6. Transports
Aïe. Sujet douloureux pour moi. Les transports en ville sont juste affreux, non pas que ce soit mal desservi, mais plutôt parce que c'est bondé.
À Bogotá, je conseille personnellement le taxi, pour des raisons de commodité. En effet, ils desservent chaque recoin de la ville et parfois même un peu l'extérieur, pour un prix qui reste ma foi fort modeste et abordable, sans oublier la tranquillité que cela procure. Attention, néanmoins, à quelques chauffeurs zélés qui vous feront froid dans le dos par leur folle conduite. Combien de fois me suis-je presque pissé dessus ? On doit peut-être mettre ça sur le compte de la conduite en Colombie qui est généralement dangereuse. Alors qu'en France, le piéton a la plupart du temps la priorité ou est protégé par la loi contre le véhicule, puisque plus fragile, en Colombie ce n'est pas le cas. Par habitude – mauvaise évidemment –, je traversais les rues n'importe où. Et bien si vous êtes en plein milieu de la route et qu'une voiture arrive au loin, elle ne cherchera pas à s'arrêter, elle klaxonnera jusqu'à ce que vous ayez décidé de dégager le passage. J'ai voulu tenter le Diable et rester planté au milieu de la voie comme un con, par défi. Je me suis fait insulter par mon ami qui m'a vite enlevé de là : apparemment l’automobile ne se serait jamais arrêtée...
Si pour X raison vous ne voulez ou pouvez pas prendre le taxi, la ville est sillonnée par des bus dont le tracé est absolument incompréhensible pour le commun des mortels, un peu comme le métro de New York. Les bus arborent des couleurs, des formes et des pancartes différentes précisant qu'ils vont à tel ou tel endroit. Bien sûr, vous avez le bus bleu foncé qui ressemble au bus violet clair, avec une même pancarte, mais sur un tracé différent, donc vous aurez une grande chance de vous perdre ! Néanmoins, grand grand avantage : vous montez et descendez quand et où vous voulez. Il n'y a pas à dire, ça évite de courir comme un déjanté jusqu'à un arrêt de bus pour le voir filer sous vos yeux. Le prix reste faible et est à payer directement au chauffeur, car il n'y a pas de ticket, seulement une sorte de tourniquet à l'intérieur qui comptabiliser le nombre de passagers. Honnêtement, je pense que beaucoup de personnes fraudent par période de pointe, mais je ne me serais pas risqué à cela, parce que d'un le prix est faible, et de deux je n'aurais pas voulu recevoir les foudres du conducteur. Au cours des trajets, il y a de grandes chances que des vendeurs ambulants montent dans le bus, mais rien de bien extraordinaire.
La capitale n'a malheureusement pas de métro, ce qui est bien dommage étant donné sa grandeur. Un projet de construction est en train d'aboutir et d'ici quelques années ce sera chose faite. Ça rend les trajets d'un point à l'autre de la ville très long et difficile supportable lors des heures de pointe. J'ai par exemple passé 1h30 dans un même bus un soir de semaine pour relier deux points opposés, c'est juste horrible. Il existe bien le TransMilenio, un double bus rouge qui dessert de grandes zones. Mais le problème du monde reste le même, et j'ai préféré ne pas l'attendre, d'autant plus que cette fois-ci, il stoppe à des arrêts précis. Le prix est légèrement plus cher, mais pour la rapidité, vous êtes gagnant puisqu'il ne s'arrête pas à la volonté des passagers.
Sinon, il vous reste encore la possibilité d'être transporté charitablement par un usager, un ami ou avec une voiture de location, mais ce serait littéralement de la folie pure étant donné le trafic et les fous du volant. Et je ne suis pas sûr que vous y gagneriez en temps. Vous auriez par contre le plaisir, aux feux rouges ou dans les bouchons, de regarder des clowns, des danseurs acrobatiques, des jongleurs, à la recherche d'un peu de sous, ou encore une fois des vendeurs ambulants qui accrocheront leurs denrées sur votre vitre ouverte et les récupéreront plus tard si vous ne voulez pas les acheter (mais c'est bien pratique en cas de petite fringale).
Pour vous écarter de la ville, si vous ne disposez pas de véhicule personnel, les réseaux de bus sont assez bien développés. À Bogotá, il existe une centrale (peut-être plus, je ne saurais dire) de bus confortables avec tickets à acheter en avance ou sur place. Ils permettent de se rendre partout dans le pays (comptez 18h pour Santa Marta quand même). Nous en avons profité pour aller à Tunja, escale pour Villa de Leyva, pour une somme d'environ 18.000 pesos si je me souviens bien.
Virages de montagnes + bus vieillot + chauffeur zélé = panique intérieure.
Mais vous survivrez. À Ráquira, pour le retour, nous avions de nouveau un bus de qualité, climatisé et confortable, ce qui rend le trajet quand même bien plus agréable.
Pour carrément aller dans d'autres grandes villes, le bus est possible, mais étant donné la distance, les routes et le temps, préférez l'avion si vous en avez les moyens. Il est vrai que les prix sont un peu chers. Il n'existe en effet pas de compagnie lowcost en Amérique du Sud, à ma connaissance, et du moins en Colombie, le monopole de la desserte intérieure est détenu par Avianca. C'est une compagnie d'extrême qualité et je le clame haute et fort, de meilleure qualité qu'Air France, sans aucun doute. Un exemple tout bêta : les écrans pour les films. Lorsque j'ai fait mon vol Paris-Bogotá, j'avais un tout petit écran de télévision sur mon siège (quand je dis petit, c'est très petit). Avianca propose dans tous ses avions, même pour des vols en classe éco d'1h30 comme celui que j'ai pris pour Santa Marta, des écrans plus grands que ceux que l'on trouve en Première chez Air France. J'étais sur le cul. Ce n'est qu'un détail, certes, mais ça me scotche encore...
Donc en gros, je conseille l'avion pour les grandes distances, le bus pour les moyennes et le taxi pour les petites. Mais cela se fait bien sûr suivant le budget de chacun. Notez que le train n'existe presque pas en Colombie et qu'il est uniquement destiné au transport de marchandises (la difficulté de percer les Andes en est la raison).
Sur la côte, il est possible de relier certaines îles via des bateaux, mais je ne saurais en dire plus, je ne l'ai pas fait. Au Sud, vers une ville qui s'appelle Leticia, vous avez l'Amazone. Vous pouvez prendre des bateaux typiques, avec hamacs, qui vous emmèneront au Pérou ou au Brésil, pour des sommes modiques.
7. Coût de la vie
10.000 pesos = 4,20 euros (01/2013)
Le fait que mon séjour date désormais de pas mal de temps me fera douter de plusieurs points concernant ce sujet. Donc je ne m'étalerais pas trop sur ce dont je ne suis pas certain.
De manière générale, pour un touriste, le coût de la vie restera relativement faible. Ce n'est pas pareil pour un colombien – et je ne parle pas de niveau de vie. La différence se joue dans les équipements et produits de pointe, dont le touriste n'aura pas besoin, tels voitures, home cinéma, etc, parce que le pays les importe. Pour vous, le soucis sera le logement, la nourriture, les transports et les loisirs, principalement.
Le logement, je ne saurais trop vous dire combien coûte un hôtel, tout simplement parce que j'étais hébergé à titre gracieux. Dans des zones semi-touristiques, je pense par exemple à Ráquira, la chambre et le petit-déjeuner vous coûteront entre 12.000 et 20.000 pesos, ce qui reste pas trop cher. Sur la côte, j'étais une nouvelle fois hébergé, donc je ne saurais dire.
Concernant la nourriture, manger en extérieur n'est vraiment pas cher, et vous aurez tous les prix, de hot-dog à 2000 pesos jusqu'au restaurant de luxe. Mais en moyenne, pour 10.000 pesos, vous mangerez bien. Évitez les chaînes de restauration internationales qui coûtent un bras. Par exemple, chez McDo, le prix d'un menu est 1€ moins cher qu'en France... Ce n'est pas très rentable, et vous mangerez mille fois mieux ailleurs (bien qu'ils aient une sauce Pesto d'un délice!). Sur la côte, bien sûr en raison du tourisme, les prix en restaurant sont légèrement plus élevés, vous pouvez compter en moyenne 20.000 pesos le poisson frais dans le fameux restaurant de plage dont je vous parlais plus haut.
Si vous souhaitez cuisiner vous même, vous pouvez vous rendre dans les nombreuses épiceries que vous trouverez de partout, ou bien à Carrefour ou à Exito, les deux grandes chaînes d'hypermarchés. Et là, les prix dépendront de ce que vous voudrez acheter. Les légumes et les fruits sont extrêmement bon marché, ne vous privez donc pas. Comparativement à la France, la viande est aussi très peu chère. Je ne voudrais pas dire de bêtise quand au prix, mais c'était déjà moins de 5€ le kilo de bœuf. Les produits laitiers ne sont pas très chers non plus, mais j'ai personnellement trouvé le beurre pas donné. Quand aux fromages, si vous voulez manger français, vous serez limité par le choix (camembert, roquefort, brie, comté sont les seuls fromages que j'ai trouvés), et les prix vous donneront des sueurs froides (Exemple, 30.000 pesos les quatre portions individuelles de roquefort... donc 12€ environ).
Les loisirs, eux, ont un coût qui varie grandement d'une région à une autre. Le cinéma est déjà pas très cher, de 5000 à 7000 pesos. Pour les sites touristiques, le marchandage peut réussir, mais pour la Cathédrale de Sel, j'avais payé plus de 25.000 pesos, et le Parc Tayrona revient à environ 30.000 pesos pour le touriste qui ne peut justifier d'aucune réduction. Un certain nombre de musées sont gratuits ; pour les payants, les prix sont guère élevés, 8000 à 10.000 pesos grand grand maximum (la maison de Simón Bolívar ne coûte par exemple que 3000 pesos).
Enfin, ce qui m'a pris le plus gros budget fut les souvenirs. En règle générale, ce n'est pas cher, mais tout dépend de ce que vous achetez et où... Comme je le disais, Ráquira est connu pour sa fabrication de poteries que vous trouverez pour des prix défiant toute concurrence, moins de 1000 pesos parfois, alors qu'à Bogotá c'est totalement différent. Donc, en gros, la campagne alentour peut vous offrir les mêmes souvenirs que la ville, pour des prix adaptés aux populations qui y vivent et qui n'ont pas trop de touristes. Dans certains villages, vous trouverez des vêtements de marques et des chaussures pour moins de 30.000 pesos, alors qu'en France vous les avez à environ 80€.
L'un des souvenirs typiques de Colombie est par exemple un fameux sac en laine dont vous trouverez facilement une image sur Internet. Je déconseille d'acheter cet objet en ville, où il est venu à des prix absolument affreux comparé à la campagne : j'en ai vu à plus de 100.000 pesos, alors que vous le trouveriez à moins de la moitié, et encore, ailleurs.
Les objets artisanaux sont donc relativement abordables. Là où ça se complique un peu plus, et encore, c'est pour les souvenirs d'importation, que vous trouverez principalement sur la côte. Les prix seront plus élevés, comme pour une de mes amie qui n'a rien trouvé de mieux que de me demander une boule à neige de Colombie (made in China que j'ai acheté 20.000 pesos).
La Colombie étant connue pour son or et ses émeraudes, vous trouverez nombre de joailliers qui vendent des bijoux très beaux et de qualité, pour des prix certes élevés sur place, mais absolument différents des prix pratiqués en France pour la même qualité de travail. Et vous pouvez aussi acheter des pierres précieuses à l'unité, de toutes qualités, dès 2000 pesos (mais ne rêvez pas non plus, un émeraude de ce prix là n'est pas magnifiquement taillé).
Pour ceux et celles qui voudraient envoyer des cartes postales en France, il est juste dommage d'observer le prix que cela coûte, au niveau du timbre : 80.000 pesos pour ma part, pour une dizaine de cartes. Alors je ne sais pas, j'ai été fort surpris, peut-être me suis-je fait arnaquer, j'étais chez un marchand de souvenirs et non pas dans un bureau de poste.
- --
Voilà, cela fait pas mal de lignes d'écriture et de lecture. J'aurais encore des tonnes de choses à dire, mais je dois bien m'arrêter à un moment. Si vous avez des questions ou des remarques, n'hésitez pas, je me ferais une joie de compléter ou d'essayer d'y répondre. J’espère que je n'aurais pas été trop détaillé, c'est vrai que ce n'est pas forcément pratique pour y chercher une information.
Pour info, mon budget de deux mois a été de 730€. Dans ce prix, je n'ai pas compté le logement qui m'était offert (sauf peut-être l'équivalent de 3-4 jours d'hôtel pas cher). La nourriture n'y tient pas une grande place non plus, étant logé, donc à peine 150€ ont été dépensé là-dedans. Tout le reste m'a servi à mes loisirs, aux transports et aux souvenirs. J'ajoute que l'avion pour Santa Marta n'a pas été payé avec ce budget là. Donc, j'avoue avoir été serré sur la fin, mais c'est uniquement parce que j'ai extrêmement mal géré cette somme d'argent. Des voyageurs s'en sortent avec beaucoup moins.
Pour terminer, voici un lien qui promeut le tourisme en Colombie. Visionnez-le, vous serez surpris de tout ce que ce pays peut vous offrir!
http://www.youtube.com/watch?v=NqweZeh7KZU