Vous êtes loin de
Tokyo ?
J'habite à
Yokohama, dans l'agglomération du Grand
Tokyo, soit à environ 250 km de
Fukushima. Lorsque les médias occidentaux ont annoncé "l'Apocalypse" après les explosions survenues à la centrale nucléaire de
Fukushima, je dois avouer avoir été pas mal angoissé, d'autant plus que nous étions dans un contexte de répliques sismiques incessantes et de pénuries en tous genres. Mais on peut aujourd'hui analyser la situation avec un peu plus de recul qu'au début de la crise, même s'il n'est pas évident de faire le tri des informations.
Un point important à considérer est que même si la catastrophe de
Fukushima est classée au niveau 7 sur l'échelle internationale des événements nucléaires, comme Tchernobyl, il ne s'agit de loin pas du même degré de gravité qu'à Tchernobyl. Le niveau 7, le plus élevé de l'échelle, indique qu'un accident conduit à un rejet majeur de radioactivité dans l'environnement. A
Fukushima, ces émanations se font par des brèches dans les enceintes de confinement fissurées des réacteurs et par des fuites ou des relâchements d'eau contaminée des systèmes de refroidissement défectueux. A Tchernobyl, en revanche, l'enceinte de confinement du réacteur No 4 a été complètement désintégrée lors de l'explosion du réacteur et il n'y a plus rien eu pour retenir les émissions de matières radioactives.
Croyez-moi, le scénario de
Fukushima est largement préférable à celui de Tchernobyl, et personne ne voudrait échanger quatre réacteurs endommagés comme ceux de
Fukushima contre un seul comme Tchernobyl. A
Fukushima, les particules radioactives qui s'échappent à petite dose ne sont pas projetées à haute altitude par des explosions ou par des incendies (à la différence de Tchernobyl), elles ont donc peu de chances de parcourir de grandes distances et donc de contaminer des régions éloignées de plusieurs dizaines ou centaines de kilomètres. Ces particules restent ainsi essentiellement confinées dans les environs immédiats de la centrale, ce qui a permis de limiter le rayon de la zone d'évacuation inconditionnelle à 20 km.
Voilà pourquoi les mesures de radioactivité ambiante à
Tokyo sont quasiment normales. On peut continuer d'y avoir une vie normale sans risques pour la santé liés aux radiations. Mais évidemment, si votre inquiétude persiste (ce qui peut se comprendre), il vaut peut-être mieux annuler ou repousser le séjour prévu au
Japon. Chacun est responsable de ses décisions ! Cependant, une bonne alternative, à mon sens, pourrait être d'offrir à votre fille un séjour linguistique dans le Sud du
Japon, loin des soucis de
Fukushima, à
Osaka,
Kyoto, ou même à
Hiroshima ou à
Nagasaki, par exemple