D'après mes amies qui ont vécu en
Russie, il faut se préparer à un choc culturel assez fort: ce n'est pas l'Europe, les mentalités sont très différentes, et les gens de plus de 40 ans ont vécu sous une dictature qui a formaté esprits et réflexes - il n'y a pas de famille qui n'ait pas été affectée par la terreur stalinienne. Tu peux lire "ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre", "enfant 44", "journal d'une écolière soviétique", "les chuchoteurs" pour avoir une idée de ce qu'était cette période qui a marqué la vie des personnes âgées que tu rencontreras, et, pour les plus jeunes, "a mountain of crumbs" (qui concerne la vie dans les années 70-80). De plus il existe une nostalgie du temps où l'URSS était le 2e pays du monde, celui que tout le monde craignait, avec quantités de pays "frères" cad plus ou moins colonisés ou sous dépendance. Les gens ne sont pas libres de dire et faire ce qu'ils veulent (l'opposition est régulièrement arrêtée et les responsables "sérieux" des partis d'opposition sont en prison). Le service militaire existe toujours pour les garçons, qui y subissent des sévices dont des centaines ne reviennent pas chaque année. Donc les attitudes sont plus rudes voire brutales, il y a des sujets à ne pas aborder, surtout chez les personnes de plus de 40 ans. Chez les étudiants ce n'est pas pareil, surtout si tu es en contact avec des étudiants qui s'intéressent à ce qui se passe en dehors de leurs frontières, qui lisent la presse occidentale, qui espèrent étudier ailleurs, etc. En ce moment il y a de forts mouvements de contestation politique, les élections ayant été truquées et la police ayant fait usage de violence y compris sur les passants pro-Poutine. Ce n'est pas une question de petit gabarit, même si pour les jeunes filles il n'est pas recommandé de se promener toute seule, mais toujours à plusieurs. Il y a des étudiants très ouverts (en langues ou études internationales, par exemple) et d'autres qui sont pro-régime autoritaire avec tout ce que cela comporte. De plus, le niveau d'homophobie et de racisme est assez choquant, c'est un peu comme la
France des années 70 de ce point de vue là.
St Petersburg est quand même une des villes les plus cultivées et intéressantes, et c'est loin d'être
Johannesburg. Enfin, ces impressions sont celles de plusieurs amies et de leurs filles ou familles, il ne s'agit donc pas d'un portrait sociologique scientifique triangulé.
Quelques lectures:
www.nytimes.com/...unist-overthrow.html
www.nytimes.com/...ers-stir-russia.html
www.nytimes.com/...treme-schooling.html