Bonjour,
Rentrée de 3 semaines réjouissantes en
Iran.
Je tiens à remercier celles et ceux du Forum qui m'ont aidée dans ma préparation de voyage.
Ce 2ème voyage iranien fut très différent du 1er, comme je l'avais imaginé. 40% passé à visiter les sites et le reste "en errance" au gré des rencontres.
Un voyage en zig-zag, un itinéraire peu logique, beaucoup de savari (mon ostéo va être ravi), jamais de bus VIP.... de
Tabriz à
Tehran en passant par le Kurdistan puis retour sur
Yazd et Esfahan que j'ai eu le plaisir de redécouvrir hors vacances iraniennes et par une température fort agréable. Exit les 46°C de
Yazd l'an dernier

Afin de ne pas répéter ce qui se lit déjà sur VF, je m'en tiendrai à quelques infos générales.
- Taux de change très favorable (40 000 ou 41 000 IR pour 1 €).
- Prix des hôtels : sensiblement plus chers depuis un an, mais très abordables.
- Taxis : ceux du terminal de bus de
Tabriz m'ont semblé les plus offensifs

- Tourisme : hausse substantielle de la fréquentation depuis un an. Des groupes, des groupes, pour la plupart de retraités, venant de partout. Mais la capacité d'accueil hôtelière ne suit pas...
Question récurrente des jeunes iraniens : "Mais Madame, pourquoi tous ceux qui viennent de chez vous sont si vieux ?"

MDR ! J'ai répondu au mieux

Impact certain sur la vacance des chambres d'hôtels... Ne prévoyant pas à l'avance mon itinéraire, je me suis retrouvée 2 fois "le bec dans l'eau" à Tekab et à Esfahan.Obligée de me rabattre sur une chambre pourrie et chère à Tekab et une chambre ravissante à Esfahan sauf que je dépendais de sanitaires communs avec le resto dont les wc étaient squattés par 2 groupes européens très très crados... je les ai maudits.

Quant à
Yazd, sans l'intervention d'un de mes contacts, je n'aurais pas eu de chambre non plus dans un sonati. Et j'ai changé 2 fois de chambre en 4 nuits.
Car les groupes en question logent dans les mêmes hôtels que les "individuels". Sauf que 40 personnes arrivant d'un coup, ça prend de la place

... sans compter l'aspect bruyant voire incivique. L'union ferait donc la force ?
- Importance des jours saints/fériés (les 5 et 13/10 me concernant) lors des déplacements : n'ayant rien prévu à l'avance, cela n'a pas affecté mon voyage. J'ai donc naturellement renoncé à un stop à Paveh, à Shush/
Shushtar car aucune chambre dispo, puis à
Mashad car aucun billet de train /avion dispo. Je me suis tourné vers
Qom. Pas inintéressant du tout...
Conclusion : mieux vaut réserver 2 jours avant sa chambre si l'on voyage avec un budget un peu roots.
D'un point de vue plus général, j'ai constaté quelques changements, bien que cela soit tout à fait subjectif.
- Tenue vestimentaire des femmes : de plus en plus de look à la Britney S. (euh... il me semble) dans le métro et le train de banlieue de
Tehran. Maquillage ostensible.
Je ne parle pas des "top-models" de la banlieue nord de
Tehran qui ne sont pas représentatives le la majorité.
Le voile : demandes régulières de photos sans voile surtout chez les jeunes femmes d'Esfahan. Je n'en sais pas plus sur l'affaire de l'acide qui aurait eu lieu pendant mon passage là-bas.
- Ras-le-bol et impatience d'une partie de la population qui ne voit pas les lignes bouger. C'est dit et répété partout. Volonté d'émigrer au
Canada. Attirés par la vie des jeunes américains.
Les plus âgés râlent, toujours avec un humour délicieux... nous avons souvent beaucoup ri !
Nostalgie du Shah d'
Iran chez les jeunes avec photo à l'appui dans les tel. portables. Colère sourde le plus souvent, mais colère quand même.
- Pas d'affinités particulière avec Hollande

! En revanche, A. Merkel bénéficie d'un fort capital de sympathie.
- Férocement opposés à Daesh. Z'en ont marre qu'on les accuse d'abriter les terroristes !
- Sentiment d'insécurité : aucun. Mais il ne me semble pas impossible de se faire piquer son sac à la tombée de la nuit dans les rues peu passantes de
Tehran. Car il y a trop de privations, de frustrations. Et la visibilité nouvelle de touristes argentés (et aux tenues parfois étonnantes eu égard au code vestimentaire en vigueur dans le pays) ne doit pas aider. Ils sont nombreux à ne pas profiter de cette manne touristique.
Quant au civisme, rassurons-nous, le métro de
Tehran est en bonne voie pour concurrencer l'incivisme occidental. On s'y fait marcher sur les pieds, ça monte avant de laisser descendre, idem dans les trains de banlieue. Encore une paire d'années et ils seront raccords

!
- La langue : l'anglais bien sûr. Mais ce voyage en solo n'aurait pas été aussi passionnant sans quelques rudiments de Parsi. Un voyage joyeux et instructif

.
Tout cela étant très subjectif...