mais comme l'ont dit certains et quelles que soient les convictions!!!.. un minimum de décence s'impose!! moi perso je ne vois que des enfants qui n'auront plus de maman...... pour de la farine, du sucre ou de l'huile!!! peut être des femmes qui se sont dit "je vais faire des gâteaux ou pour d'autres seulement du pain"
Non, Aymeline, pas pour de la farine, du sucre ou de l'huile.
La valeur du panier alimentaire était de 150 dirhams. Ce qui a provoqué l'affluence et la "folie", ce n'est pas les aliments, c'est la croyance en la "baraka" du distributeur, qui aurait été transmise pas les aliments distribués.
On est dans quelque chose de beaucoup plus profond, de beaucoup plus misérable, en réalité, que la faim - qui n'est pas en cause ici : la superstition et l'ignorance. C'est cette même recherche de la baraka qui fait qu'on sacrifie une chèvre sur le tombeau d'un marabout dans le respect de l'Islam (second degré). Et quand on veut autre chose que la "baraka" on va chez celui qu'on appelle "herboriste" pour acheter de quoi faire de la soi-disant magie noire (en réalité, des empoisonnements, quand cela marche).
La même superstition et ignorance qui tue tranquillement une femme de ma famille, parce que c'est le djinn qui la fait tomber inconsciente dans la salle de bains, c'est bien connu les djinns se cachent dans les salles de bains ; et qu'elle ne sera transportée que beaucoup trop tard à l'hôpital pour y mourir d'une tumeur du cerveau.
Cupidité ? Très certainement, au moins de la part du généreux "mécène", qui organise, soigneusement, chaque année, à faible coût (500 paniers à 150 dirhams, pour un riche marocain, c'est une broutille, d'autant plus qu'il a dû en obtenir la plus grande partie de la part de généreux donateurs saoudiens). Pourquoi faire une telle démonstration, alors qu'il pourrait donner, discrètement et régulièrement, toute l'année ?
Sans doute pour faire sa pub, celle de son école coranique "intégriste", celle de sa baraka, préparer une carrière politique.
En jouant sur la corde sentimentale du bon et généreux mécène qui aide les pauvres femmes dans la misère, de l'homme de bien.
Et manifestement, ça marche...
Maintenant, au delà de l'émotion :
- même si le
Maroc est un pays pauvre, on n'y a jamais vu d'émeutes de la faim, ce n'est pas le Sahel, le Sud Soudan
- même si le
Maroc souffre beaucoup de la sécheresse, la région d'
Essaouira est très loin d'être une des plus pauvres. Il y a des gens qui ont fait plus de 70 kilomètres pour venir à cette "distribution". 140 kilomètres aller retour, même au prix du petit taxi, il reste quoi sur un panier de 150 dirhams ?
- l'année d'avant il y avait déjà eu des problèmes, des blessés, peut-être des morts
Kelboulé est abrupt dans ce qu'il dit, mais il a parfaitement raison de dire qu'il n'y a ici aucun humanitaire "réel", et que les causes de l'affluence et de la bousculade ne sont pas le besoin alimentaire.
Et ne me dis pas que je ne connais pas la misère au
Maroc ^^ Ma belle famille vit dans une des régions les plus pauvres, et elle est loin d'être riche.
Je plains infiniment ces femmes et encore plus leur famille, mais ce que décrit Songhai "j'y ai vu des femmes se battre, s'arracher les cheveux" c'est bien de la cupidité, non ? Faut il pour respecter un être humain, prétendre qu'il est parfait ?
Ce drame pose de nombreuses questions graves, en particulier sur le poids des associations et des donateurs privés, qui :
1- déchargent l'état de ses responsabilités, servent à court terme de soupape, mais, à moyen terme, facilitent la corruption et l'incompétence. Ce n'est pas "grave" si l'état, la commune, ne fait pas ce qu'il a à faire, les associations s'en chargeront
2- ont contribué à créer une mentalité d'assisté. Il y a des associations géniales, qui se battent, qui font avancer des choses, et d'autres qui se contentent de tendre la main et d'en redistribuer une partie
3- s'accompagnent, très souvent, d'un militantisme religieux. On a eu ça "chez nous" aussi, à l'époque où l'Eglise Catholique avait "ses pauvres"
Si au lieu de donner 150 dirhams de nourriture et d'apprendre le Coran, le cheik en question avait aidé ces femmes à obtenir le Ramed, est-ce qu'il n'aurait pas été beaucoup plus utile ? (pour info, le Ramed, avec tous les papiers à légaliser, les déplacements et les éventuels bakchichs au moqqadem qui doit certifier l'état de besoin, ça coute entre 250 et 800 dirhams...)
Avec le Ramed, non seulement elles avaient des aides alimentaires, mais aussi une CNSS. Mais elles ne dépendaient plus de lui.