bonjour,
je suis métropolitaine et réside actuellement à
Mayotte depuis plus d'un an. j'ai été enseignante pendant quelque semaines.
en effet, tout n'est pas rose comme tout n'est pas noir. Il y a des difficultés au niveau de la langue pour les élèves, donc les résultats qu'on te donne résultent d'un fait culturel. cependant, je peux te dire que les mahorais qui vont faire des études supérieures en métropole ne sont pas si rares que cela et que certains réussissent (tout comme les étudiants natifs de la métropole). j'ai des amis mahorais qui préparent actuellement leur thèse, d'autres qui ont un master2.
En même temps, on n'a commencé à envoyer les enfants à l'école qu'à partir des années 60. Cela ne veut pas dire qu'il y avait alors des écoles partout. A l'époque, seules les élites locales pouvaient se permettre d'envoyer leurs enfants à l'école. Il faut donc relativiser. On ne peut comparer la scolarisation à
Mayotte (qui a 40ans d'existence) avec la scolarisation en métropole'qui a plus de 200 ans d'existence!!!). Si tu veux comparer avec le niveau en métropole, il faut comparer ce qui est comparable : l'école mahoraise ne peut être comparée qu'avec l'école métropolitaine à ses débuts!!!
Il y a de très bons lycées comparables à ceux de métropole, dont les cours sont dispensés par des métropolitains. Mais il n'y a quand même pas de lycées comparables à HenriIV ou Louis Legrand.
de plus, il y a des écoles privées, dont la majorité des élèves sont métropolitains.
En fin de compte, si l'élève a un bon accompagnement de la part de ses parents, un bon suivi, il n'y a pas de raison qu'il échoue.
Le programme d'étude ici est le même qu'en métropole.
Aucune école ne dispense de cours en shimaoré à
Mayotte. Tout ce fait en français. Quelquefois, certains instits parlent en mahoré afin de mieux expliquer les choses aux élèves. Comme on te l'a dit, le français n'est pas la langue maternelle ici. Il faut donc parfois recourir à leur langue maternelle afin de mieux expliciter les choses. Etant prof d'anglais, tu as surement aussi parfois recours au français pour mieux te faire comprendre des élèves.
Pour les résultats sur lesquels tu t'inquiètes, n'oublies pas que pour les élèves métro, le français est la langue maternelle. Les résultats seraient différents si l'école ici, et le bac, se déroulaient en shimaoré. C'est comme si, en métro, les élèves passaient toutes les épreuves du bac en anglais. Dis-toi bien que pour les élèves natifs de l'île, le francais n'est pas beaucoup utilisé en dehors de l'école.
Enfin, les résulats que tu as trouvés ont aussi une origine économique. le SMIC mahorais est aux environs de 700 euros par mois. Les parents ne peuvent donc pas forcément investir dans des livres qui aideraient leurs enfants. Il n'est pas rare d'entendre des élèves de collège dirent qu'ils n'ont pas un dictionnaire à la maison, ou qu'il y en a un pour toute la famille. Sachant que les livres sont 25% plus chers qu'en métropole, un dictionnaire revient cher pour les familles modestes. Et un élève sans dictionnaire ou lectures documentaires a des difficultés, ce qui est normal. Tu te vois, en metro, enseigner l'anglais à des élèves sans dictionnaire?
Il ne faut être démoralisé, il faut savoir relativiser les choses.
Vu ta profession et le salaire que tu auras, tes enfants ne connaitront pas ces mêmes difficultés, d'autant plus qu'ils parlent français, ils ne doivent pas l'apprendre (sur le tas) à l'école.
De même, les résultats dépendent de l'enseignement. J'ai été surprise de voir comment des cours sur le theâtre, la poesie, la lecture d'ouvrages passionne les élèves.
En esperant avoir répondu à tes questions