Situation des Maasaï (peuple) en Tanzanie? Tangue · 10 mars 2010 à 11:02 · 11 photos 17 messages · 7 participants · 4 776 affichages | | | | 10 mars 2010 à 11:02 Situation des Maasaï (peuple) en Tanzanie? Message 1 de 17 · 4 706 affichages · Partager Bonjour, J'espère que mes propos ne seront pas mal interprétés. Je n'ai nullement l'intention de culpabiliser quiconque souhaite se rendre en Tanzanie, ni jouer les moralisateurs. Je suis moi même voyageur, notamment en Afrique australe, et peut être qu'il m'est arrivé de parcourir des contrées d'où avaient été expulsées des populations locales. Je souhaite simplement qu'au moment de rencontrer, éventuellement, des membres du peuple massaï, chaque voyageur puisse avoir à l'esprit les conditions de vie qui leur sont aujourd'hui imposées. Petit rappel (très bref résumé d'une histoire douloureuse): - dès 1959, les massaïs sont expulsés de leurs terres par le gouvernement colonial britannique qui souhaite faire du Serengeti une réserve naturelle interdite à l'activité humaine. En échange, ils obtinrent le droit de s'installer sur les hauts plateaux volcaniques, dont le Ngorongoro. - en 1973, le gouvernement tanzanien revient sur l'accord conclu et chasse les bergers du cratère. - aujourd'hui, le gouvernement tanzanien veut attirer 1 million de touristes/an. - les opérations d'expulsion continuent, y compris dans les zones qui leur étaient réservées: en juillet 2009, huit villages massaïs ont été incendiés et 3000 personnes expulsées pour construire une réserve de chasse et de safari par la compagnie Otterlo Business Corporate (sources: Courrier International - Survival (association de défense des peuples indigènes) - Oxfam Québec (trouver des solutions durables à la pauvreté et à l'injustice dans le monde). - dans la région du Ngorongoro, quatorze nouveaux projets de construction d'hôtels de luxe. Les massaïs, qui ont tant fasciné, sont en train de se faire ghettoïser et de devenir indésirables au sein de réserves à touristes dans lesquelles ils auront le droit de vendre des perles et de danser. Le comble est qu'ils retirent peu de choses du tourisme: 70 % vivent en dessous du seuil de pauvreté alors que le tourisme dans la région a rapporté 10 millions de dollars. !!! TANGUE | | | À: Tangue · 10 mars 2010 à 12:10 Re: Situation des Maasaï (peuple) en Tanzanie? Message 2 de 17 · 4 690 affichages · Partager Ce sont des informations très intéressantes pour nous ouvrir les yeux avant d y aller.
Si on peut aider, par exemple en les faisant travailler en direct, ce serait superbe. Si ce forum peut nous permettre de récolter des coordonnées de personnes de terrain que l on peut contacter sur place, alors allons y.
Pourquoi pas communiquer ici les coordonnées directes des sous traitants des TO internationaux, ou des acteurs locaux qui sont parfois exploités par les lodges. aarrrrgh. je vais me faire tirer dessus.... 
Au moins nous saurions on va notre argent.
Je pense que nous pouvons participer activement à des actions d'économie touristique solidaire. Vu les marges prises par les lodges qui vendent leurs "bush walk" aux prix Européens et achètent les prestations aux prix locaux, je pense que tout le monde y gagnerait. On a connu cela au Botswana : Journée Mokoro achetée 130 euros au Lodge. Notre guide touchait 15 euros pour la journée... !
Bons voyages solidaires Franck | | | À: Francky4 · 10 mars 2010 à 12:41 Re: Situation des Maasaï (peuple) en Tanzanie? Message 3 de 17 · 4 670 affichages · Partager je vous transmets les commentaires d'un ranger du Ngorongoro Area qui m'a dit ceci à propos de la population Maasai de cette région :"la population Maasai augmente dans cette zone, leurs troupeaux augmentent, la faune sauvage également, mais la surface disponible, elle, reste la même ! Un jour ou l'autre, il faudra choisir entre la préservation des animaux sauvages et l'accroissement des humains dans ce secteur !" "les guides Maasai ne respectent pas les heures d'excursion avec les touristes : à 6.00 le soir, la région appartient aux animaux sauvages, il est dangereux d'accompagner des touristes au coucher du soleil, pourtant j'en ai vu qui emmenaient un groupe d'une trentaine de jeunes et leur professeur, démarrer un trek vers Empakai à 17.30 ! ils partent sans armes, comment pourraient-ils défendre leurs clients contre les dangers de la vie sauvage ?"
Alors qui privilégier, qui sacrifier ? très égoistement, et surtout, après avoir vu Ngorongoro, je préfèrerais qu'il reste un sanctuaire sauvage et qu'on le veuille ou non, l'expansion humaine est incompatible avec ces sanctuaires. | | | Bonjour, Deux éléments dans les propos du ranger: 1. l'imprudence dont ferait preuve les massaïs. Ce n'était pas l'objet de mon commentaire, et cela n'a pas de lien avec leur droit ou non de vivre sur des terres qu'ils occupaient depuis longtemps. 2. la cohabitation massaïs-animaux. Celle-ci a toujours eu lieu, et, à une certaine époque, n'affectait pas l'équilibre des "deux communautés" qui parvenaient à vivre ensemble. Est ce que les problèmes ne trouveraient pas leur source dans l'afflux des touristes?. Pour les attirer et les contenter, il faut construire des réserves, de plus en plus grandes (ex: la réserve construite par Ortelo Business Corporation pour les émirs des Emirats Arabes Unis a une superficie de près de 4000 km2, pas loin de deux fois ma petite île de la Réunion ). Ce n'est pas la seule structure de ce type, les autres étant cependant bien plus petites (5000 HA pour l'ENASHIVA Nature refuge - qui appartient à Thomson safaris, société d'éco tourisme). Il est clair qu'à ce rythme d'expansion des zones consacrées au tourisme, l'espace disponible diminue chaque année et qu'on arrive effectivement à une cohabitation de plus en plus difficile. Quant au fait de savoir si la population massaï augmenterait dans cette zone, cela me semble, avec toutes les réserves qu'il faut toujours prendre avant d'avoir tous les éléments existants, en contradiction avec les actions menées depuis plusieurs décennies contre leur présence dans ces zones ( SERENGETI et NGORONGORO) appelées "zones de conservation". En effet, dès 2004, au congrès mondial de la nature, il était fait état de près de 100 000 massaïs expulsés; 3000 personnes expulsées en 2009 pour le projet OBC). Enfin, protéger des lieux, apparemment aussi sublimes que le Ngorongoro? Oui, mais pas au prix de l'expulsion d'un peuple. D'autres solutions sont à trouver. TANGUE | | | À: Tangue · 10 mars 2010 à 16:11 Re: Situation des Maasaï (peuple) en Tanzanie? Message 5 de 17 · 4 655 affichages · Partager en d'autres temps, et toujours aujourd'hui en dehors des zones de conservation, ce sont les animaux qui ont payé très lourdement le prix de l'expansion humaine. au sein de cette expansion, il y a toujours eu aussi une lutte entre les différentes populations humaines pour la conquête du territoire. Les Maasai, en leur temps, ont chassé les tribus qui se trouvaient avant eux à Ngorongoro. Aujourd'hui, c'est eux qu'on chasse pour le bénéfice d'une autre tribu, "les éco-touristes". alors, Maasai ou écotouristes ? quel est le meilleur parti pour la préservation des espèces animales ? Les Maasai et leur récente attirance pour la modernité (ils sont acccros aux portables comme nous !) ou bien les Blancs et leur soif de retour vers la Nature ? je ne sais pas, je voudrais seulement croire que la vie sauvage disposera le plus longtemps possible de ces zones protégées à travers cette planète: le prix à payer au niveau de la population humaine est indiscutable, mais je ne vois vraiment pas comment concilier le bien-être des hommes avec celui des espaces naturels ??? nous sommes devenus aussi nuisibles pour cette Terre qu'un nuage de sauterelles sur un champ de maïs | | | D' après Wikipédia, la poulation du Kenya a quadruplé entre 1961 et 2003, et presque quintuplé en 2010 (un des taux les + forts du monde pour cette période). Celle de la Tanzanie a augmenté un peu moins vite, mais a probablement quadruplé depuis l' indépendance, et la progression ne s' infléchit pas pour le moment de manière très significative. Dans ces conditions, Masaïs ou pas Masaïs, la remise en cause des superficies consacrées à la vie sauvage, dans les conditions qui prévalaient au temps de la colonisation, ne peut pas manquer d' intervenir à échéance rapprochée... | | | Je comprends ton émotion. Les Maasai sont un peuple très attachant, aux traditions bien ancrées, qui vivent (presque) en harmonie avec leur environnement, ils ne chassent pas (sauf les lions, qu'ils tuaient à la lance et qu'ils empoisonnent maintenant s'ils s'en prennent à leurs vaches), ne mangent pas de gibier, abandonnent les corps de leurs morts (sauf les grands hommes et les sorciers) aux dents des charognards de la savane. Leur disparition en tant que peuple avec ses coutumes spécifiques serait effectivement une grande perte pour l'humanité. Je précise que leur disparition en tant qu'individus n'est absolument pas un risque, et heureusement, même s'ils payeraient un lourd tribut au SIDA et autres MST.
Les problèmes des Masai (Maasai, Massai, etc.) ne sont pas liés à la protection animale. Ils sont en fait ceux qui opposent toute population nomade et pastorale aux cultivateurs sédentaires. La condition des Maasai est encore pire au Kenya, où ils gèrent pourtant (pas très bien) des réserves comme Masai Mara.
C'est vrai que les Maasai ont été au cours des dernières décennies victimes d'injustices, de spoliations. Mais, comme dans le NCA ( aire de conservation du Ngorongoro) des aménagements ont remédié partiellement à ces injustices, ont corrigé des abus. Les Maasai n'ont pas de droits de propriété reconnus sur des terres qu'ils n'occupent pas en permanence mais parcourent avec leurs troupeaux depuis deux siècles. Ils ont été ou sont encore canalisés dans des terres moins fertiles, voire sédentarisés de force, l'accès de vastes territoires leur est interdit ou permis avec des restrictions (comme le cratère du Ngorongoro où ils ont le droit de faire boire leurs troupeaux dans la journée, mais pas les faire paître. En théorie, du moins). Mais à ma connaissance, leur situation en Tanzanie n'est pas pire maintenant qu'avant. Ils ont aussi des problèmes liés à leur démographie et à la hausse de leur pouvoir d'achat, ils bénéficient quand même un peu des progrès médicaux et des retombées du tourisme, et comme le but dans la vie de tout maasai qui se respecte est d 'avoir un maximum de vaches, le nombre de leur bêtes croit encore plus fortement que le nombre de leurs têtes (...), sauf sécheresse comme cette année. Le sur-pâturage est aggravé par la réduction de la superficie des terres qui leur sont encore accessibles. Certains qui ont des titres de propriété vendent leurs terres aux cultivateurs. Et avec l'argent achètent des vaches...
Donc, extinction, je ne pense pas, mais destruction de leur mode de vie, de leur culture, on peut le craindre. Et la préservation des espèces sauvages menacées a peu de choses à voir avec les menaces qui pèsent sur eux, qui tiennent plus aux cultivateurs, aux politiques de sédentarisation des gouvernements kenyan et tanzanien et à la pression démographique des populations sédentaires.
Amitiés à tous et bises aux autres
BL
| | | À: Blesl · 10 mars 2010 à 19:28 Re: Situation des Maasaï (peuple) en Tanzanie? Message 8 de 17 · 4 633 affichages · Partager La disparition ou l'assimilation des Maasai, la concurrence éventuelle avec les réserves est un problème grave qui est ancien, qui est moins d'actualité en Tanzanie qu'au Kenya (où la corruption et la mal gouvernance sont plus prononcées), qui n'a rien à voir avec les safaris ou les riches émiratis.
C'est sûr que les Maasai sont menacés, mais je dirais même, comme la faune sauvage et pas plus... Mêmes périls, mêmes combats, même si leur engouement pour les vaches les amènent parfois à être en concurrence avec les lions et léos... globalement, l'ennemi des Maasai est celui de la faune libre. A savoir et principalement, les cultivateurs et les clôtures, pas les touristes et les safaris.
En Tanzanie, les réserves et parcs, à quelques exceptions près, ont été constitués à des endroits impropres à la culture et à l'élevage, donc à la présence humaine, en raison des reliefs, de la nature des sols et surtout de la présence importante de mouches tsé-tsé. La faune sauvage est insensible aux trypanosomes de la maladie du sommeil, pas l'homme ou les troupeaux domestiques...
Ensuite, la concurrence ne se fait pas dans le sens que l'on pense, ce ne sont pas les éléphants qui concurrencent les vaches, ce sont les vaches et les zébus (z'ai plus soif) qui concurrencent les éléphants. Mais bien moins, et de beaucoup, que la réduction des territoires que ceux-ci peuvent fréquenter sans entrer en compétition avec les cultivateurs, sans se heurter aux cultures, aux habitations, aux infrastructures. La population des éléphants n'a pas été décimée, elle a été divisée par 10 pendant que la population augmentait d'un facteur 50 à 100, d'où les problèmes de cohabitation... Mais là encore le choix ne doit pas se faire entre hommes et faune. Une gestion désintéressée et réfléchie des parcs et réserves devraient permettre à tous les tanzaniens et kenyans d'être bénéficiaires en cash tout de suite et en ressources et richesses naturelles pour leurs enfants et les enfants de leurs enfants (j'en reste là...).
La faune sauvage est irremplaçable et constitue pour les pays qui ont eu la sagesse de la préserver une richesse pour demain qui nécessite des sacrifices maintenant, or les politiciens ont rarement (je parle pas que de l'Afrique, hein) les couilles de faire les choix difficiles mais nécessaires s'ils ne sont pas productifs électoralement à court terme ou dans l'instant. Julius Nyerere était une exception, son discours d' Arusha en 1967 -et ouais, bien avant que la biodiversité soit à la mode- faisait déjà la part belle à la nature et à la faune tanzanienne.
La faune sauvage participe à l'identité des pays de l' Afrique de l'Est, à leur culture. La préserver, ce n'est pas simplement permettre à des touristes fortunés (ou un peu moins pour ton serviteur) de s'en mettre plein les mirettes pendant leurs safaris, c'est permettre à nos amis africains de garder des objets de fierté, de leur laisser montrer qu'ils peuvent mieux que leurs anciens colonisateurs exploiter les richesses de la nature sans les détruire. Bon, j'arrête, me faudrait une bonne mousse (ou un gin tonic. Et fais péter les "cahuètes", asante sana !) pour continuer cette discussion de café du commerce (de brousse, le commerce).
Amitiés à tous et bises aux autres
BL
| | | À: Blesl · 11 mars 2010 à 7:26 Re: Situation des Maasaï (peuple) en Tanzanie? Message 9 de 17 · 4 614 affichages · Partager Bonjour, Discuter de l'avenir d'une population qui risque, à terme, d'être privée de ses lieux de vie habituels, me semble quand même relever d'autre chose que "de discussion de café du commerce". J'ai retenu des choses intéressantes dans les réponses; par contre certaines sont un peu en dehors du sujet que j'ai évoqué dans mon premier message (ex: quel rapport entre la soif de modernité et la spoliation de terres?). Je suis tout à fait d'accord quant à la mise en place de zones "sanctuarisées" afin que puisse perdurer la vie sauvage (un peu plus loin, je reviendrai sur ce que je pense de ce concept). Pour la Tanzanie, c'est ce qui a été fait avec la zone du Ngorongoro et encore avant avec le Serengeti. Ce que j'ai voulu aborder, c'est une situation nouvelle qui conduit à modifier ce qui avait été mis en place lors de la création de ces zones. Aujourd'hui, il ne s'agit pas de reprendre les zones "sanctuarisées", mais d'éviter que les autres zones alors accordées aux massaïs soient de plus en plus rognées. Or, c'est ce qui est en train de se passer. La création de la réserve "émirate" par OBC, dont je parle plus haut, se fait sur les terres accordées aux massaïs (je rappelle: quasiment 4000 KM2).Elle a conduit à l'expulsion de 3000 personnes en juillet 2009 (information retransmise à l'époque, entre autres sources d'information, par Radio France International). Quant au sujet concernant la sanctuarisation de certains lieux afin de sauvegarder la vie sauvage, je m'interroge vraiment sur le fait de savoir si la fréquentation intensive des touristes dans des lieux tel que le cratère du Ngorongoro (voir les photos ou reportages sur lesquels plusieurs véhicules se suivent avec des lions à proximité) permet réellement le maintien du caractère sauvage de ces zones. Qu'en penser, alors que 14 projets de constructions hôtelières sont en cours ?. Alors oui, donnons le vrai sens aux mots. Créer des sanctuaires pour la vie sauvage: oui. Mais protégeons les de toute "surconsommation touristique". Sinon, je doute fort qu'elles conservent bien longtemps leur caractère sauvage. TANGUE | | | À: Tangue · 11 mars 2010 à 12:00 Re: Situation des Maasaï (peuple) en Tanzanie? Message 10 de 17 · 4 593 affichages · Partager Expulser 3000 personnes, c'est un drame humain, mais qui sait si au final la vie sauvage n'y gagnera pas ? La vie sauvage a malheureusement besoin d'être protégée de l'emprise humaine, et comme rien ne se fait sans argent, a besoin du tourisme ou de richissimes chasseurs (un paradoxe !). Si personne ne visitait les réserves et parcs, braconnage, agriculture et projets immobiliers en viendraient vite à bout. Donc, le NCA a besoin des touristes, qui ne sont pas que des hyènes avides d'images.
Une précision : le terme "café du commerce" ne visait pas le sujet, mais son traitement, et par moi-même, qui plus est. C'était de l'autodérision, pour mes arguments, faut qu'on, y a qu'à.... C'est un sujet complexe et nous ne disposons pas de toutes ses données, ni, pour ma part du moins, des compétences pour en discuter aussi sérieusement qu'il le mériterait.
BL
| | | À: Blesl · 11 mars 2010 à 12:51 Re: Situation des Maasaï (peuple) en Tanzanie? Message 12 de 17 · 4 500 affichages · Partager Personnellement, je préfère être un "beauf" occupé à regarder "mon" léopard sur sa branche en Afrique de l'Est plutôt qu'un "beauf" parmi la migration d'août sur la French Riviera ! c'est un vrai paradoxe que de se dire que d'agglutiner des éco-touristes autour d'un troupeau d'éléphants contribue néanmoins à les protéger de l'extinction. je doute que si on créait des sanctuaires de vie sauvage avec interdiction d'y mettre les pieds pour les humains, ce type de projets ne serait guère accepté que par les purs et durs...  en admirant les plaines du Serengeti, je me remémore ce film "Soleil Vert" où Charlton Heston, avant son exécution, a le privilège de regarder une archive vidéo, lui montrant les délices d'une forêt habitée par une faune abondante, vestige d'un monde disparu (dans le film !), le tout sur fond de Symphonie Pastorale du regretté Beethoven : la scène montre un homme bouleversé par cette nature perdue qu'il n'a jamais pu voir et et dit "Mon Dieu, que c'est beau !" en pleurant comme un enfant... Image attachée: | | | À: Francky4 · 12 mars 2010 à 15:12 Re: Situation des Maasaï (peuple) en Tanzanie? Message 13 de 17 · 4 435 affichages · Partager Message de Franky:
"Pourquoi pas communiquer ici les coordonnées directes des sous traitants des TO internationaux, ou des acteurs locaux qui sont parfois exploités par les lodges. aarrrrgh. je vais me faire tirer dessus....  "
Franky,
Ce serait bien d'étendre votre remarque concernant les lodges qui exploitent aux TO qui exploitent des agents locaux....
Il y en a plein qui s'en mettent plein les poches sur le dos des locaux...et des touristes...
Ils revendent à 2000 euros parfois, sinon plus, des safaris pour lesquels les locaux ne touchent parfois que 200 à 300 euros, tout frais compris, et donc des clopinettes.... | | | je me remémore ce film "Soleil Vert"
J'ai vécu exactement ceci au Botwana... voir photo ci-dessous. Je me suis pris pour Charlton Heston.
Pour ce qui est de la conversation ci-dessus, il y aurait beaucoup à dire sur mon état de révolte, et peu de choses faisable pour infléchir le cours de l'histoire. Alors je me contente d'apporter ma toute petite pierre au format "Aïkido". Je me sers de la force du système pour le prendre à contre pied si possible, en donnant le maximum aux nécessiteux et le moins possible aux intermédiaires-actionnaires des congloméras. Mais je me sens si impuissant que j'ai même du mal à parler d'éco-tourisme (qu on entend à toutes les sauces) tout ça parce que je vais dépenser mes sous et me faire plaisir chez des gens qui sont dans la peine extrême.
Je pense qu on est tous ici sur la même longueur d'onde. (nad11  )
Si seulement nous faisions chacun 10% de ce que nous pouvons faire... !
... Franck Image attachée: | | | À: Nad11 · 12 mars 2010 à 19:10 Re: Situation des Maasaï (peuple) en Tanzanie? Message 15 de 17 · 4 421 affichages · Partager Bonjour, Je ne vais pas manquer de visiter les sites que vous m'avez conseillés. Parmi les problèmes que rencontrent aujourd'hui les massaIs avec cette nouvelle diminution des terres qui leur sont accordées, se trouve l'eau. De nombreuses réserves à vocation touristique ont besoin d'eau, parfois beaucoup, pour satisfaire leur clientèle, et captent l'essentiel de la ressource, y compris en empêchant l'accès aux massaïs. Ce qui est surprenant, c'est que cette politique d'accaparement de terres vise soit disant à la préservation et la mise en valeur de territoires stratégiques pour la faune. Or, il semblerait que les massaïs n'étaient pas du tout un obstacle, au moins pour ce qui concerne la faune (ils le sont peut être pour les appétits des grands groupes touristiques). Par leur action, ils avaient contribué a créer un écosystème dans lequel la faune avait toute sa place. A ce propos, je citerai ce qu'écrivait Pierre Bonte (pas le journaliste, mais l'ethnologue, directeur émérite au CNRS): "les travaux récents d'écologistes ont montré que la végétation à herbe courte de ces régions qui portent, outre les troupeaux domestiques, de vastes hardes d'ongulés sauvages et leurs prédateurs, n'a rien d'une végétation naturelle, mais est le résultat de l'action des pasteurs eux-mêmes et de leurs troupeaux...Dans les zones mises actuellement en réserve pour les animaux sauvages ressurgit une végétation naturelle de savane aux hautes herbes broussailleuse, rapidement abandonnée par les animaux sauvages". Ouvrage: "La recherche ethnologique au C.E.R.M. Les sociétés de pasteurs nomades". Publié aux éditions La pensée en 1973. Ce n'est certes pas parole d'évangile, et elle peut tout à fait être discutée. Mais cela montre que pour certains chercheurs, l'équation - diminution des pasteurs et de leurs troupeaux=préservationde la faune - n'est pas forcément évidente. TANGUE | | | À: Francky4 · 12 mars 2010 à 23:58 Re: Situation des Maasaï (peuple) en Tanzanie? Message 16 de 17 · 4 388 affichages · Partager J'ai vécu exactement ceci au Botwana... voir photo ci-dessous. Je me suis pris pour Charlton Heston.
Hello Francky4, je viens de lire ton carnet de voyage au Botswana, qui me donne des démangeaisons de partir sur tes traces ! le survol du Delta, le vol en hélico au dessus des chutes Victoria, çà doit être surement le pied assuré ! bref, va falloir que je me trouve le financement pour ce rêve éveillé  ! | | | À: Tangue · 20 mars 2010 à 17:02 Re: Situation des Maasaï (peuple) en Tanzanie? Message 17 de 17 · 4 316 affichages · Partager Bonjour,
Je suis pour la défense des MassaÏ !! Depuis un an, je voyage en Tanzanie et j'ai fait la connaissance avec des Maasaï qui sont devenus mes amis. La situation devient difficile pour eux. Les jeunes sont obligés de partir du village pour travailler et beaucoup d'entre eux sont partis à Zanzibar. Dernièrement, j'ai été scandalisée. Certains amis ont réussi à s'offrir une cabane (400 dollars, c'est beaucoup d'argent pour eux) sur la plage de Kendwa pour vendre leurs bijoux, j'ai passé tout le mois de janvier 2010 sur cette plage avec eux et à mon retour début février, un ami maasaï me téléphone, il pleurait, le gouvernement avait détruit leurs boutiques, ils ont tout perdu leur travail et leur économies, c'est honteux !! Maintenant, certains sont repartis dans leur village à Moshi ou Arusha, d'autres essais de trouver un job à Stone Town et un de mes amis est resté sur Kendwa, il est obligé de vendre ses bijoux en marchant mais c'est dangereux, la police n'autorise pas ce genre de commerce et le gouvernement ne veut plus de maasai sur cette plage. L'ami n'a pas les moyens de repartir dans son village. J'espère que le gouvernement de Zanzibar ne va pas faire la même chose sur les plages de Jambiani, Ngunwi etc.. Je vous poste 2 photos une avec les boutiques sur la plage et l'autre avec les boutiques détruites !! Que pouvons-nous faire ? Je retourne au mois de mai ou juin à Arusha dans un village Maasai et quelques jours à Stone Town. Bon weekend Lolette54 Images attachées: | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 7 480 visiteurs en ligne depuis une heure! |