Le grand risque pour Kivu, c'est un retournement du lac, qui libèrerai tout le gaz, comme Nyos -1800 morts- ou Monoun, au
Cameroun, mais à une échelle beaucoup plus grande.
En effet, si Nyos et Monoun sont des tout petits lacs, Kivu est gigantesque. Les quantités de gaz sont colossales (300 milliards de mètre-cubes, 1000 fois plus qu'à Nyos). J'ai travaillé pour une ONG Humanitaire à Goma, et une étude scientifique a été menée pour étudier ce risque.
Il s'avère que Kivu est, dans l'état actuel, beaucou plus stable que les deux lacs précédents, car le taux de dissolution du CO2 n'est "que" de 8% (contre 71% à Nyos), à 280m de profondeur, mais le méthane est plus saturé (57%).
D'autre part, il existe des phénomène naturels internes qui stabilisent le lac.
Le risque est donc très faible, mais une coulée de lave du Nyiragongo (situé à 18km du lac) qui atteindrait ces profondeurs, et réchaufferait fortement une couche d'eau pourrait par convection, provoquer une réaction en chaine désastreuse.
Des coulées de laves venant du volcan ont déjà atteint le lac, comme vues sur des photos subaquatiques.
Olivier
www.grottesducameroun.org