Pour compléter, un article de ce matin dans la Tribune de
Genève :
La banque zurichoise Julius Bär a confirmé hier la suppression attendue de 150 postes sur 3600, malgré des actifs sous gestion stables. Une quinzaine de postes seraient touchés à
Genève, selon le porte-parole de la banque, Jan Vonder Muehll. Dans la même journée, le personnel de la banque bâloise Sarasin paraissait inquiet pour son avenir en raison du désengagement de l’actionnaire principal, Rabobank.
Contrairement aux assurances, qui recherchent 1150 collaborateurs, les banques licencient à tout va. Pourtant, certaines spécialisations bancaires sont encore épargnées, comme l’explique Emmanuel White, directeur chez Michael Page International, un cabinet de recrutement spécialisé dans la finance: «Les postes les plus demandés sont ceux qui permettent en interne d’être conformes aux réglementations internationales ou qui favorisent l’amélioration de projets.» Ainsi, il relève quatre secteurs encore porteurs: compliance, trade finance, risk management et relationship
manager.
Le compliance officer, le «déontologue» en français, s’assure de la bonne application des lois et des règles de déontologie. La multiplication de la réglementation a conféré à ce secteur un rôle d’importance au sein des banques. En évoluant dans la trade finance ou finance commerciale, le collaborateur participera au financement des échanges de matières premières. Le risk management ou gestion du risque consiste à réduire l’impact financier du risque. Le relationship manager ou gestionnaire de clientèle s’occupe directement de ses clients. Son attractivité professionnelle dépend donc de ses avoirs sous gestion.
Pascal Pupet, directeur des ressources humaines et de la communication de la banque Gonet, confirme l’intérêt pour le gestionnaire de clientèle: «Le profil recherché en priorité, comme dans beaucoup de banques je suppose, est celui de gestionnaire de clientèle. Concrètement, et outre ce profil, nous recherchons actuellement des spécialistes en informatique (systèmes et réseaux) et en asset management (gestionnaire d’actifs).»
A Credit
Suisse, les informaticiens ont aussi la cote. Jean-Paul Darbellay, le porte-parole de la grande banque, dit que son établissement recrute des développeurs de logiciels et de bases de données.
A contrario, certains postes bancaires semblent moins recherchés. Ainsi, pour Jean-Paul Darbellay, les assistants de gestion sont très souvent repourvus à l’interne, d’ailleurs à l’instar de plus en plus de postes. Emmanuel White perçoit aussi plus de difficultés dans des positions seniors: «Les pôles se réorganisent selon un modèle pyramidal qui s’oppose au management horizontal. Sans avoirs sous gestion, les profils très seniors sont donc menacés.» Le spécialiste aborde aussi la délocalisation de divisions opérationnelles dans des pays où le coût des salaires est moindre.