Récit et expérience de deux mois en Colombie Eowann · 23 janvier 2013 à 15:20 · 33 photos 33 messages · 14 participants · 15 061 affichages | | | | 23 janvier 2013 à 15:20 Récit et expérience de deux mois en Colombie Message 1 de 33 · Page 1 de 2 · 12 979 affichages · Partager Lorsque j'ai dit à ma famille et mes amis que je partais pour deux mois en Colombie, j'ai eu toutes sortes de réactions. J'ai tout autant entendu de « super, j’aimerais vraiment être à ta place » que de « tu es fou, tu vas te faire enlever à coup sûr ». Et au final, je suis bien revenu, sans aucun problème. C’est en outre ce dernier type de remarque qui m’a donné envie de relater mon expérience colombienne. Je vois sur ce forum et ailleurs de nombreux commentaires de gens qui paraissent incroyablement effrayés par la Colombie (parmi tout un tas d’autres pays) et qui se posent énormément de questions très variées, bien que la thématique de la sécurité soit le plus souvent abordée. Je n’ai pas la prétention de décrire la Colombie en un post sur ce forum comme par magie, non seulement parce que mon séjour n’a été que de deux mois, mais aussi parce que je n’ai évidemment pas parcouru le pays dans son intégralité, loin de là. Mais j’aimerais éclaircir la vue bien noircie de certaines personnes qui ne voient de la Colombie que ce qu’ils veulent bien, et rassurer toutes les autres qui hésitent à y passer du temps, quelle qu’en soit la durée.
Je suis parti en Colombie du 5 mai 2011 au 6 juillet 2011. C’est certes presque deux ans plus tard que je raconte mon expérience, mais mes souvenirs sont encore tous frais ! Je vais tenter d’expliquer mon séjour et mes impressions en catégories, et non pas en fonction de leur déroulement. Je vais le faire en plusieurs post à la suite puisque sur un seul, ça fait trop chargé.
1. Bref aperçu historique 2. Géographie générale et climat 3. Politique actuelle et sécurité 4. Culture 5. Lieux visités et alentours - 1. Bogotá - 2. Villa de Leyva - 3. Santa Marta 6. Transports 7. Alimentation et restauration 8. Coût de la vie
1. Bref aperçu historique
Je m’excuse d’avance auprès des grands historiens pour les bonds historiques et la brièveté de l’histoire colombienne dont je vais parler.
À ma connaissance, les plus anciennes traces de civilisation de Colombie datent du Vème siècle av.J.-C. Jusqu’aux invasions espagnoles des XVème et XVIème siècles, un nombre incalculable de tribus coexistent et s’entrecroisent, depuis les Tchibtchas dans les environs de Bogotá jusqu’aux très connus Incas dans les Andes, au Sud-Ouest. En 1499, un certain Alonso de Ojeda découvrit l’actuelle Colombie et la revendiqua au nom du Royaume d’ Espagne. Attirés par des promesses de richesses, nombreux ont alors été les espagnols à quitter leur terre natale pour s’installer en Amérique du Sud. La Colombie connu un fort engouement en particulier pour ses richesses minières, or et émeraudes, et les européens se servirent dans les masses d’amérindiens pour faire office d’esclaves gratuits. Bien évidemment, cette conquête ne se fit pas sans effusion de sang, et les conquistadors, mieux armés et plus organisés que les autochtones, aussi nombreux pussent-ils être, les massacrèrent. Les maladies importées d’Europe continuèrent de décimer des populations déjà fragilisées par les conquêtes successives (à noter qu’inversement, de nombreux européens souffrirent des maladies présentes en Amérique du Sud). Comme dans l’ensemble des Amériques, la traite des noirs eue lieu. Un intense métissage se créa alors petit à petit, issu des croisements générationnels entre les différentes cultures et origines. On donna le nom de Vice-royauté de Nouvelle-Grenade a une zone géographique qui s’étendait alors de l’ Équateur jusqu’au Venezuela, incluant la Colombie et le Panama. En faisant un gigantesque bond dans le futur, le 10 juillet 1810 (un peu à la même époque où notre bon vieux Napoléon se faisait du mauvais sang), une assemblée fut élue par les habitants de la capitale, qui commencèrent à défier l’autorité souveraine du colon espagnol. On proclama l’indépendance en 1813 et la République de Colombie fut officialisée le 17 janvier 1819. Simón Bolívar fut déclaré président, notamment en raison du grand rôle qu’il avait joué (il est pour la plupart des pays d’ Amérique du Sud un symbole extrême de liberté). Ce n’est qu’en 1830 que ce que l’on nomme alors la Grande Colombie implose pour donner naissance aux pays que nous connaissons aujourd’hui (1903 pour le Panama). Curieusement, pendant longtemps, la Colombie fut l’un des pays souffrant le moins des problèmes de dictature et de prises de pouvoir par coups d’état. Les premiers grands problèmes politiques colombiens débutent avec ce que l’on nomme El Bogotazo en 1948, en raison de l’assassinat d’un candidat aux élections présidentielles. Il s’agit alors, initialement, d’un vaste mouvement populaire de protestation suivi de violentes répressions. Naissant à Bogotá, le conflit s’étend peu à peu aux autres villes et finit par couvrir le pays entier. Jusqu’en 1960, c’est alors la période dite de La Violencia, une longue guerre civile au cours de laquelle mourront, selon Le Monde Diplomatique, quelques 300.000 personnes. Durant cet interminable conflit, les milices privées (futurs FARC) connaîtront un essor fulgurant, de même que les premiers mouvements guérilleros gauchistes et communistes, tout ceci en opposition aux militaires. Avec un coup d’état de Rojas Pinilla, général, en 1953, on tente de rétablir une démocratie correcte et de remettre à flot un pays mouvementé. C’est véritablement à partir de cette date que les groupes armés fleuriront, fermement opposés à un pouvoir militaire. Le général est renversé en 1957, et s’établit un régime particulier sans élections mais avec une alternance des partis libéraux et conservateurs. Les paramilitaires sont crées dans les années 60 afin de contrer les actions de ceux que l’on nomme les guérilleros. Ce contexte spécial et tendu sur l’échiquier politique, allié aux problèmes récurrents d’insurrections, favorisa grandement le développement du narcotrafic, élément que l’on retient malheureusement le plus souvent à propos de la Colombie. En 1991, une nouvelle constitution est adoptée et provoque un renouveau historique en Colombie tout en ouvrant la porte aux négociations avec les groupes rebelles (sans toutefois le résoudre – suite Politique actuelle et sécurité). Images attachées: Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. | | | À: Eowann · 23 janvier 2013 à 15:27 Re: Récit et expérience de deux mois en Colombie Message 2 de 33 · Page 1 de 2 · 12 940 affichages · Partager 2. Géographie générale et climat
La Colombie possède une spécificité unique en Amérique du Sud qui lui offre un avantage considérable sur ses rivaux commerciaux : l’accès aux deux océans Atlantique et Pacifique, et une proximité non négligeable avec le Canal de Panama. Pour vous et moi, qui en principe n’avons que faire des échanges commerciaux maritimes (sauf si, peut-être, vous voyagez en cargo), c’est une belle possibilité de découvrir deux types de façades maritimes différentes, surtout au niveau des paysages. J’oserais dire, en parlant géographie, que « la Colombie, c’est comme la France, on peut avoir presque tous les types de paysages que l’on veut ». On a les Andes, l’une des plus hautes chaînes de montagnes au monde, où l’on peut à la fois admirer des pics, des sommets vertigineux et des volcans. C’est ici que sont situées les plus grandes villes, Bogotá ou Medellin par exemple. Le climat serait celui que je préfère, puisqu’en général il n’y fait ni trop chaud ni trop froid (à des altitudes identiques à Bogotá, soit 2640m), en général autour des 17°C. Néanmoins, il semblerait que la météo soit régulièrement capricieuse, et les orages de grêle courants (bien que je n’en ai jamais vu). Plus au Nord, on a la côte caraïbe (oui, moi, quand on m’a dit là-bas « tu vas dans les Caraïbes », j’ai gloussé, car dans ma culture inculte de la géographie, les Caraïbes, c’était des îles). C’est tout aussi montagneux, mais le climat est radicalement différent : il fait chaud (très chaud, même trop chaud), il pleut beaucoup. Mais on a aussi une région désertique que je n’ai pas eu la chance de visiter, où les précipitations sont bien plus rares. La région Ouest dominant le Pacifique est très pluvieuse, tout simplement parce qu’elle est étranglée entre l’océan Pacifique et les Andes. On observe alors de très fortes végétations, de mangroves. Je suppose que l’on doit retrouver le même type de climat au Pérou et surtout au Chili. La région de l’Orénoque, du nom de son plus grand fleuve, s’étend sur tout l’Est et est caractérisée par de grandes plaines fertiles sur lesquelles se base une grosse partie de l’économie du secteur primaire colombien. Enfin, la région de l’ Amazone, au Sud, est quasiment impénétrable. C’est pour ainsi dire l’ Amazonie, constituée de tout ce que l’on peut imaginer : jungles, larges fleuves (et méchantes bébêtes).
Plus à propos de mon séjour, je vais apporter quelques précisions climatiques. Je suis d’un naturel frileux et j’attrape froid assez facilement. Bien que 17°C soit une température satisfaisante lorsqu’on se balade, quand on reste stagnant dans une maison, ce n’est pas l’idéal. Couplé au décalage horaire et à un décalage horaire qui m’était propre déjà en France, ça m’a été fatal : je suis tombé malade une bonne semaine. Bien souvent, à Bogotá comme ailleurs, les appartements et les maisons ne sont pas équipés d’installations de chauffage, de radiateurs autrement dit. Je le précise et même j’insiste, ce n’est pas une question de pays sous-développé (la Colombie ne l’est pas !), mais une question de culture. Parmi tous les endroits que j’ai fait (habitations privées, hôtels et auberges), je n’ai pas vu un seul radiateur, sauf dans les endroits destinés aux touristes non sud-américains. L’appartement où j’ai logé était tout ce qu’il y avait de plus moderne et sophistiqué, moins les radiateurs. Et lorsque je m’en plaignais, ils me riaient au nez en disant qu’eux n’avaient pas besoin de chauffage, que c’était une perte d’argent inutile (ce qui n’est, ma foi, pas totalement faux). Par ailleurs, un ami colombien me disait ô combien les colombiens se moquaient gentiment des touristes européens qui arrivaient à Bogotá avec comme uniques vêtements dans leurs valises des t-shirts et des shorts. Moi-même je me serais bêtement fait piégé s’il ne m’avait pas averti par avance, mais Bogotá n’est pas une ville où l’on crève de chaud ! Emmenez des pulls, des pantalons et des vestes, je ne le répéterais jamais assez ! A contrario, sur la côte Caraïbes, inutile de vous enquiquiner avec une doudoune, je vous l’assure, à moins que vous n’ayez largement la place pour la transporter dans votre valise (et elle y restera). Dans l’appartement, même à poil, je crevais littéralement de chaud, et croyez bien que si j’avais pu ôter ma peau, je l’aurais fait... Concernant l’eau pour se laver, alors là, une autre problématique... Je ne saurais dire si je suis tombé chez un ami que ça ne souciait guère, mais j’ai eu une bonne partie du séjour de l’eau tiède. J’ai cru comprendre que nombre de ménages colombiens, non pas par soucis d’argent ou par manque de commodité, mais plutôt par des besoins simples, ne se préoccupaient que très peu d’avoir de l’eau bien chaude à domicile. Autant sur la côte, par 45°C, l’eau froide fait du bien, autant dans les Andes, par 17°C, elle fait mal. Je n’ai visiblement pas d’ancêtres scandinaves.
3. Politique actuelle et sécurité
À tous ceux qui ont la frousse, NON, la Colombie n’est pas un pays dangereux dans le sens où je vais l’expliquer. Un con (oui, je le qualifie de con, excusez-moi du terme), était tombé sur le cul lorsque je lui avais montré et prouvé par des statistiques officiels la liste des dix villes les plus dangereuses au monde. Bogotá ni aucune autre ville colombienne ne s’y trouve, et alors qu’il me vantait les mérites des villes américaines (sic !), je lui prouvais qu’il avait tout faux avec autant de certitude et d’obstination que 1+1 font 2. Pour preuve : Détroit arrive en 3ème position et la Nouvelle-Orléans en 9ème, alors que ce sont des villes de la soit-disante toute puissante légitimité américaine censée être un modèle de sécurité (ok, je me tais sur mon jugement, tout le monde aura compris que j’adore les États-Unis. D’ailleurs, au passage, ne dites jamais un américain en voulant parler d’un habitant des USA devant un sud-américain, ça a tendance à les irriter puisqu’ils sont eux aussi américains, et c’est compréhensible. Préférez la version plus moche d’étasunien).
De nos jours, la Colombie est un pays beaucoup moins risqué qu’il y a dix ou vingt ans. La concentration des autorités étatiques dans la lutte contre les guérillas et les narcotrafiquants s’est révélée efficace dans une large mesure. Il s’agit aujourd’hui de l’un des pays sud-américains les plus stables institutionnellement. Bien évidemment, cela ne doit pas vous laisser penser que vous pouvez faire ce que vous voulez où vous voulez sans courir le moindre risque, mais il faut – sans vouloir paraître désagréable – sortir la tête de la grotte dans laquelle nous vivons. Pour peu que l’on ne se comporte pas comme un touriste imbécile, le risque de subir des violences est relativement faible, et celui de se faire enlever, actuellement, est de l’ordre, je dirais au hasard, de 0,01%, sans exagération. Après, si vous vous promenez dans les quartiers les plus défavorisés avec une montre Gucci, des chaussures Manolo Blahnik, et un foulard Hermès, je ne dit pas qu’on essayera pas de vous arracher des billets de votre portefeuille bien garni. Le plus important est de se fonde dans la masse. Mais remarquez que c’est la même chose dans n’importe quelle capitale mondiale : la cible privilégiée des pickpockets à Paris est la clientèle étrangère qui ne se rend pas compte qu’elle s’affiche ! Selon le gouvernement colombien, les chiffres d’estimation des FARC s’élèvent à 11.000 membres dans le pire des cas... 11.000 individus à répartir sur un territoire grand comme deux fois la France, et tous cachés dans les forêts là où les armées présentes sur tout le territoire ne peuvent que difficilement les atteindre (et niveau sécurité, l’armée est effectivement présente de partout. On peut ressentir un léger mal-être, mais sûrement pas une peur d’enlèvement). Après, encore une fois, se promener seul dans des endroits perdus ou faire des routes éloignées de nuit, je ne pense pas que ça soit judicieux, parce que même sans parler d’enlèvement, il y a des risques de rackets probables. Lorsque je me suis, par curiosité, connecté sur le site du Ministère des Affaires Étrangères pour lire les recommandations françaises pour les voyageurs à destination de la Colombie, j’ai halluciné. L’État fait un zèle incroyable et paranoïaque. Certes, c’est son rôle, et minimiser les risques serait encore plus choquant. Néanmoins, à l’écouter, il ne faudrait limite que se cloîtrer dans un espace très réduit de la capitale. Il ne faut pas exagérer ! Sinon on ne sort plus de chez nous (et quand je vois que sur le site de l’United States Department of State, on conseille aux touristes qui viennent en France de ne pas se rendre en Corse ou que l’on qualifie certaines régions parisiennes de terroristes, permettez-moi de douter du bon travail des agents diplomatiques). En deux mois en Colombie, j’ai vu une seule et unique agression dans la rue, entre deux ados colombiens. Soit tout ce qu’il y a de plus banal. C’est 100 fois plus faible qu’à la sortie de n’importe quelle boîte de nuit sur les Champs-Élysées où l’on entend sans cesse les sirènes de Police et les ambulances à 5h du matin. Les gros risques ne se jouent pas en ville en Colombie, et sûrement pas à portée de main du touriste. Les enjeux sont entre les militaires et les guérillas. C’est certes de plus grosse ampleur, mais ça touche beaucoup moins les touristes que nous sommes (et de plus, je préfère un pays comme la Colombie, conscient de ses problèmes plutôt qu’un pays comme la France qui se voile la face devant les siens et se vante d’être membre permanent de l’ONU alors qu’il est l’un des plus gros exportateurs mondiaux d’armes – fin du jugement). Images attachées: Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. | | | À: Eowann · 23 janvier 2013 à 15:45 · Modifié le 23 jan. 2013 à 16:04 Re: Récit et expérience de deux mois en Colombie Message 3 de 33 · Page 1 de 2 · 12 866 affichages · Partager 4.Culture
Personnellement, j’adore la culture sud-américaine. J’ai découvert des gens bien plus agréables qu’en France (il est vrai que les français ne sont pas réputés pour leur sourire). Peut-être parce que ce n’est pas un pays moderne, comme le disent trop souvent les sociologues, politiciens et géographes, les colombiens semblent vivre de bien moins de choses qu’un européen lambda. Et c’est une constante que j’ai remarquée à la fois en ville et en campagne, à des degrés d’échelle différents bien sûr. Je vais prendre plusieurs exemples pour illustrer mon propos. Un beau soir, à Bogotá, je me promenais avec un ami colombien quand soudain il voulut me faire goûter une spécialité : des obleas (j’en reparlerais plus tard). Vu que l’on peut généralement trouver n’importe quoi à n’importe quelle heure en centre ville, on n’a pas eu de mal à dénicher une vendeuse ambulante, avec son stand, un peu du même style que les vendeurs de hot-dog de New York. Une femme discutait avec elle. On a commandé. Puis la femme présente a commencé à parler à mon ami à mon propos, et puis fut toute heureuse d’apprendre qu’un français venait visiter la Colombie. Moi qui ne dois connaître en tout et pour tout qu’une poignée de mots en espagnol ai littéralement déliré avec elle alors que l’on ne se connaissait pas. Ceci m’est arrivé un grand nombre de fois durant ces deux mois. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il y a une foule de touristes en Colombie, ce n’est donc pas une attirance bêtasse pour l’étranger. Au risque de me répéter, rencontrez-vous beaucoup de français qui, à Paris ou même dans le Larzac, s’ouvrent aussi facilement à quelqu’un ? Non, parce que nous avons un mode de vie tellement occidentalisé que ça ne nous laisse pas le temps de le faire, et quand bien même on l’aurait, nous ne le prendrions pas. Les colombiens sont loin de tout cela, et ils seront toujours curieux d’en savoir plus sur vous (il y a heureusement – ou malheureusement selon le point de vue que l’on adopte – des gens qui font exception des deux côtés). Sur la côte caraïbe, j’ai rencontré deux vieilles colombiennes qui parlaient un vague français. L’une d’elles, restauratrice, s’est évertuée, pour me faire plaisir, à ne parler qu’en français lorsque je devais choisir un poisson pour mon repas (remarquez, je ne parlais qu’anglais).
Comme tous les pays d’ Amérique du Sud, la Colombie est très empreinte religieusement. On trouve des églises à foison, sans cesse pleines de monde, même en dehors des cérémonies. D’ailleurs, dans la rue, vous tomberez forcément un jour ou l’autre sur une échoppe religieuse, et ça va du classique magasin d’icônes religieuses et de statuettes à l’aménagement dans une alcôve en pleine ville où l’on a des crucifix géants en vente, dignes des cathédrales. Sur les photos montrées aux amis, ça fait sensation ! Architecturalement parlant, on est très proche des églises espagnoles, ce qui est logique. Mais cela n'empêche pas d'avoir une pléthore de style décoratifs et religieux différents, selon les époques et les zones géographiques. La musique est une part importante de la culture colombienne à mon avis. Sans s'arrêter sur Shakira ou Juanes que tout le monde connaît, j'ai personnellement un petit faible pour Andrés Cepeda. La musique, elle est entendu de partout, et spécialement sur la côte, où les airs sont bien sûr typiquement caribéens. Ça me rappelle d'ailleurs une BD de Zep dans laquelle un touriste voyait les fameux groupes péruviens jouer dans chaque pays sur Terre sauf au Pérou. Voilà pour l'anecdote. Un artiste colombien reconnut internationalement est Fernando Botero, dont l'on peut admirer plusieurs de ses œuvres à Monaco par exemple. Je n'accroche pas trop à son style, mais que voulez-vous, l'art ne se discute pas. Si vous êtes comme moi, votre cerveau se retournera sûrement dans votre tête lorsque vous verrez une aquarelle de La Joconde devenue obèse. Parce que le style de Botero est justement de représenter des paysages, portraits, sculptures, aux formes plus qu'arrondies et bien en chairs. Au niveau de la littérature, sans trop en parler parce que je n'ai jamais lu de ses livres, il y a le Nobel de littérature Gabriel García Márquez, une véritable institution là-bas. À la télé, vous ne pourrez pas manquer les soap opéra, indétrônables en Amérique du Sud. Même si je n'ai pas trop regardé la télévision, notamment en raison de la barrière de la langue, je n'ai tout de même pu éviter d'en entendre parler. Pour le reste, rien n'est bien différent de n'importe quel autre pays en ce qui concerne les programmes télévisés. Néanmoins, contrairement à la France, il n'existe que très peu de jeux télévisés.
Je ne savais pas où caser la question de la nourriture. La Colombie, contrairement à une idée répandue au sujet de toute l' Amérique du Sud, n'a pas une nourriture épicée. La base est le riz, et vous n'y échapperez pas, car il remplace légitimement le pain. On mange énormément de produits frais, jamais de conserves, du moins là où j'étais. Les produits congelés ne sont pas très courants non plus. À noter que les repas se font sans eau, et que tout le monde boit du jus de fruit, la plupart du temps maison. En restaurant, donc, sauf si vous le demandez, on ne vous emmènera pas automatiquement de pichet d'eau. J'ai personnellement eu du mal à m'adapter à la nourriture de tous les jours. Les colombiens mangent pas mal de viande, puisqu'elle est bon marché, surtout le poulet. Mais il sera courant d'aller dans des restaurants où certains plats ne comportent que de la viande, sous toutes ses formes, sans aucun légume. En photo jointe, d'ailleurs, vous avez un plat typique et très calorique. Je ne conseille pas le boudin au riz... Peut-être pourrez-vous goûter le capybara (appelé chiguiro là-bas). C'est le plus gros rongeur du monde et c'est absolument fantastique et tendre! Le tamal vaut aussi le détour, bien que ça n'ait pas été ma tasse de thé: au petit-déjeuner, certains paysans mangent ça, du poulet avec de la farine de maïs, de poix, et d'autres choses que je ne connais pas, enroulé dans de la feuille de banane plantain. Cette banane est aussi couramment utilisée en cuisine. Je n'aime originellement pas la banane. Mais je dois avouer que la banane plantain, grosse et verte, se mange très facilement, cuite (car crue, elle n'est pas bonne), en tranches. Souvent, vous aurez d'ailleurs dans votre assiette de la banane plantain, une arepas (galette de maïs nature, fourrée au fromage, etc), un peu de guacamole, de la viande, du riz et des bâtonnets de manioc fris. Ce manioc, j'en ferais des folies! Existent de nombreuses variétés de soupes, dont celle de la capitale, spécialité à base de pomme de terre et de choses ressemblant à des tripes. Je dis "choses" parce que je ne sais pas ce que c'est, je n'avais pas spécialement envie de goûter. Images attachées: Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. | | | À: Eowann · 23 janvier 2013 à 15:57 Re: Récit et expérience de deux mois en Colombie Message 4 de 33 · Page 1 de 2 · 12 864 affichages · Partager 5.Lieux visités et alentours
a. Bogotá
Bogotá est la capitale avec pratiquement 11 millions d'habitants, ce qui veut dire qu'il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde. J'habite à Lyon, et déjà je trouve qu'il y a trop de gens... Imaginez Bogotá ! Le centre-ville est bondé et multiculturel, mêlant colombiens de toutes générations et de tous degrés de vie, touristes de toutes nationalités (américains, et quelques européens : français, allemands et hollandais, les grands voyageurs pour les deux derniers). On retrouve aussi beaucoup d'immigrants équatoriens, parmi les plus pauvres. Ce sont les principaux SDF que j'ai rencontré dans la rue. L'air est sans conteste vicié par l'activité d'une telle métropole. Ceci ajouté à l'altitude peut peut-être en gêner certains, ce ne fut pas mon cas. Reste que la circulation est très dense, et on sent quand même la pollution. Les espaces verts sont abondants, mais concentrés en certains lieux. Il y a une sorte de couronne – si je peux dire – dans laquelle on ressent vraiment l'urbanisme, peut-être à overdose. Mais dans la périphérie, les quartiers se multiplient et sont vraiment agréables. On a beaucoup de pâtés de maisons encadrant de grands emplacements verdoyants. Le jour, les gens s'y promènent, et la nuit, comme intégrés directement dans l'espace urbain, ils sont accessibles et sans risque. Pour en revenir au centre-ville, on trouve tout sur place, bâtiments officiels, boutiques de marque, généralistes et privées. Mon coup de cœur va pour les sortes de marchés couverts ouverts très tard et tous les jours dans lesquels on trouve de très nombreuses boutiques typiques vendant toutes sortes de choses, des souvenirs aux bijoux en passant par les produits locaux. Évidemment – mais ça on ne peut pas y échapper – on est hélés de partout pour acheter tout et n'importe quoi, mais ça reste bon enfant, et les quelques mots que je baragouine en espagnol décourageaient les plus entreprenants.
La culture est très présente à Bogotá, notamment avec les musées. Le Museo del Oro est très intéressant : on y expose une quantité impressionnante d'artefacts des anciennes civilisations, entre autres les Incas ou les Olmèques. C'est très brillant à l'œil, si j'ose dire, je n'avais jamais vu autant d'or concentré en un seul endroit. Mais plus généralement, il y a toute une gamme d'objets et d'ustensiles antiques, des traditionnelles jarres aux pots en terre cuite en passant par quelques rares cas de vêtements. Quelques momies sont conservées et présentées aussi dignement que possible, même si j'estime qu'elles auraient du rester là où elles avaient été trouvées, et non pas montrées derrière une vitre (mais c'est malheureusement le cas de toutes les civilisations et dans quasi tous les musées au monde). Enfin, au dernier étage, ce musée expose quelques œuvres d'art contemporaines. Tout ceci est parfaitement bien conservé et exhibé avec parfois quelques animations ludiques ou démonstratives. L'une des salles du musée est totalement close et plongée dans le noir ; sous nos pieds un authentique trésor s'illumine et dans un jeu de lumière les murs vitrés font briller et miroiter de véritable trésors. C'est difficile à exprimer, mais ça vaut le coup d'œil ! Le Musée National de Colombie a d'intéressant de regrouper dans un seul et même lieu un inventaire de toute la civilisation colombienne, des temps anciens jusqu'au présent. Outre le passé tel qu'on peut le voir dans le Museo del Oro, on voit de rares exemplaires de documents datant de l'époque des Conquistadors, accompagnés de magnifiques maquettes de navires de tous genres. L’histoire de la Colombie y est parfaitement bien enseignée aux novices. Deux autres musées valent aussi le coup d'œil (parmi tout un tas d'autres). Le Musée Botero rassemble une grande quantité des œuvres du maître, mais aussi de quelques autres grands noms de la peinture, comme Dali, Chagall, Picasso et même Renoir. Le Musée de la Monnaie expose quant à lui l'histoire de l'or à travers la frappe de monnaie, expose les diverses problématiques liées à cela à travers l'Histoire, mais possède aussi tout un espace militaire, dans lequel sont exposées d'anciennes armes (toutes époques) ainsi que certains appareils militaires encore en usage il n'y a pas si longtemps (canons anciens et modernes, DCA, avions et véhicules blindés ou non, appareils étrangers dont français et allemands, etc). Mais mon coup de cœur va à la maison nommée Quinta de Bolívar, la maison dans laquelle l'indépendantiste passa la plus de temps. Elle a été gardée authentique depuis le temps, intérieurs comme jardins. La visite de la maison en elle-même est très agréable, et tout a été fait pour qu'on soit comme intégrés à l'univers originel : la table a été mise dans la salle à manger (et quelle table!), le salon lecture semble vivant, et les cuisines, séparées, sont remplies de victuailles. Le jardin est quant à lui fort agréable, et ne ressemble pas du tout au type de jardin européen comme on se l'imaginerait : c'est une mini jungle trouée de chemins dallés au bout desquels on atterri parfois sur une fontaine ou un bassin, voire un potager. Ce n'est pas très grand, au final, mais on se sent coupé de la civilisation extérieure. Les bruits cessent et laissent place aux gazouillis des oiseaux et son de l'eau qui coule entre les pierres. L'élément incontournable de Bogotá est Monserrate. Il s'agit d'un édifice religieux juché en haut d'une des montagnes entourant la capitale. C'est un véritable symbole, et c’eut été un sacrilège de ne pas y aller. Le bâtiment principal est tout entier dévoué à la foi et constamment on y célèbre des messes. C'est un peu le Sacré Cœur de Paris ou la Basilique de Lyon pour nous. Mais la foi a une toute autre ampleur. A l'arrière du cœur, à l'étage, se trouve une sculpture d'un Jésus couché, agonisant et ensanglanté où les priants se pressent (moi qui, dans ma culture française, est plus habitué au Christ sur la croix, était quelque peu surpris). Autour du sanctuaire se trouvent des chapelles, de jolis petits jardins, des restaurants hors de prix et des boutiques religieuses. Si l'on s'aventure plus loin, on se retrouve dans des bois dégagés, et dans une sorte de galerie marchande découverte où j'ai goûté pour la première fois des boissons typiques alcoolisés et méchamment imbuvables, vu des poulets ayant la jaunisse et contemplé la forêt des Andes à perte de vue. L'accès à cet endroit se fait de trois manières possibles. On peut y aller à pied, mais non seulement il faut un temps fou, mais aussi un courage absolu. J'y suis monté en téléphérique : quand on est au pied de la montagne et qu'on voit cet engin accroché à deux petits câbles qui nous semblent ridicules, on se dit qu'on va mourir (oui, je ne fais pas de ski). Le retour s'est fait dans un funiculaire à forte pente, c'est plus lent et plus rassurant !
Je remarque que j'ai faillit oublier de parler de la Candelaria. C'est un quartier typiquement ancien et colonial, dans lequel se promener est un véritable plaisir, en raison de ses nombreuses rues quasi piétonnes et de son architecture. De nombreux restaurants offrent des plats simples et peu chers. Je n'ai pas énormément connu les alentours de Bogotá, néanmoins j'ai quelques exemples de sites intéressants. Je suis allé dans des villages campagnards (du style de ceux de la Haute-Loire avec 300 habitants – que j'aime!), juste après de graves inondations. Une catastrophe boueuse ! Mais j'adore ce type de péripéties et d'actions. J'étais dans la ferme d'un ami, jouant avec les veaux, alors que d'autres avaient de l'eau jusqu'au toit. Le village en lui-même, dont je ne saurais retrouver le nom, possédait une boulangerie, et je n'ai jamais vu des prix aussi bas de toute ma vie. Prendre un café avec un croissant coûte en France les yeux de la tête. Là-bas, je me suis littéralement rempli l'estomac de pâtisseries, de viennoiseries pour 1,50€ ! J'ai aussi souhaité passer une journée au Lac de Guatavita. C'est une horreur pour y accéder tellement la route est longue et sinueuse, mais l'endroit est sympathique. La légende raconte que la légende de l'Eldorado est née de là, puisque les indigènes y célébraient un culte à une déesse pour lequel on déversait des quantités impressionnantes d'or et un prêtre nommé l'El Dorado s’immergeait totalement revêtu d'or. Aujourd’hui, la fouille sauvage est bien entendu interdite aux alentours, d'autant plus que les Conquistadors avaient créé un canal pour vider le lac et le piller des éventuelles richesses qu'il enfermait. Un autre site intéressant est celui de Pont de Boyacá, célèbre endroit ayant vu la victoire de Simón Bolívar sur les espagnols le 7 août 1819. C'est un lieu rempli de connotations et fidèlement inscrit dans la culture colombienne. On y trouve plusieurs statues dont une monumentale représentant le libérateur entouré d'allégories, un arc de triomphe, un obélisque, des chapelles où l'on célèbre des messes, et une flamme éternelle entourée des drapeaux des pays d' Amérique du Sud qu'il a libérés. Pour finir, j'ai visité un lieu sacro-saint : la Catedral de Sal de Zipaquirá. Originellement, c'était (et c'est toujours) une mine de sel. Mais depuis des décennies des mineurs ont, pendant leur temps libre, créé une véritable cathédrale dans la roche même. C'est tout bonnement splendide. Des salles entièrement voûtées, des chapelles par dizaines à travers un chemin de croix grandeur nature, sans compter deux immenses nefs et chœurs qui rivalisent avec les cathédrale en dur : tout ceci fait de la main de l'Homme, c'est juste impressionnant et incroyable. Des gens s'y marient d'ailleurs et des messes y sont célébrées. Les visites, optionnelles, nous font aussi découvrir le travail des mineurs, les techniques anciennes et actuelles, et des trésors de la nature comme une cascade de sel gigantesque. Un cinéma 3D nous explique enfin comment le sel est extrait, transporté et raffiné pour finir dans nos assiettes (le sel de mine est consommable là-bas). Port du casque et allumage de la lampe frontale obligatoires ! Images attachées: Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. | | | À: Eowann · 23 janvier 2013 à 16:03 Re: Récit et expérience de deux mois en Colombie Message 5 de 33 · Page 1 de 2 · 12 850 affichages · Partager b. Villa de Leyva
Cette ville est tout bonnement ultra agréable à vivre. J'y suis allé au début et j'ai voulu y retourner à la fin de mon séjour, et à chaque fois c'était une redécouverte. On a l'impression qu'elle est restée figée dans le temps, un peu comme les vieux villages provençaux ou corses, où la ville semble être la même depuis des générations. Point de bâtiment ultramoderne qui dénature le site, même malgré la quantité de touristes. Il y a donc à Villa de Leyva pas mal de boutiques et de restaurants, mais les deux restent assez typiques, proposant des produits qui paraissent éloignés du grand commerce touristique et une alimentation régionale (bien que la première fois, j'y ai mangé des spaghettis à la carbonara... ça me manquait trop). Le village n'est pas énorme ni densément peuplé, à peine 6000 habitants, si bien qu'on est jamais dans un bain de foule, sauf au sortir de la messe sur la place principale... La religion, comme partout, tient une place prépondérante. De mon point de vue, hormis les étrangers tels que moi qui se remarquent immédiatement, je n'avais pas l'impression que c'était très touristiques. Mais mon ami colombien m'a bien fait remarquer que bon nombre des gens n'étaient pas de la région. La grande place principale est entourée de bâtiments sûrement issus de la colonialisation, du moins d'inspiration hispanique. Ce qui est plutôt amusant, c'est l'animation qu'il y règne, et que j'ai également retrouvée à Bogotá, notamment des vendeurs de maïs, non pas destiné à la consommation, mais plutôt un attrape-touriste. Et oui, il est permit de nourrir les pigeons qui peuplent la place en leur lançant des graines – et bien sûr, ce ne sont pas les colombiens qui s'amusent à faire ça. Aller dans les petites ruelles est fort sympathique. Les touristes y vont moins, et ratent probablement de belles prises de vue pour les amateurs de photographie, ou tout simplement de belles promenades, durant lesquelles on tombe sur de belles surprises, comme un véritable café parisien. Qui s'attendrait à tomber nez à nez sur ce genre d'établissement au milieu de la campagne colombienne? Évidemment, j'y ai fait une halte, pour boire un coup et manger des croissants. On aurait presque pu se croire à Montmartre sur la Place du Tertre, puisque le patron exposait aussi des tableaux et œuvres d'art de toutes sortes. J'avais aussi remarqué dans une autre ruelle un véritable restaurant français, avec à la carte, escargots, foie gras et grenouilles. Le prix élevé de sa carte m'a fait renoncer à y manger le midi. Nous avons peu après souhaité nous éloigner un petit peu plus du centre, pour commencer à atterrir sur des sortes d'enclos de bétail et des zones moins agréables visuellement, non pas qu'elles étaient moches ou dangereuses, mais plutôt qu'elle n'avait pas d'intérêt à être visitées.
Villa de Leyva est traversé par une petite rivière. Le village est en pente douce, mais la rivière suit une trajectoire que j'appellerais plate. C'est à dire que sur les points les plus hauts de Villa de Leyva, elle est comme encaissée entre les maisons et inaccessible à pied : des sortes de petites gorges creusées avec le temps. Mais dans les parties les plus basses du village, avec notamment l'accès par un petit parc, elle affleure plus à découvert et surgit au niveau du sol. C'est très joli, et en beaucoup d'endroits existent de petits ponts. Les maisons qui se trouvent sur les pourtours de la rivière, dans la partie haute, sont dotées de larges balcons fleuris qui la dominent. Je crois me souvenir que certains restaurants en disposent, mais nous n'avons pu en profiter par manque de budget. Néanmoins, si vous en avez la possibilité et le temps, il peut être agréable de s'arrêter quelques instants dans l'un des nombreux bars qui disposent d'une terrasse intérieure ombragée. Ce n'est bien sûr pas quelque chose de typiquement colombien, mais c'est une halte relaxante. J'ai bien sûr omis de parler des fameux bus colombiens, de ceux que l'on voit sur les photos. J'en ai vu un à Villa de Leyva, bariolé de ces fameuses couleurs vives et qui attirent l'œil. Peut-être n'était-ce jamais ni le bon jour, ni la bonne heure, mais je n'ai pas pu y monter pour aller faire un tour. Ils correspondraient tout simplement à nos bus de visites touristiques dans nos grandes villes, ceux que l'on prend quasiment jamais (pour ma part c'est le cas). Il fallait sûrement se renseigner dans un office de tourisme, et je ne saurais dire quel était le planning de ses visites ou son tracé de route.
Cela me permet – ou pas – de faire une transition sur la campagne environnante. Villa de Leyva est littéralement perdu au milieu d'un semi-désert rocailleux et de quelques végétations jamais bien hautes. Les alentours sont connus dans la région pour une chose : la paléontologie. En effet, de nombreux ossements de dinosaures ont été mis à jour depuis quelques décennies, et il suffit de se baisser sur le sol pour trouver des fossiles d'amanites ou de crustacés datant de je ne sais combien de millions d'années. À proximité de Villa de Leyva existe d'ailleurs un petit parc mi-attraction mi-culturel dans lequel évoluent des répliques grandeur nature de dinosaures. Je suis par contre allé sur un autre site nommé El Fossil où a été retrouvé en 1992 un kronosaurus, une prédateur marin du crétacé. C'est un lieu intéressant, où l'on peut voir son squelette en bon état (fossilisé bien sûr), mais aussi de nombreux fossiles d'autres espèces. Et puis la petitesse du musée et le fait qu'il soit un peu dans la campagne, sans rien autour, vous laisse tranquillement seul à l'intérieur. Si vous aimez les fossiles, mais avez la flemme de marcher dans la rocaille pour en trouver, vous pouvez toujours en acheter aux gens qui marchent sur les chemins. Ils en ont la plupart du temps sur eux et les vendent. Et puis ils seront de bien meilleure qualité que ceux que vous pourriez trouver – j'ai bien comparé avec les miens, il n'y a pas photo au niveau de la beauté – sauf si vous avez une chance inouïe. Il est juste dommage que leur prix soit assez cher, mais ils doivent bien trouver des bénéfices a en retirer... Un autre site non loin, cette fois-ci pour les amateurs d'archéologie, est celui de Monquirá, nommé El Infiernito. C'est un ancien site indien dans lequel l'on peut observer quelques tombes et un observatoire astronomique. La particularité du lieu est que tout est fait sous la forme insolite de phallus. Les hommes du mésolithique européen construisaient des menhirs, ici on construisait des phallus. C'est un site à ciel ouvert, sans bâtiment de musée, donc ne vous attendez pas non plus à voir des parures ou des objets quelconques préservés. S'ils ont été retrouvés, ils sont sûrement dans d'autres localités.
Et enfin, le plus beau village qu'il m'ait été donné de voir en Colombie, est Ráquira, pas très loin non plus. Il est surnommé « Le village des pots », et ce surnom prend toute sa valeur lorsque l'on se retrouve là-bas. Ce ne sont que successions de boutiques et d'artisans dont la manufacture est entièrement tournée vers les produits de la terre cuite et de la céramique artisanale. Et le point qui à mes yeux est le plus important est le fait que tous les produits étaient fabriqués sur place, et non importés d'ailleurs (Exemple contraire : à Bogotá, j'ai acheté une statuette de Sainte Barbe que mon père recherchait depuis longtemps. En France, nous avons vu qu'elle était fabriquée en Italie. Mondialisation, quand tu nous tiens). En réalité, où que vous alliez en Colombie, la très grande majorité des objets manufacturés en terre cuite proviennent de ce village où n'existe aucune usine, et ça c'est juste super! Il semble qu'il y ait plus de 10.000 habitants dans ce village, soit bien plus que Villa de Leyva, bien que le paysage ne le laisse pas suggérer : une petite place centrale, quelques ruelles, et des maisons éparpillées dans la campagne. Par contre, c'est de toute beauté. Les façades colorées des maisons sont aussi décorées à la limite de l'excessif de toutes les sortes d'objets inimaginables que l'on peut fabriquer avec un peu d'argile et de l'eau. J'ai ramené une quantité incroyable de souvenirs de Ráquira, l'une de mes valises n'était d'ailleurs remplie que de pots et de cloches en terre, de plats typiques en céramique noire, de mobile à pendre, de masques indiens, et même de hamacs : on trouve de vrais hamacs à des prix absolument compétitifs, il est juste dommage qu'ils soient en laine de mouton et non en laine d'alpaga ou de lama (mais bon, nous ne sommes ni en Bolivie, ni au Pérou). Bon, dans ce village, dépenser des sous dans des souvenirs ou des décorations n'est pas la seule chose à faire, heureusement. On y rencontre beaucoup de personnes très sympathiques, des campagnards qui ont à cœur de parler avec des étrangers. Aussi étrange que cela puisse être, et malgré la proximité avec le très touristique village de Villa de Leyva, Ráquira semble assez préservé des flots de tourisme. Je peux aussi mettre ça sur le compte du fait que j'y suis allé hors période touristique. Pour preuve, par sécurité (et j'ai bien fait), j'ai du réserver une chambre dans une maison d'hôte quelques semaines avant de venir. Pourquoi ? Non parce que je pourrais ne plus avoir de place, mais au contraire, pour qu'elle soit ouverte. En fait, sur les lieux existent beaucoup de propriétaires disposant de vastes maisons qu'ils font garder par de petites familles. En échange de l'hospitalité dont elles bénéficient, elles doivent accueillir à tout moment de l'année les visiteurs de passage. J'ai donc atterri dans une grande maison aménagée, disposant de plusieurs chambres et d'une immense salle transformée en réfectoire/restaurant, un mixe entre les deux. Nous étions deux clients, avec une famille de cinq personnes pour nous servir. Le pied. Lorsque je suis arrivé, impossible de les trouver, j'ai du aller dans un recoin du jardin où ils étaient en train de s'occuper des poules, c'était un peu drôle, nous qui sommes sûrement plus habitués à trouver la porte grande ouverte des chambres d'hôtes ou des hôtels en France, avec un accueil très personnalisé. Néanmoins, ils étaient aimables et gentils et répondaient au quart de tour aux problèmes. Dans ma chambre, l'eau de la douche était glaciale. Ils ont allumé un chauffe-eau rien que pour moi, puisqu'ils sont eux habitués à prendre des douches froides (et ils le préfèrent d'ailleurs). Pour le prix dérisoires que j'avais du payer, je n'allais pas faire mon capricieux, c'est clair, mais ils ont fait ce geste. De toute manière, si l'idée vous viens d'aller dans les environs, vous ne trouverez pas d'hôtel il me semble, sauf à Villa de Leyva. Mais aucun soucis, les gens sont ultra-agréables, je ne le répéterais jamais assez ! Le mieux est même de trouver une auberge ou un hôte à quelques distances des villages, pour avoir le loisir d'y aller à pied et de profiter de la campagne et des beaux paysages. Images attachées: Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. | | | À: Eowann · 23 janvier 2013 à 16:18 Re: Récit et expérience de deux mois en Colombie Message 6 de 33 · Page 1 de 2 · 12 847 affichages · Partager c. Santa Marta
J'ai passé trois semaines dans les environs de Santa Marta. Arrivé sur place, sur la côte caraïbe, le plus gros choc que j'ai eu fut la température. Contrairement à la capitale, il fait très chaud, jusqu'à 40°C. Une fois sorti de l'avion, le changement d'atmosphère est impressionnant, et on met du temps à s'y faire. Un autre point qui ne doit pas être négligé, du moins pour moi qui arrivait de Bogotá, est le changement d'altitude. La capitale est haute perchée en montagne, et d'un coup on atterri à Santa Marta, là où l'on est au niveau de la mer. J'ai donc passé plusieurs heures chaque jour allongé sur un lit sous un ventilateur plafonnier et une climatisation portable à mes côtés. Mais ne vous inquiétez pas, j'ai largement profité de mon séjour et ne suis pas non plus resté cloîtré dans un appartement alors qu'existaient tant de choses à découvrir à l'extérieur.
Santa Marta est une grande ville, assez touristique, à l'architecture résolument colonialiste, notamment car il s'agit de la toute première cité fondée par les conquistadors lors de leur arrivée en Amérique du Sud. Sa taille importante fait aussi qu'elle dispose de nombreux bâtiments administratifs de prestige. Un moment intéressant est celui des marchés. Inimaginable. Santa Marta a la particularité d'être un important port, non pas de pêche mais de commerce. Les commerçants peuvent donc apparemment vendre des produits d'importation détaxés. Personnellement, je ne remarquais pas les prix, mais mon ami colombien l'a bien approuvé. Vous avez donc une multitude de marchés sur des centaines et centaines de mètres, certains couverts, d'autres non, boutiques permanentes ou simples vendeurs ambulants. C'est simple, vous pouvez tout trouver, du vendeur de lacets (oui oui!) jusqu'au vendeur d'informatique de pointe. Mais hormis cette architecture et ce commerce florissant, l'animation de Santa Marta n'est pas très enjouée le soir venu. Peut-être était-ce parce que je ne logeais pas ici même mais bien plus loin (je vais en parler ensuite), donc ne restait pas si tard que ça le soir, ou que je ne connaissais après tout pas chaque coin de la ville. Toujours est-il qu'en journée ou en début de soirée, sur la grande promenade, la seule chose à faire est de se poser à la terrasse d'un bar. C'est à Santa Marta que j'ai découvert ce qu'était une limonade, une vraie. Je ne pourrais même pas vous le décrire, ça n'a absolument rien à voir avec l'idée que l'on se fait de la limonade. Ils font ça comme un cocktail, à l'ancienne, et tout arrive dans un verre, pilé et broyé. Je reviens en arrière : pourquoi s'arrêter à une terrasse ? Parce que se baigner sur la grande plage est tout bonnement impensable. D'une part, si elle s'étale en longueur, elle n'est pas très large et c'est désagréable par manque de place. D'autre part, le sable et l'eau sont très sales. Deux raisons à cela : la proximité du port, donc des pétroliers et des cargos, et un fait qui m'a extrêmement déçu, celui de la municipalité qui pour je ne sais quelle raison ne nettoie pas les innombrables déchets qui jonchent le sol. Sur place, vous pourrez donc voir qu'aucun touriste ne s'y baigne et que seuls les habitants de la ville se jettent à l'eau. Nous avons voulu pousser l'exploration plus à l'Est, en suivant la plage, car au loin, à flanc de montagne, se dessinait une plage ma foi fort attractive. Mauvaise idée. Les quartiers Est de Santa Marta sont les quartiers défavorisés. Nous sommes arrivé dans une sorte de petit marécage où traînaient des jeunes qui nous ont gentiment fait comprendre qu'on devait rebrousser chemin et que nous n'avions rien à faire ici. Mais aucun soucis pour les amateurs de baignades, il existe beaucoup d'autres sites attractifs.
Là où nous avions posé nos valises était une localité rattachée à Santa Marta, mais portant le nom d'El Rodadero. Les plages sont ici très agréables, et pas si bondée que ça, même si les lieux sont les pôles attractifs pour les touristes colombiens et parfois étrangers. L'eau est si agréable que l'on ne veut plus en sortir jusqu'au coucher du soleil. Le soir, la vie y est bien plus animée. On n'échappe pas aux traditionnelles boutiques ouvertes jusqu'à très tard, attrape-touristes bien sûr. Mais se promener sur la plage la plus au Nord le soir est fantastique. C'est littéralement bourré d'animation. Énormément de gens s'y prélassent, chantent, jouent des instruments de musique (la guitare bien sûr, indémodable sur les plages), voire s'y baignent. Il y a bien sûr ceux qui boivent et qui ont réussi à me faire avaler un verre entier de whisky cul-sec... Et le point le plus positif dans toute cette ambiance, c'est qu'aucun grand restaurant, ni aucune grande chaîne de magasin, ne s'accapare cette masse grouillante d'enjoués. La vente ambulante, encore une fois, domine tout. Je n'ai pas eu la possibilité de visiter l'aquarium de la ville, dont une partie se trouve en extérieur, dans des bassins aménagés pour les poissons, raies et tortues de mer qui peuvent vivre sans protection particulière. Mais là où a été aménagé un canal se trouve un sanctuaire pour les iguanes, protégé donc inaccessible. Mais pour être allé sur ses abords plusieurs fois, vous en verrez tout le temps, et les restaurateurs proches se font une joie de les nourrir des restes des fruits et des épluchures. C'est impressionnant de voir l'intelligence de ces animaux, triant certains fruits comme les ananas, pour les laisser pourrir et les consommer plus tard. Étant donné la proximité des grillages avec les arbres (ces créatures sont aussi arboricoles et grimpent aux branches à une vitesse!), certains sautent en dehors de la réserve. C'est cool pour les voir d'encore plus prêt mais malheureusement dangereux pour elle : sur les routes, ce ne sont pas des hérissons que l'on trouve écrasés, mais des iguanes. Ils sont, heureusement, loin d'être en voie d'extinction en Colombie (ce n'est quand même pas une raison, oui). Une journée, nous sommes allés à Taganga, une autre localité rattachée à Santa Marta, plus au Nord. C'est tout petit, un peu touristique, mais de toute beauté. Ayez l'idée de vous acheter masque de plongée, tuba et palmes. L'eau est très claire et très poissonneuse. Les poissons sont jolis et changent un peu des sardines et maquereaux. J'en ai personnellement profité pour ramasser quelques beaux coquillages au fond de l'eau. Pour le repas, il est sympathique de manger dans un restaurant bordant le sable. On y choisit son poisson du jour, frais pêché du matin même (on peut même voir les pêcheurs avec leurs filets). J'avais eu la chance de tomber sur une colombienne qui parlait un peu français et a donc facilité mon choix devant l'étal de poissons prêts à être cuisiner pour ses clients.
Je passe, parce que j'aurais beaucoup de choses à dire encore, et je dois parler du Parc Tayrona. Ah... Le Parc Tayrona est absolument à voir si vous passez dans la région. C'est un parc naturel protégé regorgeant d'espèces animales et végétales et de plages paradisiaques. Pour arriver sur place, il vous faudra prendre le bus et payer l'entrée. Un conseil, emmenez votre carte étudiante si vous en êtes un, ou tentez de négocier le prix d'entrée : c'est assez cher pour les touristes en comparaison des natifs, à moins de disposer de réductions. Une fois l'entrée principale passée, des voitures ou mini-bus vous attendent pour vous avancer sur le chemin si vous le souhaitez, car la route est longue avant les premières plages. Au bout d'un moment, la route cesse, et ne reste qu'à compter sur vos pieds. Mais aucun risque de vous perdre pour l'instant, beaucoup de personnes passent par là. Nous avons pour notre part préféré choisir un autre moyen de locomotion : le cheval. Comme nous ne nous y connaissions pas spécialement en équitation, nous avons eu un accompagnateur. Mais aux dernières nouvelles, vous pouviez y aller seul sur le dos de votre canasson (certains endroits sont escarpés ou étroits, l'accompagnateur est quand même conseillé). Au bout d'une bonne heure à s'être fait massacrer les fesses par manque d'habitude, nous sommes arrivés sur une première plage, où nous avons du abandonner nos montures. Ce fut la plage d'Arrecifes. Immédiatement, d'un qu'un pied a été posé sur le sable, un panneau nous averti dans toutes les langues que la baignades est dangereuse et déconseillée, en raison des fortes vagues et des courants. Exposée en plein vent, il est vrai que l'eau a un aspect violent. Le voyageur ne s'attarde donc pas trop sur cette plage, à moins qu'il ne veuille courir après les crabes. De plus, quand j'y suis allé, au moment où nous avons débarqué sur cette plage, le temps n'était pas au beau fixe. Nous continuons notre chemin en longeant la côte, franchissant à quelques endroits des rochers, par d'autres moments en marchant un peu dans la jungle, pour accéder à la plage de La Piscina. Elle porte ce nom car elle forme une sorte d'enclave entourée de récifs barrant les vagues. L'eau y est donc bien calme en comparaison de la précédente. Le site est aussi connu pour ses coraux et son incroyable faune aquatique (masque, tuba et palmes, encore!). Vu que le temps était encore un peu tristounet, on y a fait une brève halte pour manger le midi, et parce qu'il restait encore pas mal de marche avant d'arriver à notre destination finale : la plage de Cabo San Juan de Guia. Le soleil ayant entre temps fait son apparition, j'ai voulu jouer au brave et passer de plages en plages en faisant l'acrobate sur les rochers au bord de l'eau. Si bien qu'au bout d'un moment je me suis retrouvé comme un imbécile entouré de roches insurmontables. Donc demi-tour pour ravaler sa fierté et suivre les sentiers classiques. Nous avons marché une bonne demi-heure à travers la jungle, en maillot de bain, comme des touristes des plus basiques. Je me suis fait bouffer les pieds par de grosses fourmis et piquer par je ne sais quels insectes (marcher pieds nus dans la forêt en même temps, c'est normal). Vers la fin de la marche, une immense clairière dégagée nous accueille avec des centaines de trous au sol. Mais qu'est-ce donc ? Oh, juste des terriers de crabes terrestres qui courent dans tous les sens ! Enfin arrivés sur notre plage finale. Immédiatement, nous allons à la première paillote sur notre chemin, celle qui est chargée de trouver des places pour dormir aux visiteurs. Deux solutions sont possibles : payer un emplacement pour poser une tente, ou louer un hamac dans une grande paillote. Nous avons pris la seconde option, qui nous paraissait fort attrayante... En s'y prenant à l'avance, nous aurions pu louer via Internet un hamac dans une petite paillote juchée sur un promontoire rocheux dans l'eau. Mais évidemment, ils sont pris d'assaut. Je pense qu'il est aussi possible de dormir à la belle étoile, sans rien payer, mais bof. La plage dispose de commodités tels toilettes, douches, restauration basique et petite boutique vraiment vraiment basique (bouteilles d'eau, quelques conserves pour les campeurs, biscuits, etc). Un service de prêt de livre est à disposition : pour info, un seul livre français : Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. L'environnement est paradisiaque. Le sable est blanc, l'eau excellente. Dès l'après-midi, le soleil était radieux. Une bien agréable farniente. La plage est coupée en deux par un ruisseau venant de la montagne, où l'eau est plus froide pour se rafraîchir. De nombreux cocotiers poussent ça et là, et si vous êtes comme moi, vous pouvez tenter – je dis bien tenter – de cueillir une noix de coco. Et lorsque vous vous résoudrez et admettrez que non, vous n'êtes pas un singe qui sait grimper aux palmiers, vous en prendrez une au sol et passerez deux heures à tenter de l'ouvrir. D'abord, enlevez la bourre (sans couteau, impossible selon Wikipedia, possible pour moi... en deux heures, à mains nues, avec des cloques). Puis vous cassez la noix de coco sur un rocher, buvez le bon lait, et croquez dedans. Ce fut notre repas du pauvre. Toute la journée, de vrais indiens descendent de la montagne pour vendre aux touristes quelques artisanats typiques. La nuit fut tout autre chose. Je rêvais depuis longtemps de passer une nuit dans un hamac. Quelle idée saugrenue. Je me suis réveillé le lendemain tout courbaturé et piqué sur tout mon corps malgré ma moustiquaire. C'était de plus le jour de notre départ. Deux jours sont trop courts. Comme je suis passionné d'archéologie, je n'ai pas voulu reprendre le chemin de notre venue mais tenter une percée à travers la jungle, sur des sentiers peu pratiqués, pour rejoindre un site nommé Pueblito. Il s'agit de la reconstitution à partir de traces archéologiques d'un village indien typique. Nous avons donc suivi le chemin principal qui s'amenuisait petit à petit et se perdait. Au bout d'un moment, seuls dans la jungle et ayant marché pendant déjà vingt bonnes minutes, plusieurs embranchements sans indications pouvaient être suivis. Nous avons pris au pif, un peu par crainte (plus tard, nous avons appris que les autres menaient à d'autres plages, donc ce n'était pas catastrophique). Et là, le vrai calvaire débute. On marche, on marche, encore et toujours. Puis on grimpe, on escalade, on traverse des ruisseaux. Et on tombe sur de gros vers colorés, sur des araignées pas bien belles, des grenouilles venimeuses. Et au bout de deux heures de marche à crapahuter et d'interminables escaliers anciens à monter, on voit enfin la fin : le village indien. On en fait vite le tour, s'octroyant une pause d'une demi-heure. La journée était déjà bien avancée, et nous ne savions pas quelle distance il nous restait à faire avant d'atteindre la sortie du parc. Nous avons repris notre route à travers la jungle, et là, horreur. Une caverne à passer. Avec ma phobie des tarentules, j'ai regardé mon ami et ai dit « non merci, plutôt crever que de passer là-dedans et me faire bouffer par ces bestioles ». Il a traversé dans le noir, me laissant en plan. Moment de solitude. Je réfléchi aux options. Il y avait un autre chemin : passer au-dessus de la caverne. Je regarde et voit un bon mètre de fougères et autres végétations. Et je me suis dit qu'au final il y avait peut-être autant de chances de croiser des mygales dans cet enchevêtrement de végétaux que dans la caverne, et puis en courant dans le noir, je ne les verrais pas au moins. J'ai couru, j'ai crié, je suis passé. Une marche interminable s'ensuivit, et je vous promet que ce n'est pas de tout repos. Le ciel s'assombrissait, et je n'avais qu'une hantise, c'était de passer la nuit dans la jungle. Le Parc Tayrona ne renferme aucun grand prédateur, mais quand même. Un moment, nous sommes passés en surplomb d'une immense combe encaissée d'où sortaient des cris rauques et un peu flippant (une fois rentré, j'ai su qu'il s'agissait de singes hurleurs). Parfois, des panneaux sont placés pour indiquer combien de kilomètres de marche il reste. Et tout le temps, en les lisant, on pleurait ! À mi-chemin, nous avons eu la chance de croiser une vraie habitation indienne et ses occupants. Mais pour ne pas les déranger – ou le moins possible – nous avons bien sûr continué notre chemin. Enfin, six heures après notre départ, nous avons posé nos fesses dans un bus, crevés comme pas possible, en n'ayant marché que trois kilomètres. Ça fait pas un bon ratio kilomètre/heure.
Donc quelques conseils rapides pour le Parc Tayrona : - Y aller sur au moins deux jours, et encore, c'est un peu court. Beaucoup d'autres plages existent et sont à découvrir avec un peu de temps. - Prendre de bonnes chaussures de marche, ça nous a cruellement fait défaut. - Ne s'encombrer que du minimum, et privilégier les vivres pour ne pas avoir à en acheter sur les plages : ils profitent pour faire des prix assez élevés, même pour les bouteilles d'eau. - Admirer les paysages, ce n'est pas tous les jours que l'on voit ça. Si vous avez de la chance, vous verrez quelques animaux autres que les insectes (aras, phacochères, singes ou oncilles). Images attachées: Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. | | | À: Eowann · 23 janvier 2013 à 16:20 Re: Récit et expérience de deux mois en Colombie Message 7 de 33 · Page 1 de 2 · 12 837 affichages · Partager 6. Transports
Aïe. Sujet douloureux pour moi. Les transports en ville sont juste affreux, non pas que ce soit mal desservi, mais plutôt parce que c'est bondé. À Bogotá, je conseille personnellement le taxi, pour des raisons de commodité. En effet, ils desservent chaque recoin de la ville et parfois même un peu l'extérieur, pour un prix qui reste ma foi fort modeste et abordable, sans oublier la tranquillité que cela procure. Attention, néanmoins, à quelques chauffeurs zélés qui vous feront froid dans le dos par leur folle conduite. Combien de fois me suis-je presque pissé dessus ? On doit peut-être mettre ça sur le compte de la conduite en Colombie qui est généralement dangereuse. Alors qu'en France, le piéton a la plupart du temps la priorité ou est protégé par la loi contre le véhicule, puisque plus fragile, en Colombie ce n'est pas le cas. Par habitude – mauvaise évidemment –, je traversais les rues n'importe où. Et bien si vous êtes en plein milieu de la route et qu'une voiture arrive au loin, elle ne cherchera pas à s'arrêter, elle klaxonnera jusqu'à ce que vous ayez décidé de dégager le passage. J'ai voulu tenter le Diable et rester planté au milieu de la voie comme un con, par défi. Je me suis fait insulter par mon ami qui m'a vite enlevé de là : apparemment l’automobile ne se serait jamais arrêtée... Si pour X raison vous ne voulez ou pouvez pas prendre le taxi, la ville est sillonnée par des bus dont le tracé est absolument incompréhensible pour le commun des mortels, un peu comme le métro de New York. Les bus arborent des couleurs, des formes et des pancartes différentes précisant qu'ils vont à tel ou tel endroit. Bien sûr, vous avez le bus bleu foncé qui ressemble au bus violet clair, avec une même pancarte, mais sur un tracé différent, donc vous aurez une grande chance de vous perdre ! Néanmoins, grand grand avantage : vous montez et descendez quand et où vous voulez. Il n'y a pas à dire, ça évite de courir comme un déjanté jusqu'à un arrêt de bus pour le voir filer sous vos yeux. Le prix reste faible et est à payer directement au chauffeur, car il n'y a pas de ticket, seulement une sorte de tourniquet à l'intérieur qui comptabiliser le nombre de passagers. Honnêtement, je pense que beaucoup de personnes fraudent par période de pointe, mais je ne me serais pas risqué à cela, parce que d'un le prix est faible, et de deux je n'aurais pas voulu recevoir les foudres du conducteur. Au cours des trajets, il y a de grandes chances que des vendeurs ambulants montent dans le bus, mais rien de bien extraordinaire. La capitale n'a malheureusement pas de métro, ce qui est bien dommage étant donné sa grandeur. Un projet de construction est en train d'aboutir et d'ici quelques années ce sera chose faite. Ça rend les trajets d'un point à l'autre de la ville très long et difficile supportable lors des heures de pointe. J'ai par exemple passé 1h30 dans un même bus un soir de semaine pour relier deux points opposés, c'est juste horrible. Il existe bien le TransMilenio, un double bus rouge qui dessert de grandes zones. Mais le problème du monde reste le même, et j'ai préféré ne pas l'attendre, d'autant plus que cette fois-ci, il stoppe à des arrêts précis. Le prix est légèrement plus cher, mais pour la rapidité, vous êtes gagnant puisqu'il ne s'arrête pas à la volonté des passagers. Sinon, il vous reste encore la possibilité d'être transporté charitablement par un usager, un ami ou avec une voiture de location, mais ce serait littéralement de la folie pure étant donné le trafic et les fous du volant. Et je ne suis pas sûr que vous y gagneriez en temps. Vous auriez par contre le plaisir, aux feux rouges ou dans les bouchons, de regarder des clowns, des danseurs acrobatiques, des jongleurs, à la recherche d'un peu de sous, ou encore une fois des vendeurs ambulants qui accrocheront leurs denrées sur votre vitre ouverte et les récupéreront plus tard si vous ne voulez pas les acheter (mais c'est bien pratique en cas de petite fringale).
Pour vous écarter de la ville, si vous ne disposez pas de véhicule personnel, les réseaux de bus sont assez bien développés. À Bogotá, il existe une centrale (peut-être plus, je ne saurais dire) de bus confortables avec tickets à acheter en avance ou sur place. Ils permettent de se rendre partout dans le pays (comptez 18h pour Santa Marta quand même). Nous en avons profité pour aller à Tunja, escale pour Villa de Leyva, pour une somme d'environ 18.000 pesos si je me souviens bien. Virages de montagnes + bus vieillot + chauffeur zélé = panique intérieure. Mais vous survivrez. À Ráquira, pour le retour, nous avions de nouveau un bus de qualité, climatisé et confortable, ce qui rend le trajet quand même bien plus agréable.
Pour carrément aller dans d'autres grandes villes, le bus est possible, mais étant donné la distance, les routes et le temps, préférez l'avion si vous en avez les moyens. Il est vrai que les prix sont un peu chers. Il n'existe en effet pas de compagnie lowcost en Amérique du Sud, à ma connaissance, et du moins en Colombie, le monopole de la desserte intérieure est détenu par Avianca. C'est une compagnie d'extrême qualité et je le clame haute et fort, de meilleure qualité qu'Air France, sans aucun doute. Un exemple tout bêta : les écrans pour les films. Lorsque j'ai fait mon vol Paris- Bogotá, j'avais un tout petit écran de télévision sur mon siège (quand je dis petit, c'est très petit). Avianca propose dans tous ses avions, même pour des vols en classe éco d'1h30 comme celui que j'ai pris pour Santa Marta, des écrans plus grands que ceux que l'on trouve en Première chez Air France. J'étais sur le cul. Ce n'est qu'un détail, certes, mais ça me scotche encore...
Donc en gros, je conseille l'avion pour les grandes distances, le bus pour les moyennes et le taxi pour les petites. Mais cela se fait bien sûr suivant le budget de chacun. Notez que le train n'existe presque pas en Colombie et qu'il est uniquement destiné au transport de marchandises (la difficulté de percer les Andes en est la raison). Sur la côte, il est possible de relier certaines îles via des bateaux, mais je ne saurais en dire plus, je ne l'ai pas fait. Au Sud, vers une ville qui s'appelle Leticia, vous avez l' Amazone. Vous pouvez prendre des bateaux typiques, avec hamacs, qui vous emmèneront au Pérou ou au Brésil, pour des sommes modiques.
7. Coût de la vie
10.000 pesos = 4,20 euros (01/2013) Le fait que mon séjour date désormais de pas mal de temps me fera douter de plusieurs points concernant ce sujet. Donc je ne m'étalerais pas trop sur ce dont je ne suis pas certain. De manière générale, pour un touriste, le coût de la vie restera relativement faible. Ce n'est pas pareil pour un colombien – et je ne parle pas de niveau de vie. La différence se joue dans les équipements et produits de pointe, dont le touriste n'aura pas besoin, tels voitures, home cinéma, etc, parce que le pays les importe. Pour vous, le soucis sera le logement, la nourriture, les transports et les loisirs, principalement. Le logement, je ne saurais trop vous dire combien coûte un hôtel, tout simplement parce que j'étais hébergé à titre gracieux. Dans des zones semi-touristiques, je pense par exemple à Ráquira, la chambre et le petit-déjeuner vous coûteront entre 12.000 et 20.000 pesos, ce qui reste pas trop cher. Sur la côte, j'étais une nouvelle fois hébergé, donc je ne saurais dire. Concernant la nourriture, manger en extérieur n'est vraiment pas cher, et vous aurez tous les prix, de hot-dog à 2000 pesos jusqu'au restaurant de luxe. Mais en moyenne, pour 10.000 pesos, vous mangerez bien. Évitez les chaînes de restauration internationales qui coûtent un bras. Par exemple, chez McDo, le prix d'un menu est 1€ moins cher qu'en France... Ce n'est pas très rentable, et vous mangerez mille fois mieux ailleurs (bien qu'ils aient une sauce Pesto d'un délice!). Sur la côte, bien sûr en raison du tourisme, les prix en restaurant sont légèrement plus élevés, vous pouvez compter en moyenne 20.000 pesos le poisson frais dans le fameux restaurant de plage dont je vous parlais plus haut. Si vous souhaitez cuisiner vous même, vous pouvez vous rendre dans les nombreuses épiceries que vous trouverez de partout, ou bien à Carrefour ou à Exito, les deux grandes chaînes d'hypermarchés. Et là, les prix dépendront de ce que vous voudrez acheter. Les légumes et les fruits sont extrêmement bon marché, ne vous privez donc pas. Comparativement à la France, la viande est aussi très peu chère. Je ne voudrais pas dire de bêtise quand au prix, mais c'était déjà moins de 5€ le kilo de bœuf. Les produits laitiers ne sont pas très chers non plus, mais j'ai personnellement trouvé le beurre pas donné. Quand aux fromages, si vous voulez manger français, vous serez limité par le choix (camembert, roquefort, brie, comté sont les seuls fromages que j'ai trouvés), et les prix vous donneront des sueurs froides (Exemple, 30.000 pesos les quatre portions individuelles de roquefort... donc 12€ environ). Les loisirs, eux, ont un coût qui varie grandement d'une région à une autre. Le cinéma est déjà pas très cher, de 5000 à 7000 pesos. Pour les sites touristiques, le marchandage peut réussir, mais pour la Cathédrale de Sel, j'avais payé plus de 25.000 pesos, et le Parc Tayrona revient à environ 30.000 pesos pour le touriste qui ne peut justifier d'aucune réduction. Un certain nombre de musées sont gratuits ; pour les payants, les prix sont guère élevés, 8000 à 10.000 pesos grand grand maximum (la maison de Simón Bolívar ne coûte par exemple que 3000 pesos). Enfin, ce qui m'a pris le plus gros budget fut les souvenirs. En règle générale, ce n'est pas cher, mais tout dépend de ce que vous achetez et où... Comme je le disais, Ráquira est connu pour sa fabrication de poteries que vous trouverez pour des prix défiant toute concurrence, moins de 1000 pesos parfois, alors qu'à Bogotá c'est totalement différent. Donc, en gros, la campagne alentour peut vous offrir les mêmes souvenirs que la ville, pour des prix adaptés aux populations qui y vivent et qui n'ont pas trop de touristes. Dans certains villages, vous trouverez des vêtements de marques et des chaussures pour moins de 30.000 pesos, alors qu'en France vous les avez à environ 80€. L'un des souvenirs typiques de Colombie est par exemple un fameux sac en laine dont vous trouverez facilement une image sur Internet. Je déconseille d'acheter cet objet en ville, où il est venu à des prix absolument affreux comparé à la campagne : j'en ai vu à plus de 100.000 pesos, alors que vous le trouveriez à moins de la moitié, et encore, ailleurs. Les objets artisanaux sont donc relativement abordables. Là où ça se complique un peu plus, et encore, c'est pour les souvenirs d'importation, que vous trouverez principalement sur la côte. Les prix seront plus élevés, comme pour une de mes amie qui n'a rien trouvé de mieux que de me demander une boule à neige de Colombie (made in China que j'ai acheté 20.000 pesos). La Colombie étant connue pour son or et ses émeraudes, vous trouverez nombre de joailliers qui vendent des bijoux très beaux et de qualité, pour des prix certes élevés sur place, mais absolument différents des prix pratiqués en France pour la même qualité de travail. Et vous pouvez aussi acheter des pierres précieuses à l'unité, de toutes qualités, dès 2000 pesos (mais ne rêvez pas non plus, un émeraude de ce prix là n'est pas magnifiquement taillé). Pour ceux et celles qui voudraient envoyer des cartes postales en France, il est juste dommage d'observer le prix que cela coûte, au niveau du timbre : 80.000 pesos pour ma part, pour une dizaine de cartes. Alors je ne sais pas, j'ai été fort surpris, peut-être me suis-je fait arnaquer, j'étais chez un marchand de souvenirs et non pas dans un bureau de poste.
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Voilà, cela fait pas mal de lignes d'écriture et de lecture. J'aurais encore des tonnes de choses à dire, mais je dois bien m'arrêter à un moment. Si vous avez des questions ou des remarques, n'hésitez pas, je me ferais une joie de compléter ou d'essayer d'y répondre. J’espère que je n'aurais pas été trop détaillé, c'est vrai que ce n'est pas forcément pratique pour y chercher une information. Pour info, mon budget de deux mois a été de 730€. Dans ce prix, je n'ai pas compté le logement qui m'était offert (sauf peut-être l'équivalent de 3-4 jours d'hôtel pas cher). La nourriture n'y tient pas une grande place non plus, étant logé, donc à peine 150€ ont été dépensé là-dedans. Tout le reste m'a servi à mes loisirs, aux transports et aux souvenirs. J'ajoute que l'avion pour Santa Marta n'a pas été payé avec ce budget là. Donc, j'avoue avoir été serré sur la fin, mais c'est uniquement parce que j'ai extrêmement mal géré cette somme d'argent. Des voyageurs s'en sortent avec beaucoup moins. Pour terminer, voici un lien qui promeut le tourisme en Colombie. Visionnez-le, vous serez surpris de tout ce que ce pays peut vous offrir!
Images attachées: Photo postée par le membre Eowann. Photo postée par le membre Eowann. | | | À: Eowann · 25 janvier 2013 à 5:03 Re: Récit et expérience de deux mois en Colombie Message 8 de 33 · Page 1 de 2 · 12 752 affichages · Partager Franchement merci pour le beau récit, plus qu'utiles toutes ces informations !
J'ai hâte d'y être l'an prochain !!! | | | À: Thierry3529 · 26 janvier 2013 à 12:31 Re: Récit et expérience de deux mois en Colombie Message 9 de 33 · Page 1 de 2 · 12 704 affichages · Partager Alors tu as bien de la chance de pouvoir y aller. Pour ma part, je n'attends que ça, notamment pour en profiter pour aller faire des périples dans les pays frontaliers. Tu comptes aller qu'en Colombie? | | | À: Eowann · 28 janvier 2013 à 1:35 Re: Récit et expérience de deux mois en Colombie Message 10 de 33 · Page 1 de 2 · 12 624 affichages · Partager Je comptes partir l'an prochain passer une année en Amérique du Sud.
J'aimerais bien faire l' Argentine, le Chili, la Colombie et le Vénézuela et j'ai déjà fait le Pérou et la Bolivie, au travers de ça j'aimerais trouver un endroit ou je puisses travailler/faire du bénévolat pour faire une immersion dans une de ces cultures et perfectionner mon espagnol (qui est très «de base»  ) | | | À: Eowann · 28 janvier 2013 à 15:11 Re: Récit et expérience de deux mois en Colombie Message 11 de 33 · Page 1 de 2 · 11 522 affichages · Partager 6. Transports
... Il n'existe en effet pas de compagnie lowcost en Amérique du Sud, à ma connaissance, et du moins en Colombie, le monopole de la desserte intérieure est détenu par Avianca...
Il existe aussi LAN (que je déconseille pour les nombreux retards que j'ai eu sur au moins la moitié des mes vols internes 3 sur 6) et également ViveColombia. Je n'ai pas pris cette compagnie car je ne la connaissais pas avant de partir mais j'en fais la pub ici afin d'en faire profiter les voyageurs. C'est apparemment une compagnie low cost beaucoup utilisé en colombie.
www.vivacolombia.co/ | | | À: TheCheck · 28 janvier 2013 à 17:37 Re: Récit et expérience de deux mois en Colombie Message 12 de 33 · Page 1 de 2 · 11 510 affichages · Partager Ah bah tu vois, je ne savais pas, merci pour l'info. Mon ami colombien m'avait dit le contraire, donc j'avoue que je ne m'étais pas renseigné à ce sujet. On ne connait jamais assez son pays | | | À: Eowann · 11 février 2013 à 17:25 Re: Récit et expérience de deux mois en Colombie Message 13 de 33 · Page 1 de 2 · 11 362 affichages · Partager Salut! C'est juste incroyable ce que tu as fais, quelle expérience!
Je viens de lire ton recit, c'est sympa de nous faire partager ton voyage.
Dans 3 mois je pars moi aussi pour cette destination pour realiser un stage (je suis etudiant)
Peut etre que tu pourras m'aider pour le moment je suis en train d'etablir mon intineraire car apres mon stage je pars en baroudeur jusqu'au Perou pour retrouver d'anciens correspondants (j'avais fait un echange scolaire à Arequipa)
Est ce que tu t'es rendu dans el Valle del Cauca?
Je te remercie
encore fabuleux pour ton voyage!!
Tchao | | | À: Yohan29 · 11 février 2013 à 18:10 Re: Récit et expérience de deux mois en Colombie Message 14 de 33 · Page 1 de 2 · 11 352 affichages · Partager Non malheureusement, je n'ai pas pu, par manque de temps, et puis par manque de budget aussi. Deux mois peuvent paraître long, mais en même temps c'est si peu! Et je ne suis pas du genre à courir d'un endroit à l'autre, pour au final tout voir sans rien observer. C'est comme l'axe caféier que je n'ai pas pu faire, et pourtant il était dans l'ordre de mes priorités en y allant! Mais pour n'importe quelle info dont tu aurais besoin, je te répondrais avec joie! | | | À: Eowann · 16 février 2013 à 9:27 Re: Récit et expérience de deux mois en Colombie Message 15 de 33 · Page 1 de 2 · 11 257 affichages · Partager salut merci de ta reponse. Oui deux mois passe tres tres rapidement et c'est sur on peut pas tout voir sa saurait sinon^^
Je t'ai envoyé un mp
Je te remercie
Yohan | | | À: Eowann · 20 février 2013 à 21:22 Re: Récit et expérience de deux mois en Colombie Message 16 de 33 · Page 1 de 2 · 11 045 affichages · Partager merci pour ton récit, ces petites détails, un peu d'humours, belles expériences, ça se voie et ça se sent que ça t'as plus, et tu ma vraiment donnée une belle envie d'y aller, tu as grâce a ton récit fait une très belle carte postale de ce pays. bien a toi. mat | | | À: Eowann · 24 février 2013 à 17:25 Re: Récit et expérience de deux mois en Colombie Message 17 de 33 · Page 1 de 2 · 10 975 affichages · Partager Normal que vous ne sachiez pas car VIVACOLOMBIA a commencé à voler en 2012 (25 mai); basée à Medellin, elle dessert fondamentalement Bogota, Cali et les villes de la Côte. On commence donc à voir du lowcost en Colombie! Une autre compagnie EASYFLY assure des vols régionaux ou transversaux à des prix raisonnables si on achète le billet assez tôt (c'est un peu la politique des compagnies aériennes en Colombie AVIANCA, COPAAIR et LAN)
http easyfly.com.co/ | | | À: Eowann · 4 juin 2013 à 5:24 Re: Récit et expérience de deux mois en Colombie Message 18 de 33 · Page 1 de 2 · 10 573 affichages · Partager Merci pour ce super récit! Je ne vais pas tarder à aller en Colombie (juste le temps d'y arriver depuis l' Argentine  ) et ca me donne un bel apercu de ce qui m'attend!
Une petite question: quel a été ton itinéraire pendant tes 2 mois? (j'imagine que ce qui est présenté dans ton récit n'est qu'une partie de ton voyage?) Perso je pense bien passer 2 voir 3 mois histoire d'en profiter à fond! | | | À: Zeloutre · 4 juin 2013 à 12:41 Re: Récit et expérience de deux mois en Colombie Message 19 de 33 · Page 1 de 2 · 10 563 affichages · Partager Dans le fichier joint, je t'ai fait une carte avec les villes où je suis allé. Tu vois donc que ça ne fait pas énorme en comparaison de la taille du territoire! Comme je l'expliquais, l'argent m'a finalement manqué sur la fin et empêché de faire pas mal de choses prévues, Carthagène, Leticia... Et puis je ne m'étais pas si bien organisé. Un prochain voyage le serait bien mieux. En trois mois, tu as de quoi faire! Prends le maximum des récits de ceux qui sont allés en Colombie, fais-en un mixe pour toi, et je pense que tu pourrais passer un excellent séjour. Pense notamment à l'axe caféier! | | | À: Eowann · 4 juin 2013 à 12:43 Re: Récit et expérience de deux mois en Colombie Message 20 de 33 · Page 1 de 2 · 10 562 affichages · Partager Je pense que pour bien voir il faudra la télécharger. Image attachée: Photo postée par le membre Eowann. | Carnets similaires sur la Colombie: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 4 215 visiteurs en ligne depuis une heure! |