Petit tour chez les berbères... (Maroc) Hialle · 19 mai 2008 à 8:43 · 23 photos 22 messages · 11 participants · 10 122 affichages | | | | 19 mai 2008 à 8:43 · Modifié le 19 mai 2008 à 9:00 Petit tour chez les berbères... ( Maroc) Message 1 de 22 · Page 1 de 2 · 9 161 affichages · Partager Ce voyage au Maroc s’est décidé en quelques minutes. L’envie de partir est pressante, pas trop loin car peu de jours de libre, et surtout, l’envie d’emmener encore une fois Jacotte, ma p’tite mère de 75 ans, qui bien qu’encore en forme, compte sans doute les voyages qui lui restent à faire sur les doigts de la main contrairement à nous autres voyageurs. A nos âges, on n’a que l’embarras du choix, on sent qu’on a encore toute la vie pour en profiter. Qu’en sera-t-il dans quelques décennies ? Chaque voyage ne risquera t’il pas d’être le dernier ? La soif de découvertes grandit certainement avec les années. Jacotte est insatiable et intarissable. Tout l’intéresse.
En février, juste une question : « que fais-tu à Pâques, rien ? On part au Maroc ? ». Dans la seconde qui suivait, c’était un grand « Ok ». Alors en quelques heures, je regarde un itinéraire faisable en 10 jours, réserve les billets et les nuits pour être sûre de ne pas la faire coucher dehors... et on n’en a plus reparlé.
Le temps est passé vite, très vite, et on s’est retrouvé un beau matin à l’aéroport de Toulouse à l’enregistrement. J’adore ces moments là. C’est seulement à cet instant que je sais qu’on va partir, même si l’avion a du retard. Maman est heureuse, elle adore partir, aller à la rencontre de l’inconnu même si le Maroc reste une destination sans trop de surprises.
Juste 2h30 de vol. Un dernier regard sur nos Pyrénées, sieste au dessus de l’ Espagne pour se réveiller à l’approche du Maroc. Survol du Moyen Atlas, aperçu de quelques parcelles d’une agriculture relativement intensive... et voilà Marrakech. Ville faite de bâtiments très bas, tous ocre, entourée de grandes étendues qui semblent très sèches et poussiéreuses, et de quelques palmeraies. Au loin, les montagnes du Haut Atlas couronnées d’encore un peu de neige.
L’arrivée dans une ville comme Marrakech procure toujours une émotion intense, celle de « l’ailleurs ». En quelques heures, les repères ont changé. Les parfums très forts, les femmes drapées de leur voile, les rues avec leur circulation intense, le bruit assourdissant des klaxonnes, les trottoirs défoncés ou inexistants, les petits restos en bordure de rues où les brochettes cuisent sous les yeux, les vendeurs de tout et de rien, les ruelles où aucune voiture ne peut s’infiltrer, les mendiants au regard souvent vide... et des hordes de touristes déambulant bruyamment et court vêtus.
J’avais découvert cette ville il y a 20 ans, et plus récemment il y a 10 ans. Marrakech a peu vieilli depuis. Sauf le nombre de touristes qui semble avoir considérablement augmenté, le nombre de marocains marchant le portable collé à l’oreille... et le nombre impressionnant de paraboles sur les toits.
Autre chose quand même qui a aussi changé, c'est l'ambiance assez sereine qui règne malgré l’activité intense. Les gamins ne nous suivent plus sans cesse pour servir de guide dans les dédales de la médina, ou qui veulent à tout prix 1 dirham et nous ont à l’usure. Mais la Koutoubia est toujours bien à sa place, le souk dans la médina est toujours aussi animé, les charmeurs de serpents avec leurs joues gonflées à bloc attendent toujours le touriste sur Jamee El Fna.
Le soir venu, se frayer un passage au milieu de la foule est un pari difficile. Tout le monde veut profiter de la tiédeur venue et on ne sait plus où se situe la limite entre la rue les trottoirs et la place avec les vélos, les voitures et les scooters qui envahissent à leur tour l’espace.
Cette immersion dès le premier jour dans la vie marocaine fait un bien fou... mais très vite, on ressent le besoin de quitter cette ville et de partir plus au sud, là où la vie est plus calme. | | | À: Hialle · 19 mai 2008 à 13:34 Re: Petit tour chez les berbères... ( Maroc) Message 2 de 22 · Page 1 de 2 · 9 089 affichages · Partager bonjour pascale
merci pour ses quelques moments de reves
vivement notre départ 21 juin pour 3 semaines.
encore MERCI. | | | À: Hialle · 19 mai 2008 à 15:41 Re: Petit tour chez les berbères... ( Maroc) Message 3 de 22 · Page 1 de 2 · 9 043 affichages · Partager bonjour, je pars demain pour Marrackech, ce sera ma première fois. juste quelques mots pour te dire que ton "message" est très agréable et les photos superbes!!! j'en profite pour te dire que si tu connais des bons plans pas chers pour loger et manger "sympa" à Marackech, je suis preneuse. bien que tout comme toi, j'ai l'intention de partir dans le sud au bout de 2, 3 jours, on verra... (donc même si tu as de bonnes adresses dans le sud à m'indiquer, ça m'interresse.) en tout cas, merci de partager tes bons moments, et je t'en souhaite encore pleins d'autres!!! | | | À: Letiguiom · 19 mai 2008 à 19:07 Re: Petit tour chez les berbères... ( Maroc) Message 4 de 22 · Page 1 de 2 · 9 012 affichages · Partager Merci pour tes mots  Pour loger à Marrakech, on était à l'hôtel Assia, tout près du centre, dans la medina. Pour manger, évite les restaurants du centre de la place Jamee El Fna. Ils sont assez chers et ce n'est pas toujours très bons. Par contre, autour de la place, tu as plein de tout petits restos très sympas où tu manges très bien pour 5€. Dans le sud, on était à côté de Merzouga à l'auberge berbère. Tu ne la trouves pas dans les guides, mais tu trouveras sans problème son site. On y était seuls, face aux dunes. Bon voyage, profites en bien.... | | | À: Rous · 19 mai 2008 à 19:13 Re: Petit tour chez les berbères... ( Maroc) Message 5 de 22 · Page 1 de 2 · 9 008 affichages · Partager On quitte la ville bourdonnante de Marrakech pour Ouarzazate, le début du Sud marocain. Quatre heures de route et on est attendu vers 13h. Ne reste plus qu’à prendre notre petite voiture à l’aéroport, mais c’était oublier la notion du temps qui est franchement différente au Maroc. On devait la récupérer à 9 heures, alors forcément, à 8h30, on nous a dit qu’il était trop tôt. Soit ! A 9 h, je me pointe, et on me répond que d’habitude, lorsque les touristes disent 9h, c’est plutôt 9h15. Soit ! Je me re-pointe à 9h15. On me dit d’ici 1/4 d’heure. Je me re-re-pointe... et on me dit qu’en fait la voiture prévue est en panne de frein et qu’ils sont partis en chercher une autre. Comme je commence à bouillir, ils n’osent plus trop me donner d’heure précise. « Dans une heure, vous devriez l’avoir, Inch Allah ». Inutile de s’énerver, ça ne servirait à rien. Finalement, à 10h30, on finit par partir de l’aéroport. Petit plein d’essence... et c’est parti. Quel sentiment de liberté tout d’un coup. On passe bien un texto à ceux qui nous attendent, mais ils ne le recevront jamais.
Quitter une ville pour aborder ses alentours est toujours enivrant. On a le sentiment de découvrir une autre vie, la vraie vie. Mais ce ne sont pas les champs verdoyants qui nous attendent. Tout est sec, très sec. Un sentiment ne nous quittera plus, celui de traverser un grand désert parsemé ça et là de quelques palmeraies avec ses petits jardins, et quelques maisons toujours construites sur les cailloux pour réserver les zones fertiles aux cultures. Mieux vaut être un peu habitué aux petites routes de montagne pour grimper la route en lacets de Tizi n’Tichka (2260 m). La montée est rude, mais heureusement, nous sommes vendredi et peu de camions circulent. Sur ces routes, il est quasi impossible de doubler, surtout si on veut respecter les lignes blanches. On en franchira quelques unes histoire de ne pas respirer les grosses fumées noires de ces poids lourds. Ce qui est fou, c’est de ce rendre compte que cette route, régulièrement fermée l’hiver à cause de l’enneigement, est la seule route pour relier ces deux grandes villes. Ou alors, il faut faire un énorme détour pas Agadir. La descente du col est moins raide et on finit par arriver 4h après à Ouarzazate.
On y retrouve Hassania, Tara, Christophe et Sophie. Hassania est une femme berbère, énergique, un rire prêt à exploser en permanence et elle travaille au ministère de l’agriculture. Sa tâche est de faire du développement agricole auprès des femmes dans les villages, et elle est présidente de l’ensemble des associations féminines. Tara est aussi berbère. Elle est souriante, timide, très à l’écoute et elle est animatrice à l’association Rosa qui informent et encadrent les femmes bénéficiaires de l’association Elevages sans frontières. Et Christophe et Sophie travaillent à Elevages sans frontières et ne sont là que pour 8 jours pour faire un point des actions en cours et des projets dans les villages autour de Ouarzazate, se rendre compte de l’état sanitaire des animaux, témoigner à l’association des résultats du travail engagé et mettre d’autres projets en route.
J’avais quelques craintes à les rencontrer. Indépendamment de nos deux heures de retard, je me demandais comment ils allaient accueillir deux femmes en vacances, deux touristes à qui ils avaient proposé de les accompagner dans les villages. Eux oeuvraient de façon active pour participer au développement rural, et nous, nous étions là en balade. Ou pire, passer pour de généreuses bienfaitrices qui aident les « pauvres gens » entre deux hôtels et veulent observer de près le spectacle de la misère du monde. Ce que je ne savais pas, c’est que Jacotte donnait chaque année à cette association de quoi offrir une chèvre à une femme berbère. De leur côté, ils trouvaient important que les gens qui donnent aient la possibilité de voir sur le terrain la réalité des actions engagées. L’accueil fut donc chaleureux, nous n’étions plus simples touristes. Rapidement, on repris les voitures pour aller au village de Finnt. 15 km de pistes caillouteuses pour arriver dans une oasis extraordinaire, entourée de falaises abruptes. Quelques palmiers bien verts ont trouvé leur place le long d’un oued.
Un petit guet à passer ; nous faisons la connaissance des femmes de ce village. Dans cette région, les hommes travaillent à la ville ou même à l’étranger ; l’agriculture et surtout l’élevage est le travail des femmes. C’est donc avec elles que nous discutons. D’ailleurs, on n’a pas vu un seul homme dans ce village. Elles nous font rentrer chez elles. Première chose, la cérémonie du thé à la menthe avec des gâteaux fait exprès pour nous. La fraîcheur relative de la maison est surprenante comparée à la chaleur extérieur. Ces maisons en pisée sont d’une redoutable efficacité en terme d’isolation, elles méritent le label HQE, 100% bio. Pas la peine d’aller chercher à expliquer le bonheur du voyage et de la rencontre. Il est là. On est assis au frais, au milieu de gens qui rient de bon cœur, à boire un thé inimitable. Instant de vie partagé.
La discussion va bon train. Un projet est en pourparler pour le village. La difficulté de l’association est de savoir ce que veulent réellement les femmes et ce qui est le mieux pour elles. Dans certains cas, ce sont des chèvres alpines qui sont offertes parce qu’elles s’adaptent bien à la région et elles ont une bonne production laitière. Une femme reçoit une première chèvre, et elle s’engage à offrir à une autre femme du village le premier chevreau né... et ainsi de suite. Des boucs sont utilisés sur plusieurs lieux pour éviter la consanguinité. Mais ils semblent que les femmes de Finnt optent pour des ruches. C’est souvent une bonne solution parce que l’apiculture de demande pas de terres fourragères et donc accessible à des familles assez démunies ; question fleurs, il y a beaucoup de thym dans la région et les abeilles en sont friandes. Par contre, il faut pouvoir faire transhumer les abeilles l’été, ce qui ne semble pas poser de problème dans ce village.
Reste une grosse crainte. Il y a trois ans, la région a connu une invasion de criquets. A en parler, les visages se crispent. En un seul passage, le nuage a totalement dévasté tout ce qui pouvait se manger, toutes les récoltes anéanties en quelques instants. De plus, le produit pour tuer les criquets est aussi nocif pour les abeilles. Or, il y avait quelques ruches dans le village. Les essaims ont été exterminés. Ces ruches étaient très rustiques, difficilement transportables, et pour récolter le miel il fallait détruire une partie de l’essaim. Après discussion, la production de miel semble décidée, de nouvelles ruches seront apportée par l’association.
Pour fêter ça, rien de mieux qu’un couscous à quatre heures de l’après-midi. Goûter somptueux, et impossible de ne pas y faire honneur. Une fois de plus, il s’avère que les moins les gens possèdent de biens, plus ils partagent. Le plat est magnifique et abondant. Avant de manger, cérémonie pour se rincer les doigts. C’est qu’on mange à la berbère, avec la main droite. Avant de partir, les femmes nous font visiter le village, les quelques chèvres, les anciennes ruches vides.
Au loin, on voit un défilé de 4x4. Les villageois n’y prêtent plus attention. Ce sont les gros hôtels de Ouarzazate qui organisent des bivouacs près du village à des prix exorbitants. Aucune retombée financière. Pourtant, les habitants de Finnt aimeraient organiser du tourisme à petite échelle. Il y a de quoi dormir, de quoi manger, l’accueil est chaleureux. Mais les hôtels de la ville sont puissants et le village ne sait comment faire pour que le touriste isolé parvienne jusqu’à eux.
Il faut se quitter, la nuit tombe et il y a encore de la piste. Embrassade, on se serre dans les bras comme si on se connaissait depuis longtemps. On aura envie de revenir un jour, de partager de nouveau le couscous, et de discuter autour d’un thé. Qui sait.... __ | | | À: Hialle · 20 mai 2008 à 13:34 Re: Petit tour chez les berbères... ( Maroc) Message 6 de 22 · Page 1 de 2 · 8 919 affichages · Partager Bonjour, je vais essayer de ne pas être trop négatif. Tes photos sont super et les commentaires m'ont fait sourir car dans le premier, en fait tu décris tous ce qu'un résident déteste de Marrakech et le touriste s'en émerveille. J'explique : la ville bourdonnante : veut dire pénible. C’est plutôt 9h15. Soit ! Je me re-pointe à 9h15. On me dit d’ici 1/4 d’heure. Je me re-re-pointe... et on me dit qu’en fait la voiture prévue est en panne de frein et qu’ils sont partis en chercher une autre. Comme je commence à bouillir[la vie de tout les jours, ce que l'on ne supporte plus au bout d'un certain temps].
régulièrement fermée l’hiver à cause de l’enneigement[faux, elle est fermée 2 jours par an. En fait rarement.]
Ces ruches étaient très rustiques, difficilement transportables, et pour récolter le miel il fallait détruire une partie de l’essaim[Je fais de l'apiculture en france, effectivement leur façon de travailler empêche la transhumance]. les rues avec leur circulation intense, le bruit assourdissant des klaxonnes, les trottoirs défoncés ou inexistants[A vivre, je vous dis pas....ils sont tarés.] hordes de touristes déambulant bruyamment et court vêtus[c'est toute l'année au point que quand on y habite, on évite d'y aller.] Les gamins ne nous suivent plus sans cesse pour servir de guide dans les dédales de la médina, ou qui veulent à tout prix 1 dirham et nous ont à l’usure.[Toute l'année et tout les jours c'est comme ça, car si vous avez une tête d'européen, on vous considère touriste et donc harcèlement quotidien. 10 fois par jour on entend 1 dh]. mais très vite, on ressent le besoin de quitter cette ville et de partir plus au sud, là où la vie est plus calme[c'est exactement ce que l'on ressent quand on y habite à Marrakech.]
Tout ça pour dire à ceux qui veulent s'installer, 8 jours en touriste et vivre à marrakech restent 2 choses bien différentes.
Par contre ce que tu as fait doit rester un bon souvenir j'en suis certain et je comprends car je fais de nombreuses ballades avec des amis et ils ont le même sentiment. Fint, j'ai fait 4 fois j'adorre etc | | | À: Bouriane · 20 mai 2008 à 13:49 Re: Petit tour chez les berbères... ( Maroc) Message 7 de 22 · Page 1 de 2 · 8 913 affichages · Partager Je vais essayer de mettre quelques photos de la palmerai de marrakech. C'est juste pour que l'on oublie pas le reste.
Voila aussi une facette du maroc en plus des photos que tu as envoyé que j'ai aussi. Images attachées: | | | À: Hialle · 20 mai 2008 à 17:26 Re: Petit tour chez les berbères... ( Maroc) Message 8 de 22 · Page 1 de 2 · 8 880 affichages · Partager bonjour ça fait toujours plaisir d'avoir 1 petit compte-rendu de voyage, surtout dans ce sud que j'affectionne particulièrement. elle a de la chance Jacquotte de pouvoir partager ces moments avec sa fille, j'ai fait ça quelques années avec ma maman, c'est de beaux souvenirs... on attend la suite. francia | | | À: Hialle · 20 mai 2008 à 18:57 Re: Petit tour chez les berbères... ( Maroc) Message 9 de 22 · Page 1 de 2 · 8 864 affichages · Partager Salut Hialle,
Merci pour ce beau voyage qui m'a fait bien partir, virtuellement. J'ai été extrêmement touchée tout particulièrement par le tout début de ton message, concernant la décision de votre voyage à toi et ta maman. Merci aussi de cela... | | | À: Letiguiom · 21 mai 2008 à 1:00 Re: Petit tour chez les berbères... ( Maroc) Message 10 de 22 · Page 1 de 2 · 8 828 affichages · Partager Bonjour, A Marrakech nous avons opté pour un camping assez loin de la ville pour éviter les problèmes de la circulation avec notre voiture. Chambre à 100DRH, sanitaires du camping et un minibus vous conduisant en centre ville et venant vous récupérer à l'heure demandée. Prix en fonction du nombre de personnes mais pas très cher kassine | | | À: Bouriane · 22 mai 2008 à 10:26 Re: Petit tour chez les berbères... ( Maroc) Message 11 de 22 · Page 1 de 2 · 8 628 affichages · Partager Bonjour,
en fait tu décris tous ce qu'un résident déteste de Marrakech et le touriste s'en émerveille.
Je comprends ce que tu veux dire.... mais je ne me suis pas émerveillée de tout ce que j'ai vu ou ressenti. Les trottoirs défoncés, les hordes de touristes, la notion du temps tellement differente de na notre.... je ne l'envie pas. Mais tous ces éléments concourent à une sensation de dépaysement qui est récurrente à la descente de l'avion. C'est simplement synonyme de l'ailleurs, du voyage. Le vivre deux jours en vacances est une chose, le vivre à l'année en est certes une autre. Mais le voyageur a choisi de venir et il a la possibilité de s'en écarter. C'est ce qu'on a fait en partant dans le sud. Ne restent alors dans la mémoire que les bons moments. | | | À: Songhai73 · 22 mai 2008 à 10:29 Re: Petit tour chez les berbères... ( Maroc) Message 12 de 22 · Page 1 de 2 · 8 627 affichages · Partager Merci à vous deux... Le Maroc a tellement l'image de l'usine à touristes... et j'y ai ressenti tellement autre chose. Je mettrai juste une petite suite dans quelques temps  ... seulement la rencontre avec ces villages berbères. Le reste du voyage était formidable, mais plus basique. | | | À: Hialle · 22 mai 2008 à 15:03 Re: Petit tour chez les berbères... ( Maroc) Message 13 de 22 · Page 1 de 2 · 8 617 affichages · Partager bonjour comme pour tous les pays, c'est la façon dont on aborde le voyage qui fait que l'on part "en touriste " ou "en voyageurs " et le ressenti n'est pas le même, et comme je le dis souvent, il faut prendre du temps, ne pas vouloir tout voir... le contact avec les gens est tellement enrichissant, mais bien sur il faut pouvoir être a l'écoute et échanger.. on attend donc la suite... bonne journée francia | | | À: Hialle · 23 mai 2008 à 19:04 Re: Petit tour chez les berbères... ( Maroc) Message 14 de 22 · Page 1 de 2 · 8 595 affichages · Partager Il ne faut pas s'inquiéter car j'ai les mêmes photos que tous les touristes, il est normale de garder le plus beau de nos voyages, il ne faut pas être mazo. D'allieurs celles que tu as publiées font aparaitre du bon gout dans ce que tu as visité. Bon souvenir du Maroc. | | | À: Bouriane · 28 mai 2008 à 13:56 Re: Petit tour chez les berbères... ( Maroc) Message 15 de 22 · Page 1 de 2 · 8 502 affichages · Partager Je comprends tout à fait ton ressenti, Bouriane.
Petite suite.....
Le lendemain, réveil à la Kasbah de la famille Ben Moro à Skoura. Le lieu est splendide. C’est une ancienne maison familiale toute en pisée reprise par deux frères pour y accueillir les touristes. Deux petites cours intérieures plantées d’arbustes communiquent par une épaisse porte en bois. L’intérieur est frais, mais déjà, à 8h30, le soleil tape sur la terrasse. Petit café avec le regard figé sur la palmeraie qui est à nos pieds, et les montagnes au loin. Le vert tranche avec le brun des Kasbahs environnantes. La famille a fait un travail considérable pour remettre la kasbah en état, et les frères sont d’une grande amabilité discrète (et d’un charme certain). On se sent accueillies presque comme des princesses et si le prix est un peu plus élevé que notre budget ordinaire, on sent que ce sera aussitôt réinvesti dans les travaux. Les lieux et l’accueil sont tellement hors du commun qu’on leur souhaite plein de touristes.
A 10 heures, on retrouve nos amis de l’association « Elevages sans frontière ». Il est prévu que l’on rencontre des femmes d’un autre village et constater le déroulement des actions entreprises. Le principe est simple. Une première femme a reçu une chèvre par l’association, accompagnée d’une formation. Cette chèvre a fait trois petits. Le premier est offert à une autre femme tirée au sort, et elle a revendu les deux autres ensuite. Sophie et Christophe voulaient aussi organiser une discussion entre femmes, sur la notion de la solidarité. Le but était qu’il y ait un échange entre les femmes qui s’occupent de l’association, un femme qui avait reçu en premier don une chèvre, une autre qui avait reçu ensuite en cadeau un des chevreaux, et une femme qui participe financièrement à l’association représentée par Jacotte. Dans ce village, un programme est mis en place avec des chèvres alpines depuis déjà un an et il était intéressant d’en faire un premier bilan. Et comme se sont les femmes uniquement qui s’occupent de l’élevage.... On prend la direction de Sidiflath, petit village perdu au bout de kilomètres de pistes. Notre petite voiture les a vaillamment parcourus, sautant de cailloux en cailloux. A chaque rebond, on se dit qu’on va bien perdre un amortisseur, mais la voiture tient. Le but est de se tenir à une distance raisonnable du véhicule précédent afin d’avaler le moins de poussière possible. On traverse une fois de plus une zone désertique. Eternelle question, comment fait on pour vivre aussi loin de tout. Difficile d’imaginer pour nous un tel isolement et... un tel dénuement. Nos vies nous semblent d’un coup bien superficielles. On double, confortablement installées dans notre « pot de yaourt », des femmes qui sont allées chercher de la luzerne pour nourrir les bêtes. Quelques mules les accompagnent, mais on se demande qui porte la plus lourde charge. En plus des tâches qui incombent à toutes les mères et épouses, ses femmes sont de véritable portefaits.
L’accueil est chaleureux et nous sommes reçue à l’intérieur d’une petite maison en terre dans ce qui nous semble être la pièce principale. Le mobilier est sommaire. Juste l’indispensable : un seul placard avec des services à thé, la photo du roi et des coussins par terre. Tradition oblige, tout commence par le thé à la menthe accompagné de gâteaux. Les gestes sont précis, le rituel est toujours le même. Christophe et Hassania partent de leur côté afin de faire le point sanitaire des élevages, voir l’état des chèvres, des chevreaux et répondre aux éventuelles questions. Rapidement, on oublie tout ce qui nous séparent et on se retrouve juste entre femmes à échanger des préoccupations journalières.
On se rend compte une fois encore que la notion de solidarité est bien plus accrue entre gens qui manquent de tout qu’entre ceux qui possèdent bien davantage que le stricte nécessaire. Le partage est une notion primordiale. Si quelqu’un fait une fête dans le village, tout le monde est invité, tout le monde participe à la préparation. Le passage du don avec le premier chevreau qui naît est donc tout naturel, et à chaque fois, une fête est organisée. Avec la revente des deux autres chevreaux, un frigidaire a été acheté, ce qui constitue une véritable petite révolution dans le village. Autre chose primordiale, deux vélos ont été achetés. Il faut savoir que lorsque les villages sont aussi isolés, le collège devient un véritable problème. Pour l’école primaire, elle se fait au village, mais pour continuer ensuite, il faut faire les 15 Km de piste et aucun transport scolaire n’est organisé. Un grand nombre d’enfants ne peuvent donc continuer leurs études. Quelques uns y vont à pied, mais il faut imaginer le trajet que cela fait, et il n’existe pas non plus d’internat. Le problème est encore plus accru pour les filles. Les mères ont davantage peur pour elles. Peur qu’elle se fassent agresser sur cette piste isolée, et peur qu’elles s’épuisent physiquement. Les peurs des mères n’ont pas de frontières... points communs entre nous toutes. Peu de garçons sont donc scolarisés, et encore moins de filles. On imagine alors ce que peu représenter le don d’une simple chèvre ; la possibilité pour les enfants d’aller au collège et d’envisager un autre avenir que celui de leur père qui est parti travailler en Europe. Ces femmes rêvent de voir leurs fils devenir docteur ou professeur... mais pas éleveur. Le fait de posséder alors un vélo peut changer une vie. D’où la difficulté du tirage au sort de la famille qui recevra en cadeau le premier chevreau. Quand on voit les changements et les espoirs que cela apporte dans une famille, des rivalités naissent. Il faut un certain temps pour que l’ensemble de la population puisse en profiter. Alors pour y pallier, des micros crédits ont été mis en place, ce qui atténue les difficultés.
Et la discussion continue. Elles sont curieuses de connaître notre vie en France, de savoir en quoi consiste mon travail, très étonnées que mes filles soient parties toutes seules à 17 ans dans des villes comme Paris ou Toulouse pour y faire leurs études, ahuries que je puisse partir en voyage avec ma mère sans mon homme.
Elles nous offrent une petite salade de fèves... un régal, et nous emmènent très fières faire le tour du village, voir leurs chèvres et les chevreaux qui viennent de naître, les parcelles de blé, de luzerne ou d’oignon.
On se quitte... avec cette impression récurrente que ce moment intense nous marquera longtemps.
On rejoint Christophe et Hassania dans un autre village où les femmes nous ont préparé un tajine de poulet défiant tous les grands restaurants. On mange, on rit, on discute... Jacotte prévoit de revenir dans un an pendant plusieurs semaines. D’ici là, elle veut apprendre l’arabe, et leur enseigner le français ensuite. Elle est très capable de le faire en plus. A 75 ans, elle a toujours la même envie d’apprendre et de faire passer ce qu’elle sait, le même appétit de la vie. Je lui trouve la même force que ces femmes berbères, beaucoup de points communs malgré tout ce qui les sépare.
On reprend la piste au milieu de ce désert de cailloux en réalisant mieux le chemin que doivent faire les gamins pour aller au collège.
Que dire après une telle journée, si ce n’est que dans le voyage, bien au-delà des paysages et du dépaysement, c’est toujours les échanges avec les populations qui sont les plus riches d’enseignement. On se sent toujours très petits ensuite, on a toujours le sentiment que nos vies ont perdu un peu de l’essentiel. | | | À: Hialle · 30 mai 2008 à 13:15 Re: Petit tour chez les berbères... ( Maroc) Message 16 de 22 · Page 1 de 2 · 8 445 affichages · Partager Voilà un bien agréable petit tour chez les Berbères joliment raconté et joliment imagé !
Tes mots sont les reflets de ces rencontres teintées de douceur tranquille et de partage généreux et c'est un grand plaisir que celui de te lire.
Merci Pascale... 
Dolma | | | À: Dolma · 6 juin 2008 à 18:35 Re: Petit tour chez les berbères... ( Maroc) Message 17 de 22 · Page 1 de 2 · 8 339 affichages · Partager Merci Dolma... tes mots ont toujours la même poésie | | | À: Hialle · 11 juin 2008 à 16:34 Re: Petit tour chez les berbères... ( Maroc) Message 18 de 22 · Page 1 de 2 · 8 282 affichages · Partager Rencontres pleines d'humanité, regards plein de couleurs, ce petit tour nous réjouit... Je pars avec Jacotte, t'es d'accord ? Bisous à vous deux, Mamina | | | À: Mamina64 · 18 juin 2008 à 12:27 Re: Petit tour chez les berbères... ( Maroc) Message 19 de 22 · Page 1 de 2 · 8 194 affichages · Partager Merci mamina 
Pour ton voyage avec Jacotte, je lui en parle et je te donne sa réponse. De toute façon, elle est toujours partante pour tout. 
Bises à toi ! | | | À: Hialle · 18 juin 2008 à 13:30 Re: Petit tour chez les berbères... ( Maroc) Message 20 de 22 · Page 1 de 2 · 8 188 affichages · Partager [/img] La fete du don, ou les chevraux sont donnés à d'autres familles, pour continuer la chaine !! A Sidi Flah, charmant village ! belle fete ! bravo élevage sans frontières![/img]
la veille, distribution de 100 vélos aux collégiennes de Skoura, (dont certaines de Sidi Flah), la palmeraie est grande et les collégiennes ont de grands trajets. ( www.azekka.org) | Carnets similaires sur le Maroc: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 10 742 visiteurs en ligne depuis une heure! |