Salut !
Je suis rentrée hier... Merci encore pour tes précieux conseils (et aux autres). Les sandales m'ont plus encombrées qu'autre chose, même si je les ai utilisées une fois pour escalader une cascade en sous vêtements, pour finalement me retrouver dans un cul de sac, c'était n'importe quoi

J'écrirai bientôt un récit sur mon blog (lien dans ma signature), mais un petit topo quand même s'impose :
J1 : arrivée 16h à l'aéroport,
Funchal à 16h45 avec l'aérobus.
J'ai trouvé une cartouche de gaz (15€ les enflures !) et passées à l'office de tourisme pour mon autorisation dont j'avais fait la demande. On m'a dit "oh la la faut t'y prendre bien plus à l'avance, un mois au moins !" (je l'ai fait 2 jours avant

) et la dame a appelé l'agence qui a dit m'avoir envoyé l'autorisation le matin même à 10h... quand j'étais à l'aéroport (et je n'ai pas de smartphone). Mais de toute manière, on m'a rien demandé et j'ai croisé des gens plus tard qui ont été informés différemment à l'OT de
Funchal, on leur a dit "ils s'en foutent vous allez où vous voulez tant que vous êtes partis avant 10h"!
Bref, j'ai bu une bière en écoutant un concert et en papotant avec des mamies et j'ai pris le bus pour
Ribeira da Janela où j'ai campé. Une tente et la mienne ^^
J2 : Je suis montée via un petit sentier de
Ribeira da Janela jusqu'au parking du départ de la rando de la levada et fait les 12 /13 km jusqu'au bout. Cul de sac aussi, j'ai campé à côté du sentier (je sais pas où les gens bivouaquent aux alentours de la rivière, y avait que des rochers !!) Env. 20 km
J3 : Tentative de trouver le sentier qui grimpe du PR15 à fonte do bispo : c'était l'épisode désastreux. Soit le sentier n'existe plus, soit je suis une bille, pourtant y avait pas 36 possibilités... J'ai escaladé une cascade (avec de l'eau jusqu'à la taille et mon sac de 20 kilos hein

) pour me retrouver face à un mur de végétation, hop demi tour. Du coup j'ai du me retaper les 12 km dans l'autre sens, et remonter à la route via une ferme à Roseira. Été prise en stop jusqu'à Rabaçal, je suis descendue du parking jusqu'à la casa do rabaçal en passant par la cascade de Risco. 20 km estimés aussi.
J4 : Remontée de Rabaçal à la levada de Paul I et II (en travaux, un peu chaotique). Pas mal de nuages et sentiers très étroits, et long ! Il se termine en cul de sac alors j'ai coupé (j'ai pu !!) pour monter sur le plateau Paul se Serra où j'ai erré pendant une heure entre les éoliennes et les vaches pour retrouver la route

De là j'ai rejoins la Bica da Cana, pris le PR17 (levada da serra). 19h quand je suis arrivée à la route, la nuit tombait donc pas le temps de rejoindre Chaos dos Louros (Encumeada) via le PR17 que des allemands n'ont pas trouvé avant moi. Donc stop en pleine nuit, 1 bagnole toutes les 15 min, aucune m'a prise (fumiers !!) donc j'ai fait les 6 km à pieds... 25 bornes estimées. Mes pieds criaient à l'aide

Seule dans le parc, chiottes dégueulasses et pluie battante...
J5 : Fin de la pluie ! Droppée à Encumeada pour éviter la remontée par la route depuis chaos dos louros. De là, montée au
Pico Ruivo. On m'avait prévenu qu'y avait beaucoup d'escaliers... Sa race, c'est horrible !!!!! les 12 km m'ont paru une éternité. J'ai commencé vers 12h, je suis arrivée au Ruivo à 18h30 !!! Par contre j'étais seule, personne dans mon sens ni en sens inverse. Et surtout magnifique coucher de soleil en haut... Mais je les ai maudites ces marches interminables !
J'ai campé à côté du refuge (fermé mais en travaux, certainement rénovation) dans le seul endroit "plat" mais un peu penché que j'ai trouvé. J'ai la dalle, je me fais une soupe avec des pâtes. Au bout de deux cuillères, une envie de vomir terrible. Je m'allonge un instant et... m'endors. Sans manger. Nuit glaciale, terrible. Je sentais plus mes pieds.
J6 : Après une nuit glaçante, heureusement le beau temps est avec moi. Réveil à 7h pour voir le lever de soleil, encore une fois seule au monde, depuis le Ruivo. MA-GNI-FI-QUE ! Comme quoi ça valait bien un peu de souffrance !
Je laisse ma tente au Ruivo et fait l'aller retour jusqu'à Arieiro, 4h AR (sans le sac de 15 kg, ça change la donne). Trop de voitures à mon goût à Arieiro, trop d'humanité. Je prends quand même un toast au fromage et une poncha qui me rend directement pompette (pourtant je suis normande et il m'en faut beaucoup)... pas mangé la veille au soir, en plein cagnard, le ventre vide et pas mal de km dans les pattes, ça pardonne pas ! J'ai quelques vertiges et titube pour sortir du café

mais après un passage aux toilettes où je me badigeonne la tête, ça va bien mieux. Retour au
Pico Ruivo.
Arrivée 15h à ma tente, hors de question de rester une nuit de plus ici, je remballe tout et descend au parking achada do teixeira où un couple d'anglais me descend jusqu'au pico das pedras. Je prends le PR9 jusqu'à Queimadas. Là bas interdit de camper mais la dame du café me dit que je peux me mettre un peu plus haut à un lagon. Endroit magnifique, paisible et féérique.
Je plante ma tente de jour pour la première fois ! 16 bons kms en tout
J7 : Temps maussade. Je laisse ma tente avec les oiseaux et fais l'aller retour jusqu'à la cascade de la levada caldeirao de verde. 13 km AR, je rentre à ma tente il est 16h, il se met à pleuvoir. Tempête toute la soirée et la nuit, ça valdinguait dans tous les sens !! Mais au sec, donc c'est cool.
J8 : Temps toujours nuageux bien que plus de pluie. Rangement de la tente trempée (joie) et descente par la route de Queimadas à
Santana. La nana du café me croise et me descend !
Flânage à
Santana, achat de poncha (mon sac s'était allégé, il a repris 2 kg !!!).
Bus 13h25 pour
Machico, puis bus pour Sao Laurenço. J'arrive à Baia d'Abra vers 16h. Beaucoup de gens, mais ils repartent tous (et tant mieux). 4 km plus tard, arrive à la petite oasis (casa do sardinha) vers 17h30 et plante la tente. Je monte jusqu'au sommet de la butte pour apercevoir la presqu'île. Soleil couchant, seule au monde encore une fois, l'océan entier pour moi... Plus vivifiant et paisible, je connais pas.
Nuit magnifiquement bonne !!! Même pas froid, même si beaucoup de vent.
J9 : Réveil 7h, je retourne au sommet pour le lever de soleil... J'en ai pleuré tellement c'est beau. Etre là seule comme au bout du monde, avec une bonne musique dans les oreilles, c'est si précieux. Ça rend vivant. Dans chaque périple il y a un instant, une journée, une heure, qui me marque plus que les autres par son intensité émotionnelle. Je crois que cette soirée et cette matinée sur la péninsule forment "mon" petit moment de ce périple-ci. La plus belle conclusion qu'il pouvait y avoir. Les iles Desertas me font de l'oeil au loin. J'ai toujours cette satanée envie d'aller voir "là tout au bout" ou "là tout là-haut". Je redescends, le soleil s'est extirpé de la couche nuageuse, la tente a bien séché au vent. Je plie bagage, laisse ma cartouche de gaz avec un petit mot pour les futurs campeurs et me barre vers 10h, quand les premiers touristes arrivent. Je prends largement mon temps pour faire les 4 km du retour, m'arrête, savoure chaque bouffée d'air, observe les vagues s'éclatant sur les falaises, l'écume abondante qui s'y crée, inspire, expire, vis.
12h, j'arrive au parking. Y a foule, les bagnoles pullulent. Je me pose dans un coin pour manger mes derniers sandwichs et prends le 113 à 13h pour l'aéroport, où j'arrive à 14h30. Vol à 16h30. Arrivée
Paris 22h30. Choc thermique, mains glacées, mets 30 minutes à trouver mon Uber commandé par une amie (j'ai toujours pas de smartphone, et j'y tiens).
Je m'attendais pas à être si conquise par
Madère... A la fois ressourcée, nostalgique, triste mais aussi apaisée. Eu beaucoup de chance avec la météo aussi... Il a plu quand j'étais en bas l'avant dernier jour, et magnifique temps quand j'étais aux sommets.
Je joins quelques photos.
- coucher de soleil au Ruivo
- lever de soleil au Ruivo
- cascade de caldeirao verde
- falaises de Sao Laurenço
- lever de soleil à Sao Laurenço
Merci encore !
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