Nous étions au
Mexique pendant Wilma. Quelle expérience !!! Bien sur, ce n’est qu’une expérience de « touristes » bien protégés par un bel hôtel et par un personnel aux petits soins. Rien a voir avec ce qu’ont du endurer les mexicains, qui eux ont tout perdu.
Nous étions dans une suite en bord de mer et nous avons été évacués dans les appartements occupés par le personnel habituellement. Ou était passé le personnel, je n’ai jamais su.

Bref, nous nous sommes retrouvés à 21 personnes dans 35m2 avec toilettes (en état de marche) et douche, ce qui était un grand luxe par apport a certaines personnes beaucoup moins bien lotis que nous. Le jeudi on nous a montrés comment nous barricader en mettant une table et un buffet devant la porte et en nous donnant les consignes de sécurités adéquates. Lorsque nous avons reouverts la porte le dimanche, toute la forêt avait été hachée. On avait l’impression qu’une personne avait passé à la moulinette chaque arbre et chaque buisson. Et le bruit, ce bruit terrible avait cessé. Quel bruit !!! Sans arrêt, un grondement sûrement amplifie par les murs. La pluie qui tombait sans discontinuer a l’horizontal et qui inondait l’abri ; nous avons passé notre temps a écopé !!!

Ce que je retiens de cet événement, c’est que l’on est vraiment tout petit devant la nature et bien arrogant. Mais le souvenir qu’il me reste c’est surtout d’avoir eu beaucoup de mal à gérer l’agressivité de certaines personnes. Au début, je dois reconnaître que je n’ai pas su me protéger de ces personnes. Ils ne comprenaient pas que je reste calme, que je trouvais le moyen de rire car de me retrouver a dormir a deux dans un petit lit superpose alors que nous avions pris une suite avec jacuzzi était assez drôle en fait.
Le pire fut quand nous nous sommes retrouvés coincés à l’aéroport.
Le groupe Marsans par lequel nous étions partis, ne gérait absolument rien et il n’avait rien trouver de mieux que de nous deposer à l'aeroport et nous laisser attendre un avion pendant près de 30h. Imaginez des milliers de personnes entassées dans un petit aéroport, habitué à ne recevoir que 2 ou 3 avions par jour. La débâcle totale, c’était le personnel des avions qui faisait l’enregistrement des passagers ; les passagers qui chargeaient les bagages, les passagers qui faisaient les check-in pour aller dans les avions et les passagers qui chargeaient les bagages en soute si nous voulions partir ainsi que les bagages de l’avion qui nous précédait !!!
Question sécurité on repassera !!!
Mais la aussi, le plus dur fut a gérer l’agressivité des gens et je dois reconnaître des français en particulier.
Je suis très fière d’être française, j’ai même tendance a être chauvine mais là je dois dire que j’ai eu honte de ce que j’ai pu voir ou entendre ; je sais que je vais me mettre a dos certaines personnes du forum qui vont se dire « pauvre petite, elle n’a pas eu sa suite et son jacuzzi » mais non ce n’est pas cela. J’écris simplement ce que j’ai ressentis : de la honte. Car comment expliquer les mots entendus ; j’ai ete traitée de « traite » car nous avions des amis américains !!! Qu’il n’était pas normal que je m’entende avec tous ces étrangers car eux ils avaient des avions avec leurs dollars!!! ils n'ont pas pense qu'ils etaient moins loin du
Mexique que la
France.Les français voulaient une cellule psychologique à l'arrivée, un avion sanitaire etc... ils se prennaient pour des otages!!!!
Mais fort heureusement, j’ai rencontre aussi des tas de gens formidables et sympathiques. Je pense a ce couple de
Montréal, ceux de
Birmingham en
Alabama mais aussi a ces jeunes gens de
Paris et de
Toulon :
Frederic (imitateur incomparable de l’éléphant)
Steve, Eric, Yann, Julien, Sylvie etc...j'en oublie excusez-moi qui ont été traités de « petits connards, sans obligation et sans famille » car ils essayaient de ramener le calme !!!! Comment ai-je été perçu pendant ce cyclone, je n’en sais rien ; peut-être très mal aussi.
En conclusion, au prochain ouragan, je m’achète un MP3 pour m’isoler complètement !!!! Mais pour être sérieuse je dirais que ce cyclone m’a appris à mieux me connaître moi-même, m’a fait rencontrer des gens formidables même si ce fut très, très long et que j'ai eu un sentiment de complet abandon de la part du TO et du consulat qui est passé plus vite que Wilma dans l'aéroport.