Bonjour,
A ceux qui souhaitent sortir des chemins emblématiques, voici la ruta de la Lana, anciennement chemin de troupeaux et bergers, qui relie
Alicante à
Burgos sur 700 kms environ.
Nous l'avons entrepris, mon mari et moi, le 6 mai, au départ de
Javea au nord d'
Alicante -qui avait été notre point de départ du Sureste-. De
Javea part aussi un chemin, le camino del
Alba qui mène à Almansa en une semaine et rejoint celui de la Lana.
Nous n'avions pas de guide papier, et je dois reconnaître que le chemin téléchargé sur le portable nous a aidés plusieurs fois, surtout pour sortir des agglomérations. Sinon, suivre la flèche et lui faire confiance (mais parfois elle se trouve aussi sur la route pour les cyclistes). En l'absence de flèche jaune, on peut se fier sans problème à l'indication du GR ou à la marque rouge du camino del Cid.
Le temps ? Que du beau, la cape est restée au fond du sac, les températures sont restées clémentes, d'autant que nous étions en moyenne montagne, de 700 à 1400 m sur plus de la moitié du parcours.
C'est un chemin dans la nature, entre orangeraies et cultures la 1ère semaine, puis champs de céréales, oliviers, amandiers et vignes ensuite. Le tout bordé de fleurs et surtout surtout de coquelicots, un régal pour les yeux.
Quelques collines riches en thym, romarin et garrigue. Des montagnes, oui, avec de solides grimpettes, de hauts plateaux interminables.
D'albergues il ne faut pas trop attendre, compter plutôt sur des pensions ou petits (ou pas) hôtels et casas rurales où les tarifs flirtent avec les 40 à 50 € pour 2... Nous avons donc peu utilisé les duvets, pourtant indispensables. Il y a bien eu 2 ou 3 deportivos, et des centres sociaux très très précaires, donc sans sanitaires et peu entretenus. Ce qui nous a valu, dans certains villages, dits d'étape, de passer notre route. Les mairies nous ont bien aiguillés, les bars aussi.
Des routes ? Relativement peu quand on connait les autres chemins. Celui-ci est riche en pistes, chemins et sentiers.
Les gens ont toujours été accueillants, curieux de nous parler, et nous ravis d'échanger. Nous avons été remis sur le "droit" chemin bien des fois dans des villages où la flèche était, sinon absente, maladroitement interprétée, ou cachée par les herbes. Les chiens étaient soit enfermés soit attachés.
On a aimé regarder les chevreuils au petit matin, gambadant dans les blés.. et les perdrix et les lapins s'enfuyant à notre approche.
Bien des petits villages sont déserts, seuls quelques anciens restent là, un bar ou pas, una tienda parfois, et il est donc important d'être autonome à la journée, sans parler de l'eau car il ne faut pas compter sur les fontaines.
De villes,
Cuenca est la plus importante avec un albergue digne de ce nom. Ontynient la 1ère semaine mais pas d'albergue. La plus pittoresque ? Sans nul doute Alcala de Jucar, une curiosité.
Des pèlerins ? Nous en avons rencontré 5 sur une semaine, puis nous sommes redevenus 2.
Les menus/pèlerin ? Jamais le soir mais des platos combinados (bonjour les frites !), et menu tout court à midi, 10, 12 ou 15 €.
Aucun service de bus n'existe sur ce chemin, le stop marche (il faut être patient), mais n'est pas beaucoup employé. On a dû y recourir quand arrivés à l'étape au bout de 30 kms, il fallait en faire 10 de plus pour espérer dormir, et on n'était plus vraiment en état..
Ce camino nous a enchantés, vraiment.
Si vous avez des questions, n'hésitez pas, c'est toujours un plaisir de partager.
Buen camino.