Juste de retour d’
Iran, voici quelques notes. Et j’en profite pour lancer un grand merci à FabGreg, à Nilsou et plus largement aux autres forumistes pour leurs conseils, leurs avis et leur aide avant le départ.
Le visa : c’était le sujet qui me stressait le plus. Finalement, pas la moindre difficulté. Arrivée à l’aéroport, on m’a fait remplir un petit papier où il faut indiquer les dates du voyage et « l’hôte ». J’ai indiqué ici le nom d’un hôtel auprès duquel j’avais fait une réservation, dûment imprimée, mais qu’on ne m’a pas demandé. Et accessoirement, l’hôtel n’a pas été appelé non plus. Prix du visa de 15 jours : 60€. Réglé en dollars : 80$. Un poil plus intéressant donc.
La conduite : moins effroyable que ce que j’imaginais. Disons que tant qu’on est en voiture, je trouve qu’on a comparativement moins de frayeur qu’embarqué dans un bolide libanais (mais je pense qu’ils sont vraiment maîtres en matière de rouler comme des imbéciles). En revanche, traverser la route à
Téhéran est un véritable cauchemar. Soyons clairs : ils ne s’arrêteront pas pour vous laisser passer, mais feront une embardée qui vous frôlera et vous laissera les jambes flageolante. La parade : emboiter le pas à un iranien. Il parait qu’il faut se jeter au milieu de la route en brandissant la main devant la voiture, mais bon, je n’ai pas sûrement pas été assez convaincante.
La communication : dans les hôtels et les infrastructures touristiques, aucun problème pour communiquer, ils parlent très bien l’anglais. En revanche, au resto la carte proposée n’a pas systématiquement une traduction en anglais (ni en arabe d’ailleurs), et les serveurs n’ont pas toujours quelques mots d’anglais en réserve. Dans la rue, de même, même en s’adressant à des jeunes il n’était pas évidant de se faire comprendre. En revanche, l’arabe nous a été d’une grande aide. A
Mashad en particulier où tout le monde parle cette langue, mais aussi à
Téhéran.
Parmi la génération des 50-60 ans, on trouve davantage de francophones j’ai l’impression.
Le rapport aux autres nationalités : Je précise que je faisais mon voyage avec mon petit ami, libanais. Autant les iraniens ne semblent pas vouer une affection démesurée aux arabes en général, autant les libanais semblent trouver grâce aux yeux de beaucoup (mais pas de tous, on a quand même recueilli quelques silences polis). Nombreux sont ceux qui semble vouer une grande sympathie pour le hezbollah et Nasrallah, et nous faire de grand sourires et indiquant que l’
Iran et le
Liban étaient des frères. Hum..... Commentaires inutiles.
Pour moi, française, aucune réflexion désagréable bien que politiquement ce soit assez tendu en ce moment. Les français semblent assez rares en
Iran par rapport à d’autres nationalités. Le maximum d’hostilité fut recueilli auprès d’un taxi qui a vociféré un « Sarkozy no good, Hollande no good » mais fut néanmoins charmant envers ma personne.
Les mœurs : deuxième grand stress personnel. Voyageant avec mon petit ami, donc non mariés, je en savais pas comment nous allions êtres reçus dans les hôtels (au
Liban, ça peut poser un problème). Nous ne sommes passés que par des hôtels référencés dans le Lonely, sauf à
Mashad où nous avons pris un appartement-hôtel. A aucun moment les hôteliers ne nous ont posé de question ou ont fait de problème. Je pense que dans les hôtels fréquentés par les occidentaux ils s’en fichent royalement, à
Mashad moins sûr mais on était en période de creux de fréquentation alors je pense qu’il a décidé de ne pas trop creuser.
Dans la rue, on portait une bague et on disait qu’on était mariés. Ce qui n’a pas manqué de soulever d’autres questions sur la possibilité de mariages chiites-chrétiens. Autant il s’agit de mariages problématiques, mais existant au
Liban, autant en
Iran c’est apparemment inenvisageable.
L’accueil : comme on peut le lire partout, inoubliable. J’ai trouvé le peuple iranien d’une grande finesse, et toujours prêt à se plier en 4 (même lorsqu’on refuse véhément) pour aider l’étranger. Demander son chemin dans la route aboutit la plupart du temps à se faire escorter jusqu’au lieu-dit avec un grand sourire. En tant que femme, préférer demander à une autre femme son chemin, c’est mieux interprété.
J’ai eu la chance d’être invitée dans une famille dans un village de la région de
Mashad avec une générosité incroyable. Précision d’ailleurs, avant d’accepter une invitation il faut refuser au moins trois ou quatre fois histoire d’être sûr que ce ne soit pas juste par politesse.
L’argent : Fin décembre 2013, le taux était officiellement de 1$ pour 29 000- 30 000 rials. Bien noter que les iraniens parlent en tomans, donc retirer un zéro. Donc 1$ pour 2 900 tomans. Dans les hôtels, on payait le plus souvent en dollars.
Pas possible de retirer sur place ou de payer par carte (sauf certains marchands de tapis parait-il) donc tout emporter dans son sac. A aucun moment je n’ai ressenti d’insécurité personnelle.
Les transports : nous n’avions que très peu de temps sur place, donc nous avons privilégié les transports en avion. Plus chers, mais pas non plus hors de prix (dans les 50$). Rien à redire, aucun problème. Nous sommes passés par
Iran air et Aseman. Vivant au
Liban, nous avions acheté la plupart des vols depuis
Iran air installé à
Beyrouth, mais nous avons également acheté un billet à l’aéroport de
Teheran Merhabad où toutes les compagnies aériennes sont représentées, et où les agents se plient en 4 pour trouver quelle agence peut vous fournir le billet espéré.
Nous avons pris une fois un bus VIP pour faire Esfahan-
Shiraz. Rien à redire, confortable et très bien.
Pour les taxis à l’arrivée à l’aéroport ou aux terminaux de bus, c’est remarquablement bien organisé (en particulier à Esfahan et à
Shiraz) : il y a des comptoirs où récupérer la carte d’identité du chauffeur dont c’est le tour, et le prix est fixé en avance.
Dans les villes de provinces, aucun problème, il suffit de fixer le prix en avance (pour une course normale, 40 000 est un prix correct, pour les courses plus longues ça monte jusqu’à 70 000).
A
Téhéran, c’est une autre histoire. Même en ayant fixé le prix avant, les chauffeurs ont voulu doubler la note.
Le parcours : Esfahan –
Shiraz –
Mashad –
Teheran. Nous voulions allez à
Yazd à la place de
Mashad mais les avions ne sont pas si fréquents et du coup pas de vol dans notre planning bien calé. Aucun regret,
Persepolis est un émerveillement mais
Shiraz ne souffre pas de la comparaison avec Esfahan. Donc plutôt faire dans l’autre sens je pense, commencer par
Shiraz, puis Esfahan.
Les Hôtels Esfahan : Dibai House : magnifique, adorable, super petit dej, mais un peu cher (50$ la double hors saison). Francophone.
Shiraz : Niayesh Boutique Hôtel : très bien. Moins de 25$ la double hors saison. Point de chute de nombreux touristes.
Mashad : Vali’s Homestay est super pour des routards à la recherche d’un petit budget mais manque de confort et d’intimité pour un couple. On s’est rabattu sur un appartement-hôtel autour du mausolée que je ne conseillerais pas particulièrement mais qui était sensiblement plus propre pour le même prix (25$ la double). En revanche, super accueil chez Vali, vraiment top. On y a été mis en contact avec un guide, Rafi, donc je donne les coordonnées à qui veut se balader dans la région, en particulier dans le village de Kang (que je recommande chaudement).
Teheran : Firouzeh Hotel, dans le sud de la ville. Très très bien, le patron est exceptionnel. 750 000 rials la double avec douche mais toilettes partagés.
Les restos : kebabs, kebabs et kebabs, même dans les sonnati (resto traditionnels) ou les teahouse où on arrive quand même à trouver quelques spécialités autres. Je me suis toujours rabattue sur les « autres » et c’était souvent très bon.
Mention spéciale pour le Sonnati Khayyam à côté du grand bazar de
Teheran, excellent, mais au vu de la jeunesse et des commentaires limites de leurs serveurs, je ne conseillerais pas à des filles seules d’y aller.
Les dattes et les pistaches sont divines, comme promis.
Gros coups de cœur personnels:- la place royale d'Esfahan et la mosquée de l'Imam (Masjded-e Iman ou Masjdjed-e Shäh) dont la finesse est éblouissante
-
Persépolis, dont les détails sont un émerveillement
- le village de Kang dans la région de
Mashad, un voyage dans le temps
- le grand bazar de
Téhéran: pas le plus beau, mais le plus impressionnant que j'aie pu voir jusqu'à maintenant
Dernière pour la route : si vous espérez faire des visites, évitez soigneusement les jours d’Achoura et du 40ème de Achoura. Tout est fermé, bazar désert à Esfahan. A
Mashad ou à
Qom, vous pouvez espérer une gigantesque foule à ces dates là. A vous de voir, si votre voyage est tourné sur la foi des iraniens, c’est la date à ne pas rater !
A suivre...