Discrètes cérémonies en
Thaïlande pour le 2e anniversaire du tsunami
La
Thaïlande a commémoré dans la discrétion et l'émotion mardi le deuxième anniversaire du tsunami qui avait ravagé une partie de ses côtes, faisant officiellement 5.400 morts, dont la moitié était des touristes étrangers. Deux cérémonies se sont déroulées dans la matinée sur la célèbre plage de
Patong à
Phuket, ainsi que dans le village de pêcheurs de Ban Nam Khem, devenu un symbole de la catastrophe du 26 décembre 2004. "J'ai perdu mon mari et ma fillette de cinq ans dans la vague", a raconté Susanne Romslo, Norvégienne de 49 ans, les yeux pleins de larmes. "Ca été difficile pour moi de venir parce qu'ils me manquent terriblement", a ajouté cette femme sauvée par deux Thaïlandais et qui était l'une des rares étrangères présentes à la cérémonie de Ban Nam Khem. Dans ce village, quelque 500 personnes ont participé à un service religieux animé par des dignitaires bouddhistes, chrétiens et musulmans. Plus au sud, sur l'île de
Phuket, une minute de silence a été observée à 10H10 (03H10 GMT) sur la plage de
Patong, en présence d'un millier de touristes et d'habitants locaux. Dès l'aube, des rescapés du tsunami et des proches de victimes s'étaient figés devant la mer, jetant des fleurs et ne pouvant contenir leur émotion. Le nombre d'étrangers ayant fait le déplacement pour les cérémonies du souvenir était considérablement moins élevé mardi qu'il y a un an. "Mon amie et sa famille séjournaient à
Khao Lak au moment du tsunami", a raconté Margit Vondaak, Allemande de 42 ans. "Mon amie a survécu mais sa fillette et son époux sont morts. Elle n'est jamais revenue. C'est encore trop tôt". D'autres cérémonies étaient prévues dans le courant de la journée. L'une des filles du roi de
Thaïlande, la princesse Ubolratana, qui a perdu un fils dans le tsunami, devait participer à un rassemblement en début de soirée à Bang Nieng au cours de laquelle des bougies devaient être allumées. La reconstruction a été relativement rapide dans le sud de la
Thaïlande où les touristes sont revenus en nombre cette année. Cependant, alors qu'à
Phuket, les traces du tsunami ont totalement disparu, à
Khao Lak, certains hôtels sont toujours en ruines et des habitants affirment ne pas avoir bénéficié de l'aide internationale. De même, plusieurs centaines de personnes sont toujours portées manquantes ou n'ont pas été identifiées deux ans après la catastrophe. Dans une lettre datée du 22 novembre adressée au chef de la police thaïlandaise et publiée lundi par le quotidien The Nation, les ambassadeurs de sept pays (
Etats-Unis,
Grande-Bretagne,
France,
Allemagne,
Suède,
Finlande,
Pays-Bas) ont souhaité que le travail d'identification aille à son terme, "des erreurs" ayant pu se produire dans le passé. Ils ont, par ailleurs, demandé "un audit" sur la façon dont l'argent envoyé de l'étranger pour l'identification des victimes a été dépensé par l'unité thaïlandaise chargée de ce travail.