20 jours dans le Tamil Nadu (Inde du Sud): carnet (presque) en direct Pagaljavab · 24 juillet 2018 à 19:51 · 230 photos 155 messages · 23 participants · 19 236 affichages | | | | 24 juillet 2018 à 19:51 · Modifié le 24 août 2018 à 16:38 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 1 de 155 · Page 1 de 8 · 9 101 affichages · Partager Bonjour à tous,
Me voilà depuis 3 jours dans la région Tamil Nadu, en solo et en indépendant: sac à dos (enfin petite valise cabine + petit sac à dos), transports publics, etc... Il s'agit de mon neuvième voyage en Inde.
Je publie ce carnet pour donner des renseignements pratiques et des impressions subjectives pour aider ceux qui envisagent un voyage dans la région, car il n'est pas facile de trouver des carnets précis très récents. Je décide aussi de le faire presque en direct, à mes heures perdues, pour donner des informations à chaud, parce qu'à chaque fois que j'ai voulu me lancer dans un carnet, les souvenirs et les détails étaient devenus flous, et avec le temps, on oublie plein de choses... Cette formule me paraît intéressante, même si j'écris avec peu de recul, à part celui de mon expérience passée de l' Inde.
Je n'ai pas vraiment d'itinéraire fixé et je décide de mes étapes au gré du voyage, même si j'ai une idée vague du circuit que je vais faire.
Je remercie tout particulièrement les membres du forum qui m'ont donné des informations précieuses et continuent à m'en donner: Marcomarco, Fabgreg, Aleph, Raggamuffin et Marien (désolé si j'en ai oublié, je les ajouterai plus tard). Je suis parti un peu à la dernière minute, sans vraiment préparer mon voyage, et leur aide me fait gagner beaucoup de temps.
Avant de commencer, quelques infos générales sur mon voyage: - Séjour de 20 jours dans le Tamil Nadu, mon premier vrai voyage en Inde du Sud à part un assez court passage dans le nord du Karnataka et à Goa en 2010. - Vol Air France/Jet Airways Toulouse- Paris- Chennai et Chennai- Mumbai- Paris- Toulouse: 622€ (réservé sur le site Jetcost une dizaine de jours avant le départ). À noter que le même vol depuis Paris, donc avec deux voyages en moins Toulouse- Paris et Paris- Toulouse, coûtait plus de 150€ en plus. Allez comprendre... Ça tombe bien, je devais me rendre à Toulouse! - e-tourist visa en ligne, qui a bien augmenté il y a quelque jours: j'ai oublié le prix exact, mais autour de 80€: abusif mais toujours plus avantageux que le visa de 6 mois si on part peu de temps. - J'ai investi dans la dernière version du Lonely Planet " Inde du Sud" qui est très décevante: de moins en moins de renseignements fiables et précis, des adresses de plus en plus chères, des cartes en moins... À 27€, c'est une arnaque. Je ne suis pas sûr qu'il existe encore des guides papiers vraiment utiles. Une époque révolue? Vive les forums!
Allez c'est parti!
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Mon vol Jet Airways Paris- Chennai arrive à 1h du matin avec deux heures de retard. Comme mon vol Air France Toulouse- Paris de la veille... Quasiment pas d'excuses. Le staff à bord est assez peu accueillant et ne semble pas très expérimenté. Dur pour presque 10 heures de vol. Enfin arrivés! Le temps d'attente au guichet e-visa est d'environ 40 minutes (je n'étais pas dans les premiers). Je vais ensuite directement au guichet des prepaid taxis officiels, direction Paradise Guest House dans le quartier de Triplicane. Prix de la course : 500 roupies. Recommandée dans les guides de voyage comme une des meilleures options bon marché de Chennai, la propreté des chambres laisse plus qu'à désirer (y compris les meilleures) et je les trouve chères pour la qualité. Mais il est 3h, je n'ai pas le courage de chercher ailleurs et je choisis une chambre non-AC que je négocie à 600 roupies. Des avantages cependant : une bonne situation dans Chennai, un staff plutôt sympathique, et un change au taux du jour et sans commission (1€=80,5 roupies).
Après une très courte nuit, je me lève tôt et profite de devoir aller réserver mon train vers Madurai le soir-même à Chennai Central pour découvrir la ville à pied : le meilleur moyen de se faire une première idée. C'est dimanche et beaucoup de commerçants sont fermés. Je trouve Chennai pas si différente de Mumbai ou Delhi, mais en un peu plus calme. Les gens y sont aussi beaucoup plus sympathiques et avenants. La ville est tout de même sale et bruyante, il y a plus de pauvreté que ce à quoi je m'attendais, et certains quartiers dégagent une odeur atroce d'égoût, notamment les bidonvilles au bord du fleuve Cooum.
Il fait chaud mais c'est supportable (et pourtant, je ne supporte pas trop la chaleur). En chemin, j’aperçois une forte agitation devant moi qui a tout de la ferveur religieuse indienne. C'est le temple hindou de Muneeswaran: des centaines de personnes sont massées entre la route et le temple, des fidèles se font raser la tête. Je suis bien en Inde !
Un peu plus loin une église en contrebas d'un pont : la Vyakula Madha Church et son cimetière.
Enfin, la gare de Chennai Central. Bien que les grandes lignes partent le plus souvent de Chennai Egmore, Chennai Central est le meilleur endroit pour faire ses réservations : un bureau informatisé, un guichet « foreigners » et VIP. En moins d'une heure, j'ai mon billet pour Madurai (415 roupies en Sleeper, billet Tatkal).
Je continue à pied vers le fort Saint-Georges, face au port. On ne voit plus grand-chose du fort originel construit par les Britanniques de l'East India Company entre le 17ème et le 18ème siècle, mais on peut visiter le complexe qui ressemble plus à une petite enclave calme dans la ville, face au port. Des restes de vieux remparts et d’anciens bâtiments décatis côtoient des bâtiments modernes dédiés à l'administration et à l'armée. Le musée, entrée à 200 roupies pour les étrangers, est bien trop cher pour ce qu'il a proposer: de la vieille vaisselle britannique (tout ce que j'adore), des portraits coloniaux, une inévitable section sur le patriotisme indien et l'Indépendance et une inattendue statue de... Marianne, « déesse française de la République ». Pour ce qu'il y a d'intéressant, on y apprend quand même le fonctionnement de l’East India Company dans la conquête progressive de l' Inde et le développement de la ville de Madras/ Chennai. Un petit tour dans le "fort" où l'on peut voir la vieille église Saint-Mary... fermée mais assez jolie de l'extérieur.
Un rickshaw négocié à 50 roupies m'amène à la cathédrale Saint-Thomas, haut-lieu du catholicisme indien, non sans me demander en chemin des détours éclairs et bidons dans des emporiums, qui lui permettent de collectionner des coupons pour acheter des vêtements neufs. C'est mon premier jour et il est sympathique: je me montre généreux. La cathédrale en elle-même n’est pas très impressionnante mais l'intérieur assez beau. Certains dévots sont assez démonstratifs dans leur foi... un peu à la manière des hindous... D'autres sont assis dans un profond recueillement.
Le "clou" de la visite est le pseudo-tombeau de l'apôtre Saint-Thomas et sa relique, un minuscule bout d'os (visite gratuite) : plutôt marrant.
En sortant, je longe un bout de Marina Beach, la principale plage du centre de Chennai. Un chauffeur de rickshaw me prévient : « Not this part of the beach sir, dirty ». J'y vais quand même et il était même modéré : des mendiants dont on ne sait s’ils sont encore vivants, des amas de détritus, des rats crevés au milieu des excréments, un grand bidonville, une odeur pestilentielle, une plage putride. Je rebrousse vite chemin... En voilà une partie "présentable":
Direction le Saravana Bhavan le plus proche car nous sommes en milieu d'après-midi et je n'ai encore rien avalé depuis la veille. Il s'agit de la plus célèbre chaîne de restaurants végétariens d' Inde du Sud qui a des branches dans le monde entier. Je ne connais que les restaurants de Paris et de Delhi et je me dis que ceux de Chennai devraient être meilleurs dans leur lieu d'origine, même si la baisse de la qualité et du service est souvent décriée. Les prix sont moins chers qu'à Delhi, mais je suis déçu : le tamarind rice (75 roupies) est très moyen et le staff froid et rugueux comme il se doit. Un type en moto, souriant, s'arrête pour me remercier d'être là et me propose de me déposer où je veux. Sympa mais je decline gentiment. Encore quelques kilomètres à pieds pour rejoindre ma guest-house : le temps de monter des portions un peu plus présentables de Marina Beach, qui attire les familles le soir.
Et surtout d'avoir mes premiers contacts avec les vieux temples hindous dravidiens de Kapaleeswarar (Shiva)
puis Parthasarathy (Vishnu).
Comme ça a l'air d'être souvent le cas avec les temples tamouls, le sanctuaire le plus sacré est interdit aux non-hindous (ou plutôt aux étrangers), et le gouvernement du Tamil Nadu a encore rigidifier les mesures envers les non-hindous. Mais il y a de quoi faire avec les nombreux sanctuaires mineurs et l'architecture impressionnante de ces grands temples, dont les gopuram sont ornés de centaines de sculptures de divinités diverses, dans un amas surchargé et très « baroque ». Une grande ferveur religieuse, plus exubérante que dans le Nord, règne au sein de ces temples, avec des musiciens carnatiques de temples toujours présents.
Mais ce n'est encore rien à côté de Madurai que je verrai le lendemain.... Un dernier passage à Paradise Guest House, le temps de prendre une douche, plier les bagages, et me rendre à la gare d'Egmore. Je négocie le rickshaw de Triplicane à Egmore à 60 roupies. Un masala dosa au Saravana Bhavan d'Egmore car je ne trouve rien de plus inspirant dans le quartier... encore très décevant... être dans le Tamil Nadu et manger un dosa aussi moyen, c'est un comble... c'en est définitivement fini pour moi de cette chaîne! Mais heureusement, je me venge en découvrant dans une échoppe de rue le jigarthanda, mon désormais dessert favori : un verre de lait sucré aromatisé au sirop avec du vermicelle fin et une boule de glace pour 40 roupies : rafraîchissant et divin !
C'est l'heure de monter dans le train, qui part à l'heure. Le temps de me faire déloger de ma banquette par un groupe de femmes tamoules qui beuglent et tergiversent longtemps, car elles veulent toutes être ensemble dans le même compartiment. Je change de place. Elles me remercient quand même! Je m'endors très vite, comme toujours dans les trains de nuit indiens.
Mon impression sur Chennai est que la ville est sale et bruyante, mais moins que ce que je pensais. L'ambiance est effectivement plus cool que dans le Nord, et les gens beaucoup plus sympathiques et prêts à aider. Comme Delhi ou Mumbai et d'autres grande ville indienne, c'est probablement une ville qui s'apprivoise sur la durée.
Pour l'instant, je ne trouve pas l' Inde du Sud fondamentalement différente de celle du Nord: je suis bien en Inde sauf que je peux moins parler hindi (même si plus que ce que je pensais), les temples ont leur architecture dravidienne particulière, et la religion chrétienne est plus présente.
Chennai :  Paradise Guest House :  Fort Saint-Georges :  Cathédrale Saint-Thomas :  Temple de Kapaleeswarar :   Temple de Parthasarathy :   Marina Beach :  Restaurants Saravana Bhavan: | | | À: Pagaljavab · 24 juillet 2018 à 21:12 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 3 de 155 · Page 1 de 8 · 9 087 affichages · Partager bon voyage... on va y être mardi prochain en inde... je vais suivre cette première semaine ! car ensuite c'est sans internet pour 3 semaines ! normalement depuis 4 mois la decision : on va aller dans le tamil nadu aussi ! (arrivée Mumbai puis vol interne pour Chennai) sauf qu'au dernier moment une envie du Nord se fait de plus en plus forte... donc mumbai delhi !!! arf !!! ON A ENCORE 7 JOURS POUR se decider !!! tu vas peut être nous convaincre pour le SUD !!! comment est la météo ? on va suivre les 7 premiers jours de ton recit :) et la suite à la rentrée | | | À: Pagaljavab · 25 juillet 2018 à 12:17 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 4 de 155 · Page 1 de 8 · 9 049 affichages · Partager Ouii, super ! continues ! 
Si tu nous dis quelles sont tes prochaines etapes, peut etre on peut te renseigner un peu plus...
...certains quartiers dégagent une odeur atroce d'égoût, notamment les bidonvilles au bord du fleuve Cooum.
En sortant, je longe un bout de Marina Beach, la principale plage du centre de Chennai. Un chauffeur de rickshaw me prévient : « Not this part or the beach sir, dirty ». J'y vais quand même et il était même modéré : des mendiants dont on ne sait s’ils sont encore vivants, des amas de détritus, des rats crevés au milieu des excréments, un grand bidonville, une odeur pestilentielle, une plage putride. Je rebrousse vite chemin...
p, tain, comme si j'y etais...
Effectivement, le saravana bhavan est assez cher et souvent decevant
J'espere, qu'a Madurai tu vas t'eclater (coté culinaire  )
Essayes de faire une excursion (en bus) a Thiruparankundram.
Il y a aussi a Madurai un temple de Mariamman, rien de special, mais, certains jours il y a des
pujas assez specials avec une foule de femmes qui entrent en transe... Incroyable spectacle !
Mark
PS pour demander le chemin (et autres) y a rien de mieux que de montrer une photo (sur ton portable) de ce que tu cherches, c'est immediatement compris | | | À: Voyageu29 · 25 juillet 2018 à 16:12 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 5 de 155 · Page 1 de 8 · 9 026 affichages · Partager Merci!
Je te conseillerais quand même de ne choisir qu'une région, soit le Tamil Nadu, soit le Rajasthan. Le Rajasthan est de toute façon magnifique, même si touristique, mais ce n'est pas pour rien. Le Tamil Nadu est bien différent, même si ça reste l' Inde est qu'il y a forcément des choses communes. Mais pour l'instant, j'aime beaucoup. Il fait chaud et plutôt sec, mais je trouve la chaleur beaucoup plus supportable qu'en France.
J'aurais dû mal à te donner un avis tranché entre les deux. Ici dans le Tamil Nadu, je vois certaines des choses les plus impressionnantes que j'ai vu en Inde. Mais c'est aussi le cas au Rajasthan. Mon coeur irait quand même plutôt au Rajasthan, mais c'est un avis personnel. | | | À: Marcomarco · 25 juillet 2018 à 16:19 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 6 de 155 · Page 1 de 8 · 9 023 affichages · Partager Merci à toi Marco!
J'ai déjà quitté Madurai, que j'ai adorée, et je suis arrivé ce matin à Kanniyakumari. Dommage pour le temple de Mariamman... Mais il y en a plein d'autres dans le Tamil Nadu, peut-être que j'aurai la chance de voir ce genre de puja. J'ai déjà vu des femmes en transe à Jammu et au dans d'autres régions, et toujours dans des temples dédiés à la Déesse. Oui, côté culinaire, c'était top! Je publie ça dans quelques minutes.
Ok je te donnerai vite la suite de mon itinéraire prévu, merci pour tes conseils! | | | À: Pagaljavab · 25 juillet 2018 à 16:45 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 7 de 155 · Page 1 de 8 · 9 019 affichages · Partager Salut Pagal, 
Je vais suivre ton carnet.
Comme toi, mon dernier voyage en Inde était le 9e, et je suis toujours allée dans le Nord. Sauf une fois....au Tamil Nadu. Mais il y a longtemps, longtemps. Jusqu'à présent, je reconnais le Chennai d'autrefois : la mauvaise odeur, canon par endroits  , les mendiants sur Marina beach (pas aussi fort que ce que tu racontes, mais quand même), Saint-Thomas....
Tu as eu un très bon change, dirait-on.
A bientôt pour la suite. C'est courageux d'écrire en direct ce que tu vis. | | | À: Pagaljavab · 25 juillet 2018 à 16:47 · Modifié le 29 août 2018 à 13:51 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 8 de 155 · Page 1 de 8 · 9 018 affichages · Partager Jour 2 et 3, 23 et 24 juillet: Madurai
Arrivée à Madurai Junction à l'aube. La ville me fait déjà bonne impression. Je bois un filter coffee, café filtré avec du lait et du sucre façon tchaï, typique d' Inde du Sud : j'adore ! Je visite quelques guest-houses dans le quartier des hôtels près de la gare. Le réceptionniste de la TM Guest House recommandée dans le LP est désagréable, m'annonce des prix trop élevés et n'en finit pas de me faire attendre. Il me fait signe de partir si je ne suis pas content, mais j'avais déjà commencé à quitter les lieux. Un rabbateur pauvre et alcoolique qui me colle m'amène dans une autre guest-house où je fais jouer la concurrence et j'obtiens une chambre non-AC à 500 roupies, soit le prix de celles que j'ai visitées avant mais en un peu mieux. Pas reluisante mais acceptable... Loin d'être la grande ville indienne sale et polluée que j'imaginais, la partie de Madurai qui s’étend autour du temple reste traditionnelle et plaisante. Je vais du côté de Murugan Idly Shop, une enseigne de Madurai réputée pour cuisiner le meilleurs dosa, idly et chutney du Tamil Nadu. Ils sont effectivement très bons, mais l'ambiance du lieu est moyenne et le jeune serveur me fixe avec un air benêt tout le long du petit-déjeuner... En plus les prix sont plus élevés qu'ailleurs. Le filter coffee est excellent cela dit.
Je marche dans les ruelles où quelques commerçants commencent petit à petit à ouvrir boutique. Et soudain, au bout d'une rue, il apparaît ! On se le prend en pleine tronche. On a beau avoir vu des photos, le temple de la déesse Meenakshi est impressionnant. Et ce n'est qu'encore le gopuram ouest vu de loin. Je fais le tour : il est gigantesque. Mais je ne rentre pas encore, je me réserve pour la cérémonie qui a lieu tous les soirs dans l'enceinte du temple.
Je me dirige plutôt vers le palais de Tirumalai Nayak, un roi hindou qui régnait sur le royaume de Madurai au 17ème siècle, soit au même moment que la fondation du temple de Meenakshi. L'entrée est à 50 roupies pour les étrangers. Je ne paye pas le supplément appareil photo. Je passe la porte, et là, la claque ! Le palais est magnifique, vaste et majestueux. Un des plus beaux palais qu'il m'ait été donné de voir en Inde. On entre par l’immense darbar (salle des audiences royales) et on fini par la salle de danse, entourée d'un petit musée de statues très anciennes de divinités. Des détails magnifiques dans tous les recoins. Comme il n'y a personne pour contrôler les tickets appareil photo, j'en profite plus que largement.
En rentrant, la ville s'est complètement éveillée. Les alentours du temple sont devenus un immense bazar de tailleurs, quincailleries, emporiums et commerces en tout genre.
Des rabatteurs travaillant pour les emporiums, souvent tenus par des Kashmiris, vous invitent sans arrêt à monter sur leur roof-top qui a une vue « imprenable »: leur espoir est bien entendu de vous faire acheter un souvenir bien cher, mais on peut accepter de monter sans rien acheter, on perd juste un quart-d'heure à devoir écouter pourquoi vous devez absolument ramener chez vous un pashmina du Kashmir ou une statue de Shiva hors de prix. Finalement, je me suis décidé à en essayer un le lendemain et la vue n'était pas si terrible. Je fais une pause pour manger un succulent thali à volonté dans la très réputée cantine végétarienne Sri Sabarees, tout près de ma guest-houses. Ce lieu très fréquenté par les locaux va vite devenir ma cantine de prédilection. Idly, dosa, biryani, sambar rice, filter coffee et autres spécialités du Sud... tout y est délicieux !
Le soir, je me rends donc au temple de Meenakshi, avatar de la déesse Parvati, épouse de Shiva et mère de Ganesh (Vinayagar pour les Tamouls) pour la cérémonie qui a lieu tous les soirs à 21h. Le temple est presque un village : un grand bassin central d’ablution, de vastes couloirs certies d’autels et de statues divines dans le moindre recoin, et bien sûr, les sanctuaires de Meenakshi et Shiva, strictement interdits aux étrangers, il faut respecter un dress-code strict (jambes et épaules entièrement couvertes), et les appareils et téléphones sont désormais complètement interdits, même pour les hindous (mais les policiers s'octroient le droit). Je tente ma chance et je suis à deux doigts du darshan de Meenakshi quand un sadhu m'interpelle... il me fait visiter le tour de la partie interdite, mais pas de darshan de Meenakshi. Je retenterai ma chance plusieurs fois, mais à chaque fois, un pèlerin ou un gardien m'interpelle d'un « no no, only hindus !! ». Je suis venu mais je n'ai pas vu... Dehors, des instruments résonnent : ça doit être le début de la cérémonie. À côté de la porte ouest, un cercle s’est formé autour d'un groupe de musiciens de temples, véritables virtuoses du nagaswaram (sorte de long hautbois carnatique) et du tavil (tambour carnatique). À côté, le char qui transporte l'effigie de Sundareswar (Shiva, le "Beau Seigneur") attend la fin de la prestation des musiciens pour partir. La tension monte et tout ce beau monde se forme en procession derrière le char, devancé par un bel éléphant qui donne la bénédiction avec sa trompe à l'occasion, une vache, et les effigies de Meenakshi et de l'enfant Ganesh qui suivent pas trop loin derrière. Un demi-tour du temple, une fanfare d'enfer, des dévots en effervescence, les femmes qui offrent des guirlandes de fleurs en prasadam à Shiva en faisant des vœux... jusqu'au moment où l'on arrive devant la porte de l'enceinte du temple. L’effigie du Dieu est sortie du char, Meenaksji et Ganesh suivent leur chemin vers leur sanctuaire respectif, et des porteurs prennent le relais, en secouant frénétiquement le palanquin, ce qui donne l'impression que la divinité est en transe, et ce qui rend les dévot encore plus dingue. Enfin, Shiva est posé dans un enclos délimité par des grands draps, la musique se fait plus calme et tout le monde s'assoit au sol. La divinité est lavée, choyée, apaisée et prête à se coucher et à rejoindre la Déesse pour la nui : le rideau se referme... Les pèlerins courrent alors immédiatement vers le sanctuaire dans ce moment où le couple divin dégage une forte énergie. Profitant de la cohue, je tente ma chance... mais je finis par être encore une fois refoulé... La cérémonie à duré une heure. C'est une des plus impressionnantes que j'ai pu voir en Inde.
Le lendemain, je me lève tôt pour mieux profiter du temple le matin. Je paye l'entrée 50 roupies (seulement pour les étrangers), et me rend compte que je n'ai rien payé la veille, peut-être parce que j'étais le seul étranger et qu'on ne m'a pas vu passet. Après l'ambiance de la nuit d'avant, l’ambiance du temple à des airs de lendemain de fête. Tout est paisible et des musiciens de temples se succèdent pour jouer des airs apaisés en l'honneur des divinités : le temple se réveille tranquillement, comme moi en fait! Avant de sortir, je fais un détour par le musée du temple: le pavillon "des Milles Pilliers", nommée ainsi parce qu'il compte... 985 piliers! L'entrée est à 50 roupies mais je présente le ticket du temple et le gardien me dit : « Ok, 5 rupees ». Va comprendre... En tout cas, la collection de statues divines et l'autel à Shiva Nataraja valent vraiment la peine d'être vus. Une fois sorti, je traverse derrière la sortie est du temple, près de la grande statue du taureau Nanthi,
le Puddhu Mandapa, un pavillon séparé des murailles du temple juste par une rue, aux magnifiques statues. Ce serait parfait si les stands de tailleurs qui occupent désormais le lieu ne vous harcelait pas pour prendre vos mesure et vous proposer chemises et pantalons en deux heures chrono.
Je consacre une partie de l'après-midi à la visite du Gandhi Memorial Museum à 3 km de la vieille ville. Un vieux conductueur de vélo-rickshaw bien pauvre insiste pour m'y amener. Je négocie la course aller-retour à 200 roupies en sachant pertinemment qu'au retour, il m'en demandera 50 de plus. C'est aussi l‘occasion d'une promenade dans la ville (pas la partie la plus intéressante). Le musée, installé dans un ancien palais Nayak sobre, est relativement intéressant, mais sa vision patriotique un peu trop angéliste se concentre sur l'unité indienne et évite soigneusement d'évoquer les conflits et massacres entre communautés indiennes. Mais on a beau avoir goûté du « Gandhi Museum » dans toute les villes indiennes, c'est toujours intéressant d'y revenir. Puis dans celui-ci, on peut voir le dhoti encore maculé de sang que le Mahatma portait lors de son assassinat: on se sent au plus proche de l'Histoire, mais c'est crado...
Au retour, le conducteur me demande évidemment 50 roupies en plus. Il a l'air bien misérable et je n'insiste pas longtemps.
Un dernier tour de ville, un délicieux hyderabadi biryani chez Sree Sabarees, un dernier jigarthanda dans la rue, et c'est l'heure de prendre mon train de nuit que j'ai réservé à veille pour Kanniyakumari (445 roupies, Sleeper, billet Tatkal). Le train est à l'heure et dans 5 heures, je serai aux confins de l' Inde, quand deux ans plus tôt, j'étais dans le village le plus au nord de l' Inde accessible aux étrangers. Comme d'habitude, je m'endors quelques secondes après m’être installé...
Madurai    Temple de Meenakshi    Puddhu Mandapa   Palais de Tirumalai Nayak    Gandhi Memorial Museum  Surapi Guest House  Restaurant Sree Sabarees    Restaurant Murugan Idly Shop  
Vous l'avez compris, j'ai beaucoup aimé Madurai, qui figure déjà parmi mes endroits favoris en Inde.
| | | À: Pagaljavab · 25 juillet 2018 à 17:13 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 9 de 155 · Page 1 de 8 · 9 010 affichages · Partager Merci à toi Marco!
J'ai déjà quitté Madurai, que j'ai adorée, et je suis arrivé ce matin à Kanniyakumari. Dommage pour le temple de Mariamman... Mais il y en a plein d'autres dans le Tamil Nadu, peut-être que j'aurai la chance de voir ce genre de puja. J'ai déjà vu des femmes en transe à Jammu et au dans d'autres régions, et toujours dans des temples dédiés à la Déesse. Oui, côté culinaire, c'était top! Je publie ça dans quelques minutes.
Ok je te donnerai vite la suite de mon itinéraire prévu, merci pour tes conseils!
Oh, Pagal, merde encore, je viens de faire une longue réponse et tout s'est encore effacé comme je l'ai signalé ailleurs... Alors je recommence pas. En bref. Rien à dire sur Chennai que je n'ai jamais visitée. J'attends tes compte rendus de Madurai et Rameswaram et tous les autres sites que tu as mis à ton programme que j'ai adoré mais c'était il y a 10 ans 9 ans et 8 ans. J'aimerais savoir si ça a changé ou pas... Dis nous vite aussi pour la météo... désolé de ne pas reprendre les détails... ici, chez moi il pleut des cordes et même plus encore tous les jours et ça commence à bien faire. Alors l'été prochain, si je ne retourne pas au Lahaul/Spiti, ce sera le Tamil Nadu pour couper de temps en temps mes mois de mousson. | | | À: Moushika · 25 juillet 2018 à 18:12 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 10 de 155 · Page 1 de 8 · 8 998 affichages · Partager Merci pour ton retour! C'est peut-être courageux d'écrire en direct, mais je trouve qu'on garde les impressions intactes.
J'ai envoyé la suite et édité les erreurs et oubli des deux étapes que j'ai publiées. | | | À: Marien33 · 25 juillet 2018 à 18:28 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 11 de 155 · Page 1 de 8 · 8 992 affichages · Partager Je sais, c'est un vrai problème sur Voyageforum ces messages qu'on efface sans pouvoir les récupérer. Ça m'est arrivé plusieurs fois, et c'est toujours pour les messages les plus longs que ça arrive, malheureusement...
La météo est très bien dans le Tamil Nadu. À Chennai et à Madurai, il faisait bien chaud, mais moins qu'en France en ce moment. Moi qui ai du mal avec la chaleur, je trouve le temps tout à fait supportable ici. À Kanyakumari en ce moment, il fait très beau et un petit peu plus frais, c'est parfait! Je n'ai pas eu de pluie depuis mon arrivée... allez, 20 secondes de petites gouttelettes à Chennai.
Oui, j'ai vu la météo au Kerala, ce qui m'a dissuadé d'y passer pour cette fois, ainsi que les stations de montagne du Tamil Nadu. Une autre fois.
Après Kanyakumari, ma prochaine étape sera Rameswaram, puis ensuite très probablement le Chettinad.
Un groupe de pèlerins a débarqué dans ma guest-house aujourd'hui. Au moment où j'écris, je crois qu'ils ont élu domicile devant ma porte... Je vais bien dormir je sens! | | | À: Pagaljavab · 25 juillet 2018 à 21:20 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 12 de 155 · Page 1 de 8 · 8 964 affichages · Partager Merci pour ce carnet live ! Sympa de redécouvrir certains coins que je connais et d’autres pas du tout. | | | À: Marien33 · 25 juillet 2018 à 22:18 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 13 de 155 · Page 1 de 8 · 8 953 affichages · Partager ici, chez moi il pleut des cordes et même plus encore tous les jours et ça commence à bien faire.
De quoi tu te plains ?   
Restriction d'eau
"Cela faisait deux siècles que la Belgique et le Nord de l'Europe n'avaient pas connu une telle sécheresse."
Vague de sécheresse en Europe, le Cercle arctique prend feu - RTBF.be
ça commence à bien faire
Un étang dans la Forêt de Soignes (Sud de Bruxelles) photo 1 : en février 2016, photo 2 : en février 2017, photo 3 : en février 2018, photo 4 : le 10 juillet 2018 Images attachées: | | | À: Pagaljavab · 25 juillet 2018 à 22:29 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 14 de 155 · Page 1 de 8 · 8 947 affichages · Partager Bonsoir
Je fais une pause pour manger un succulent thali à volonté dans la très réputée cantine végétarienne Sri Sabarees, tout près de ma guest-houses. Ce lieu très fréquenté par les locaux va vite devenir ma cantine de prédilection. Idly, dosa, biryani, sambar rice, filer coffee et autres spécialités du Sud... tout y est délicieux !
Je - et ne suis pas le seul - confirme 
ensuite très probablement le Chettinad.
Comment ça "probablement" 
ensuite très certainement le Chettinad.
| | | À: Pagaljavab · 25 juillet 2018 à 22:47 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 15 de 155 · Page 1 de 8 · 8 942 affichages · Partager Bonsoir Pagal, Ah oui, le "jigarthanda", délicieux et surprenant ce dessert avec de la glace et des vermicelles ! je l'ai découvert l'hiver dernier à Mumbai et j'ai adoré... J'espère que tu vas aimer Rameswaram. Nous, nous avions beaucoup aimé cet endroit un peu au bout du monde mais c'était en 2014 et je crois avoir lu qu'une route goudronnée avait été faite mais j'espère que ce n'est pas pour aller jusqu'à Danushkodi car la piste dans le sable à bord d'un minibus brinquebalant valait le détour... il faut aussi ne pas manquer d'aller voir le village de pêcheurs au pied du grand pont, le Panbam bridge (ou Indira Gandhi Bridge), surtout le matin... Bonne continuation de voyage Anne | | | À: Yan55 · 26 juillet 2018 à 0:21 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 16 de 155 · Page 1 de 8 · 8 933 affichages · Partager j'espère que ce n'est pas pour aller jusqu'à Danushkodi
eh, si ! The future is now ! 
| | | À: Ragamuffin · 26 juillet 2018 à 2:27 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 17 de 155 · Page 1 de 8 · 8 924 affichages · Partager ensuite très probablement le Chettinad.
Comment ça "probablement" 
ensuite très certainement le Chettinad.

Absolument !!! Sinon je te parle plus Pagal ! | | | À: Ragamuffin · 26 juillet 2018 à 2:50 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 18 de 155 · Page 1 de 8 · 8 924 affichages · Partager ici, chez moi il pleut des cordes et même plus encore tous les jours et ça commence à bien faire.
De quoi tu te plains ?   
Je me plains pas, surtout que j'ai plus trop besoin d'arroser mes plantes et qu'elles ont tellement poussé que les voisins ne peuvent plus trop mater ce que je fais à longuueur de journée. Je dis seulement que, moi, j'en ai marre de voir la pluie tomber en trombes tous les jours pendant des heures et que je serais bien allé me balader avec Pagal dans le Chettinad... et ailleurs. Mais... pas à son rythme 
"Cela faisait deux siècles que la Belgique et le Nord de l'Europe n'avaient pas connu une telle sécheresse."
Sauf qu'ici, même si j'en ai marre de voir la pluie tomber avec tous les dégâts qu'elle occasionne, on reste dans la normalité de la saison. La semaine dernière à 100m de chez moi un énorme manguier à l'ombre duquel j'avais pour habitude d'attendre mon bus de ville, s'est abattu violemment sur un bus de pèlerins qui passait juste à ce moment-là. Un mort et plusieurs blessés graves. Mais quand on voit l'état du bus on se demande comment il n'y a pas eu plus de morts.
Un étang dans la Forêt de Soignes (Sud de Bruxelles) photo 1 : en février 2016, photo 2 : en février 2017, photo 3 : en février 2018, photo 4 : le 10 juillet 2018
Impressionnant tes photos de l'étang | | | À: Yan55 · 26 juillet 2018 à 3:08 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 19 de 155 · Page 1 de 8 · 8 923 affichages · Partager J'espère que tu vas aimer Rameswaram. Nous, nous avions beaucoup aimé cet endroit un peu au bout du monde mais c'était en 2014
Moi c'était en 2008 et j'avais détesté. Comme quoi... Mais justement j'aimerais bien y retourner pour voir si j'en ai le même ressenti... Les arnaques des hôtels et restaus et une certaine hystérie religieuse pour ne pas dire une hystérie certaine. Et puis l'odeur du poisson séché... qui vous prend à la gorge dès l'arrivée sur le pont et les grosses mouches vertes partout, jusque dans la chambre malgré la clim et la fenêtre fermée. Faut dire que j'étais malade aussi... Sinon, le temple j'ai adoré en faisant abstraction du bordel impressionnant d'une foule en délire.
il faut aussi ne pas manquer d'aller voir le village de pêcheurs au pied du grand pont, le Panbam bridge (ou Indira Gandhi Bridge), surtout le matin...
Je confirme. Mais si tu y vas, Pagal, reste bien loin du rivage. Au bord de l'eau c'est les toilettes du dit village. Plus de merdes que de sable. Mais ça aussi, ça a peut-être changé en dix ans... | | | À: Marcomarco · 26 juillet 2018 à 3:55 Re: 20 jours dans le Tamil Nadu ( Inde du Sud): carnet (presque) en direct Message 20 de 155 · Page 1 de 8 · 8 920 affichages · Partager j'espère que ce n'est pas pour aller jusqu'à Danushkodi
eh, si ! The future is now !
Oh là là !!!! Moi c'était ça :
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