Extraits d'un article intéressant sur les problèmes d'eau à
Tozeur....
"Les vrais raisons du stress hydrique que commence à ressentir la région et par ailleurs tout le sud Tunisien, est que la nappe d’eau profonde qui représente le réservoir dont on puise l’eau atteint sa limite. Actuellement la qualité de l’eau commence à se dégrader et continuera à le faire jusqu’à ce qu’elle devienne inutilisable à cause de la salinité.
J’ai visité toutes les palmeraies de la région
Tozeur Nefta sans exception.L’évolution des palmeraies sur la région depuis 1972 (il n’y avait pas encore les forages profonds) jusqu’à aujourd’hui, les superficies des palmeraies ont augmenté allant de 3 700 Ha en 1972 à 6 800 Ha en 2008 et la tendance aujourd’hui est encore à la hausse.Cette évolution n’a pu être possible que grâce à l’exploitation des forages qui puisent dans un IMMENSE RESERVOIR d’eau profonde. Les eaux fossiles de bassin trans-frontalier du système aquifère septentrional du Sahara, c’est une eau qui ne se renouvelle pas ou très peu contrairement aux nappes phréatiques. Plus encore c’est un réservoir partagé avec nos voisins. Quand nos voisins exploitent cette réserve elle diminue dans son ensemble et donc aussi pour la
Tunisie. Et tant qu’elle est exploitée elle viendra inéluctablement à tarir.
Quand cette réserve d’eau viendra à tarir il est évident que les 3 000 Ha de nouvelles palmeraies déclineront. Et malheureusement un modèle à prédit son tarissement dans une vingtaine d’années en gros.Actuellement la qualité de l’eau commence à être altérée, la salinité augmente et les débits ont nettement diminué depuis déjà bien longtemps, dans la région pour atteindre les nappe profondes il faut forer à 700 m de profondeur, un tel forage coute dans les 350 000 DT, les particuliers ne peuvent pas se le permettre.
Dans les régions du Sud tunisien cette eau est aussi utilisée pour l’eau potable et donc aussi par les installations touristiques. En tout, on compte de nombreux hôtels à
Tozeur et à
Nefta et un terrain de golf. On projette déjà à transférer les eaux du nord pour alimenter les réseaux d’eau potable du sud. je ne suis pas un spécialiste du tourisme mais on pourrait sommairement se pencher sur la question quelle est la consommation en eau de ces installations touristiques ?
Couplée à une fragilisation du régime des pluies et à une montée
générale de la moyenne des températures annuelles, la situation des
agriculteurs de la palmeraie s’est ainsi fortement dégradée. Gérée
historiquement de manière raisonnable, l’eau est devenue un bien comme
les autres.« Celui qui peut payer obtient le produit. »Cette
substance abondante est devenue rare en se marchandisant.
Cela ne sera pas sans conséquences sur les personnes les plus
fragiles de la communauté, c’est-à-dire les jeunes.....
Claude Llena, enseignant et chercheur de Montpelier III.
A méditer.....