Nouvelles du Népal 08/03/2004 Figaro International Grosminet · 8 mars 2005 à 14:02 13 messages · 3 participants · 1 982 affichages | | | | 8 mars 2005 à 14:02 Nouvelles du Népal 08/03/2004 Figaro International Message 1 de 13 · 1 947 affichages · Partager ASIE L'insurrection, active depuis 1996, a juré de faire tomber la monarchie et contrôle la quasi-totalité du pays Le Népal sous le joug maoïste Plus d'un mois après le coup de force du roi Gyanendra, qui a démis le 1er février dernier le gouvernement parlementaire et a suspendu les libertés publiques, la monarchie népalaise est plus seule que jamais face à une guérilla communiste d'un autre âge. Se réclamant du maoïsme, les rebelles ont juré la chute de la monarchie et tiennent d'une main de fer la quasi-totalité du pays. Retranchée dans les villes, l'armée népalaise a reçu carte blanche du roi pour tenter de juguler l'insurrection par tous les moyens. Soixante-dix personnes, présentées comme des rebelles, auraient été tuées dans des affrontements par l'armée avant-hier. L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch dénonce dans un récent rapport l'ampleur des «disparitions» causées par l'armée et le «bilan atroce de meurtres, tortures et intimidations causées par les maoïstes». Et ce petit royaume hindouiste des contreforts de l'Himalaya, paradis des randonneurs et des alpinistes, glisse peu à peu vers le chaos. Dans les montagnes népalaises, le pays mao s'organise selon les préceptes du collectivisme.
District de Rolpa : de notre envoyé spécial Adrien Jaulmes [08 mars 2005]
Le visage de l'aubergiste se ferme d'un seul coup. Il jette un regard inquiet vers trois hommes qui viennent d'arriver à l'autre bout de la passerelle suspendue, au fond d'une étroite vallée de l'ouest du Népal. Puis il rentre précipitamment dans sa chaumière où il fait mine de s'affairer. Au débouché du pont qui oscille sous leur poids, les nouveaux arrivants grimpent d'un pas rapide vers l'auberge.
Le premier, la cinquantaine d'années, a le visage dépigmenté d'un albinos et porte une barbe blanche. Derrière lui marchent deux adolescents au visage masqué par un foulard. L'un porte un sac à dos sous lequel est roulé un duvet. L'autre un vieux fusil anglais Enfield presque aussi grand que lui. «Salut, camarades !», dit l'homme âgé en levant le poing comme dans un vieux film de propagande communiste. Ses deux compagnons l'imitent.
Les villageois répondent sans enthousiasme à leur salut. L'aubergiste, lui, regarde ses pieds. Les arrivants ne portent pas d'uniforme et n'ont qu'un fusil pour trois. Mais tous les paysans ont reconnu la longue silhouette de l'albinos, Kuber Oli, surnommé «camarade Surya», la principale autorité du district de Rolpa. Cette région reculée de l'ouest du Népal, dont les vallées ne sont généralement accessibles qu'au terme de plusieurs jours de marche, a été l'une des premières à tomber aux mains de la guérilla maoïste lors du déclenchement de l'insurrection en 1996.
Depuis, les représentants de l'Etat népalais n'ont pas reparu, et les habitants vivent sous l'autorité d'une «République populaire népalaise» autoproclamée. A l'entrée de chaque village, entre les champs en escalier de ces contreforts de l'Himalaya, flottent des rangées de drapeaux rouges frappés d'une faucille et d'un marteau. Des banderoles signées du «Parti communiste népalais-maoïste» souhaitent partout «longue vie au marxisme-léninisme-maoïsme» et invitent à «célébrer le dixième anniversaire de la grande guerre populaire».
Tout sourire, le camarade Surya est intarissable sur le sujet.
«Nous sommes dans la phase finale de la conquête du pouvoir», dit-il. «La dictature féodale du roi Gyanendra est vouée à disparaître, ajoute-t-il avec certitude. Ce sont le matérialisme dialectique et le déterminisme historique qui décident, pas les individus.»
Niant tranquillement les crimes communistes du XXe siècle, le camarade Surya affirme sa foi dans le succès de ce dernier avatar de l'idéologie de Karl Marx.
«Ce n'est pas Mao Tsé Toung qui a échoué, explique-t-il. C'est l'héritage de Mao Tsé Toung qui a été trahi par ses successeurs. Nous avons tiré les leçons des exemples étrangers, comme les revers du Sentier lumineux au Pérou. Et nous nous appuyons sur les principes du marxisme-léninisme-maoïsme, revus à la lumière de la Voie de Prachenda, pour réussir à instaurer au Népal une véritable république populaire.»
Président du parti et chef suprême de l'Armée populaire de Libération, le «camarade Prachenda», de son vrai nom Pushpa Kamal Dahal, est le fondateur et l'âme du mouvement. Intellectuel dévoyé et communiste convaincu, Prachenda est l'un des fondateurs de la branche maoïste du Parti communiste népalais, qui prône la lutte armée après ses échecs électoraux aux premiers scrutins du régime parlementaire népalais au début des années 90, et l'auteur de la Voie de Prachenda, contribution népalaise au renouveau de la pensée marxiste.
Mais les succès fulgurants de la guérilla utilisent plutôt les bonnes vieilles méthodes de tous les mouvements communistes. Le camarade Surya et ses deux gardes du corps repartis, l'aubergiste garde le visage fermé. Sa femme est la seule à accepter de parler, une fois les portes closes. «Tout le monde a peur. Personne n'ose parler, les maos ont leurs espions dans chaque village. Il faut leur donner de l'argent, et personne ne peut nous défendre contre eux», explique-t-elle.
Attaquant des postes de police isolés, chassant les «propriétaires terriens», généralement des paysans à peine moins pauvres que les autres, rançonnant et terrorisant, les maoïstes ont en quelques années pris le contrôle de la quasi-totalité du pays, en dehors de la vallée de Katmandou, la capitale, et de quelques grandes villes. Mais ils n'ont jamais réussi à s'emparer durablement de la moindre capitale régionale, en partie en raison d'un manque chronique d'armement.
Ils ne bénéficient ni du soutien de la Chine populaire, embarrassée par ces encombrants émules et occupée à siniser le Tibet voisin, ni de celui de l' Inde, qui craint l'extension de l'insurrection à ses propres jacqueries paysannes, les «Naxalites».
Les maoïstes népalais s'arment en pillant les postes de police et en fabriquant des bombes artisanales, les socket bombs, sorte de bouts de tuyau remplis d'explosifs qui constituent l'armement de base des militants, avec des fusils Enfield datant de la campagne de Birmanie.
Mais, malgré leur idéologie aussi désuète que leur armement, les maoïstes représentent un adversaire redoutable pour la petite armée népalaise, mal équipée pour reprendre le contrôle d'un pays aux vallées encaissées et aux routes inexistantes.
COMPLEMENT 
Une route qui ne mène nulle part
A. J. [08 mars 2005]
Arc-boutés sur des barres à mine, une dizaine d'hommes tente de faire basculer au fond de la vallée un énorme rocher. Le bloc oscille sur le bord de la route avant de basculer dans un fracas. Des femmes armées de pelles aplanissent le sol, pendant que les hommes attaquent un autre rocher. La scène se répète sur des dizaines de kilomètres, le long du flanc escarpé d'une vallée du district de Rolpa, au coeur de zones tenues par la guérilla maoïste. «Cette route constitue un modèle de développement pour tout le pays», explique le camarade Surya, l'un des membres du comité central maoïste. Le tracé qui serpente vers un col fait selon lui 90 kilomètres. «10 000 personnes travaillent en permanence volontairement sur le chantier, explique-t-il fièrement, tout est fait à la main.» Les barres à mine sont raffûtées sur des forges artisanales improvisées, les gravats portés dans des paniers d'osier. Aucun garde armé ne semble surveiller le chantier, mais à chaque virage des jeunes gens avec des foulards autour du cou ne perdent pas de vue les équipes. Ce travail éreintant, réalisé avec une technique moyenâgeuse, semble susciter plus de fierté chez le camarade Surya que chez les centaines de paysans réquisitionnés, qui gardent le visage fermé au passage du chef rebelle. «Nous sommes obligés de venir de nos villages, à plus de quatre jours de marche d'ici, et fournissons notre propre nourriture», explique un travailleur appuyé sur son pic. La route sera achevée d'ici à cinq ans. «Mais elle n'est pas reliée au reste du réseau, explique l'homme. Elle ne mène nulle part.» | | | À: Grosminet · 8 mars 2005 à 14:05 Re: Nouvelles du Népal 08/03/2004 Figaro International Message 2 de 13 · 1 940 affichages · Partager KATMANDOU, 7 mars (AFP)
Les donateurs du Népal veulent la fin de l'état d'urgence instauré début février par le roi Gyanendra avant d'accorder toute nouvelle aide au petit royaume, a indiqué lundi le ministre népalais des Finances Madhukar Shumsher Rana.
"Les donateurs veulent la levée de l'état d'urgence, la libération des détenus politiques et la fin des violations des droits de l'homme au Népal", a déclaré à l'AFP le ministre, de retour d'une réunion sur l'aide au développement à Paris avec 127 pays et organisations.
Dans une interview au quotidien officiel de langue anglaise Rising Nepal, le ministre a ajouté qu'il avait exhorté les donateurs "à poursuivre leur aide et clairement fait comprendre que la suspension de l'aide profiterait au terrorisme".
Le Japon a le même jour annoncé dans un communiqué diffusé à Katmandou qu'il accordait au Népal une aide non-militaire de 17, 1 millions de dollars. L'archipel a cependant "exhorté à la libération des leaders politiques et à la restauration rapide de la liberté garantie par la constitution", selon le communiqué.
L' Inde et la Grande-Bretagne, qui fournissent des équipements à l'armée népalaise pour l'aider à lutter contre la rébellion maoïste, ont suspendu leur aide militaire après la prise des pleins pouvoirs par le roi Gyanendra le 1er février.
Le monarque avait alors instauré l'état d'urgence, limogé le gouvernement, aboli les libertés fondamentales et fait arrêter ou placé en détention de nombreux opposaants. Un nouveau cabinet essentiellement formé de fidèles et dirigé directement par le souverain a par la suite été nommé.
Le roi avait justifié son coup de force en accusant l'ancien gouvernement de ne pas avoir réussi à mater la rébellion maoïste, dont la lutte pour l'abolition de la monarchie a fait plus de 11.000 morts depuis 1996.
Le Népal, qui figure parmi les dix nations les plus pauvres au monde, dépend grandement de l'aide internationale, qui couvre la moitié de son budget de développement.
Par ailleurs, le ministre népalais des Affaires étrangères, Ramesh Nath Pandey, est arrivé lundi à New Delhi pour rencontrer son homologue indien, Natwar Singh, ont indiqué les Affaires étrangères en Inde.
Cette visite est la première depuis le coup de force du roi népalais, sévèrement condamné par l' Inde.© 2005 AFP ECO - Les donateurs du Népal veulent la fin de l'état d'urgence avant toute aideKATMANDOU, 7 mars (AFP)
Les donateurs du Népal veulent la fin de l'état d'urgence instauré début février par le roi Gyanendra avant d'accorder toute nouvelle aide au petit royaume, a indiqué lundi le ministre népalais des Finances Madhukar Shumsher Rana.
"Les donateurs veulent la levée de l'état d'urgence, la libération des détenus politiques et la fin des violations des droits de l'homme au Népal", a déclaré à l'AFP le ministre, de retour d'une réunion sur l'aide au développement à Paris avec 127 pays et organisations.
Dans une interview au quotidien officiel de langue anglaise Rising Nepal, le ministre a ajouté qu'il avait exhorté les donateurs "à poursuivre leur aide et clairement fait comprendre que la suspension de l'aide profiterait au terrorisme".
Le Japon a le même jour annoncé dans un communiqué diffusé à Katmandou qu'il accordait au Népal une aide non-militaire de 17, 1 millions de dollars. L'archipel a cependant "exhorté à la libération des leaders politiques et à la restauration rapide de la liberté garantie par la constitution", selon le communiqué.
L' Inde et la Grande-Bretagne, qui fournissent des équipements à l'armée népalaise pour l'aider à lutter contre la rébellion maoïste, ont suspendu leur aide militaire après la prise des pleins pouvoirs par le roi Gyanendra le 1er février.
Le monarque avait alors instauré l'état d'urgence, limogé le gouvernement, aboli les libertés fondamentales et fait arrêter ou placé en détention de nombreux opposaants. Un nouveau cabinet essentiellement formé de fidèles et dirigé directement par le souverain a par la suite été nommé.
Le roi avait justifié son coup de force en accusant l'ancien gouvernement de ne pas avoir réussi à mater la rébellion maoïste, dont la lutte pour l'abolition de la monarchie a fait plus de 11.000 morts depuis 1996.
Le Népal, qui figure parmi les dix nations les plus pauvres au monde, dépend grandement de l'aide internationale, qui couvre la moitié de son budget de développement.
Par ailleurs, le ministre népalais des Affaires étrangères, Ramesh Nath Pandey, est arrivé lundi à New Delhi pour rencontrer son homologue indien, Natwar Singh, ont indiqué les Affaires étrangères en Inde.
Cette visite est la première depuis le coup de force du roi népalais, sévèrement condamné par l' Inde.© 2005 AFP | | | À: Grosminet · 8 mars 2005 à 14:07 · Modifié le 8 mars 2005 à 14:26 Re: Nouvelles du Népal 08/03/2004 Figaro International Message 3 de 13 · 1 936 affichages · Partager Une figure du journalisme arrêtée au Népal
8/3/2005 6:5
KATMANDOU 08/03 (BELGA/AG) = Une figure du journalisme national a été arrêtée près de Katmandou pour avoir critiqué la prise des pleins pouvoirs début février par le roi Gyanendra, a annoncé lundi soir un de ses collègues. "Deux hommes en civil se présentant comme appartenant aux services de sécurité ont demandé à (Kanakmani) Dixit de les suivre pour être interrogé... M Dixit a donné des conférences et écrit une séries d'articles dans des journaux locaux et dans ses publications critiquant sévèrement les mesures royales du 1er février", a déclaré Rajendra Dahal, rédacteur au magazine d'actualité Himal Khabarpatrika, qu'édite M. Dixit. (BVH)
Une figure du journalisme arrêtée au Népal 08/03 04:37 Une figure du journalisme national a été arrêtée pour avoir critiqué la prise des pleins pouvoirs début février par le roi Gyanendra, a annoncé lundi soir un de ses collègues.
Kanakmani Dixit a été interpellé à son domicile dans la banlieue de Katmandou, a indiqué Rajendra Dahal, rédacteur au magazine d'actualité Himal Khabarpatrika, qu'édite M. Dixit.
La maison d'édition de M. Dixit, Himal Media Private Limited, publie également l'hebdomadaire de langue anglaise Nepali Times. M. Dixit est également rédacteur du South Asia Journal.
"Deux hommes en civil se présentant comme appartenant aux services de sécurité ont demandé à M. Dixit de les suivre pour être interrogé... M Dixit a donné des conférences et écrit une séries d'articles dans des journaux locaux et dans ses publications critiquant sévèrement les mesures royales du 1er février", a déclaré M. Dahal.
Le magazine Himal Khabarpatrika soutient "la monarchie constitutionnelle et la démocratie multi-partite et nous n'avons rien écrit ou publié qui pourrait renforcer le terrorisme", a-t-il ajouté.
Le monarque a pris le 1er février les pleins pouvoirs. Il a limogé le gouvernement, instauré l'état d'urgence, aboli les libertés fondamentales et fait arrêter ou placé en détention de nombreux opposants et plusieurs journalistes. Un nouveau cabinet essentiellement formé de fidèles et dirigé directement par le souverain a par la suite été nommé.
Les journalistes ont été strictement interdits de toute critique sur ces mesures, le souverain estimant que cela renforcerait la rébellion maoïste.
Le roi avait justifié son coup de force en accusant l'ancien gouvernement de ne pas avoir réussi à mater la rébellion maoïste, dont la lutte pour l'abolition de la monarchie a fait plus de 11.000 morts depuis 1996.
Selon la Fédération internationale des journalistes, environ la moitié des journaux népalais ont cessé de paraître et au moins 600 journalistes ont perdu leur emploi.
L'armée a par ailleurs annoncé lundi qu'au moins 33 rebelles maoïstes avaient été tués dans différents affrontements survenus de vendredi à dimanche.
© AFP. | | | À: Grosminet · 9 mars 2005 à 8:05 Re: Nouvelles du Népal 08/03/2004 Figaro International Message 4 de 13 · 1 891 affichages · Partager NEPAL - Au moins six journalistes arrêtés en quinze jours MONTREAL, le 8 mars /CNW Telbec/ - Alors que le porte-parole dugouvernement, Tanka Dhakal, a déclaré qu'il n'existait "aucun contrôle dugouvernement sur les médias", au moins six journalistes ont été arrêtés aucours des deux dernières semaines. Par ailleurs, la censure s'est renforcée, avec l'interdiction à la presse d'utiliser des sources d'information autresque les forces de sécurité à propos de la situation sécuritaire dans le pays. Reporters sans frontières est outrée par les propos d'un ministre dont laseule légitimité est celle d'avoir été porté au pouvoir par un coup de force.L'organisation demande aux autorités de cesser les arrestations arbitraires dejournalistes et les convocations intempestives. Neuf journalistes sont actuellement détenus au Népal et au moins sixautres se cachent pour échapper aux arrestations. Le 4 mars 2005, Tanka Dhakal, porte-parole du gouvernement et ministre del'Information et de la Communication, a déclaré à Nepalgunj (sud-ouest dupays) que le gouvernement n'avait imposé aucun type de contrôle aux médiasnépalais. "La presse est libre d'écrire quoi que ce soit, à l'exception de cequi encourage le terrorisme", a-t-il déclaré. Trois jours plus tard, Kanak Mani Dixit, célèbre directeur du magazine ennépalais Himal Khabarpatrika, a été interpellé et interrogé pendant quelquesheures à Katmandou. De retour d' Inde où il était intervenu lors d'uneconférence sur la crise politique au Népal, le journaliste a été arrêté pardes policiers en civil à son domicile. Kanak Mani Dixit, également directeur du groupe de presse Himal Media quipublie notamment l'hebdomadaire Nepali Times, s'est montré critique du coup deforce du roi Gyanendra du 1er février 2005. Le 3 mars, les forces de sécurité ont arrêté Lavadev Dhungana, directeurdu quotidien Panchther Times et correspondant du quotidien Rajdhani dans ledistrict de Panchther (est du pays). Il serait accusé d'avoir publié desarticles sur des manifestations locales en faveur de la démocratie.L'administration aurait émis un ordre de détention à son encontre pour avoirtroublé l'ordre public. Le 26 février, Narayan Shah, de l'hebdomadaire Drishti à Rukum, a étéretenu pendant trois heures par l'armée. Le reporter est également unresponsable local de la Fédération des journalistes népalais (FNJ). Le 22 février, Arjun Prasad Shah, directeur de l'hebdomadaire Batabaran, et Monohar Pokhrel, directeur de l'hebdomadaire Jana Aakrosh, ont été arrêtésdans le district de Saptari par l'armée. Les deux journalistes sont desresponsables locaux de la FNJ. Par ailleurs, Swagat Nepal, reporter du quotidien Nepal Samacharpatra, aété détenu, le 21 février, pendant plus de quatorze heures par des militairesà Katmandou. De son côté, Surya Thapa, directeur de l'hebdomadaire d'oppositionBudhabar, a été convoqué et interrogé, les 4 et 7 mars, par Baman PrasadNeupane, chef du Bureau de l'administration du district de Katmandou, qui luia demandé des explications à propos d'un article intitulé "Cinq partis uniscontre l'autoritarisme". Si le journaliste est reconnu coupable d'avoir publiédes informations interdites, il risque jusqu'à un an de prison, en vertu de laloi sur la presse. Le même officiel a interrogé, le 3 mars, Indra Rijal etSuneel Sharma, propriétaire et directeur de l'hebdomadaire RashtriyaJanamanch, sur la publication d'un article relatif aux actions de la policenépalaise. En revanche, Naryan Adhikari, correspondants de RSS, Kalifa FM etCommunication Corner, et Basanta Parajuli, correspondant de Gorkhapatra etSynergy FM, ont été libérés le 1er mars après quinze jours de détention àChitawan. | | | À: Grosminet · 9 mars 2005 à 13:53 Re: Nouvelles du Népal 08/03/2004 Figaro International Message 5 de 13 · 1 878 affichages · Partager Des centaines d'étudiants manifestent au Népal malgré l'interdiction
KATMANDOU - Des centaines d'étudiants scandant "Vive la démocratie" ont manifesté mercredi dans la capitale népalaise Katmandou contre la prise des pleins pouvoirs par le roi Gyanendra, défiant une interdiction de rassemblement, selon des témoins.
"Des protestations ont été organisées par sept syndicats estudiantins sur une douzaine de campus", a déclaré un étudiant de l'Université Ratna Rajya, sous couvert d'anonymat. "A bas la proclamation royale", "Vive la démocratie", criaient les manifestants, selon un témoin qui a évalué à des "centaines" le nombre des participants.
Aucune estimation officielle n'était disponible en raison du blackout complet de l'information au Népal.
Ces manifestations sont les plus importantes depuis le 1er février, date à laquelle le roi Gyanendra avait limogé le gouvernement, instauré l'état d'urgence et aboli les libertés fondamentales.
"La police anti-émeutes a pénétré sur notre campus pour interrompre les protestations mais personne n'a été interpellé", a indiqué Dharma Koirala, responsable adjoint de l'université.
Tout rassemblement est interdit au Népal. Mardi, plus de 170 manifestants ont été interpellés lors d'autres protestations à Katmandou et ailleurs dans le royaume, selon des témoins.
Gopal Upadhyay, président d'un syndicat d'étudiants de gauche du campus de Ratna Rajya, a exhorté les étudiants à s'opposer au coup de force du roi, selon les mêmes sources.
Le ministre népalais des Affaires étrangères, Ramesh Nath Pandey, a par ailleurs réitéré mercredi, dans une interview au journal indien Times of India, la promesse de son roi de restaurer la démocratie d'ici trois ans.
"Les quatre derniers Premiers ministres n'ont pas réussi à tenir des élections. Donc, pour remettre la démocratie multipartite sur les rails, le roi n'avait pas de choix", a-t-il assuré, ajoutant que le roi "a été obligé" de prendre les pleins pouvoirs pour "restaurer la paix et l'ordre".
Le roi Gyanendra avait justifié son coup de force en accusant le gouvernement de n'avoir par réussi à mater la rébellion maoïste dont la lutte pour l'abolition de la monarchie a fait plus de 11.000 morts depuis 1996.
Le ministre a par ailleurs démenti le chiffre de 400 opposants politiques détenus depuis le coup royal et avancé par des organisations des droits de l'homme. "Très peu de personnes sont détenues", a-t-il affirmé.
burs-pmc/lv/phv
(©AFP / 09 mars 2005 09h15) | | | À: Grosminet · 10 mars 2005 à 11:28 Re: Nouvelles du Népal 08/03/2004 Figaro International Message 6 de 13 · 1 848 affichages · Partager Merci pour toutes ces infos...
C'est vraiment triste tout ça. | | | À: Sawaddeekha · 10 mars 2005 à 15:07 Re: Nouvelles du Népal 08/03/2004 Figaro International Message 7 de 13 · 1 836 affichages · Partager ... positivons  :
cela permettra peut-être à ce pays de sortir d'une situation qui de toute façon ne pouvait pas durer  ...
même si la solution passe par une "troisième voie", à construire de toutes pièces, n'ayant rien à voir avec la monarchie en place et la guérilla maoïste, pas simple lorsqu'on connaît un peu la classe politique népalaise | | | À: Grosminet · 10 mars 2005 à 15:53 Re: Nouvelles du Népal 08/03/2004 Figaro International Message 8 de 13 · 1 830 affichages · Partager International 
Népal: la caricature pour contourner la censure --par Binaj Gurubacharya--AP | 10.03.05 | 13:42 
KATMANDOU, Népal (AP) -- Etranglés par la censure, les journaux népalais ont trouvé un nouveau moyen de faire passer, malgré tout, leurs messages à leurs lecteurs: les caricatures. Depuis que le roi Gyanendra du Népal s'est arrogé les pleins pouvoirs et a décrété l'état d'urgence le 1er février dernier, la presse du pays est soumise à un strict contrôle. Des censeurs militaires vérifient le contenu de tous les articles, n'hésitant pas à placer des journalistes en détention et à ordonner la fermeture de journaux locaux. Certains titres pensent avoir trouvé la parade. Ainsi, avec une poignée de confrères, le caricaturiste Rajesh K.C. -il a remplacé son nom de famille par des initiales- tente d'illustrer par des dessins ce qui ne peut plus être écrit dans les articles. Exemple récent: pour dénoncer le placement en résidence surveillée de trois hauts dirigeants depuis des semaines, le dessinateur les montre avec des cheveux longs, en quête désespérée d'un coiffeur. Dans un autre dessin, on voit tous les membres d'une famille se ruer sur le téléphone en entendant... le klaxon d'un vélo devant chez eux, une allusion à la coupure des lignes téléphoniques pendant une semaine après le coup de force royal. A des yeux d'Occidentaux, ces traits d'humour peuvent sembler bien peu subversifs. Pourtant, les journalistes rédacteurs ont évité de traiter ces sujets dans leurs articles depuis début février. «Nous pouvons faire ce que les journalistes n'ont plus le droit de faire. Notre rôle est devenu aujourd'hui bien plus important, et nous devons cela à nos lecteurs si on veut leur faire parvenir les messages», explique Rajesh K.C., qui travaille pour le principal journal du pays, «Kantipur». Avant de reconnaître toutefois: «J'ai dû tracer moi-même une ligne que je m'empêche de franchir. Pourtant, à chaque nouveau dessin, j'ai l'impression de m'enhardir». Cette ligne rouge, c'est par exemple le sujet très sensible des forces de sécurité népalaises, devenues très réfractaires à la moindre critique. Des responsables militaires ont d'ailleurs prévenu Rajesh K. C. qu'ils ne toléreraient aucune caricature susceptible d»'affecter le moral» des troupes. En revanche, les dessinateurs peuvent encore ironiser sur le recul de la démocratie et des libertés publiques. Ainsi, une récente illustration dans le journal de Katmandou «Rajdhani» montrait un homme politique prononçant son discours depuis sa chambre à coucher, en raison de l'état d'urgence, ou encore des dirigeants politiques emprisonnés demandant à un soldat s'ils ont le droit de prononcer des discours depuis leur cellule. Les caricaturistes vont même jusqu'à se moquer de la censure qui affecte leurs propres journaux. Dans un récent dessin, un père de famille passe un savon à son fils à qui il reproche d'avoir arraché des pages de son journal, mais la mère intervient pour prendre la défense du fils en disant à son mari que c'est le journal lui-même qui a supprimé certaines pages... AP
Sur Internet: site du caricaturiste Rajesh K.C.: www.rajeshkc.com | | | À: Grosminet · 11 mars 2005 à 8:13 Re: Nouvelles du Népal 08/03/2004 Figaro International Message 9 de 13 · 1 816 affichages · Partager Malgré le coup de force royal, la lutte contre les maoïstes s'enlise au Népal LE MONDE | 10.03.05 | 14h04 Katmandou de notre envoyée spéciale
"L'Etat ne dépasse pas les frontières des différents chefs-lieux de district, et tout le pays est une jungle sans loi" : ce jugement de Kapil Shrestha, membre de la Commission népalaise des droits de l'homme, sur la faiblesse de l'administration centrale, est très largement partagé à Katmandou. Il omet toutefois la "loi" non écrite des maoïstes, qui font régner la terreur dans les campagnes, avec une impunité quasi totale.
Neuf ans de guérilla pèsent sur une organisation rebelle dont le soutien populaire s'est érodé parallèlement à la criminalisation de ses cadres. "La face criminelle du mouvement est visible de tous et les maoïstes ont échoué à convaincre le peuple qu'ils luttent pour des aménagements politiques", affirme Yuvaraj Ghimire, rédacteur en chef de l'hebdomadaire Samay (Times). "Depuis deux ans, ils ont beaucoup tué, en particulier de prétendus "espions" et même leurs propres cadres", confie le représentant d'une organisation non gouvernementale (ONG) pourtant proche des maoïstes. "Dans leur tentative désespérée de s'emparer du pouvoir, ils ont intensifié leurs opérations, pour montrer qu'ils étaient proches du but et tenter d'élargir leur soutien."
Militairement, les maoïstes ne devraient pourtant pas être un grand obstacle pour l'armée népalaise, soutenue par le roi Gyanendra, qui, le 1er février, a pris les pleins pouvoirs en décrétant l'état d'urgence. Forte de 80 000 hommes, l'armée est appuyée par une police armée (17 000 hommes) formée pour la lutte anti-guérilla et par la police locale (47 000 hommes).
"Le noyau dur des maoïstes est environ de 6 000 à 7 000 cadres, les miliciens sont de 12 000 à 25 000, et les sympathisants environ 100 000", affirme le général Deepak Gurung, porte-parole de l'armée. "Les maoïstes ont un problème de recrutement, et c'est pour cela qu'ils kidnappent des étudiants ou des écoliers", ajoute-t-il. Le général est fier de souligner que, de son côté, "quand l'armée veut recruter 2 000 hommes, 20 000 candidats se présentent". Le salaire mensuel d'un soldat est de 3 500 roupies (environ 50 dollars).
Chez les maoïstes, seuls les membres du "noyau dur" ont reçu un entraînement militaire, portent une arme et un semblant d'uniforme. Les miliciens ont un armement disparate, et souvent une arme pour trois combattants. S'il extorque beaucoup d'argent, le mouvement maoïste népalais n'est pas riche pour autant. Le général Gurung admet que les armes des rebelles proviennent de l'armée, volées ou récupérées lors d'opérations.
"Quand les maoïstes sélectionnent un objectif de bataille, ils se livrent à une intense préparation, observent tout ce qui se passe autour du lieu choisi, le comportement des gens, etc.", ajoute l'officier. La dernière grande bataille entre l'armée et les maoïstes remonte à un an. "Ils ont encore maintenant la capacité de nous attaquer. Nous intervenons pour prévenir toute grande concentration", précise le général Gurung.
DÉSILLUSION SILENCIEUSE
Les ONG menant des programmes de développement dans les campagnes affirment que travailler avec les maoïstes est "un défi difficile". Le représentant d'une organisation internationale commente : "Ils nous voient comme des agents de l'impérialisme et menacent nos équipes. Nous devons discuter nos programmes avec eux. Beaucoup d'endroits nous sont inaccessibles." Pour compliquer le tout, "travailler en zone maoïste fait de vous un suspect aux yeux du gouvernement", ajoute-t-il.
Les maoïstes exigent aussi que les ONG se limitent à leur travail de développement "physique" - construction de routes, ponts, canaux d'irrigation, écoles, cliniques - et ne cherchent pas à établir un dialogue avec les gens. "Les communautés ne doivent pas être distraites de la propagande maoïste", dit ce représentant d'une ONG qui opère dans 22 districts sous influence de la guérilla.
Dans un livre récent, Forget Katmandou (Oubliez Katmandou), l'écrivain népalaise Manjushree Thapa décrit la désillusion silencieuse des villageois vis-à-vis des maoïstes. "Je me suis rendu compte que, parmi tous les gens à qui nous avions parlé durant notre voyage, seuls les maoïstes parlaient en bien de leur parti", écrit-elle. Pour sa part, Mandira Sharma, d'Advocacy Forum- Nepal, une ONG de défense des droits de l'homme, relève que "le niveau de cruauté des maoïstes est très élevé et les gens qui les soutiennent le font par crainte".
Les maoïstes ont toutefois changé quelque peu les mentalités dans les campagnes. "Là où ils dominent, la pratique de la dot - qui ruine les familles - a diminué, la polygamie est plus restreinte, les mariages d'enfants moins fréquents et le principe de l'intouchabilité -hors-caste- a été banni", estime un travailleur humanitaire. Leur cruauté n'a toutefois d'égale que celle de l'armée, et, note un humanitaire, "les maoïstes n'ont pas de soutien populaire mais, si les gens doivent choisir entre eux et l'armée, ils se rangent du côté des maoïstes".
Selon plusieurs observateurs, le roi Gyanendra ne conçoit la paix qu'il a promise que dans une victoire militaire totale. Les villageois, pris en tenaille, ont tout à craindre d'un conflit qui se déroule dans des zones où la presse est strictement censurée.
Françoise Chipaux • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 11.03.05 | | | À: Grosminet · 11 mars 2005 à 17:53 Re: Nouvelles du Népal 08/03/2004 Figaro International Message 10 de 13 · 1 794 affichages · Partager Des libérations au Népal  
Les autorités népalaises, soumises à une pression internationale croissante, ont libéré 18 personnes, dont l'ex-Premier ministre Sher Bahadur Deuba, emprisonnées depuis que le roi Gyanendra a pris les pleins pouvoirs en février, a annoncé un responsable de parti politique
Le président de notre parti, Deuba, et d'autres hauts dirigeants ont été remis en liberté aujourd'hui, a déclaré à Katmandou le secrétaire du Parti démocratique du Congrès népalais Jivan Prem Shrestha. «Dans le processus de libéralisation de la situation politique au Népal, d'autres prisonniers politiques sont également graduellement libérés, a, de son côté, dit une source au gouvernement, sans fournir de détails supplémentaires.
Les autorités népalaises avaient déjà libéré mercredi huit responsables et militants de partis eux aussi interpellés quand le roi avait pris le contrôle politique absolu du pays le 1er février, limogeant le gouvernement de Sher Bahadur Deuba. Mais l'assignation à résidence a été maintenue pour Girija Prasad Koirala, âgée de 82 ans, premier Premier ministre élu du Népal.
Les libérations font suite à d'intenses pressions de la communauté internationale pour un retour à la démocratie au Népal. Après l'Inde et la
Grande-Bretagne, qui ont cessé leur aide militaire vitale pour le royaume, la Banque mondiale a gelé mercredi le déblocage de fonds, dans l'attente d'une évaluation de la situation népalaise. Des organisations des droits de l'homme ont récemment évalué à 400 le nombre des personnes arrêtées après le coup de force royal. Ce chiffre a été contesté par le ministre des Affaires étrangères, Ramesh Nath Pandey, qui a affirmé que «très peu de personnes étaient en détention». Le roi avait expliqué sa décision de prendre les pleins pouvoirs en accusant l'ancien gouvernement de n'avoir pas réussi à mater la rébellion maoïste, dont la lutte pour l'abolition de la monarchie a fait plus de 11.000 morts depuis 1996. (D'après AFP) | | | À: Grosminet · 11 mars 2005 à 17:55 Re: Nouvelles du Népal 08/03/2004 Figaro International Message 11 de 13 · 1 793 affichages · Partager Dans ce petit Etat hymalayen, le roi Gyanendra, monarque absolu, et Paras, le prince héritier, sont très contestés.
La tête légèrement rejetée en arrière, les yeux plissés, la bouche tombante : la photo est peu flatteuse, mais beaucoup de Népalais veulent y lire le mépris affiché du monarque pour ses sujets. Treizième descendant de la dynastie des Shah qui règne depuis 1768 sur le petit Etat himalayen d'environ 25 millions d'habitants, le roi Gyanendra Bir Bikram Shah Dev, 58 ans, n'est pas vraiment populaire. Le 4 juin 2001, des cris de fureur - "Nous n'avons pas besoin d'un roi meurtrier ! Gyanendra, voleur, quitte le pays !" - avaient accompagné sa traversée de Katmandou comme nouveau souverain, entre le vieux palais d'Hanuman Dhoka et celui de Narayanhiti, dans le centre de la capitale.
Plus récemment, le 2 février, le monarque a nommé un gouvernement à sa main en s'accordant les pleins pouvoirs et en décrétant l'état d'urgence ( Le Monde du 3 février).
Cette montée en puissance intervient près de quatre ans après un drame retentissant. Le 1er juin 2001, dix membres de la famille royale avaient en effet été tués lors d'une fusillade au palais. Parmi les victimes, le roi de l'époque, Birendra, et son épouse. Selon la version officielle, le responsable de cette tuerie était le prince héritier Dipendra. Drogué et ivre, il aurait eu une crise de folie en raison du refus de sa mère de le laisser épouser la jeune fille de son choix. Après avoir tué dix de ses proches à l'aide d'un fusil d'assaut, il avait semble-t-il retourné l'arme contre lui.
Ce drame a profondément marqué les Népalais, très attachés au roi assassiné. Depuis, ils n'ont jamais cessé de soupçonner son frère, Gyanendra, l'actuel roi, pourtant absent de Katmandou ce soir-là, d'être le vrai responsable du massacre. Ils avancent notamment pour "preuve" qu'aucun membre direct de sa famille n'avait été tué, ni son épouse, ni ses deux enfants. Seule certitude : ce massacre a propulsé Gyanendra sur le trône.
C'est la deuxième fois que ce souverain, souvent jugé "ambitieux et dévoré par l'envie du pouvoir", accède ainsi à la fonction suprême. A l'âge de 3 ans, en 1950, il avait en effet été laissé à Katmandou par son grand-père, le roi Tribhuvan. Ce dernier, las d'être maintenu prisonnier en son palais par la dynastie Rana, gouvernants de fait, s'était enfui en Inde. L'enfant avait été couronné par le tout-puissant premier ministre de l'époque, Sumshere Jung Bahadur Rana. Il avait "régné" trois mois, avant le retour triomphal de son grand-père, qui avait ensuite inauguré la première expérience démocratique du pays, de 1951 à 1960.
Rien ne prédestinait Gyanendra, frère cadet du roi assassiné, qui avait lui-même deux fils, à régner. Eduqué comme ses frères par les jésuites du collège Saint-Joseph de Darjeeling, en Inde, il a fait ses études supérieures à l'université de Katmandou. Diplômé en 1969, il a épousé un an plus tard Komal Rajya Laxmi Devi Shah (la sœur de la reine assassinée en juin 2001).
Le jeune homme s'est ensuite lancé dans les affaires, à un moment où l'économie nationale était encore soumise au principe des permis octroyés par l'Etat, une facilité qu'il saura utiliser. "Il n'a pas réussi par son talent mais parce qu'il a su profiter des privilèges familiaux", souligne un intellectuel qui, comme beaucoup de monde à Katmandou en ces temps de loi d'urgence, réclame l'anonymat. "Il a pensé à exploiter sa position pour faire de l'argent et a par exemple ouvert les premiers casinos, pris des parts dans des brasseries, des sociétés d'importation d'alcool ou encore dans la compagnie de tabac en échange du droit, pour celle-ci, de fabriquer des cigarettes."
Gyanendra détient des intérêts dans des hôtels, des plantations de thé. Avant son arrivée au pouvoir, en 2001, son nom était également associé à des trafics d'or et d'antiquités à travers la frontière indienne. Mais les informations à ce sujet se font désormais plus rares...
Les affaires le tenaient éloigné de la politique. A Katmandou, chacun sait malgré tout que, en 1990, il s'était opposé à son frère, le roi Birendra, lorsque ce dernier, à la suite de violentes manifestations, avait accepté l'accession du Népal à la démocratie et au multipartisme. A l'époque, Gyanendra lui avait reproché de céder au peuple en renonçant à la monarchie absolue.
"Le roi hait les politiciens et n'a aucun respect pour le processus politique", affirme aujourd'hui Ram Shahan Mahat, ancien ministre, membre du Parti du Congrès. "Le roi a un esprit totalement féodal, renchérit un militant des droits de l'homme. Il croit qu'il a hérité du Népal de par ses aïeux et que donc le pays lui appartient. Il ne connaît pas la démocratie. Il croit qu'avec le pouvoir entre ses mains il peut résoudre tous les problèmes."
Bien des Népalais, assoiffés de paix dans un pays où la guérilla maoïste contrôle plus de la moitié du territoire, sont prêts à donner au monarque le bénéfice du doute pendant une brève période. Mais la tournure des événements, ces dernières semaines, ne leur plaît guère et ils ne vont pas renoncer longtemps à leur droit de parole ou de réunion.
Sa promesse d'un retour à la démocratie dans les trois ans laisse d'autant plus sceptique qu'il s'est entouré de personnages foncièrement favorables à la monarchie absolue. C'est le cas du vice-président du gouvernement, Tulsi Giri. Cet homme de 79 ans, revenu d' Inde, où il vivait dans une communauté des Témoins de Jéhovah, s'était exilé à cause de l'ouverture démocratique. "Il disait à l'époque : "Il n'y a rien qui s'appelle le droit de vote. Si vous l'octroyez, tous les idiots seront élus"", raconte un autre intellectuel.
L'un des principaux conseillers du roi, Sarath Chandra Shahavait, avait dû, lui aussi, quitter le Népal en 1990, une foule en colère ayant brûlé sa maison. "Il voulait prendre sa revanche sur le multipartisme et nous pensons qu'il a poussé le roi à reprendre tous les pouvoirs", estime un journaliste.
Gyanendra serait-il également, comme l'assure un proche de la famille, "sous l'influence de la reine mère Ratna", la deuxième femme de son père, Mahendra ? "Il la voit tous les jours et elle le pousse à imiter son père", explique ce même journaliste, avant d'ajouter : "Parce qu'il avait désavoué l'ouverture pratiquée par son frère, il veut, maintenant qu'il est aux commandes, revenir à l'époque de Mahendra, sans vouloir réaliser que les temps ont changé. Il y a quarante ans, il n'y avait pas de téléphones portables, pas d'Internet, pas autant de journaux, de radios et de télévisions. Mahendra n'avait rien à prendre du peuple, cela a changé."
Ancien ministre, Dipak Gyawalia a travaillé deux ans avec le roi quand celui-ci présidait le King Mahendra Trust pour la conservation de la nature. Il balaye les accusations portées contre le monarque : "Les partis politiques couvrent leurs manquements en qualifiant Gyanendra d'autocrate ! En fait, comme le roi fréquente un cercle très fermé, beaucoup de gens ne le connaissent pas et l'associent à son père parce qu'il lui ressemble. Le fait qu'il ait été en faveur du système des panchayat - conseils d'anciens dans les villages sous la monarchie absolue - le dessert."
Et Dipak Gyawali d'ajouter : "Les politiciens ont un complexe d'infériorité à son égard, car aucun d'eux ne lit autant que lui ou ne parle parfaitement l'anglais comme lui." Toujours à en croire Dipak Gyawali, le souverain écrit lui-même ses discours : "Il sait écouter, même les critiques, mais dans ce cas mieux vaut avoir de solides arguments et connaître le dossier. Il ne supporte pas le non-sens et, s'il veut quelque chose en deux semaines, c'est deux semaines."
Si beaucoup ne le connaissent pas, c'est sans doute, comme l'observe un membre d'une ONG (organisation non gouvernementale), que "contrairement à son jeune frère, le prince Dhirendra, il n'a jamais cherché l'amitié des gens ordinaires, de la classe moyenne. Ses amis sont des aristocrates arrogants qui ne sont pas intéressés par le pays".
"Il ne sait pas ce que les gens veulent dans les villages, ajoute un homme d'affaires. Il n'est pas proche du peuple , s'il se rapproche des petites gens, travaille pour le développement et l'éducation, peut-être réussira-t-il."
Au-delà de ces jugements, le roi a aussi un handicap important en la personne de son fils, le prince héritier Paras, 34 ans, dont les frasques et les violences défraient souvent la chronique, au point de fragiliser l'institution monarchique.
En août 2000, plus de 500 000 personnes avaient demandé, dans une pétition au roi de l'époque, Birendra, que Paras soit déchu de ses droits à la suite de la mort d'un musicien, Praveen Gurung, écrasé sur sa moto par le prince après une dispute à propos d'une femme. "C'est un criminel, un drogué qui a déjà tué au moins trois personnes, affirme un intellectuel. Il crée des accidents sans arrêt. Quand il conduit, chacun fuit les rues ! Quand il entre dans un restaurant, les gens sortent !"
Le prince Paras est marié à Himani, fille d'un petit maharaja du Rajasthan, Rao Raja Vickram Singh, en Inde. Il a trois enfants et souffrirait d'une maladie mentale. Un homme d'affaires voit là une "conséquence des mariages consanguins entre Shah et Rana, chaque génération ayant un descendant à problèmes". Le prince ne vit pas dans la même demeure que ses parents. Selon certaines sources, son père, qui en a peur, le ferait fouiller et désarmer quand il vient au palais de Narayanhiti, la résidence royale.
Paras a succédé à son père comme président du King Mahendra Trust pour la conservation de la nature ; il le représente également dans certaines manifestations. La monarchie avait déjà été très atteinte par le massacre de juin 2001. A l'époque, l'affaire avait sérieusement affaibli le caractère religieux de l'institution, lié à l'ancienne croyance selon laquelle le souverain est une réincarnation du dieu Vishnou.
Près de quatre ans plus tard, la violence de Paras ne fait qu'éloigner un peu plus le peuple de ceux qui le dirigent. "La jeune génération ne croit pas à la monarchie, à cause de la conduite du prince. Les gens s'interrogent sur ce qu'il adviendrait s'il devenait roi", affirme Shankar Pokharel, du Parti communiste unifié (marxiste-léniniste).
Les voix en faveur d'un régime républicain, auparavant très minoritaires, sont de plus en plus nombreuses, y compris dans les campagnes, où les discours antimonarchiques des maoïstes font leur effet. En s'attribuant tous les pouvoirs "dans l'intérêt du peuple, du pays et de la défense de la souveraineté", le roi Gyanendra se présente comme le recours suprême, mais s'il échoue dans sa promesse de ramener la paix, bien des Népalais se demanderont à quoi finalement sert la monarchie. "S'il avait fait cela il y a encore deux ans, peut-être l'aurions-nous soutenu, affirme un proche de la famille. Aujourd'hui, la situation est beaucoup plus grave, et au fil des ans la confiance dans sa capacité à sortir le pays des drames s'est érodée."
Sûr de lui, à la limite de l'arrogance, le roi a pris seul le risque de prouver à son peuple son incapacité. Il sait, d'après ses proches, qu'il joue l'avenir de la monarchie dans le seul royaume hindou du monde.
Mais peut-être, comme le suggère un universitaire, "se satisfait-il de la pensée d'être le dernier représentant de la dynastie des Shah". A moins qu'il ne compte, une fois de plus, sur l'attrait qu'exerce le pouvoir sur les politiciens pour, en dernier ressort, les utiliser à son profit.
Françoise Chipaux • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 12.03.05 | | | À: Grosminet · 14 mars 2005 à 7:59 Re: Nouvelles du Népal 08/03/2004 Figaro International Message 12 de 13 · 1 760 affichages · Partager Népal : l'ex-Premier ministre somme le roi à accepter un dialogue
L'ancien Premier ministre du Népal, Sher Bahadur Deuba, libéré après plus d'un mois d'assignation à résidence, a averti le 12 mars le roi Gyanendra qu'il organiserait un mouvement à travers tout le pays pour l'obliger à renoncer aux pleins pouvoirs dont il s'était emparé le 1er février. Dans une interview à l'AFP, M. Deuba a appelé le roi à accepter "un dialogue avec tous les dirigeants politiques (et à former) un gouvernement rassemblant tous les partis qui pourrait mener des (négociations) effectives avec les rebelles". "S'il ne le fait pas, nous lancerons un mouvement non violent et pacifique à travers le pays afin de rétablir les libertés politiques et les droits de l'homme", a ajouté l'ancien Premier ministre, soulignant qu'il prendrait personnellement la tête de ce mouvement. M. Deuba, qui a été libéré le 11 mars avec dix-sept autres personnes, avait été limogé lorsque le roi avait pris le contrôle politique absolu du pays le 1er février. Le roi avait expliqué sa décision de prendre les pleins pouvoirs en accusant l'ancien gouvernement multipartite de n'avoir pas réussi à mater la rébellion, dont la lutte pour l'abolition de la monarchie a fait plus de 11.000 morts depuis 1996. Au cours d'une conférence de presse samedi, M. Deuba a indiqué que les cinq principaux partis politiques népalais mis à l'écart par Gyanendra "lanceraient conjointement un mouvement contre les mesures prises par le roi le 1er février". Mais il n'a pas fourni de date concernant la création de ce mouvement. "Le roi devrait (...) restituer tous les pouvoirs exécutif et souverains à un gouvernement multipartite", a ajouté M. Deuba dans son interview à son domicile dans les environs de Katmandou. Il a estimé que le roi, qui "veut diriger (le pays) lui-même", devrait "rester un monarque constitutionnel". L'ancien Premier ministre a précisé qu'il n'avait pas été maltraité pendant sa détention mais qu'il n'avait pas été autorisé à lire les journaux et à rencontrer ses proches. Il a demandé la libération des autres détenus politiques, dont celle de Girija Prasad Koirala, 82 ans, premier Premier ministre élu du Népal, et de Madhav Kumar Nepal, secrétaire général du parti communiste unifié marxiste-léniniste du Népal (NCP-UML). M. Deuba a insisté sur le fait que lui-même et M. Girida Prasad Koirala "n'étaient pas contre le roi". Mais, a-t-il répété, "celui-ci devrait rendre la souveraineté au peuple. Le peuple doit être en mesure de décider qui a commis une erreur".
AFP/VNA (14/03/05) | | | À: Grosminet · 14 mars 2005 à 8:01 Re: Nouvelles du Népal 08/03/2004 Figaro International Message 13 de 13 · 1 759 affichages · Partager Népal: nouvelles menaces des rebellesAP | 13.03.05 | 14:41 KATMANDOU (AP) -- Le chef Prachanda de l'insurrection népalaise a menacé dimanche dans un communiqué de multiplier les attaques contre les forces de sécurité gouvernementales et a annoncé que les rebelles allaient de nouveau ériger des barrages et organiser des grèves dans le royaume à partir de lundi. Ces menaces ont été proférées à la veille des manifestations prévues par les principaux partis politiques du Népal pour protester contre la prise des pleins pouvoirs et la déclaration de l'état d'urgence par le roi Gyanendra le 1er février dernier. Les rebelles maoïstes ont pris les armes en 1996 pour tenter de transformer le petit royaume himalayen en Etat communiste. Plus de 10.500 personnes ont péri dans les combats. AP | Discussions similaires sur le Népal: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 6 583 visiteurs en ligne depuis une heure! |