Connaître la légende attachée au lac Tsomo Riri permet de ne pas faire l'erreur d'écrire "Tso Moriri" car ici le "Tso" de "Tsomoriri" ne signifie pas "lac".
L'histoire, ou la légende, dit qu'une jeune fille, ou nonne, - car Tsomo est une déformation de Tshomo : nonne – circulait sur le plateau à dos de yak. Or, l'animal assoiffé voyant le lac, couru se désaltérer dans le lac et ne s'arrêta pas malgré les cris de sa cavalière.
On l'entendit de très loin hurler : "Ri – Ri – Ri -.." pour faire reculer son yak. Mais l'animal continua, et elle se noya.
Le lac a alors été appelé Tshomo-Ri-Ri, puis Tsomo Riri ou Tsomoriri... [et pas :
Tso Moriri., d'ailleurs moriri ne veut rien dire en ladhaki ni en tibétain, alors que "Ri" est l'ordre donné à un cheval pour le faire reculer ]
A Korzok, où les habitants connaissent leurs légendes et leurs traditions, on ne voit que les graphies "Tsomo Riri" ou bien "Tsomoriri". (ou plutôt : on ne voyait car autrefois toutes les maisons avaient un écriteau au dessus de leur porte avec le nom de la maison et l'adresse. Avec l'arrivée de la route et des touristes, toutes les maisons ont été embellies et j'ai l’impression que ces panneaux ont disparu. Il me faudra le vérifier à mon prochain passage.)
A
Leh, ou bien ils ne connaissent pas l'origine du nom, ou bien ils veulent simplifier les choses pour les touristes.
Mais la bonne écriture a été : Tsomo Ri Ri Tso, puis Tsomo Riri Tso, et de plus en plus simple : Tsomoriri Tso.
Car le complément de nom est placé avant le nom en tibéto-ladakhi,
alors que tous les adjectifs sont placés après le nom, ce qui donne par exemple : Tso Kar (abréviation de Tso Kar (po) qui signifie Lac Blanc (à cause du sel déposé sur les rives au mois d'octobre après la grosse évaporation de l'été).
Quelle que soit l'écriture, ce lac est très beau, et, je pense, le plus beau des grands lacs du
Ladakh (car il y a aussi de très beaux petits lacs).