Bonjour,
Certains sur ce forum demandaient s'il était possible de venir enseigner en
Nouvelle Calédonie sans le concours. Voici un article paru le 10/02/2010 dans le journal
Les Nouvelles Calédoniennes qui répondra à votre question. Je copie/colle l'article.
Jours d’angoisse pour les quelque 400 « maîtres aux’ » de Nouvelle-Calédonie, dont l’affectation pour la rentrée s’est décidée lundi et mardi. Sans véritable statut alors qu’ils représentent 20 % du corps enseignant, ces professeurs se battent contre le « manque de reconnaissance » et la précarité de leur situation.
Souvent titulaires d’une licence, ils n’ont pas le concours de professeur. Pour la plupart, ce n’est pas faute de l’avoir tenté. Chaque année, les maîtres auxiliaires (MA) assurent près de 15 % des heures de cours en collège et lycée dans le public. Leurs contrats varient de quinze jours pour suppléer un arrêt maladie, à un an pour combler des postes vacants. Hier et avant-hier, le vice-rectorat s’est réuni avec les syndicats pour décider de leurs affectations. Le vivier de MA est de 400 en Calédonie mais, en moyenne, seuls 250 postes leur sont ouverts à la rentrée. Sans assurance d’emploi, les autres devront patienter au gré des suppléances en cours d’année. «
Chaque année en février, c’est l’angoisse. C’est un combat pour avoir un poste », témoigne Mireille (*), qui enseigne l’anglais comme MA dans un collège des Îles depuis trois ans. Dans l’absolu, elle pourrait très bien être envoyée sur
Poindimié ou
Yaté, ou son poste être réduit à un mi-temps, et son contrat revu à trois mois. Avec à peine dix jours pour se retourner, trouver un logement, déménager...
«
On n’a pas le droit de refuser un poste. Imaginez quand on a des enfants... Si un titulaire arrive, on peut nous jeter du jour au lendemain, sans avoir droit aux allocations chômage. Dans le privé, neuf CDD d’un an à la suite, c’est illégal. On est considérés comme des bouche-trous », déplore Patricia, employée au collège de
Bourail depuis trois ans, après neuf ans comme maître auxiliaire, dont plusieurs trimestres à
Koumac ou à
Houaïlou.
« L
es maîtres auxiliaires sont des pions, regrette Lucile Brial, secrétaire générale adjointe du syndicat SFA-CGC
. Les durées de poste sont de plus en plus réduites, avec des contrats de remplacement de deux mois, ou des bouts de poste avec quelques heures sur un établissement et quelques heures sur un autre, par exemple Hienghène et Poindimié. » S’ils finissent par se stabiliser au fil des ans, les MA les moins expérimentés sont souvent contraints à un petit «
tour de côte ».
« Des bouts de poste avec quelques heures sur un établissement et quelques heures sur un autre »
Ils seraient moins d’une centaine à dépasser les six ans d’ancienneté. Moins bien payés que les titulaires, les MA sont quasiment tous des Calédoniens d’origine, aspirant pour la plupart à la titularisation. Dans les secteurs dits peu attractifs, en Brousse et dans les Îles, ce sont souvent eux qui pallient la défection de certains titulaires. «
Il y a des établissements qui tournent à 90 % avec des maîtres auxiliaires, comme l’an passé le collège de Kouaoua avec neuf MA sur dix enseignants », illustre Aude Lafleur, référente MA au SFA-CGC. «
Il y avait huit MA pour treize profs à Yaté en 2008 », poursuit Nicole, qui a fini par obtenir l’an passé un mi-temps à Mariotti après cinq ans dans la commune du sud-est, où elle a dû «
cumuler un poste en CDI avec un poste en histoire-géo ». «
Il faut refaire ses preuves tous les ans. On est malléables à merci. On doit accepter des emplois du temps de m.... Un jour, j’avais par exemple une seule heure de cours à faire, à 50 km de mon domicile, témoigne une MA.
J’ai vu une prof d’arts plastiques faire CPE durant un mois et demi. »
Aussi, les MA se disent peu reconnus : «
Certes on n’a pas le concours, mais on fait le même travail que les titulaires. On est devenus des professionnels. Il faut arrêter de nous considérer comme des marginaux au sein des établissements. »
Aude Lafleur rappelle que « les maîtres auxiliaires représentent 20 % du corps enseignant de Calédonie, ce qui est énorme. Si on se mettait en grève à la rentrée, aucun établissement ne tournerait ».