à 15:42 · Modifié le 27 fév. 2006 à 13:44 Re: Nostalgie indochinoise- Vietnam et Cambodge - 1 Message 7 de 41 · Page 1 de 3 · 13 449 affichages · Partager ANGKOR - Cambodge (Octobre 2000)
Dans l'avion Vietnam-Airlines, destination Siem Reap ( Cambodge), nous ne sommes que des étrangers ou presque, la destination est célébrissime : Angkor et ses temples mythiques, dont la seule évocation fait rêver à des splendeurs.
Le pilote a dû faire ses premières armes dans les commandos... Il pose son avion dans un rugissement de réacteurs emballés et il nous semble que la piste de Siem Reap ne sera jamais assez longue pour s'arrêter avant les grillages... Il me revient, à cet instant, une réflexion entendue avant notre départ de France. Un de nos amis, commandant de bord et instructeur à Air- France, a évoqué les risques à craindre sur les vols Vietnam-Airlines : "Ils cassent assez souvent le matériel... un peu comme des kamikases !" A Dieu vat...
On vient d'atterrir en pleine campagne. Un taxi nous embarque vers le centre de l'agglomération où nous n'avons que l'embarras du choix... Guest-houses, hôtels de toutes catégories, attendent de rares clients. "Freedom hôtel" : un joli nom plein de promesses...
La directrice de l'établissement est une rescapée des atrocités khmers rouges qui ont martyrisé et massacré des milliers de cambodgiens entre 1975 et 1978. Elle n'a dû sa survie qu'en masquant son érudition : ces monstres éliminaient systématiquement tous ceux qui étaient instruits... Faisant semblant de ne savoir ni lire ni écrire, elle a pu se fondre dans la masse des prisonniers. Au prix de privations inouies, un travail harassant dans les rizières, maigre nourriture (elle attrapait grenouilles, lézards, insectes divers qu'elle dissimulait dans son sarong, et qu'elle mangeait en cachette, le soir, couchée sur sa paillasse). Terreur, supplices, jamais elle n'oubliera ces "trois ans-huit mois-vingt quatre jours" d'horreurs. D'où le beau nom de "Freedom" de son hôtel tout neuf...
Dans les rues, de très nombreux mutilés, bras ou jambe manquants, résultat de milliers de mines anti-personnel qui pullulent encore partout au Cambodge. Nous avons la gorge serrée devant ces misérables clopinant, appuyés sur des béquilles de fortune, mendiant quelques riels pour survivre. Un organisme caritatif, "Handicap international", se dévoue dans toute l' Asie du sud-est pour secourir et équiper les malheureux estropiés. Mais il reste encore des territoires immenses truffés de ces saloperies, larguées sur le pays durant plus de trente ans.
Il règne une chaleur et une pesante humidité sous un ciel souvent brumeux. D'énormes ravines ont déformé les routes, creusé d'énormes trous remplis d'eau stagnante, qu'il faut contourner sans cesse pour ne pas s'embourber. Des équipes de cantonniers s'affairent à combler les ornières avec des tonnes de graviers, au milieu d'une circulation infernale. Il est exclus, ici aussi, de s'aventurer au volant d'une voiture : seul un chauffeur local navigue avec aisance dans ces tourbillons incessants.
Voici notre guide (inévitable) qui va nous accompagner jusqu'à Angkor : un personnage d'une minceur extrême, âge indéterminé, francophone, visage peu amène, regard perçant et indéchiffrable... Il me fait une impression un peu désagréable, comme un frisson à l'idée qu'il a peut-être été un de ces khmers rouges reconvertis dans la vie civile, comme tant d'autres sinistres personnages, qui ont réussi à se fondre dans le nouveau Cambodge...
L'entrée sur les sites des temples d' Angkor implique un passage obligé par le sas des contrôleurs : il faut se plier à la séance-photo d'identité qui va être apposée sur un badge autorisant trois jours de visites, moyennant une coquette somme à payer en dollars, exclusivement. Sous la houlette impérieuse de notre mentor, nous pénétrons enfin dans les mystérieux sanctuaires.
Une clairière a été dégagée dans la jungle foisonnante, où divers véhicules peuvent stationner. Certains d'entre eux, les plus insolites, sont de pacifiques pachydermes abrités sous les arbres en compagnie de leur cornac, attendant de possibles amateurs de balades en forêt. Cette Atlantide orientale me fait irrésistiblement penser, une fois encore, au cher Pierre Loti, qui a décrit "cette basilique fantôme, immense et imprécise, ensevelie sous la forêt tropicale"... Autant dire immédiatement que j'ai ressenti la plus belle émotion de mes voyages en Asie en pénétrant sous ces voûtes de végétation légendaires...
Une allée majestueuse bordée, de part et d'autre, d'une procession de dieux sculptés dans une roche gris sombre, soutenant un interminable serpent, mène au fronton du Bayon, nom qui signifie "montagne magique", monumentale architecture aux 200 visages de pierre. Regard perdu sur l'infini, sourire énigmatique. Depuis dix siècles, ces divinités président aux destins humains.
Mon appareil photo en main, lourdement chargée d'une sacoche contenant pellicules et objectifs à zoom variable, je suis fascinée par les beautés qui m'entourent. Je largue mon compagnon, aux prises avec le guide intarissable qui le noie sous un flot de commentaires rasants et superflus, mais qu'il n'ose interrompre pour ne pas l'offenser. Fou-rire difficile à dissimuler lorsque je reviens vers les deux hommes, et que le guide veut répéter à mon intention le discours indigeste que B. vient de subir... "Non, non, continuez, je vous prie, je lui raconterai tout cela plus tard" s'exclame mon mari, épuisé par l'infatigable bavard. Tant pis pour ma fierté, je préfère passer pour une ignare à ses yeux plutôt que d'écouter ses explications insipides. Je retourne à ma passion, photographiant toutes ces merveilles exhumées de leur gangue végétale.
Dans un inextricable fouillis de lianes et de blocs sculptés, les vestiges sont enlacés par les énormes racines des fromagers, ces arbres immenses hauts de plusieurs dizaines de mètres, dont on ne sait plus qui soutient l'autre. Les explorateurs ont renoncé à séparer l'ensemble, ce qui aurait pour résultat l'irrémédiable destruction de ces gigantesques accumulations, unies "à la vie-à la mort" !
Des heures durant, nous suivons notre berger qui nous guide à travers les sentiers boueux, dont il ne faut s'écarter sous aucun prétexte : gare aux mines tueuses, aux serpents venimeux et aux scorpions sournois... Toutes ces sortes de choses plaisantes qui guettent les imprudents hors des sentiers battus. Dans cet incroyable décor de contes psychédéliques, le monde s'est arrêté, figé comme sous l'effet d'un mystérieux sortilège. Nulle part ailleurs, je n'ai ressenti une telle magie.
Devant la célèbre perspective du temple d' Angkor-Vat, dont les reflets miroitent dans les eaux du lac, des enfants jouent et barbotent. Un gamin propose une promenade sur son superbe cheval caparaçonné comme une enluminure. Des bonzes en robe safran et violette se poursuivent en chahutant. Images d'une gaieté surprenante.
Epuisés par tant de beautés, nous retrouvons notre chambre-sauna et la douce Mrs. Freedom qui nous sert une simple "soupe de nouilles" aux parfums délicats.
Dès le lever du soleil, "Petit circuit" annonce notre guide, la mine toujours aussi renfrognée d'avoir à piloter des clients aussi rebelles. La chaleur est intense, démultipliée par l'humidité à son maximum, qui nous transforme rapidement en éponges dégoulinantes. Il faut que le spectacle soit vraiment grandiose pour oublier l'inconfort physique.
Une halte devant une mare d'eau, quelques enfants pêchent de minuscules poissons piégés dans les mailles d'un large filet qu'ils déploient sur la vase. Comme tous les enfants du monde, ils s'amusent et font les clowns, tout en continuant leur besogne. Des petites baraques vendent les traditionnels "krama", ces carrés de tissus dont se coiffent les travailleurs de la région.
Près du marché de Siem Reap, un français a ouvert un restaurant fameux, depuis quelques années : c'était à l'origine le premier et le seul restaurant de la ville, qu'il a nommé "The Only One"... Une petite salle meublée de rotin, des photos sépia décorent les murs, jolies lanternes de fer forgé, des ventilateurs brassent vigoureusement la moiteur ambiante : une délicieuse atmosphère rétro vraiment agréable après les déambulations dans la nature échevelée...
Le patron, Yves, architecte, s'est reconverti dans la restauration par amour d'une jolie vietnamienne qu'il a épousée et dont il a une mignonne petite fille. Il est très loquace. On le sent passionné par l'Asie, qu'il connaît parfaitement puisqu'il a participé à une mission de reconstruction au Cambodge, en 1993. L'histoire politique et économique de ce pays, ainsi que les rebondissements multiples de Norodom Sihanouk n'ont aucun secret pour lui. Nous l'écoutons raconter ses expériences avec beaucoup d'intérêt, car il sait faire partager son enthousiasme et sa tendresse pour son nouveau pays avec énormément d'authenticité.
Même passion pour la cuisine qu'il affiche au menu : peu de plats, mais cuisinés traditionnellement avec d'excellents produits par un chef cambodgien. Un mémorable souvenir de cet "Only One" dont je ne sais s'il existe encore, quatre ans après notre visite...
Dans les rues, toujours le même magma de véhicules enchevêtrés où se faufile notre voiture, qui slalome entre les énormes trous remplis d'eau et les obstacles des deux roues et des charrettes encombrant tout l'espace. Absence totale d'un semblant de code de conduite, et pourtant, comme par miracle, nous n'assistons à aucune collision. Sur le fronton d'une immense bâtisse, à l'angle du carrefour central, une fresque voyante attire l'oeil : peints de couleurs agressives, ce sont les portraits de Sihanouk et de son épouse, qui sourient de toutes leurs dents à leurs humbles sujets, dans l'indifférence générale...
Nous avions l'intention de visiter un atelier de tissage de "batiks" (tissus de soie incrustés de motifs moirés), mais c'est fermé le dimanche... Autre spécialité du cru, les crocodiles dont on fait l'élevage dans une ferme ouverte aux visiteurs. Dans leurs marigots puants, toute la gamme des sauriens patauge, la gueule ouverte et l'oeil mi-clos, en observant leurs admirateurs, prudemment juchés sur des passerelles dominant les bassins. Hallucinant spectacle que ces centaines de monstres, élevés non seulement pour leur peau d'une valeur considérable, mais dont les locaux consomment la chair, délicieuse, paraît-il.
Un tour dans le marché couvert, épreuve pour les étrangers, proies désirables harcelées par tous les vendeurs. Quelques bricoles attirent notre porte-monnaie, petits achats-souvenirs. Une visite à la "Maison de la Paix" : sous des paillottes, quelques artisans initient les jeunes aux multiples techniques du travail du cuir, pour confectionner des objets utiles ou décoratifs. Le profit des ventes est destiné à l'entraide des défavorisés, sponsorisés par des catholiques dévoués.
Sur la grand'route qui mène vers Angkor, pompeusement baptisée avenue du Général de Gaulle, des échoppes de potiers, dont les façades garnies de céramiques multicolores se reflètent dans les flaques d'eau. Un grand complexe hôtelier tout blanc nous invite à pénétrer dans ce temple du bon goût et du savoir-faire bien de chez nous... A peine inaugurée, cette luxueuse résidence est un chef d'oeuvre de confort et de beauté. Nous ne résistons pas à l'invite du salon et un véritable café expresso au parfum exquis, vautrés dans de profonds fauteuils, revigorés par la fraîcheur climatisée de ce paradis. Le manager français vient nous saluer amicalement et nous propose une visite guidée de son bel hôtel tout neuf.
Deux jeunes garçons, dont l'un parle bien notre langue, sa mère est française, nous pilotent à travers salons, vastes salles de réception, chambres et suites et, clou du lieu, un spa disposant des plus récentes innovations. Cet espace est destiné aux activités sportives, sous la houlette de moniteurs et masseurs spécialisés. Réservé, comme il se doit, à une clientèle richissime. Le vaste parc est aménagé de massifs débordant de fleurs tropicales, arrosés par une armée d'employés. Une piscine hollywoodienne de dimensions olympiques est incrustée sous une voûte de palmiers frissonnants. Il ne manque plus que l'arrivée espérée de la manne : des clients fortunés à la recherche du luxe et de solitude dans cet ilôt privilégié...
Ce soir, de retour au Freedom, un frugal dîner équilibre le budget repas fortement ébranlé par la folie du déjeuner dans le palace... De l'espace informatique, de plus en plus fréquent dans tous les hôtels cambodgiens, nous envoyons un mail à notre petite famille restée en France.
Demain, nous retournerons à Saïgon, pour continuer notre périple à travers le Vietnam... Images attachées: | | | Merci Fabricia !
c'est un tout petit post mais parfois les mots manquent, alors...
Dolma | | | À: Dolma · 5 octobre 2004 à 16:17 Re: Nostalgie indochinoise- Vietnam et Cambodge - 1 Message 9 de 41 · Page 1 de 3 · 13 381 affichages · Partager Saïgon -
Lundi 23 octobre 2000. Retour de Siem Reap à Ho Chi Minh-ville... Nous avons choisi un nouvel hôtel, "Le Mondial", rue Dong Khoï (ex-Catinat) pour deux nuits. C'est un quartier hautement touristique, par conséquent une foule de mendiants nous prend d'assaut dès qu'on sort du hall. Spectacle pénible de ces exclus, jeunes enfants mutilés, victimes de la poliomyélite, aveugles, maigres femmes portant des bébés squelettiques qu'elles brandissent en réclamant l'aumône, rabatteurs qui tendent des cartes de magasins où "tout est pas cher..." Impossible de rester indifférent devant tant de misères..
Quelques démarches utiles à la Vietcom-Bank, pour échanger des chèques de voyage, puis nous plongeons dans la grande librairie riche en littérature anglaise et francophone. Le manège bizarre d'une femme vietnamienne entre deux âges m'intrigue : elle tend un bout de papier à mon mari, sur lequel elle a griffonné son adresse... A mon humble avis, c'est une prostituée... Je suppose qu'il en est arrivé à la même conclusion...
Un vieux monsieur très digne nous entend parler et s'approche de nous. Il se présente : c'est un médecin qui a dû renoncer à son métier, chassé par les autorités viets lors de la réunification en 1975. A l'époque, le nouveau régime politique a refusé toute activité aux intellectuels et aux professions libérales, qui incarnaient, à leurs yeux, l'ancienne société coloniale. Tous ces exclus se sont résignés à occuper de modestes emplois. Celui-ci survit en donnant des leçons particulières de langue française et anglaise à quelques étudiants. Il évoque le passé avec mélancolie.
Une incursion à "La Caravelle", palace 5 étoiles, fief des riches hommes d'affaires étrangers qui viennent signer de juteux contrats avec leurs homologues locaux. Le communisme n'interdit plus les échanges internationaux : le Vietnam ayant compris tout l'intérêt du capitalisme mondial. Implantations des usines Mercédès, General Motors, Renault, etc... Les boutiques de l'hôtel vendent de très beaux objets artisanaux dont les prix sont à la mesure des portefeuilles bien garnis.
Place Lam Son, le Théâtre "Belle époque" inauguré en 1900, a retrouvé sa vocation après avoir été pendant quelques années le siège de l'Assemblée nationale. Pimpante architecture rococo blanche et rose. Juste en face du Caravelle, la façade fraîchement repeinte du Grand Hôtel Continental évoque les heures de gloire de cet établissement mythique. Au temps de l'empire indochinois, c'était le lieu de rendez-vous des célébrités : André Malraux, Lucien Bodard, Graham Greene, y ont pris pension. C'était le quartier général des journalistes et correspondants de guerre qui venaient boire leur apéritif favori à l'ombre des palmiers. La restauration du palace a respecté l'atmosphère et le style d'autrefois, ambiance feutrée et musique nostalgique... Les fantômes du passé errent encore dans le grand salon. Concession à la mode actuelle, une pizzéria propose ses spécialités italiennes dans la jolie cour intérieure.
A proximité, un autre établissement célèbre, l'Hôtel Rex, refuge des militaires américains durant les années de guerre, est une des gloires du quartier. On peut y déguster des plats traditionnels dans le restaurant raffiné situé au 5ème étage, d'où l'on domine la ville de Saïgon... Assis sur la jolie terrasse, un violent orage et des trombes d'eau nous chassent vers la salle du restaurant, où nous attendrons le retour du soleil...
Dans une des boutiques de la galerie marchande, une jeune française essaye des sandales en vrai python sous le regard indulgent de son compagnon... Leur prix est très modique. Elle me prend à témoin : "elles sont ravissantes"... "Oui", répond-elle, "j'en ai très envie... mais j'ai déjà acheté cinq paires de chaussures depuis le début de mon voyage..." Je ne saurai pas la fin de l'histoire mais je l'ai trouvée si attendrissante...
Il faut de nouveau s'infiltrer à travers la circulation intense qui règne sur ces avenues centrales, dans les vrombissements des motos, scooters et mobylettes innombrables... Du matin au soir, c'est la même cohue qui traverse l'immense fourmilière.
Les marchands à la sauvette installent leurs étalages sur les trottoirs en un temps record, prêts à tout replier dès qu'ils voient les voitures des patrouilles freiner dans un hurlement de pneus à leur hauteur : ces commerces sont strictement interdits et durement sanctionnés par des policiers impitoyables...
Au crépuscule, B. ("qui n'a peur de rien") va faire une balade sur le bord de la rivière Saïgon, non loin de l'hôtel... Malgré toute son audace, il doit renoncer à poursuivre son exploration suicidaire tant la circulation devient démentielle...
Nous sommes dorénavant les seuls maîtres de la poursuite de notre voyage à travers le Vietnam, malgré les fortes incitations des organismes officiels qui aimeraient bien surveiller de près tous ces étrangers, parfois trop curieux... Images attachées: | | | À: Fabricia · 7 octobre 2004 à 15:02 · Modifié le 7 oct. 2004 à 16:28 Re: Nostalgie indochinoise- Vietnam et Cambodge - 1 Message 10 de 41 · Page 1 de 3 · 13 342 affichages · Partager Saïgon - Dalat
Autour de l'hôtel Mondial, la circulation est incessante, jour et nuit. Des boutiques de soies, laques, jades, bois précieux, estampes, meubles de rotin, attirent continuellement les acheteurs. Dans la rue, un ballet de scooters et motos vrombissent dans des vapeurs bleutées, souvent conduits par des jeunes femmes casquées, nez et bouche voilés par un foulard, longs gants qui protègent leurs bras nacrés des brûlures du soleil.
Sur les trottoirs des avenues, à l'ombre des grands arbres, tamariniers, manguiers et badamiers, des cuisines à roulettes proposent des brochettes grillées et des soupes locales aux promeneurs.
Place Commune de Paris, la cathédrale Notre-Dame, construite en 1880 par les français, style néo-roman, en brique rouge, et ses deux clochers carrés surmontés de flèches, célèbre toujours des messes pour quelques fidèles. Contemporaine, sa voisine la Poste centrale est une oeuvre de Gustave Eiffel, avec une charpente métallique inspirée de notre Tour parisienne. Une majestueuse verrière coiffe la structure qui enveloppe la salle principale, avec ses guichets numérotés. Murs peints de tons vert-bleuté, un immense portrait du grand homme, Ho Chi Minh, fait face à un plan de Saïgon datant de 1892.
Clin d'oeil futuriste à proximité de ces anciens monuments, le "Diamond Plaza" est un building ultra-moderne qui abrite des bureaux, des logements luxueux et un espace commercial de grand standing.
De nombreux restaurants locaux proposent à leur menu des plats étranges : "Ragoût de singe", "Serpent en matelotte", et... "Oeuf de cane couvé"... Ce dernier mets ne se déguste que dans les grandes occasions. Interrogé, notre ami vietnamien répond : "on le mange sans trop le détailler"... A cette évocation, je prends mes jambes à mon cou pour me réfugier au salon de thé "Brodard", célèbre institution où des plats plus familiers sont servis aux gourmands européens. La pâtisserie "Givral" attire, elle aussi, les voyageurs en manque de douceurs, salivant à la vue des pyramides de gâteaux somptueux présentés dans la vitrine.
Adieu à Saïgon dans sa marche inexorable vers le futur, qui efface progressivement les charmes surannés de cette ville dynamique.
Destination : Dalat, ville d'altitude située à 308 km. On traverse une campagne d'un vert éblouissant, arrosée par les récentes pluies de mousson. Notre pilote s'est arrêté devant les plantations de caféiers et théiers, qui font la richesse de la région. C'est en connaisseur qu'il nous montre les variétés de grains et feuilles sélectionnées pour d'abondantes récoltes.
La route quitte la plaine et grimpe à travers les hautes collines couvertes de forêts. Au détour d'un virage, nous nous arrêtons dans une vallée creusée par un torrent, un troquet rustique et ses bancs de bois nous accueille pour thé et boissons fraîches dans ce décor de carte postale. Et nous arrivons à Dalat, altitude 1500 m, ancienne villégiature de l'ex-empereur Bao-Daï. Nous renonçons au "Sofitel", cher et tristounet, pour le "Golf", grand building sans charme particulier.. propre et fonctionnel, situé en centre-ville, près du lac. Mais ce qu'on ignore encore, c'est l'existence d'une boîte de nuit au sous-sol...Le réceptionniste applique strictement les consignes des autorités locales : nos passeports sont confisqués jusqu'au lendemain, contrôle des voyageurs qui sont suivis tout au long de leurs déambulations dans le Vietnam.
Promenade au bord du lac, bordé d'allées fleuries, attraction locale. Des familles s'amusent et barbotent dans l'eau cristalline, des jeunes juchés sur des pédalos font la course à coups de mollets vigoureux. Une atmosphère de détente qui contraste avec la furia citadine de Saïgon.
A l'heure du thé, nous allons au "Larry's Bar" qui reproduit à l'identique les clubs britanniques, avec ses profonds fauteuils, tapis moelleux, boissons d'origine anglo-saxonne, et gravures sépia sur les murs. Juste en face de l'hôtel, des dizaines de restaurants locaux affichent leurs spécialités de soupes et riz composés pour 100 000 dongs (2500 dongs valaient 1 fr français en 1999). Avant 1975, la monnaie indochinoise était la piastre.
Ah, quelle nuit ! Comme partout sur la planète Terre, à cette extrêmité orientale de la péninsule comme sur la rive ouest américaine, du pôle nord au cap Horn, une frénésie s'empare des jeunes humains dès que sonnent les dix coups post-meridiem. De notre chambre, nous sommes matraqués par un incessant martelage musical qui fait vibrer les cloisons du grand édifice. C'est la foire-disco de la boîte de nuit, qui résonne du sous-sol, six étages plus bas, de toute la puissance de ses énormes amplis. La tête sous l'oreiller, boules Quiès, il faut absolument ignorer le vacarme et rester zen : moins on y pense, plus vite on sombre dans le sommeil.
Fraîcheur du petit matin calme, silence divin : les fêtards sont enfin couchés, le monde est à nous ! L'agence Dalat-Tourist-Travel et son directeur, francophone, à qui nous indiquons nos projets pour la suite du voyage, établit un devis convenable.
Il fait un temps radieux, au bord du lac, assis à l'ombre d'un arbre à fleurs en grappes rouges. Dans un bassin d'eau trouble, des poissons-chats aux yeux globuleux évoluent dans l'ignorance de leur destin. Les occupants de ce vivier vont griller sur les braises du restaurant voisin. "Ne craignez rien, vilains poissons, je ne vous mangerai pas"... Quelques jours avant notre départ, j'ai vu un documentaire de Thalassa sur ces élevages dans le delta du Mekong. Au milieu du fleuve jaune, des baraques sur pilotis surmontent des nasses grouillant de ces immondes bestioles, que les pêcheurs nourrissent d'une bouillie répugnante en ouvrant une trappe dans le plancher de leur habitation. Sur l'écran, le spectacle est repoussant, et j'imagine sans peine l'horrible odeur qui s'en dégage. De quoi me dégoûter des poissons d'élevage pour le restant de mes jours.
Dalat est une ville qui n'a pas de cachet asiatique, et qui fait plutôt penser à une station thermale de province française d'autrefois. Sur une colline plantée de pins, des villas laissées à l'abandon ont abrité des coloniaux qui fuyaient la fournaise du littoral pour la fraîcheur des montagnes environnantes. On peut visiter l'ancienne résidence de Bao-Daï, une grande bâtisse assise dans un parc, de style 1930. Converti en musée, ce palais d'été est demeuré tel qu'il a été conçu, mobilier ringard, bibelots kitsch, trophées dérisoires, photos jaunies, témoins muets d'une gloire éteinte.
Curiosité, la gare ferroviaire de Dalat, -Ga Dalat-, fait irrésistiblement penser à celle de Deauville avec ses façades crépies de blanc aux chevrons de bois sombre, vrai style normand. Il y a belle lurette que le train ne roule plus, la locomotive à vapeur et ses trois wagons sont figés pour l'éternité sur les rails envahis d'herbes folles.
Devant la cathédrale dont le clocher s'orne d'une girouette-coq, le chauffeur du taxi s'exclame : "Look at the chicken". A côté, la Pagode Lam Ty Ni et son unique occupant, un bonze aux multiples talents de peintre-sculpteur-poète que nous saluons avec déférence.
Un bistro au nom insolite, "Café de la Poste", rendez-vous des rares promeneurs français venus boire quelque apéritif en rêvant à leur lointaine patrie.
Grande balade en véhicule tout-terrain sur les collines autour de Dalat. Un immense barrage hydro-électrique a été construit sur le site d'un village, noyé il y a quelques années. Les habitants ont été transférés, parqués en réalité, dans une réserve non loin de là. Chutes d'eau tourbillonnantes, buissons de fleurs sauvages : le lac artificiel a englouti à jamais la vie précédente. Entouré de clôtures, on pénètre dans le village Lat dont les solides grilles ont été ouvertes à notre arrivée, et prestement refermées derrière notre voiture. Impression pénible d'entrer dans une semi-prison... Dès qu'on ouvre la portière, des filles et des garçons se précipitent pour nous vendre des bracelets de coton tressés qu'ils fixent à nos poignets : cordonnets porte-bonheur.
Venu à notre rencontre, le notable du village, en la personne du curé, nous emmène dans son tipi pour partager le calumet de la paix : sous forme d'un long tube de bambou plongé dans une jarre de vin-maison. Il aspire quelques lampées du breuvage, puis me tend le "cân" : "à vous, Madame.." Comment pourrais-je décliner un tel honneur ? Je m'exécute bravement et à ma grande surprise, c'est une liqueur à base de mandarines d'un goût agréable, bien que fort alcoolisée. L'homme tète, lui aussi, à plusieurs reprises, tenant compagnie au curé réjoui qui ne rate pas une occasion de pécher par gourmandise, sous le regard indulgent de son Seigneur.
L'autre personnage important du village, c'est un infirmier-guérisseur dont le rôle est primordial en cas de maladie ou d'accident. Il faut encore sacrifier aux traditions, sous forme de bière locale de piètre qualité. Il s'empare d'une flûte en bois dont il tire des mélopées grinçantes qui écorchent les oreilles.. Il montre un cahier d'écolier où les visiteurs ont laissé quelques mots... Un certain grassois dont il dit que c'est son grand ami : de retour, nous promettons de porter le message griffonné pour se rappeler à son bon souvenir. Et par la même occasion, le bonhomme avisé réclame quelques dongs à B. pour refaire sa provision de bière.
Les grilles du village-prison se referment... Nous retrouvons Dalat et une curieuse pension, "Hang-Nga", surnommée "Crazy House". Construction complètement dingue, oeuvre d'une architecte déjantée, qui a bâti un édifice de béton en forme de tentacules gigantesques imitant une forêt de cauchemar. Dans ces boyaux tordus, des alvéoles abritent des chambres que l'on peut louer si on aime le fantastique... ça ressemble à des décors de Dali, pittoresques et extravagants... ça vaut le déplacement !.
Un tour au grand marché couvert, aux allées si étroites qu'on croit marcher sur les pieds des vendeurs vautrés sur le seuil des étalages. Derrière le bâtiment, c'est l'envers du décor, avec ses monticules de déblais et d'ordures dégoulinant des vieux immeubles.
Prochaine étape : Nha Trang, à 208 km, sur la côte de la mer de Chine. | | | À: Fabricia · 7 octobre 2004 à 15:19 · Modifié le 4 sep. 2008 à 11:19 Re: Nostalgie indochinoise- Vietnam et Cambodge - 1 Message 11 de 41 · Page 1 de 3 · 13 174 affichages · Partager Quelques photos... Images attachées: | | | À: Fabricia · 8 octobre 2004 à 15:26 · Modifié le 8 oct. 2004 à 17:43 Re: Nostalgie indochinoise- Vietnam et Cambodge - 1 Message 12 de 41 · Page 1 de 3 · 13 071 affichages · Partager Nha-Trang
Voici notre nouvel ange-gardien au volant d'une belle voiture blanche : Anh Tuan, qui nous emmène ce matin 28 octobre, à Nha-Trang, station balnéaire sur la mer de Chine. Nous apprécions immédiatement ses qualités de conducteur, calme et prudent. Après nous avoir demandé notre accord, il allume un lecteur de cassettes qui diffuse de superbes mélodies orientales ainsi que des chansons de quelques célèbrités, telles que Beatles, Cat Stevens, Jean Ferrat et Paolo Conte... Très éclectiques, les goûts du chauffeur sont aussi les miens. Il raconte que ses parents ont des liens familiaux avec la France, et son prénom n'est autre que la version vietnamienne d'Antoine.
Le trajet est superbe et les paysages grandioses : on s'arrête au Col des Nuages, entouré de brumes qui noient les sommets couverts de sapins. Au loin, Anh Tuan désigne une saignée dans la colline escarpée : c'est l'ancien tracé d'une voie de chemin de fer, dont les rails ont été enlevés et transportés sur des vélos, pendant l'interminable guerre contre les américains. Prodigieux, le courage de ces populations en lutte pour recouvrer leur liberté.
Une halte au milieu du parcours, dans un café tenu par une jeune femme souriante, amie d'Anh Tuan. Un drame est survenu dans la vie de notre conducteur : sa femme est morte il y a quelques mois d'une grave maladie, le laissant avec deux adolescentes... La dame des lieux semble toute prête à le consoler et, ma foi, Anh Tuan est assez sensible à ces subtiles douceurs, puisqu'il promet de s'arrêter un peu plus longuement au retour.
Peu à peu, la route redescend vers la plaine verdoyante, traversée d'un ruisseau où s'ébat une file de canards. Une maisonnette s'abrite sous une voûte de palmiers. Des buffles se vautrent dans la mare avec des grognements de plaisir. Voici Nha-Trang, son petit port de pêche et sa flottille de barques multicolores, de grands filets carrés se balancent au ras de l'eau. A l'écart des typhons, grâce à sa situation protégée dans une anse, bordée de sable fin, cette longue plage a été le refuge d'Alexandre John Emile Yersin, médecin qui découvrit le microbe responsable de la peste en 1894. Vénéré, encore maintenant, par les vietnamiens qui l'ont honoré en donnant son nom à plusieurs rues dans les principales villes du pays.
Situé sur la promenade du bord de mer, le "Que Huong" a belle allure, tout blanc avec des volets bleus. Un jardin intérieur entouré de buissons fleuris cache une piscine au bord de laquelle sont disposés tables et fauteuils. Un patio et un kiosque jouxtent la grande salle à manger. Nous invitons Anh Tuan à partager notre déjeuner. Il nous parle de ses deux filles, étudiantes, et pour lesquelles il fera tout pour qu'elles aient un métier... Etre des femmes modernes, libres et autonomes... Une de ses belles soeurs tient un restaurant à Cagnes-sur-mer, "Le Petit Jade", en face de l'hippodrome que nous connaissons bien. Peut-être irons-nous y dîner à notre retour.
Dans les années 1970, Nha Trang était la station balnéaire réservée aux militaires américains qu'on envoyait ici pour oublier provisoirement les horreurs de la guerre. Elle est maintenant très fréqentée par les vietnamiens aisés, pour les farnientes au bord d'une mer tranquille, parsemée d'ilôts.
Ce soir, très tard, sous les fenêtres de notre chambre qui domine la piscine, des clients bruyants s'attardent devant leurs bières. Il suffit de quelques mots pour qu'ils mettent fin à leurs libations.
Sur une colline boisée qui domine la mer, le souverain déchu Bao Daï (encore lui...) possédait plusieurs villas blotties dans un grand parc, dont certaines sont visitables. D'autres ont été aménagées en bar-restaurants. Ce bonhomme s'est largement servi dans les caisses de son royaume, où il a puisé sans scrupule pour satisfaire sa folie des grandeurs. Comble du scandale, on sait qu'il n'a jamais vécu dans ces immenses maisons, construites uniquement pour la parade.
Dans le port de plaisance, un paquebot de croisière, "Royal Princess P & O", attend ses riches passagers descendus à terre et éparpillés dans la ville, à la recherche de boutiques hors taxes. J'imagine qu'ils sont d'origine yankee, attirés par les prix dérisoires pour leurs poches pleines de mirifiques dollars.
Dans les aquariums du musée océanographique, nous découvrons des crabes étranges appelés limures : ce sont des "fossiles vivants" de 200 millions d'années, ainsi que des tortues, hippocampes, holoturies, crevettes géantes et rémoras. Au milieu de la salle, un gigantesque squelette de baleine découvert, il y a quelques années, en pleine campagne, enfoui dans les profondeurs d'une rizière.
Le ciel se répand en fortes ondées qui fouettent les vitres de notre chambre avec violence... Juste assez pour une sieste bienvenue au milieu de nos promenades.
Des vestiges des tours Chams, édifiées du 7ème au 12ème siècles, il ne reste que quelques pans de murs ocres, en partie écroulés dans la végétation qui a envahi les sanctuaires dédiés à d'anciennes divinités hindoues.
Hom Chang : le littoral se découpe en falaises rocheuses couvertes de buissons qui ressemblent aux côtes bretonnes. Quelques baigneurs fouillent dans les entailles des rochers de granit battus par les vagues écumantes.
Une porte de la ville ancienne, la Citadelle, domine une avenue où se bousculent des écolières à vélo, qui s'envolent du collège comme un nuage d'oiseaux. La petite pagode Haï Duc abrite un orphelinat bouddhiste pour adolescents. Petite obole en guise de participation aux frais...
Dernier dîner en ville au "Coco vert", une bonne adresse pour savourer thon sur barbecue et crêpes au sucre et citron (on se croirait toujours en Bretagne !). Un vendeur de livres passe par là : on achète une édition locale bricolée dont le titre accroche immédiatement notre regard. "Les Tunnels de CuChi", fantastique réseau de galeries profondément creusées dans le sol, à 75 km au nord de Saïgon, où se terraient les guerriers vietcongs durant la guerre contre les armées des U.S. | | | Photos de Dalat à Nha-Trang Images attachées: | | | Ce récit illustré est un délice ! Bravo Fabricia ! | | | Comme avec chaque récit je suis sous le charme des mots et des photos, et en plus ça me permet de chasser le gris de ce lundi matin parisien, alors...
Merci Fabricia.
Dolma | | | À: Gnome · 11 octobre 2004 à 16:26 Re: Nostalgie indochinoise- Vietnam et Cambodge - 1 Message 16 de 41 · Page 1 de 3 · 12 983 affichages · Partager Hoï Anh -
Notre ami Anh Tuan est reparti vers sa belle amie... On a pris un avion pour Danang, une grande ville sans charme que nous quittons dès l'arrivée pour la petite Hoï Anh, posée sur les bords de la rivière Thu Bon. Autrefois nommée Faï-Foo, c'était au 15ème siècle un très important port de commerce, transitant épices, thés, porcelaines chinoises de l'Asie vers l'Europe. La mer s'est retirée au long des siècles et Hoï-Anh se trouve maintenant à l'intérieur des terres. A mi-chemin entre Saïgon et Hanoï, la jolie petite ville ressemble à un livre d'images : temples chinois, pont japonais, marché vietnamien, habitations traditionnelles avec autels dédiés aux ancêtres. Toutes ces merveilles se découvrent en flânant dans des petites rues calmes, sous un chaud soleil d'automne.
Nous sommes logés à l'hôtel Vinh-Hung, propriété d'une riche famille d'origine chinoise dont c'était la résidence au début du 20ème siècle. Belle construction à l'ancienne reconvertie en hôtel confortable. Les chambres sont disposées autour d'une cour intérieure, creusée d'une minuscule piscine. La petite fille de la maison joue "La lettre à Elise" sur le beau piano du salon, sous le regard attendri de ses parents...
Une maison de thé où il fait bon se délasser, au premier étage d'une maison ancienne, avec quelques tables installées sur le balcon surplombant la rue principale. De là, le spectacle de la vie quotidienne se déroule au ralenti, tout un petit monde actif se propulse au milieu des charrettes de légumes et de fruits, porteurs ployant sous des montagnes de ballots qui se dirigent vers le marché permanent installé sur le bord de la rivière. Des échoppes d'artisans et des boutiques d'antiquités s'alignent des deux côtés de la rue, pour le plaisir des promeneurs en quête de souvenirs.
Quel bonheur de marcher les mains dans les poches, le nez au vent, admirant les pêcheurs à la ligne qui somnolent en attendant l'improbable poisson qui voudra bien mordre à l'appât... On traverse la rivière sur une passerelle réservée aux piétons, pour gagner l'autre rive bordée de palmiers. Un amusant bateau-panier ondule sur l'eau à coups de godille.
Dans les magasins de porcelaine, tenus par de vieux bonshommes couleur de cire, voici des assiettes anciennes bleu de Chine, du 19ème siècle, avec leurs fins décors de paysages traditionnels.
Un étroit sentier mène de notre hôtel jusqu'au coeur de la ville, où l'on a tout juste la place de marcher tant il y circule de vélos encombrés de marchandises, obligeant à se plaquer contre le mur pour ne pas se faire écharper. Le sable qui recouvre cette allée s'envole sous les pas, et dès la nuit tombée, on est plongé dans l'obscurité complète. Seules les petites lueurs de nos loupiotes nous aident à éviter les nombreux obstacles.
Le marché est déjà très animé à cette heure matinale. Haut en couleurs et en odeurs, dégorgeant de marchandises infinies, des légumes et des fruits de toutes sortes, des poissons frétillants, des épices fortes, jusqu'à l'éventaire des boulangers. Ici, comme partout au Vietnam, ces artisans ont perpétué la tradition française. Baguettes, pains de campagne, michettes, ficelles, d'une belle couleur dorée, mie fine et blanche, dont tous se régalent comme d'une pâtisserie. Habitants et voyageurs grignotent à longueur de journée ces pains exquis sortant du four.
Sur la rivière qui clapote sur les trottoirs à fleur d'eau, les étranges bateaux-paniers flottent en tourbillonnant. Tout juste assez grand pour deux minces passagers, il faut toute l'habileté du rameur-barreur pour manoeuvrer ce minuscule esquif, qui a tendance à tourner comme une toupie, sans perdre le cap.
Une charmante maison chinoise à la façade enluminée de vives couleurs attire tous les amateurs de photos. Pagodes et cages d'oiseaux exotiques, silhouettes gracieuses des jeunes demoiselles en "ao-daï" sur leur grand vélo, pont japonais et filet de pêche chinois suspendu au-dessus de l'eau, restaurant flottant sur la rivière : images précieuses à fixer pour toujours dans les albums-souvenirs.
Le "ao-daï", ravissant costume traditionnel des vietnamiennes, tunique trois-quarts à col "mao" et longues manches en soie blanche sur pantalon large de couleur noire reste l'uniforme des étudiantes à vélo. Ces belles cyclistes, minces comme des lianes, sillonnent les ruelles de la cité au son du grelot accroché au guidon.
Amarré le long du quai, un beau bateau de bois sombre évoque les voyages anciens des marchands venus de tous les horizons. Une boutique a suspendu des tee-shirts brodés à l'effigie du célèbre Tintin et son étonnante inscription, "Tintin au Vietnam" : tous les lecteurs de ses aventures savent que le héros n'y est jamais allé...
Une maison particulière, la "Tran's family chapel" a été transformée en musée. Appartenant à de riches commerçants, la nombreuse descendance accueille les visiteurs et les guide dans les salons. L'autel des ancêtres, élevé au coeur de la demeure à la mémoire des aïeux, est orné de photos jaunies décorées de fleurs séchées, ex-votos, bouquets de bâtonnets d'encens fumants piqués dans des vasques de sable.
Des visites incontournables : les cinq sites -musées, pagodes-, avec achat du pass à 50 000 dongs, font la gloire de Hoï-Anh. Jardins raffinés, sculptures, fresques symboliques, dragons de pierre crachant des jets d'eau au milieu des parterres de plantes vertes foisonnantes...
C'est un des plus jolis sites sur notre parcours indochinois, qui se poursuit vers la ville historique de Hué... | | | À: Fabricia · 11 octobre 2004 à 16:56 · Modifié le 14 nov. 2010 à 7:38 Re: Nostalgie indochinoise- Vietnam et Cambodge - 1 Message 17 de 41 · Page 1 de 3 · 12 977 affichages · Partager Pour illustrer le chapitre Hoï-Anh... Images attachées: | | | Hoï-Anh - suite... Images attachées: | | | Bonjour chère Fabricia,
Ta belle " Nostalgie Indochinoise " est contagieuse... En plus les photos sont très belles, beaucoup si ce n'est la majorité ont leur place dans le topic " Scènes de vie d'ailleurs "... Vivement que l'on aille à Hué !
Au plaisir renouvelé de te lire. Nawal. | | | Mon retour sur VF et voilà je suis transportée, émerveillée je délecte chaque phrase chaque mot... je ferme les yeux... merci Fabricia pour cette nostalgie indochinoise... je frémis... j'y suis... merci encore je vais revenir te relire je ne m'en lasse pas ! | Carnets similaires sur le Cambodge: Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 7 940 visiteurs en ligne depuis une heure! |