Pour se procurer, à meilleur prix qu’aux État-Unis, des médicaments au
Québec, certains citoyens américains sont donc tentés d’obtenir des prescriptions de médecins québécois. Certaines entreprises privées approchent également des médecins pour leur demander de renouveler des ordonnances rédigées par des médecins américains pour des patients américains, et ce, sans avoir vu ces patients.
Faisant partie des actes qui constituent l’exercice de la médecine, la prescription des médicaments assujettit le médecin à plusieurs obligations de nature déontologique. Un médecin qui dérogerait à ses obligations pourrait faire l’objet d’une enquête du syndic du Collège des médecins du
Québec et s’exposer ultimement à une citation disciplinaire.
Un médecin ne peut fournir, notamment, une ordonnance sans avoir préalablement évalué un patient, établi un diagnostic, formulé un plan de traitement ainsi que lui avoir fourni de l’information et obtenu son consentement. Un médecin ne peut pas non plus contresigner une ordonnance sans respecter les mêmes conditions prévalant pour la prescription ni exiger des honoraires pour le faire, ce qui serait considéré comme illégal. Un médecin québécois qui contresignerait une ordonnance d’un médecin américain pourrait s’exposer à des poursuites légales non seulement au
Québec, mais possiblement aussi aux État-Unis.
Si on adopte les nuances requises, ces obligations pourraient aussi s’adresser à un médecin qui accepterait, à la demande de tiers, de prescrire des médicaments à un patient qu’il ne connaît pas ou qu’il n’a pas examiné, même si cela n’est fait que pour « accommoder » ce dernier.