Re bonjour J.F
alors, là, d'accord !!! entièrement d'accord ! Nous sommes à Sekota, une erreur, la route est en construction....une horreur, demain, nous prenons un bus pour nous ramener sur le goudron, vers Korem. Et toi ?
Du coup, j'ai fait fissa et viens d'écrire ceci, concernant les quémandeurs je t'en souhaite bonne lecture.
Je crois être un peu sortie du sujet "sécurité". Que dire ? Franchement, on ne s'aperçoit de rien, mais ne savons pas de quoi l'avenir est fait...
« pen, pen, pen » « moni, moni, moni» (money, money, money)
Vous connaissez peut être l’enfant-stylo du
Maroc, qui vous aborde en réclamant « stylo, stylo », histoire de faire croire qu'il est pauvre. En réalité, son trafic de stylos en fait l'enfant le plus riche du village. Selon moi, cet enfant est un pur produit du touriste au grand cœur, qui en proie à des accès de pitié et culpabilité, distribue argent, bonbons, stylos à qui mieux mieux. Eh bien, ce petit marocain, c’est un enfant de chœur comparé à son homologue éthiopien. Celui-ci vous demandera parfois un stylo, mais la plupart du temps, ce sera « moni, moni », avec une insistance psychiatrique. La force de ce gamin : il court, vite, et tient la distance. Il ne cède jamais et n'a pas peur de nous. Sa seule faiblesse, c’est sur le plat, il va moins vite qu’un vélo couché. Mais en
Ethiopie, la route est rarement plate. Alors, ce con, à chaque montée, il profite de notre lenteur pour nous harceler. Celui-là, combien de fois j’ai eu envie de m’arrêter pour le frapper, ou pour lui faire bouffer une poignée de birhs (la monnaie locale) ? Pourtant, lui aussi est sans doute aussi un pur produit du touriste. Ou alors un produit des agences d « aide internationale et développement » qui pullulent ici depuis des décennies avec leurs bienfaiteurs qui gagnent 3000 euros par mois minimum, roulant dans de beaux 4 x4 et qui font passer tout blanc pour une banque sur pattes. La pauvreté, le faible niveau d’éducation, est peut être aussi à mettre en cause, mais je n’y crois pas trop. En effet, c’est le 16 ème pays africain où nous posons nos roues, nous avons voyagé dans des endroits bien moins choyés par la nature, où la population est encore bien plus démunie qu’ici et personne ne nous tendait les mains pour tout et rien, répétant à tue-tête sa liste de souhaits. Quoi qu’il en soit, nous nous estimons heureux. Oui, nous sommes embêtés par des gosses nous harcelant pour de l’argent ou des stylos, parfois sous le regard des adultes qui ne disent rien, mais jusque-là, après avoir parcouru plus de 600 km sur nos montures, nous avons eu plus de chance que d’autres cyclovoyageurs nous ayant précédé, puisque nous n’avons reçu aucun caillou, aucune tomate, aucun poulet, pas un seul enfant ne nous a mis son bâton dans les rayons, aucun n’a donné de coups de fouets sur nos sacoches pour nous impressionner. Nous n’avons pas reçu d’insultes, ni provocations avec aiguisage de couteaux sur la route. Rien de tout cela. Mais c’est vrai que les enfants sont vraiment chiants avec leurs « give me », « give me moni », « give me pen », « give you pen » (ah là, je suis d’accord...je me donne un stylo à moi-même...). On a beau le prendre à la rigolade, mes nerfs sont parfois à vif et quand quelqu’un me fait « You you you », je lui réponds maintenant « You you you ». S’il me demande de l’argent, je m’arrête et l’imite avec un air de chien battu pour qu’il me donne de l’argent, quand il me dit « Farenje » (blanc et riche..), je lui réponds « Abacha » ou « tukur » (noir). En faisant ça j’essaye de leur montrer le ridicule de la situation, effet de miroir... Au final, c’est ce qui fonctionne le mieux. Oh, on a essayé d’autres choses : leur gueuler dessus, mais ça les excite encore plus....Leur faire la morale : vous avez déjà parlé philosophie à un poisson rouge ?
Ceci mis à part, l’
Ethiopie est un pays magnifique, et si on trouve les éthiopiens arnaqueurs, la plupart sont plutôt sympa. Un voyage est toujours fait de rencontres, la plupart du temps agréables, mais parfois moins, c'est le fondement même du voyage, il faut l’accepter. Et c’est clair qu’en vélo, ou en routard, on est au cœur de la population, et donc plus exposés à ce genre de pratiques ! Cependant, pour l’instant, n’avons pas envie de voyager autrement.
2 tarés de farenge sur leur vélo.
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