Je ne vois pas en quoi citer mes commentaires m'accablerait, soulignerait une forme d'inconscience voire de vantardise à exposer un projet que j'aurais su ne pas pouvoir faire. Parce que pour faire court c'est ce qui m'est balancé. Or il n'y avait rien de tout ça dans mon esprit ni dans mes messages d'ailleurs si on ne fait pas en sorte de les interpréter négativement.
Tout d'abord lorsque je pars en voyage (tous les 3 ans en moyenne) je suis un peu "en manque" et je veux en faire beaucoup, peut-être trop. Ensuite ma comparaison avec les Alpes faisait abstraction de plusieurs paramètres (dont j'avais bien entendu conscience) et se focalisait sur l'aspect topographique ou du dénivelé.
J'éprouve un certain plaisir dans l'effort soutenu (pas dans la souffrance) et suis capable de supporter d'importants dénivelés que je parcoure rapidement. C'est ce que je soulignais en faisant part de quelques expériences. Et il n'y a aucune volonté de frime ou vantardise dans ce que je dis. Si besoin est je rappelle quand même que j'avais le projet de grimper à Thapa pass en m'arrêtant en cours d' "ascension" une nuit. J'ai conscience que grimper de 1800 a 3500 (même si mon exemple relève un peu plus que de la randonnée classique) n'équivaut pas à monter de 2500 à 5100. Je connais les taux d'oxygène de l'air en fonction de l'altitude.
"On ne meurt pas du MAM", la remarque est assez peu pertinente car j'ai eu le temps d'éprouver mes sensations durant tous ces jours passés en altitude. Et un léger mal de nuque en fin de marche mis à part la première semaine, dû sans doute à plusieurs facteurs (altitude, froid, sac à dos, fatigue de début de voyage due à une transition brutale..) je n'ai plus rien ressenti par la suite. Ce qui est important c'est de connaître ce que l'on peut endurer, avoir conscience de ses limites. Et mes limites se situaient dans l'accumulation et un peu de solitude qui me fait atteindre une sorte de lassitude que j'avoue ne pas savoir trop anticiper lorsque avant un départ je n'ai que de la motivation et que j'ai peu conscience de cette forme de lassitude morale et physique qui peut survenir. En tout cas j'avoue ne pas l'appréhender suffisamment lorsque je planifie chez moi.
Et lorsque j'écris que c'est abordable, je ne balance pas ça au hasard. Je pense en avoir analyser la difficulté (perspectives sur Google Earth et quelques vidéos). A chacun ensuite de juger en conscience de ses propres possibilités. Le Thapa Peak que j'avais mentionné, il s'agissait en réalité moins d'un projet établi que d'une éventualité le moment venu dont j'aurais évalué la faisabilité ou non pour moi sur place. Mais de toutes façons je ne l'ai pas fait. Et lorsque je vois l'épaisseur de neige à Tilicho le 26 mars cela me donne une raison en plus d'y avoir renoncer et de ne pas regretter (on m'avait d'ailleurs averti sur ça et le fait de suivre une trace...) D'ailleurs comment avoir des regrets après le mois formidable qui vient de s'écouler pour moi? Je viens de voir le message de Willempsie mentionnant des disparus dans ce secteur. J'ai pu constater l'enneigement et les très fortes précipitations survenus l'après-midi et en soirée ces derniers jours.
Donc le sujet est clos en ce qui me concerne pour ma première fois au
Népal.
Quant aux messages de prévention et conseils, ils sont utiles mais le sont d'autant plus lorsqu'ils sont dépourvus d'invectives, sarcasmes et propos blessants. Quand on peut les garder pour soi c'est mieux. Je parle autant pour moi que pour les autres m'ayant pris à parti un peu bassement. Par ailleurs j'apprécie beaucoup le commentaire de Nipali du 2 avril 17h49.
Je passe mon troisième jour à
Pokhara ou je me relaxe un peu (oui car du coup j'ai quelques jours d'avance) et retour à
Katmandou puis la
France.
Arnaud