Jour3:
Quelle surprise, réveil très matinal sans problème et départ pour le temple Cao Dai et les tunnels Cu-Chi.
Sur le chemin du temple on passe à côté de belles demeures et d'autres bâtisses très kitch (rose-turquoise par exemple). On s’arrête également pour pouvoir aller au « happy place » ou plus probablement pour nous faire acheter des souvenirs. On ne peut pas leur en vouloir pour le prix que nous avons payé. Ça a l’air très organisé, étant donné qu’une vingtaine de bus s’arrêtent à ce même endroit. En partant mon regard se croise avec le couple de Lyonnais rencontré la veille. J’étais donc assuré de les revoir aux autres arrêts. Nous déjeunerons même ensemble.
Malgré le nombre important de touristes à Cao Dai, j’ai bien aimé la visite de ce temple avec une architecture inhabituelle (voir les photos en-dessous). Après le déjeuner nous nous déplaçons à
Cu Chi et visionnons une vidéo de propagande vietnamienne sur le début de la guerre du
Vietnam du nord avec les américains et le
Vietnam du Sud. Nous explorons ensuite les tunnels, qui s’étalent sur de nombreux kilomètres et ce sur trois niveaux ! Ils servaient non seulement pour se protéger, mais aussi pour attaquer. Il parait que les Américains ont positionné leur plus grande base juste au dessus d’une sortie de tunnels, ce qui leur a causé de grands dégâts.
Sur le retour lors du début du coucher de soleil, on aperçoit une mer de cerf-volant. Quel beau spectacle que nous ne pouvons qu’observer moins d’une minute. Le bus continue sa route... A l’entrée de
Saigon, ou plus précisément de
Ho Chi Minh City (seul le premier arrondissement s’appelle officiellement
Saigon), il y a beaucoup de karaokés. Cette partie de la culture m’a toujours intrigué. Je demande des détails à ma voisine Filipina, avec qui j’ai sympathisé. Elle m’explique qu’en général on y va en groupe d’amis pour s’amuser. On loue une chambre et on peut généralement s’acheter à boire et à manger. Elle ne m’a pas dit toute la vérité, plus tard dans mon voyage je ferai également un karaoké pour voir de mes propres yeux. En tout cas la jeune femme me donne rendez-vous le soir avec ses trois amies pour dîner ensemble au marché, rendez-vous que je louperai lamentablement à cause d’une séance de coiffure. Quelle opportunité manquée pour être bien entouré !
En effet comme prévu la veille je vais au « hot toc », salon de coiffure avec une vitrine alléchante, bien que ma dernière coupe de cheveux date d’il y a moins d’une semaine. De dehors on peut admirer une quinzaine de hot toqueuses très hot, mais pas un seul client... Serait-ce ce que cela pourrait laisser penser? Enquête exclusive sur les coiffeuses de
Saigon!
De nature plutôt timide, je rentre gêné et stressé dans le salon. Ce qui me tracasse le plus est de ne pas savoir ce qui m’attend. Mais c’est aussi cela qui donne tout le charme à une aventure pareille. Comme au restaurant, l’accueil me propose une carte, sur laquelle je ne comprends pas un mot, à part le "full service VIP" à une dizaine d’euros que je choisis donc. On me demande ensuite d’opter pour une fille. La majorité avait l’air très timide. J’en désigne une souriante et qui avait quelque chose de calmant dans son regard. Malheureusement je constate qu'elle ne parle pas anglais et de mon côté je ne parle pas un mot vietnamien. C'est donc parti pour un programme de plus de deux heures sans base de communication commune. C’est d’ailleurs à ce moment que je me rends compte que je louperai mon rendez-vous avec les Filipinas. Je n’avais pas programmé autant de temps pour le coiffeur. Je m'assois donc dans le salon, visible de la rue et je suis effrayé de tout faux pas que je pourrais faire dans une séance dans laquelle je ne connais pas le déroulement. Une autre fille me tend une carte de boissons et j'opte pour un « iced-coffee ». Ça commence bien, il est beaucoup trop sucré! On me montre alors des escaliers qui mènent à un étage avec deux pièces: une qui ressemble toujours à un salon de coiffure classique et une pour laver les cheveux, la particularité étant que le siège est remplacé par un lit courbé, qui permet d’être allongé pendant le lavage de cheveux. Belle invention à mettre en place chez nous!
La coiffeuse commence à me mettre du shampoing dans la salle classique et m’indique ensuite le lit sur lequel je m'allonge. Beaucoup de choses passent dans ma tête et je me demande comment me sauver si la situation devient embarrassante ? Elle doit se rendre compte de ma nervosité et me sort un mot d'anglais: relax! J'exécute son ordre et me dis que je n’allais pas en profiter si j’étais crispé. Commence une série de massages de tête, de visage et d’épaule spectaculaires! Là je n'ai plus aucune envie que ça s'arrête. Ça s’arrête. Que fait-elle ??? Elle cherche la courgette, la sort et... l'épluche ! Les morceaux sont alors soigneusement posés sur mon visage. Pendant que je suis caché sous le masque elle masse ma nuque. Les soins de tête s'achèvent ensuite par un lavage d’oreilles.
Une fois de plus elle me montre alors des escaliers à monter. C'est là que j'aperçois pour la deuxième fois un client local, peut être un peu plus jeune que moi. Arrivé en haut on se croit à l’hôtel, étant donné qu’il y a des portes avec des numéros. Une fois la notre ouverte on entend de la musique kitch américaine. Bonjour l'ambiance! La gentille demoiselle me tend alors un boxer. J'attends une vingtaine de secondes interminables pour me changer, mais elle ne bouge pas. Je termine alors l'opération sans gêne, elle range soigneusement mes affaires dans une armoire et me demande de m'allonger sur une table de massage. Elle m’interroge sur mon âge. Apres avoir compté 25 des doigts, elle me répond avec un énorme sourire "same-same". Je me souviens alors d’avoir vu des t-shirts avec « same-same ». hmmm. Elle m’affirme également « you handsome » et me précise qu’elle aime bien mon nez de Pinocchio et ma peau pâle comme la mort. Après avoir essayé de me flatter, elle commence un massage des pieds et des jambes. Étant donné que je n'ai jamais assisté à une séance de massage "classique" je n'ai pas de base de comparaison. Elle pose des pierres chaudes sur mon dos, ce qui est très agréable. La suite était un massage avec ses pieds, la fin une marche sur le tapis rouge! Euh non, sur mon dos ! Je me sentais comme un nouveau né et j’étais soulagé que le massage n’allait pas plus loin que quelques passages un chouilla érotiques. Elle essayait finalement de se faire inviter à diner pour continuer la soirée. Je décline étant donné que je n'étais pas très enclin à faire un dîner muet et monnayer les éventuels services supplémentaires. Je prends congé de la masseuse-coiffeuse et lui donne un pourboire d’un peu plus de cinq Euros.
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