Et c’est la fin du voyage....
Avec un dernier accroc avant le départ. À la gare d’autobus, j’apprends qu’il n’y a pas de ligne directe entre
Jérusalem et l’aéroport; il faut faire un transfert. Un type (un chauffeur de taxi, naturellement) me renseigne : pas de train non plus, celui-ci se rend à
Tel Aviv. Le sherout? Il faut le réserver la veille. Et il insiste : il faut arriver à l’aéroport
au minimum trois heures avant le départ à cause des contrôles, totalement impossible pour moi d’arriver à l’heure. Heureusement, il est là pour me sauver la vie! Je finis par accepter son offre. J’ai l’impression de m’être fait avoir, mais sur le coup, la peur d’arriver en retard l’a emporté. Selon ses dires, une nouvelle ligne de train reliant l’aéroport à la ville serait en construction, et je n’aurai pas le même problème lors de mon prochain voyage. Et il me dit que j’ai eu de la chance d’être tombé sur lui; en tant que chauffeur accrédité par le gouvernement, il n’a pas à être contrôlé à l’entrée de la zone aéroportuaire, un chauffeur arabe se serait tapé une heure de contrôle. Sur ce point, effectivement, cela a été très rapide.
Enfin à l’aéroport - il reste les fameux contrôles. Un monsieur se présente – sécurité! L’interrogatoire commence et dure... une trentaine de secondes. Vraiment, j’aurais pu m’éviter le taxi, prendre l’autobus et arriver une ou deux heures plus tard sans problèmes. Il me reste pas loin de trois heures à attendre avant l’embarquement....et onze heures de vol avant l’arrivée au pays.
Quelques remarques pour finir
Sécurité (ou plutôt, zèle sécuritaire des Israéliens)C’est la grande surprise du voyage : j’avais lu des histoires d’horreur à ce chapitre et je m’attendais au pire. Et bien, pas du tout : à part l’attente interminable au poste-frontière, rien à signaler ou si peu. On demande d’ouvrir les sacs à l’entrée des gares (trains et autobus), des centres commerciaux (mais pas les petits commerces), des grands musées et bien sûr pour le Mur des Lamentations et le Mont du Temple. À l’aéroport, contrôles habituels. Pas la moindre question concernant un éventuel passage dans les territoires palestiniens. Aucune fouille, à l’arrivée comme au retour.
Transports publicsPour les liaisons entre les grandes villes (
Jérusalem –
Tel Aviv –
Haifa –
Eilat), c’est pratique et assez bon marché. Sinon c’est assez compliqué. Le système est évidemment fait pour les résidents et non pour les touristes. Il n’y pas de plan du réseau ni de tableau avec affichage des différentes destinations en anglais. Au guichet d’information, on nous renseigne à la pièce. Difficile donc d’établir un itinéraire.
TaxisLors du retour, j’ai appris – à ma grande surprise – que l’usage du compteur était obligatoire en
Israël. Eh bien, les chauffeurs prennent pas mal leur aise avec la loi quand ils voient qu’ils ont un touriste pour client, car des taxis avec compteur, j’en ai eu deux seulement, et dans les deux cas c’était un taxi appelé directement de la rue. Ce n’était jamais le cas pour ceux qui attendaient à la sortie des gares ou des sites touristiques.
Guichets automatiquesLes guichets automatiques en
Israël fonctionnent très souvent en hébreu uniquement. Des guichets ‘’internationaux’’, on finit par en trouver, mais il faut parfois chercher. Curieusement pas le moindre problème en
Jordanie.
Sollicitations et marchandageQue serait un voyage dans ces pays sans prendre le temps de se promener dans les souks? Sans tester ses talents de négociateur lors du marchandage? Sans s’imprégner de cette ambiance typiquement arabe? Moi je n’ai pas trop apprécié. Pourtant au début, je trouvais cette façon de faire fait plutôt amusante. On a le vendeur (ou le guide) devant nous qui nous fait son baratin, qui nous parle de son frère ou de son cousin qui a habité au
Canada (j’imagine que le discours est adaptable à la nationalité), que pour ça il est prêt à nous faire un prix d’ami, qu’il ne ferait pas à un américain, etc. Alors on est pris dans l’engrenage et il ne nous lâche plus. À ce stade, ça va encore si on désire effectivement acheter. Mais une fois qu’on a conclu sur le prix et qu’on sort le portefeuille, d’autres frais peuvent venir s’ajouter : soit c’est les frais pour l’usage de la carte de crédit, soit c’est le pourboire (selon la situation), on doit recommencer l’opération de marchandage, cela n’a plus de fin, et on finit par céder, exaspéré. La sollicitation est très souvent assez lourde : un ‘’non’’ prononcé avec le sourire n’est généralement pas interprété comme un ‘’non’’: il faut se montrer impoli et désagréable, en tournant le dos sans répondre.
Pour être tout à fait honnête je dois préciser que ces façons de faire sont surtout représentatives des emplacements à forte présence touristique (mais qu’il est impossible d’éviter) : le souk du quartier chrétien à
Jérusalem, le Mont des Oliviers (en bas de la côte), le parvis de l’église à Bethléem, le site de
Petra. À peine sorti de ces emplacements ‘’stratégiques’’ on n’est plus harcelé, les achats s’effectuent de façon à peu près normale, et ce, même si notre qualité de ‘’touriste’’ est clairement visible.
Propreté des lieuxDans les villes ou quartiers arabes (jordaniens comme arabes israéliens) il y a parfois pas mal de laisser-aller. Les lieux que l’on visite sont généralement propres et bien entretenus (le site de
Petra notamment) mais on semble indifférent à ce qui se passe en-dehors de ces sites, même si c’est à la vue de tous. Sur la bordure de la route en arrivant à
Amman, succession quasi infinie de sacs de plastique pris dans les arbustes. À
Jérusalem: jour de marché, porte de Damas, on balance allègrement les ordures aux pieds des remparts, sans même se donner la peine de les mettre dans des sacs ou de les dissimuler...
Je comprends qu’on a des problèmes nettement plus graves à régler dans cette région du Monde, mais une petite campagne de sensibilisation ne ferait pas de tort...
ClimatIsraël en juillet, ça ne devait pas être un peu chaud? En fait, oui, mais moins pire que ce que j’aurais cru. À
Jérusalem, le climat étant sec, les soirées sont confortables. On peut dormir la nuit même dans une chambre non climatisée. À
Tel Aviv et sur la côte, la température est en principe équivalente, mais c’est assez humide et collant, et donc moins agréable. C’est pire à
Tibériade. À
Eilat et dans le désert, un bon 40°C (ou au-dessus), mais le climat sec fait en sorte que ça se supporte mieux qu’on pourrait le penser (et pour la
Mer Morte, j’en ai parlé plus haut...)
Pour la
Jordanie, c’est semblable à
Jérusalem.
Conflit israélo-palestinienJe n’en n’ai pas vraiment parlé ici même si c’est souvent le sujet qui occupe l’attention. Disons qu’en tant que touriste, on demeure à l’écart et on ne le sent pas ou très peu (seule exception peut-être, le Mont du Temple). On le constate surtout par le fait que juifs et arabes vivent dans leurs propres villes ou quartiers et se mélangent peu, sauf aux points de passages obligés (j’ai vu quand même plusieurs arabes dans les rues commerçantes de
Jérusalem-Ouest – à moins qu’ils ne s’agissaient de touristes?). Et évidemment, les militaires qui font partie du paysage.
ET VOILÀ C'EST TERMINÉ