Hola,
Attention, il ne faut pas croire que les sud américains soient de gros goujats car je peux supposer que si le stop n’est pas pratique répandue il doit y avoir certaines raisons.
Toujours est-il que pour nous ce fut vraiment différent (Pour rappel nous voyagions à vélo).
Que ce soit en
Equateur, au
Pérou ou en
Bolivie il est incroyable le nombre de fois que des 4x4 s’arrêtaient pour nous charger. C’était même nous qui étions obligés d’insister pour continuer à vélo.
Et je peux vous dire que cette « entraide » nous a servi deux ou trois fois sans que nous n’ayons jamais rien à payer.
En
Equateur, voulant prendre un raccourci nous voici occupé à escalader une montagne via un chemin reliant toutes les concessions minières du versant. Autrement dit, après avoir effectué un kilomètre dans un sens, la route tourne pour un nouveau kilomètre dans l’autre sens. Résultat, nous-nous retrouvons exactement au même endroit mais 20 mètres plus haut. Après 10 kilomètres, nous ne nous sommes éloignés que d’une centaine de mètres de notre point de départ et au vu de la distance qui nous sépare du sommet, nous en avons pour une semaine afin de basculer de l’autre côté.
Par miracle, un pick-up nous dépasse et s’arrête sans que nous ne demandions quoi que ce soit. Les quatre occupants nous invitent à charger les vélos et se tassent pour nous faire de la place.
Encore en
Equateur, nous arrivons dans un petit village de montagne, chouette, nous allons pouvoir nous restaurer. Un Colombien insiste et insiste pour nous charger en disant qu’il connaît un restaurant trois kilomètres à la sortie du village. Malheureusement il nous plante devant un restaurant... fermé !
Arrivé au sommet du col, grands coups de klaxons raisonnent derrière nous. C’est notre ami Colombien qui, tout gêné de nous avoir planté devant le restaurant fermé, a fin demi tour pour se rendre au village et nous rapporter un sachet rempli de provision.
Au
Pérou, Corinne tombe malade au milieu de l’ascension d’un col. Rebelote, un pick-up s’arrête pour nous monter jusqu’au sommet. Je ne crois pas qu’il s’agisse bêtement d’une question de chance.
En
Bolivie, entre
Uyuni et
Tupiza, nous dépassons une longue file de bus et voiture
immobilisés par les inondations. Personne ne passe sauf les très gros camions. Sauf les camions... et le téméraire Enzo. J’entreprends de passer la rivière, l’eau jusqu’à la taille, en passant sacoche par sacoche.
Un routier qui aperçoit mon « manège » me demande d’arrêter et nous invite à monter dans la benne. Il insistera même pour que nous ne descendions pas avant une vingtaine de kilomètres car il y a d’autres rivières à traverser.
Cette fois-là, nous lui avons malgré tout payer un bon repas.
Voilà de beaux élans de générosité que je ne suis pas certain de pouvoir rencontrer en Europe !
Bien à vous tous.
Enzo