Problème, il fait un bon 30° à l’ombre aujourd’hui et il faut donc emporter beaucoup d’eau. Je rempli les poches isothermes camelback, prend beaucoup de gatorade, du coca, le jus d’orange pour le petit dej, des bouteilles d’eau pour un peu plus de 10 litres en tout ce qui semble peu mais devrais être suffisant car on gère en général plutôt bien nos réserves.../...
Nous posons nos sacs et descendons une bouteille de gatorade et un coca et je prends des pastilles isostar pour reprendre des forces.../...
je n’ai plus de voix et je commence à avoir des vagues de crampes notamment dans le haut du corps, j’ai des vertiges et envie de vomir. En gros, j’ai un début de déshydratation. Nous n’avons bu environ que 3l à deux et ce n’est pas assez. De plus je prends un plat à base de riz donc plus sec et je serais incapable d’avaler la moindre bouchée. La seule nourriture qui passera est une salade de fruit, maigre comme repas.../...
Le problème quand on commence à se déshydrater c’est que l’on a soif en permanence et je ne peux pas me permettre de vider nos ressources. (...) j’ai soif en permanence et me limite à une bouteille de 60cl pour la nuit. En backpacking il ne faut pas négliger la quantité d’eau que l’on boit la nuit qui est loin d’être négligeable.../...
Au petit déjeuner j’aurais encore le plus grand mal à avaler les 240 calories de ma cliff bar. Il bien reconnaitre que c’est déjà sec en temps normal mais là ce sentiment est renforcé mais avec le jus d’orange je marche un maximum et j’avale avec une rasade de jus d’orange.../...
Nous allons faire beaucoup de pauses, boire beaucoup même si on a de plus en plus mal au ventre se forcer à manger même si c’est toujours aussi dur.
Bonjour Thierry,
Bonjour à tous.
J'ai lu cette expérience il y a plusieurs mois et chemin faisant dans la préparation de mon périple estival je me dis qu'il serait peut-être utile que je contribue à ma mesure afin d'essayer de rendre un peu de ce que je prends.
Je pense que ce post restera visible pour les plus concernés par ce type de sollicitations du simple fait de l'auteur de celui-ci, Thierry restant une référence pour les préparations des randos hors des sentiers battus.
J'ai l'impression que beaucoup de randonneurs "extrêmes" (température, durée, dénivelés...) ne prennent pas assez soin de préparer "scientifiquement" leur hydratation-nutrition (je ne parle pas de Thierry ici mais de ceux croisés sur les chemins parfois éloignés).
Pour faire simple et synthétique :
L'hydratation c'est une boisson adaptée avec une durée d'assimilation calculée.
La nutrition c'est un nombre de calories suffisant pour rester fonctionnel (et pas trop éloigné dans l'idéal des dépenses).
Une boisson adaptée est une boisson avec "la bonne" osmolarité (isotonique = proche de 280 mOsm/kg), c'est à dire pas trop chargée en nutriments (pas de coca) mais suffisamment (pas de l'eau). Le concept d'égalisation ionique des cellules par osmose est un peu long a expliquer mais disons simplement qu'il est possible de se déshydrater en buvant seulement de l'eau (et surtout de perdre des nutriments) et de mal s'hydrater en buvant du coca.
En rando simple on a souvent peu de problèmes en buvant de l'eau/mangeant une barre, tout ça se mélange dans l'estomac et peu ou prou on s'en sort.
Si l'on prends le concept de rando "extrêmes" il faut faire un parallèle avec les sollicitations rencontrées dans le sport d'ultra endurance.
Une boisson adaptée est une boisson qui hydrate (isotonique) et qui nourrit (sucres : chaîne glucosée +/- longue : glucose - fructose - saccharose - maltodextrine).
En condition extrême la capacité habituelle d'absorption est de 1g/kg de poids corporel de sucres rapides/lents. Soit environ 750ml à 1l/h d'effort d'une boisson isotonique.
Cela comprends l'hydratation et la nutrition.
En backpacking une nuit (un seul repas) vous n'aurez pas forcément faim si vous respectez le plan, vous pouvez rajouter un mix eau/barre pour le diner/petit déj ou autre composition pas trop lourde.
Une boisson isotonique est composée d'eau, de sucres rapides (peu) et de chaînes plus complexes type maltodextrine.
Vous pouvez tourner au basique gatorade-powerade ou ce que vous voulez de déjà préparé (mais sans trop connaître les concentrations et le rapport sucre rapide/maltodextrine) ou le faire vous même : acheter de la maltodextrine en poudre (simple et pas cher) et ajouter du sucre (sirop parfumé par exemple) avec 60g/l de malto et 10/15g l de sucre.
L'hydratation est optimisée avec une boisson à température ambiante (sauf grand froid !).
L'important étant :
- d'établir un plan d'hydratation (750ml /h par exemple) et de prendre les réserves qui vont avec en comptant une marge de sécurité (soit en volume soit en repérant un point d'eau à purifier pas trop éloigné (pompe à osmose, pastille désinfectante, lampe UV...)).
- de boire régulièrement par petites quantités (avant d'avoir soif !!) avec un timer (qui sonne toutes les 10/15' si vous n'arrivez pas à gérer) et en respectant votre plan d'hydratation quelque soit les conditions (pas toujours facile d'être lucide).
- vous n'êtes pas au resto gastro : une seule boisson connue qui fonctionne est suffisante, pas la peine de varier (vous pouvez garder du sucre (ou un coca) à mélanger avec de l'eau si vous commencer à être dans le dur au niveau moral : le glucose est le carburant du cerveau)
- faire demi tour si l'on atteint la moitié des reserves... même si l'objectif n'est pas atteint !
et surtout :
-
s'entraîner en condition réelle avec le même plan d'hydration et la même boisson
avant de partir. Comment imaginer encaisser des randos de 8h par 35° dans l'
Utah si vous n'avez même pas fait 7h par 25° à côté de chez vous ?

L'expérience de Thierry, randonneur très expérimenté et entraîné, doit nous faire prendre conscience que quelque soit l'eldorado auquel nous aspirons lors de nos découvertes, il faut rester conscient que cela nécessite une préparation sérieuse.
Désolé d'avoir été un peu long, j'espère que cela pourra être utile à quelques uns.