moi je viens encourager les initiateurs du projet et montrer à ceux qui hesiteraient encore le temoignage merveilleux d'une membre de ce forum Lliouba:
"Ani Sogoma, Bonjour à tous,
Voilà, C'est le Retour. Le choc, à l'aéroport d'Orly. C'est ici que je me sens déracinée. L'aventure a été belle, les rencontres intenses.
La rencontre d'un pays, comme tant d'autres, qui cherche son chemin entre tradition et modernisation. Le capitalisme fait ses ravages, comme partout ailleurs, sur notre planète.
L'accueil y est pourtant bien chaleureux, l'ouverture d'esprit au rendez-vous. Il y réside un bouillonnement de culture envoûtant, une énergie phénoménale alimente les Arts de Sens et d'Engagement. Musique, danse traditionnelle et contemporaine, théâtre, rien n'est vide, tout est plein de l'expression de la Condition Humaine.
Rencontre avec l'avenir, avec les enfants, qui cheminent entre réalités, propagande scolaire, et une avidité de liberté. Leur coeur est ouvert, en attendant que le miroir du modèle occidental vienne alimenter leurs illusions, pour certains. Mais il y aussi ceux qui savent déjà que c'est ici et nulle part ailleurs, qu'ils seront l'avenir de leur pays. Il y a aussi des gens pour le leur dire. Nous gardons au chaud nos correspondances. Je regarde leur photo avec sourire. Ils n'ont besoin de personne pour établir le contact, pour vous faire un clin d'oeil, une grimace furtive, ou un regard franc.
Nous avions au programme deux écoles de 500 à 600 enfants (une dans le quartier pauvre de Niénéta à Bobo, l'autre dans un grand village de brousse à Samendeni avec l'orphelinat), l' association Song TAABA pour les femmes seules avec leurs enfants, et nous nous sommes attachés à un bon petit voisinage de Niénéta où il y avait de grands besoins.
Même si ce que nous avions était déjà bien, il a fallu faire la distribution des collectes au mieux.
On a fait ce qu’on a pu, Thiogo Thiogo, comme on dit en Dioula. Mais tout le monde était très content.
Les médicaments vont beaucoup servir à l'association de femmes avec leurs enfants, à l'orphelinat, et aux enfants du quartier de Niénéta que nous connaissions.
Les fournitures "scolaires" ont fait des heureux partout.
Les vêtements à l'association Song Taaba et à l'orphelinat aussi.
Merci beaucoup.
Les ateliers ont bien fonctionné, musique et chant, dessins et peinture, contes et expression, cinéma avec petit projo, et un petit spectacle « bidouillé » de marionnettes à taille humaine en musique mi- tsigane, mi- percu affro, en fin de journée. On n'avait pas vraiment la sensation de faire quelque chose de très étudié, surtout dans les situations où nous étions (500 à 600 mômes, quand même c'est quelque chose!), mais ça avait l'air de faire plaisir.
Les enfants étaient contents, nous on étaient vannés.....
Nous avions tant envie de profiter de tout, que nous avions l'énergie pour découvrir au Plus. Nous avons profité de concerts, compagnies de danse, Théâtre, des Centres culturels Italien et Français à Bobo, c'est un bouillon de culture ! Que du jouïssif !
Rencontre avec les artistes musiciens au grand nombre au coin de la rue ou aux concerts, ou la rencontre impromptue qui finit en boeuf.
Des danseurs traditionnels et contemporains et le travail de leur compagnie.
Les concerts sont souvent accompagnés de danseurs, c'est un Tout. La musique vous prend le corps pour vous impulser un élan de libération d'énergie bien recyclée. Et quand votre regard est tour à tour hypnotisé par l'explosion des figures des danseurs, vous éprouvez autant de plaisir que de danser vous-même.
Ou encore d' autres voyageurs (rencontre avec des assos Franco-Burkinabées et des volontaires à l'orphelinat de Samendeni avec qui nous nous sommes fait une petite escapade pour un jour de repos encore un peu à
Banfora, guidés par notre ami Innocent).
Un jeune homme, Siaka TB, éducateur de talent à l'Orphelinat de Samendeni, travaillait ses tableaux avec des materiaus naturels, terre, pigments...Ses tabeaux (un visage, une tête, faite d'une multitude de gens, de corps,....) sont très beaux.
Belle rencontre avec les femmes, qui oeuvrent entre le joug des traditions et l'état des choses, conscience souterraine de la population. Elles prennent des liberté en cachette, pour limiter les dégâts d'un fonctionnement social. Travaillant beaucoup, elles sont partout à la fois, dans les cours de la famille et dans les rues à vendre tout ce qu'elles peuvent savoir faire, dans les Arts aussi. Avec volonté souriante et féminité chatoyante, elles portes sur leur tête et leurs épaules.
Rencontre avec l'association pour femmes de Madame Mawa, femme engagée depuis l'âge de 16 ans. La seule à qui l'on peut demander un livre ou un film sur Sankara, le sourire aux lèvres et qui vient le jour du départ avec une grande tristesse et des cadeaux pour chacun de nous. Grande émotion que cette rencontre.
Il y a encore bien d'autres rencontres.....
Rencontre avec un système. Tout est utilisable, recyclable, tout sert jusqu'à que ce soit complètement "Gâté". Le superflus n'existe pas.
Mais les enfants jouent les pieds dans les détritus, la décharge est dans les rues de la ville. Sur les canaux du vieux quartier stagne une couche de pollution, de sacs, de papier...
Rencontre avec un gouvernement fantôme, et pourtant à l’uniforme présent.
Rencontre avec le troc, l'Echange, voie de survie dont on devrait s'inspirer.
Rencontre aussi avec la corruption, habitude à la peu bien tannée, avec laquelle il faut compter, partie intégrante d'une forme de tradition...Vigilance comme Compromis sont de mise pour pouvoir travailler ici. Même dans les écoles et Orphelinats, mieux vaut apporter quelque chose que de l’argent, pour sûr. Mais la vie a augmenté de 150 % ces 6 derniers mois, les subventions d’associations Françaises ont baissé, quand elles ne sont pas supprimées, et chacun fait comme il peut.
Rencontre avec les taxis burkinabé, la belle aventure qu'il fait toujours bon prendre. On ne sait jamais si il va se séparer en deux, on est épater par ses capacités de transport!! Ca couine, ça craque, ça clignotte, ça fait tac tac tac, ya toujours un bruit nouveau, ça n'a pas de pare brise ou presque, ça s'arrête pour déposer la huitième personnes dans le quartier d'à coté ou pour faire une petite course à l'occasion. Que du plaisir et des rires...
Rencontre avec la poussière, la brousse et ses villages, grand Amour de la piste, des arbres magnifiques, des baobabs. Chaque arbre semble une oeuvre d'art, les tronc des palmiers sont chacun uniques et sculptés.
Toutes ces couleurs singulières ne quitterons jamais ma mémoire et ne cesserons de me manquer. Amour de la pétrolette qui tombe six fois en panne sur la piste et qui nous remue les cervicales.
Nous avons eu les joies de petites virées autour de
Banfora à mobylettes et Ballade à Samendeni.....dans la brousse. Allons donc voir le Marigot, ou le Baobab sacré !!! Que nous n'avons pas vu d'ailleurs... De chacune des mobylettes en panne (voir plusieurs fois chacune), a suivi un grand périple dans la poussière pour rejoindre la petite ville de
Banfora dans la nuit, les gros camions blindés à ras bord Klaxonnant, fonçant, nous frôlant et nous renvoyant un nuages de poussière épaisse. Une impression de danger imminent, qui n'en est que rarement un, au final. Coincés la nuit à
Banfora, du coup, on a dormi chez des rastas bien sympas....Mais tout ceci n'était qu'un concentré de bonheur, emmagasinant les lumières successives du soleil sur les couleurs de la brousse et des pistes, de l'ocre plein les yeux et la mémoire, et dans la nuit poussiéreuse des pistes, nous "funembulions" entre inconscience et excitation.
Rencontre avec les amis qui nous accueillaient et leur famille, les gens au coin des rencontre fortuites, les personnes exceptionnelles. L'intensité des voyages faite des rencontres de coeur et du peu de temps qu'il nous ai donné pour nous connaître....
Belle rencontre entre nous, belle équipée, belle amitié liée par l'aventure.
Et bien d'autre choses encore, bien sûr...
Le dernier jour, nous avons traversé une dernière fois le pays en bus (Ah, les bus aussi sont chouettes! Tout en klaxon et musique !!) de
Banfora (au sud ouest du pays) à
Ouagadougou pour prendre l'avion la nuit, s'arrêtant à
Bobo Dioulasso pour dire au revoir aux amis et aux familles. Toute cette journée, je n'ai pas retenu mes larmes, et ai bu toutes les images défilant sur le voyage, la tête à la fenêtre.
Je sais que j'y retournerai.
Nous allons travailler sur un prochain projet pour l'année prochaine, encore un peu mieux établit.
Un carnet de voyage (écrits, photos, croquis, collages) est en préparation, un film est en montage.
Nous sommes heureux d'avoir rencontré le
Burkina, ou enfin, une petite partie....Petite partie, mais bien remplie!!
Bonne année à tous et à vos familles....
Anbédoni.
(Ce message a été
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Lliouba
dans la discussion «
De retour du Burkina Faso....». "
j'ose espere que le temoignage de cette desormais burkinabée finira de vous convaincrewillchouchouelsolmi_22@yahoo.fr
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