La médina d'Essaouira est inscrite au Patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2001. C'est un architecte français, Théodore Cornut, qui dessina à la fin du XVIIIe siècle cette médina peu commune protégée par des remparts.
Son plan rectiligne lui enlève beaucoup de mystère, même s'il est possible de se perdre dans les ruelles latérales. L'axe principal relie la porte Bab Doukkala à la place Moulay Hassan et au port. C'est un artère marchande très animée et bordée d'arcades qui abritent une multitude de magasins en tous genres. De chaque côté de l'avenue subsistent plusieurs petits marchés: le souk aux légumes et aux épices, le souk aux poissons, le souk des bijoutiers, ainsi que le souk aux enchères (celles‑ci ont lieu chaque jour à 17h00). Au nord de la médina, le long des remparts, on peut également visiter le Mellah qui est l'ancien quartier juif.
La place Moulay Hassan sert de liaison entre la vielle ville et le port. Elle permet aussi d'accéder à la kasbah, ce quartier fortifié face à l'océan initialement construit pour abriter les exploitants du port.
Comme le port, la kasbah possède sa
skala. Cette fortification fut construite également par Cornut, en 1765, dans le style Vauban afin de repousser les attaques ennemies. Sur environ 300 m sont alignés une série de vieux canons portugais; une image désormais célèbre d'Essaouira. D'ailleurs, c'est à cet endroit qu'Orson Welles tourna les extérieurs de son film Othello en 1951. Du sommet de la skala, vous découvrirez un superbe paysage. Les deux îlots rocheux, les îles Purpuraires, sont visibles au large et forment une réserve ornithologique où vit le faucon Eléonore. La plus grande des îles abritent également les vestiges d'une prison et d'une mosquée. Hors dérogation, on ne peut pas visiter cette réserve.
Au pied de la skala, une petite rue abrite de nombreux ateliers de marqueterie qui font également la renommée de la ville. C'est aussi au coeur de la kasbah que se niche le musée Sidi Ben Abdallah.
Le port, au pied des remparts de la ville, est le plus exubérant qui soit. On y accède par la porte de la Marine en venant de la place Moulay Hassan. Il vit le jour au XVIIIe siècle, à l'époque de Mogador, afin de servir de relais entre l'Afrique Noire et l'Europe. L'or, les épices et les esclaves amenés par les caravanes en provenance de Tombouctou y étaient en effet négociés.
Aujourd'hui Essaouira est le troisième port sardinier du Maroc. Lorsque les gros chalutiers rentrent en fin de matinée, une armada de dockers en décharge les paniers qui sont vidés sur des plateaux et recouverts de glace. Sardines et crustacés sont vendus à la criée. Des porteurs en ciré et couvre‑chef rembourré transportent ensuite ces plateaux dégoulinants sur leur tête jusqu'aux camions. Pendant ce temps, les équipages préparent les bateaux et les filets pour la sortie suivante. Il n'y a jamais de répit. Sur place, marins, dockers et touristes se restaurent de savoureux poissons et fruits de mer grillés en plein air ou se promènent le long de la criée aux poissons. Dans le port on construit et répare encore des bateaux de pêche selon les techniques et avec le matériel des anciens charpentiers de marine.
A côté de la Porte de la Marine se trouve une porte plus petite. Elle permet d'accéder à ce qui reste du château royal (des douves et une tour) construit par le Roi du Portugal Manuel II. C'est là aussi qu'on découvre la
skala du port. Il s'agit d'un bastion crénelé construit pour le protéger. Sous celui‑ci se trouvaient autrefois différentes pièces servant à abriter soldats, munitions et réserves d'eau, aujourd'hui utilisées par les magasins du port. Même si elle mérite un détour, cette skala est bien moins "impressionnante" que son homologue de la vieille‑ville.