Je viens d'essayer de vous trnsmettre un texte en pièce jointe, mais cette dernière n'est pas apparue sur l'archive que j'ai conservée ; alors, et des fois qu'elle n'aurait pu passer, je réitère l'envoi dans les lignes ci-dessous.
Merci et cordiales amitiés de VIETALIER.
Souvenirs de voyage au Viet Nam
14 novembre 2009 à 22:58
Vos pages sont souvent occupées par une polémique à propos de motos et de permis de conduire ces engins au VN ; d'autres fois, les " Carnets de voyages " révèlent " de beaux instants de plaisir que je partage volontiers avec leurs auteurs.
A mon tour, je vais vous faire part d'un souvenir de voyage au VN, comportant également les deux sujets, en espérant qu'il plaira à certains " Forumistes ".
Cordiales salutations pour tous de VIETALIER.
HHà Nôi – 24.10.2007 –Mort du motocyclistesur la digue de Bát Tràng L'autre jour, en passant par Bát Tràng, j'ai oublié d'acheter un petit service à café en porcelaine qu'un ami m'a demandé de lui rapporter.
Je loue une moto et prends la route vers ce village dont la population entière travaille la belle matière que révèle la magie du feu.
Je suis des trains de camions, qui vont et viennent, transportant et livrant les sables et les graviers destinés au béton des chantiers. La poussière vole partout, de grosses bennes me côtoient parfois d'un peu trop près à mon goût.
Je vais tout droit chez mon céramiste, qui m'offre le thé, emballe ma commande et me sert une nouvelle tasse de ce breuvage, qui sent bon le jasmin. Lorsque je le quitte enfin, il glisse dans ma sacoche un pochon en jonc tressé dont il me dit que c'est pour me remercier de mes deux passages chez lui
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Nous échangeons une poignée de main cordiale et je m'en vais prendre quelques photographies au hasard des ruelles noircies par le charbon, qui serpentent entre les ateliers tout blancs des traces laissées par le kaolin. J'espère que mes clichés seront à la hauteur de mes espérances car les gestes des mouleuses, la sûreté du pinceau des poseuses de décors, sont prodigieux de goût et d'élégance.
Encore deux ou trois images de ces étonnants forçats, qui poussent leurs extraordinaires bicyclettes
genre Dien Bien Phu chargées de plus de deux cents kilos de poteries bien arrimées ; voilà qui est fait et je prends le chemin du retour.
Je presse un peu l'allure afin d'éviter les encombrements de fin d'après-midi et je prends un raccourci qui passe par la digue nord du Fleuve Rouge ; au sortir d'un de ses méandres, la circulation est bloquée par une suite de véhicules arrêtés au milieu d'une foule considérable ; j'arrive à me faufiler et je parviens jusqu'à la cause de cette paralysie routière : des policiers sont en train de mesurer des axes et des distances entre un énorme camion inerte et certains points de repère.
Les roues du monstre de ferraille écrasent une moto fracassée et je pense immédiatement au motocycliste que je découvre -
devine conviendrait mieux - une dizaine de mètres plus loin.
Il gît sous une natte de jonc ; un pied déchaussé dépasse de ce linceul, trois briques rassemblées vers ce qui semble être sa tête enserrent une poignée de bâtonnets d'encens allumés.
Sur le trottoir de terre battue, quatre vieilles femmes pleurent et se lamentent en psalmodiant des litanies à la façon des pleureuses antiques ; elles ne connaissent pas le mort et pourtant ce sont elles qui en ont pris soin et qui veillent sur son âme alors que tous les autres acteurs du drame ne s'occupent froidement que de l'accident.
À voir ce qui se passe là, j'ai la tête qui tourne tant la nausée me serre les tripes. Quelle différence, en effet, entre ces gens d'un " monde moderne " qui ne s'occupent que du présent et de ce qui va survenir – la gestion de l'accident, ses conséquences immédiates : combien cela va-t-il coûter ? – et ces vieilles femmes qui offrent spontanément toute la compassion naturelle que des siècles de Confucianisme ont fait parvenir jusqu'à elles !
Je suis bouleversé et je vais jusqu'au village voisin acheter quelques bâtonnets d'encens pour revenir les ficher à côté de ceux déjà offerts à celui qui vient de partir si brutalement et que je ne connaissais pas...
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Rentré à mon hôtel, je défais le paquet, qui contient deux tasses à thé et leurs soucoupes. Merci du fond du cœur, cher artiste de Bát Tràng.