bonjour,
il semble que ces coins à moustiques n'existent que plus au Nord (
Nunavut)
hum !!! je ne dirais pas cela
et j'ajouterais ''je vous ai compris !'' quant à la ''crise de nerfs''
j'ai aussi vécu des expériences de ce type..... au
Canada précisément
bien sûr pas dans les villes, les zones touristiques ou autrement traitées
mais dans ''le bois'' sur les tourbières...ou ailleurs
dans le nord du
Quebec, de la BC, de la
Saskatchewan j'ai souvenir de situations oû à défaut de ''crise de nerf'' la bordée de jurons ou de sacres était bien là... l'une comme l'autre n'étant d'ailleurs guère efficace comme protection
quand tu chemines
dans certains coins et certaines conditions tu n'as pas envie de t'arrêter car tu sais qu 'à ce moment les essaims de mouches de toutes sortes qui t'environnent, de la plus petite, le brulôt, à la plus grosse tel le ''frappe-a-bord'' vont s'abattre sur toi de plus belle et te bouffer vivant
Quand malgré tout tu dois t'arrêter... tes vêtements vont bientôt changer de couleur surtout s'ils sont déjà foncés comme le blue-jean.... ils vont devenir noir du fait des milliers de bestioles qui s'y pressent... tous cherchant le défaut du vêtement, la petite ouverture pour atteindre ta peau
certaines d'ailleurs vont tranquillement forer leur trou à travers la chemise et tu n'en prendras conscience qu'au moment de sentir la douleur quand la bestiole s'envolera avec un petit morceau de ta chair.. !
d'autres vont essayer de te rentrer dans les oreilles, les narines, surtout la bouche attirés par le gaz carbonique qui en sort... dit-on ; tu essaies bien de la garder close mais tu dois communiquer un minimun avec ton collègue
alors çà c'est terrible...tu te mets à tousser cracher, tu suffoques

tu essaies de prendre des notes mais tu n'arrives pas à écrire droit... ta main zigzagues sous les assauts, tu secoues ton carnet... les bestioles se prennent dedans, tu en écrases une demie douzaine entre les feuillets qui se décorent bientôt de taches brunâtres, gluantes qui vont rapidement sécher et coller les pages

. La prochaine fois que tu l'ouvriras tu devras tirer dessus et tu déchireras une page...
et une fois il m'est arrivé de ne pas tenir et de fuir.... oui partir en courant tant la pause était devenue insupportable...
J'ai aussi souvenir d'un soir.....
...
j'avais choisi de sortir de la tente basse pour, debout, changer plus confortablement que couché sur un lit de camp un jean trempé par une marche forcée dans la rivière
Mal m'en a pris... à peine avais-je eu le temps de faire glisser le jean au bas des chevilles que je me trouve assailli par des nuées de mouches peut-être attirées par une peau bien blanche, bien ramollie par un long séjour dans l'eau.
Et bien je vous le dis.. bien qu'ayant les chevilles encore entravées par le jean... j'ai mis moins de temps à plonger sous la tente que je n'en avais mis à en sortir.
Et je ne vous parle pas des imprévus....quand il faut absolument satisfaire ce qu'on appelle un besoin naturel..... au camp vous avez, dans le pire des cas, la possibilité de faire de la fumée avec de la mousse pour vous créer un espace ''privé'' mais la journée en marchant....priez pour ne pas avoir oublié la bombe ad hoc ce jour là...

Dans les années 1910, en plein été, un pionnier entreprend un voyage vers la Peace River dans le nord de l'
Alberta avec ses enfants dont une petite fille (Olive Fredrickson) alors âgée d'une douzaine d'années qui quelque soixante ans plus tard fera le récit de sa vie.
Sur la traversée en chariot de cette région et les mouches voici ce qu'elle écrit dans sa biographie :
The Silence of the North dont les Canadiens ont fait un film en 1981
At many of the creek crossings we saw the remains of horses and oxen half sunk in the mud. Some had been there for years and only a few bones were left....... The mosquitoes, horseflies, blackflies, deer flies and bot flies coupled with hoof rot and a disease the pioneers called swamp fever had been too much for the poor animals.
I suppose most of them had gotten stuck in the muskeg, were too weakened to get out and died under the terrible insect attacks. I saw those dead animals more than sixty years ago but I still don't like to think about them.
....Many times I saw a horse driven almost insane by the flies, rearing, kicking, pawing the air, trying to run away.
(Souvent j'ai vu un cheval rendu quasiment fou par les mouches, se dresser, ruer, battre l'air de ses pattes, tenter de s'enfuir)
...... Our teams (leurs chevaux d'attelage) were suffering more and more from the flies. We contrived head nets to protect their ears and where the insects bites left raw sores on their chins, necks and down the inside of their legs we smeared them with wagon grease to keep the pest off.
évidemment un animal attelé peut moins bien se protéger qu'un humain mais qu'on en soit amené à lui confectionner un filet anti-mouches donne une idée de l'agressivité de ces bestioles