Si je peux me permettre quelques commentaires...
Suggestion générale : alerter sur la graphie des villes, car la translittération du persan (alphabet arabe) est variable selon les langues, en particulier souvent différente entre le français et l'anglais (par exemple
Chiraz vs
Shiraz). De plus, souvent usage indifférencié du Q et du GH (ainsi, on trouve parfois Ghazvin).
Tout d'abord votre catégorie "Ouest" est très (trop ?) vaste comme celle du Lonely Planet, et aurait sans-doute mérité d'être subdivisé en 2 : nord-ouest, sud-ouest.
Borujerd : cette ville moyenne attire pas mal de touristes locaux pour son architecture ancienne, son bazar et ses mausolées. Beaucoup de (petites) ruines antiques dans ses environs.
Sans doute ai-je manqué quelque chose, mais je n'ai pas vu vraiment d'architecture ancienne. Certes, rue centrale de la vieille ville sans immeuble moderne, mais on trouve ce type d'artère dans beaucoup de villes en
Iran. Sans comparaison avec le centre historique de
Yazd. La petite bourgade de Zavoreh (au nord-ouest d'
Ispahan) a mieux à offrir. Quant aux mausolées, je n'en ai vu qu'un seul. Pour le reste, 1 mosquée seldjoukide et une mosquée qadjar. Auriez-vous des photos des mausolées évoqués ?
Monastères arméniens du nord-ouest de l'Iran : trois superbes monastères orthodoxes (St-Thaddeus, St-Stepanos, Ste-Marie de Dzordzor) situés à la frontière avec la
Turquie et classés au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Si St-Stepanos est effectivement à quelques centaines de mètres d'une frontière, c'est celle avec le
Nakhitchevan, dépendant de l'
Azerbaïdjan (l'Etat indépendant, pas la province iranienne). Quand aux 2 autres sites, ils sont à plus d'une cinquantaine de km de la frontière turque. A noter que St-Marie de Dzordzor n'est qu'une petite église, voire même une chapelle, et non un monastère.
Shushtar : cette ancienne cité fortifiée de l'ouest est classée à l'UNESCO pour son système de canaux et d'irrigations traditionnels. A sa périphérie, un autre site UNESCO avec le temple antique de
Tchoga Zanbil
Y ayant été, j'ai beaucoup apprécié le système de barrages, très photogénique. Par contre je n'ai pas vu la moindre fortification autour ou dans la ville. Pour
Tchoga Zanbil, il serait plus juste d'indiquer la ziggourat (cf. Babel) ou la pyramide à degré que d'évoquer le "temple antique". En tout cas, pas à la périphérie, à moins que cela ne corresponde à plus d'une cinquantaine de km à travers la campagne et le désert

Zanjan : ville moyenne avec une forte tradition artisanale qu'on retrouve encore dans ses bazars. C'est à sa périphérie qu'est situé le Mausolée de
Soltaniyeh classé à l'UNESCO.
Là encore, votre "périphérie", c'est 44 km de route.
Bam : suite au tremblement de terre de 2003 un bonne partie de la ville médiévale fortifiée classée UNESCO a été détruite.
On peut compléter avec (ou se replier sur) la plus modeste mais néanmoins photogénique forteresse de Rayen. Avec l'avantage d'être plus proche de
Kerman.
Firuzabad : les ruines d'une cité antique dans la région de
Shiraz.
Certes, il y eu l'antique cité de Gur. Mais de ses vestiges, très peu subsiste. Il serait plus réaliste d'évoquer les ruines du palais d'Ardeshir et du Qaleh Dokhtar, forteresse contrôlant le défilé d'accès depuis le Nord.
Kashan : grosse oasis sur la route de
Qom à
Kerman avec pas mal de monuments et d'édifices qui constituent un joli centre.
Ancienne oasis certes, toujours entourée par le désert, mais de nos jours, c'est une grande ville sans que l'on ne retrouve vraiment un caractère d'oasis. Les édifices évoqués sont les splendides villas patriciennes de style qadjar (XIXe siècle), le plus bel ensemble de tout l'
Iran.
Pasargades : à quelques kilomètres de
Persepolis, ce site antique est lui aussi classé à l'UNESCO comme son voisin.
Quelques kilomètres de
Persépolis ? Quand j'y ai été, c'était quand même à plus de 80 km !!! Sans doute confusion avec le site de Naqsh-e Rostam qui est à moins de 3 km.
J'aurais ajouté parmi les sites d'intérêt :
- la
vallée de l'Araxe, très photogénique. En profiter pour visiter le charmant village d'
Ushtebin. Un petit
Masouleh sans les touristes.
- la
vallée de l'Howraman, aussi très photogénique (notamment le village de Howraman-at Takht), mais dans un genre différent. C'est un petit détour entre
Sanandaj et
Kermanshah, mais je pense que cela le mérite. Valider au préalable qu'il n'y a pas de troubles locaux avec le PDKI. Très rares, mais cela arrive.
Surtout, en sus des pistaches et des dattes (j'allais oublier les tapis, mais c'est moins abordable),
le meilleur de l'Iran, c'est l'extraordinaire contact avec le peuple iranien. Un pays où un simple terrassier vous croisant, revient sur ses pas et vous interroge un peu hésitant "Made in?" (il voulait dire "De quel pays venez-vous ?"), puis avec un grand sourire "Welcome to my country!".
Grand merci à tous ces iraniens (et iraniennes, souvent dangereusement belles) qui vous font vous sentir vraiment le bienvenu. Et ce ne sont pas des paroles en l'air, leur aide attentionnée et désintéressée en témoigne tous les jours pendant le voyage.
Une destination préservée du tourisme de masse, facile à visiter (pays bien structuré et organisé, bénéficiant d'un réseau de transport efficace et fiable), et surtout
beaucoup plus sûre que nombre de destinations très populaires dont on sous-estime généralement les risques sécuritaires (cf.
Inde,
Indonésie,
Mexique,
Bolivie...). Voir httpcontrolrisks.com/RiskMap/Pages/Security.aspx.
Comme disent les iraniens pour prendre congé,
Khoda Hafez (littéralement Dieu vous garde).
Fabrice
P.S. : la cuisine traditionnelle iranienne ("sonati") est excellente et diverse. Mais malheureusement peu proposé dans la restauration qui préfère proposer les kebabs si faciles et rapides à préparer. La meilleure solution, c'est de se laisser inviter chez l'habitant ou lors d'un pic-nic en plein air.