Exact, quand on visite un site qui est aussi un endroit de prédilection des indiens pour leurs sorties dominicales, en particulier pour leurs sorties en famille (comme un zoo), bien sûr la magie du lieu est une motivation, mais une deuxième motivation est d'observer les "vrais" indiens. C'est aussi l'occasion d'avoir des contacts eux, qu'ils soient simples promeneurs, groupes d'adolescents en voyage de fin d'année scolaire ou familles nombreuses. Des contacts "vrais" c'est à dire non-commerciaux (ricksaw, hôtel, restaurant, commerçant).
J'ai un autre exemple de lieu où je me rends parfois non seulement pour le (re)visiter mais aussi pour observer les indiens : le Prince of Wales museum à
Bombay. Non seulement, c'est un musée qui contient des pièces extra-ordinaires (notamment la salle des porcelaines chinoises bleues) et un lieu reposant dans cette métropole hyperactive, mais c'est aussi un endroit où l'on est amusé par les ribambelles de scolaires (des files indiennes interminables de gamins qui défilent à toute vitesse et à grand bruit devant les expositions, qui sont plus excités par la sortie que par le musée - normal, et encadrés par des institutrices mobilisées par le maintien de l'ordre - bon enfant certes mais ferme, de vraies instit. quoi), où l'on est aussi étonné de voir défiler une grande partie des classes sociales indiennes (depuis le couple de jeunes mariés de la bonne société, jusqu'aux paysans du Maharashtra ou du
Rajasthan dans leurs vêtements traditionnels, des paysannes qui commentent en connaisseuses les bijous qu'elles voient dans les vitrines, etc.).
Quant à être observé soi-même par les indiens, il est évident que nous le sommes et c'est normal (pourquoi s'en offusquer ou en être gêné, au contraire il faut en jouer). Au zoo de
Trivandrum il m'est arrivé une petite aventure amusante. Je le visitais avec mes amis indiens quand un homme avec appareil photo m'aborde et me demande quelque chose (il ne parlait pas bien anglais et je ne comprends que quelques mots et expressions en malayalam). Je pensais qu'il voulait que je le prenne en photo avec son appareil et bien non, il voulait me prendre moi en photo en train de visiter ce zoo car il travaillait pour le journal Deshabimani (le grand quotidien communiste du
Kérala). Je n'ai évidemment pas refusé, j'ai pris deux ou trois poses, et j'ai eu le plaisir de voir mon portrait dans le journal du lendemain sous un titre du style : "Voyez comme il est intéressant notre zoo, même les étrangers le visitent", en malayalam évidemment. Ca a évidemment beaucoup fait rire mes amis indiens, leurs familles etc.