| Sur terre comme au ciel, récit d'un GR20 Audentes · 17 mars 2014 à 18:09 · 68 photos 105 messages · 16 participants · 16 986 affichages | | | | 17 mars 2014 à 18:09 · Modifié le 18 mars 2014 à 23:58 Sur terre comme au ciel, récit d'un GR20 Message 1 de 105 · Page 1 de 6 · 8 543 affichages · Partager Après avoir livré sur ce forum mon carnet d’un stage infirmier au Cambodge, je récidive pour partager avec vous mes notes prises sur le GR20, ce sentier qui coupe la Corse d’un trait de crayon et qui s’est acquis la réputation d’une des randonnées les plus rudes d’Europe. Classé au top 20 des meilleurs treks au monde selon le National Geographic et numéro un des 10 plus belles randonnées pour le Lonely Planet, il me tardait de me frotter moi aussi à ce trail et d’aller vérifier de mes yeux de quoi était faite la légende. C'est ce que j'ai fait en juin 2013.
Sur cette piste qui escalade et dégringole la montagne sur près de 180 kilomètres et plus de 13000 mètres de dénivelé positif, j’ai vécu des moments de grâce et d’autres où j’aurais voulu me coucher par terre et mourir. Partis à trois amis pour terminer ce trail, nous avons connu des hauts et des bas et... oh ! après tout, vous saurez bien assez tôt si nous sommes allés ou non au bout de l’aventure...
L’affaire n’est pas neuve et bien d’autres voyageurs ont livré le récit de leur GR20. Pourtant, chacune de ces histoires est unique et vaut la peine d’être vécue et racontée. Je vous propose donc de vous narrer la mienne, sans prétention, comme si nous avions le cul posé sur le banc d’un refuge ou sur la pierre dure d’une plaine chauffée au soleil méditerranéen. On y parlera vertus du nomadisme, esthétique de la randonnée, ascétisme de la marche, écologie sauvage, philosophie de bord de chemin et marche ultra-légère, entre autres choses...
Vous en êtes ? Alors pardonnez d'avance mes coquilles et chaussez vos chaussures de rando, nous partons sur ce chemin qui s’étire entre Conca et Vizzavona, en oscillant entre terre et ciel.
Aujourd'hui : l'introduction. [edit : orthographe)
Sur Terre comme au CielRécit d'un GR20
« Les nuits d’été et l’eau tranquille et l’infini silence des bois. Pas un cri, par un pas sur les chemins, mon cœur était plein comme d’un vin sombre. » Knut Hamsun, Pan
« J’ai appris à marcher : depuis ce temps je me laisse courir. J’ai appris à voler : depuis je n’attends plus qu’on me pousse pour changer de place. » Nietzsche, Ainsi Parlait Zarathoustra
I Prélude au dépouillement
Les veilles de départ préfigurent les voyages qui s’annoncent. Moments de flottement, de vertige, comme en dehors du temps. A la lueur vacillante d’une bougie – car l’instant tient du recueillement -, l’œil parcourt l’itinéraire mille fois détaillé. Ultimes vérifications des check-lists, à la recherche d’un élément à évincer en dernière minute afin de gagner quelques grammes précieux. Dans un dernier effort, je scie ma brosse à dents et donne quelques coups de ciseaux aux sangles de mon sac. Au-dessus d’un bureau croulant sous les cartes et les inventaires, il faudrait pouvoir lire les mots de Saint-Exupéry : « Il semble que la perfection soit atteinte non quand il n’y a plus rien à ajouter mais quand il n’y a plus rien à retrancher. »
En terminant mon paquetage, je repense à Diogène, véritable marcheur ultraléger de l’antiquité dont l’équipement se résumait à un bâton, un bol et un manteau rapiécé qui lui servait aussi de couverture. Le jour où il vit un enfant boire au ruisseau en s’aidant de ses mains, il jeta immédiatement son écuelle, en se demandant comment il avait pu supporter de porter avec lui un objet aussi superflu. Un peu plus tard, il assista au repas d’un autre petit grec, qui utilisait un morceau de pain comme ustensile pour avaler ses lentilles : voilà notre philosophe à la barbe fournie reparti prêcher sur les routes, dûment allégé de sa seule et unique cuillère qui ne lui était plus d’aucune utilité ! Dénuement choisi, ascétisme militant, simplicité retrouvée...une recette qui vise à faire beaucoup, tout en ayant très peu. Une réflexion qui va à contre-courant d’une société, d’un mode de vie construit autour de la consommation, voire du consumérisme. Selon Tesson, un autre penseur de grands chemins, il faut se méfier de ce confort qui engourdit les sens et risque de tourner en conformisme, sa métastase. Choisir de s’embarquer pour une aventure en n’emportant avec soi que l’essentiel, c’est rompre le dictat de ces objets qui nous obnubilent, nous hantent et finissent par nous posséder un peu. C’est aussi éviter de se casser le dos et de transformer l’expérience en calvaire.
Depuis plusieurs semaines, le GR20 occupe mes pensées ainsi que les murs de ma chambre d’étudiant. Un patchwork multicolore de cartes et de mémos qui parlent de points d’eau et de vallées propices au ravitaillement. Malgré un matricule évoquant davantage un formulaire administratif qu’un des plus beaux treks d’Europe, le «GR», comme l’appellent les initiés, a tout pour me séduire. Sentier qui fend la Corse dans sa longueur comme un coup de sabre, serpent de pierre et de terre battue ondulant à travers la montagne, il me murmure à l’oreille des promesses de nuits trop courtes et d’amour vache. Il sera l’occasion d’un retour à l’essentiel, d’un rendez-vous avec moi-même loin du rythme trépidant de la vie moderne. Je m’en saisis comme d’une corde jetée pour aider un pauvre bougre à sortir du puits dans lequel il est tombé.
Mes préparatifs touchent à leur fin, l’heure du départ approche. Ces instants avant le saut dans l’inconnu sont ceux du temps étiré, tendu à se rompre dans une attente quasi-religieuse. Parti en éclaireur, l’esprit est déjà loin, impatient de prendre congé d’un quotidien trop fade. Tout entier accaparé par la métaphysique de la piste, il tourne le dos à une vie anesthésiée pour pousser les portes d’un monde où le mouvement est roi. Porté par cette promesse, l’aventurier en partance renonce de bon cœur au confort et à la léthargie pour s’en aller frotter sa peau trop lisse aux aspérités de la route. Comme le lieutenant Glahn dans le Pan de Knut Hamsun, il noue ses lacets et affûte son couteau, impatient de retrouver « les forêts et la solitude ». Cet appel au départ prend parfois des formes surprenantes. Tantôt rupture, tantôt épreuve, l’aventure est toujours source de changement, pour le meilleur ou pour le pire. Chacune de ces fulgurances dans le temps et l’espace a le pouvoir d’infléchir le cours d’une existence. Certaines de ces expéditions laissent muet, tant leur envergure parait démesurée : périples hallucinés de marcheurs à travers les Himalayas, navigation hauturière d’un Théodore Monod dans l’océan saharien ou transcontinentales à vélo. Pourtant, la beauté de ces odyssées pleines d’audace ne réside pas dans la moisson des kilomètres ou la collection des records battus – une affaire de journaliste sportif – mais plutôt dans ce qui les rapproche. Du plus humble au plus téméraire, les auteurs de ces trajectoires dans l’inconnu ont su s’affranchir d’un quotidien qui ne suffisait plus pour jeter leurs forces dans une quête qui n’en finit pas.
Comme certains des explorateurs dont les livres peuplent mes étagères, je crois aux vertus de la progression ralentie, à pas comptés. Quotidienne, la marche met à nu les émotions, écorche les âmes et rabote les résolutions les plus fermes. Comme un artiste torturé, le chemin sculpte et façonne ceux qui l’empruntent sans présager de la forme finale que prendra son œuvre. J’ai moi aussi besoin d’être retravaillé, pétri et renouvelé par une telle expérience. Je m’apprête à me confier corps et âme à ce sentier corse dont j’ai tant entendu chanter les vertus. Nombreux sont ceux qui partent à l’assaut de ces 180 kilomètres de roche et de poussière, mais tous n’atteignent pas leur destination : on dit que seul un randonneur sur trois parvient à boucler son GR, non sans y laisser quelques plumes. La plupart de ceux qui jettent l’éponge, rebutés par le prix à payer pour goûter à une liberté totale, le font avant le troisième jour : chiffre biblique, qui contribue à l’aura du trail.
Le GR20 n’est pas un but en soi. S’il est parfois perçu comme un challenge que l’on relève pour l’ajouter à son tableau de chasse ou un itinéraire mystique qu’on entreprend pour se trouver, il est avant tout un outil. Il est l’opportunité d’un retour à l’essentiel et la possibilité d’une liberté retrouvée. Camille, éternelle complice de mes pérégrinations et aussi ma meilleure moitié, se joint à l’aventure. Dans notre excitation, nous embarquons aussi Guillaume, marcheur que rien n’effraie et qui a usé ses fonds de culotte sur les bancs de l’école en soins infirmiers, tout comme nous. Sur ces pentes où randonnée rime avec escalade, notre trio devra faire des pieds et des mains pour mériter ces instants volés au temps et goûter aux joies simples d’un ordinaire spartiate. Dans l’ancienne Lacédémone, connue pour la rigueur de son éducation, il semble qu’il existait d’ailleurs une épreuve mythique qui cristallisait ce mode de vie. Lors de celle-ci, les jeunes gens concernés devaient quitter la Cité, sans habits ni provisions, pour survivre seul dans la nature pendant une période donnée, en se nourrissant de rapines et sans jamais se faire voir. Survivre à la Kryptie, c’était affirmer son indépendance, sa capacité à vivre de peu, sans avoir recours à une aide extérieure. Grisés par cette analogie capillo-tractée, il ne pouvait être question pour nous de venir à bout du GR20 autrement qu’en autonomie. Porter soi-même le toit qui nous abritera la nuit et la nourriture qui nous portera le jour est la moindre des politesses à faire à ces montagnes hautes et fières. Pour des raisons de convenances, nous éviterons le vol et la marche en petite tenue, mais placerons une grande importance dans le succès de notre entreprise. Ce trail sera notre rite de passage, notre Kryptie revisitée. En reviendrons-nous les vainqueurs, dignes de notre nouveau statut d’adulte ? Ou bien nous faudra-t-il couper court à l’expérience avant la fin, comme tant d’autres, et rentrer brisés par les épreuves rencontrées ?
Il n’est plus temps de réfléchir. Derniers instants avant l’embarquement, dans un hall d’aéroport où notre accoutrement détonne avec celui des vacanciers partis chercher le soleil qui manque à leur vie. A bientôt 23 ans, j’ai déjà torturé trop de pages innocentes en essayant de clarifier les raisons qui me poussent à décamper avec le sac sur le dos. Mes études terminées, il était grand temps de le boucler et de partir sans plus de cérémonie. J’attends, impatient et fébrile, que sonne le départ de notre aventure. Puis vient le moment de tout quitter et de partir enfin, l’esprit léger comme ce sac, débarrassé du poids de l’inutile. Image attachée: | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Audentes · 17 mars 2014 à 21:09 Re: Sur terre comme au ciel, récit d'un GR20 Message 2 de 105 · Page 1 de 6 · 8 496 affichages · Partager Très belle mise en bouche !
Après cela, on est prêts pour la suite... et même l'attente sera plaisir ! | | | À: Audentes · 18 mars 2014 à 0:37 Re: Sur terre comme au ciel, récit d'un GR20 Message 3 de 105 · Page 1 de 6 · 8 457 affichages · Partager chouette de la lecture pour demain, merci Benjamin | | | À: Smartdogs · 18 mars 2014 à 15:00 Re: Sur terre comme au ciel, récit d'un GR20 Message 4 de 105 · Page 1 de 6 · 8 426 affichages · Partager Allez, histoire de mettre le récit en branle, voici déjà le premier jour de marche. Je m'excuse pour le nombre restreint et la qualité des photos : marche légère oblige, nous n'avions emprunté qu'un appareil compact aux qualités techniques toute relatives et sans batterie de rechange.
II Premiers pas
Lundi 24 juin 2013, Conca – Paliri
Le GR20, puisqu’il traverse la Corse en longueur, peut s’entreprendre de deux façons : du Nord au Sud ou inversement. Traditionnellement le plus emprunté, le premier a également la réputation d’être le plus difficile. Le départ du Sud, avec ses premières étapes moins pentues et la garantie d’un soleil dans le dos le matin, remporte les faveurs de ceux qui, comme nous, veulent d’abord se mettre en jambes. Pour rejoindre Conca, notre ville de départ, il nous faut donc commencer par traverser l’île en largeur. Notre budget ridicule d’étudiants fauchés nous oriente vers l’auto-stop mais les chauffeurs providentiels sont rares. Les heures s’égrènent dans le vide, comme les Ave Maria d’un chapelet, alors que nous arpentons les trottoirs surchauffés d’ Ajaccio en espérant vainement qu’une âme charitable s’arrête pour nous embarquer. A la fenêtre d’un café, une coupure de journal jaunie par le soleil parle des bretons, « ce peuple frère ». L’heure est venue de vérifier si la sympathie des corses à notre égard est à la hauteur du mythe. Cérémonieusement, Guillaume hisse le drapeau régional sur un bâton de marche et l’agite fièrement tandis que j’attrape des crampes au pouce à force de faire signe aux voitures. Le résultat est à peu près celui escompté. A la vue du Gwenn-A-Du faseyant au-dessus de nos têtes, les parisiens en vacances nous dévisagent comme s’ils assistaient à une manifestation des Femen, les Bretons nous hèlent avec de grands sourires mais sont déjà trop nombreux dans leurs voitures et les Corses, voyant en nous des compagnons de lutte indépendantistes, s’offrent de nous avancer de quelques kilomètres. Ils s’imaginent peut-être que le FLB continue à envoyer des balles de 9 mm sous enveloppe aux élus locaux et fait toujours sauter des antennes relais. Nous décidons de ne pas les détromper et profitons de leur sympathie. De voiture en voiture, nous faisons connaissance en douceur avec le célèbre trek qui nous attend. Le regard vers les montagnes qui ceinturent le paysage, nous discutons avec nos chauffeurs d’un jour. Ici, tout le monde connait quelqu’un qui a trainé ses savates sur le GR20. Un ami, un cousin, un collègue... nous rencontrons même certains de ces fadas qui l’ont emprunté plusieurs fois, comme s’il s’agissait d’un film d’auteur complexe qu’il faut visionner plusieurs fois pour en comprendre tous les rouages. L’un de nos bons samaritains, au visage dévoré par une barbe buissonnante, a même parcouru le chemin sous la neige, en plein hiver. Dans sa camionnette pétaradante qui grince de tous ses boulons dans les virages, il nous traite de fous en nous regardant d’un œil attendri. L’après-midi glisse tranquillement sur les versants de l’île de beauté. La fournaise de la journée laisse déjà place à la douceur du soir, qui rentre par les vitres baissées comme un sirop en nous apportant des senteurs de garrigue et d’herbes sèches. Grâce à ces sauts de puce de sept lieux, nous arrivons finalement au pied de la montagne. Abasourdis et excités, nous débarquons à Conca, là où tout commence.
En vue du gîte d’étape, nous mettons notre étendard en berne : les hermines ont fait leur boulot et il nous faut maintenant trinquer à l’aventure autour d’une bière de châtaigne bien fraiche. _ « Alors, ça y est ? », nous lance la serveuse d’un air absent en déposant le saint-breuvage. Puis, levant les yeux : _« Ah non, vous partez, pardon. » Un coup d’œil à la ronde suffit pour comprendre. Barbes de trois jours, godillots défoncés et bronzage Tour-de- France : nous sommes encore loin de ressembler aux baroudeurs ayant crapahuté deux semaines dans la montagne. Surexcité, je passe une nuit à rêver de l’étape du lendemain, impatient à l’idée de laisser au niveau de la mer les myriades de moustiques qui se dévouent pour nous alléger de quelques millilitres supplémentaires. A l’aube, nous sommes réveillés par un branle-bas de combat général. Le concert des fermetures éclairs et les popotes qui s’entrechoquent nous donnent l’impression que la trentaine de randonneurs présents la veille lèvent le camp en même temps. Dans un demi-sommeil, j’envisage un instant l’hypothèse d’une attaque de sangliers, avant de comprendre la leçon : sur le GR20, on se lève tôt pour éviter de marcher sous le cagnard.
Bon gré mal gré, notre trio s’ébroue, aboie un cri de guerre pour la forme et se met en marche. Les premières heures de progression sur le sentier sont laborieuses. Muscles et ligaments sont pris au dépourvu, en flagrant délit de manque d’entrainement. Notre préparation physique bâclée ne laissera pas d’autres choix à nos corps que de muer pour ne pas rompre face à l’effort. Nous grimpons inlassablement, projetant nos silhouettes quadrupèdes – deux jambes et deux bâtons – sur la falaise que longe la piste. L’effort se prolonge, n’en finit pas et s’étire comme un cours de solfège austère. Péniblement, j’apprends mes gammes en crevant d’envie d’entendre la symphonie de la marche qui efface le souvenir des courbatures et des articulations endolories. Les heures passent et le refuge n’apparait pas : un peu groggy par l’effort, je me persuade que nous l’avons dépassé sans le voir et que nous allons commencer notre périple par une marche forcée à la frontale pour atteindre le suivant. En piétinant dans la rocaille, je me dis qu’on n’a pas fini d’en voir. Sur la carte, la distance à parcourir pour terminer l’étape tient entre deux doigts et il me parait invraisemblable de peiner autant pour avaler quelques malheureux centimètres de papier. Une réflexion pour les cartographes : tant que vous utiliserez des échelles si petites, les rêveurs continueront à s’imaginer pouvoir engranger les kilomètres sans se fatiguer.
Alors que l’enthousiasme général décline en même temps que le soleil, le sentier s’élargit et débouche finalement sur une plaine boisée où fleurissent les tentes quechua. Nous sommes arrivés au refuge d’ I Paliri et nous avons officiellement abattu 7% de notre parcours total... La vue sur la montagne est à couper le souffle. Je reste longtemps à observer les alentours, comme si mes rétines devaient s’imprimer de ces pentes abruptes et de ces sommets lointains avant de passer au panorama suivant. Les yeux hagards, je prépare alors des quantités de pâtes invraisemblables pour apaiser notre faim pantagruélique. Un peu effrayé devant l’effort qu’il nous reste à fournir, je repense au corse rencontré hier qui nous traitait de fou avec un demi-sourire. Avait-il raison ? Etait-ce bien raisonnable de partir pour cette randonnée si particulière ? Ce soir-là, en allant jeter ma carcasse rompue sous le tarp qui nous sert d’abri, je repense à une phrase de Tesson : « En voyage, le premier jour on se demande pourquoi on est parti, les autres jours on se demande comment rentrer." Image attachée: | | | À: Audentes · 18 mars 2014 à 16:19 Re: Sur terre comme au ciel, récit d'un GR20 Message 5 de 105 · Page 1 de 6 · 8 418 affichages · Partager Pas besoin de photos! Le texte est un régal! Merci Benjamin! Marie | | | À: Audentes · 18 mars 2014 à 16:40 Re: Sur terre comme au ciel, récit d'un GR20 Message 6 de 105 · Page 1 de 6 · 8 410 affichages · Partager Quelle plume ! Tu es étudiant en quoi pour écrire de la sorte ? | | | À: Audentes · 18 mars 2014 à 19:24 Re: Sur terre comme au ciel, récit d'un GR20 Message 7 de 105 · Page 1 de 6 · 8 394 affichages · Partager Bonjour Benjamin,
Je m'étais déjà régalée avec ton carnet cambodgien en étant restée silencieuse mais là, c'est pas possible, je ne peux plus me taire ! T'es trop fort  ! Un magnifique écriture qui fait qu'on se passe parfaitement des photos (en plus je ne suis pas fan des carnets avec photos, alors ça tombe bien...) et qui nous fait voyager avec originalité entre sourires et soupirs... Un vrai plaisir de lecture.
Et puis quand on fait référence à Sylvain Tesson... Je ne peux qu'accourir  .
J'ai bien hâte de parcourir ce G20... en te lisant, ce sera parfait pour mes mollets !
Dolma | | | À: Audentes · 18 mars 2014 à 19:31 Re: Sur terre comme au ciel, récit d'un GR20 Message 8 de 105 · Page 1 de 6 · 8 388 affichages · Partager Bravo encore pour ce texte! L'écriture est vraiment top! C'est un vrai feuilleton. A la vue des récits qu'on trouve sur ce site et aux belles randos que j'ai eu la chance de faire, on se rend compte que la planète est pleine de "petits coins de paradis". En fait, tous ceux qui voyagent traversent le paradis, même si de temps en temps il faut passer... par le purgatoire, amen. | | | À: Audentes · 18 mars 2014 à 20:52 Re: Sur terre comme au ciel, récit d'un GR20 Message 9 de 105 · Page 1 de 6 · 8 370 affichages · Partager Parcourir ce fameux GR20 derrière mon écran sous ta si belle plume, ce n'est pas fatigant et c'est un vrai régal... Bravo pour ton écriture, surprenante pour ton jeune âge.
J'espère qu'il y aura encore beaucoup d'étapes... | | | À: Audentes · 18 mars 2014 à 21:16 Re: Sur terre comme au ciel, récit d'un GR20 Message 10 de 105 · Page 1 de 6 · 8 361 affichages · Partager C'est bien, petit... continue ! 
Et prends surtout bien ton temps : tout va bien ! | | | À: Chnoupi · 18 mars 2014 à 23:00 Re: Sur terre comme au ciel, récit d'un GR20 Message 11 de 105 · Page 1 de 6 · 8 329 affichages · Partager Merci à tous pour vos commentaires ! J'en profite comme à mon habitude pour répondre à certains d'entre vous, en attendant le prochain épisode...
Quelle plume ! Tu es étudiant en quoi pour écrire de la sorte ?
A l'époque de cette odyssée corse, je terminais mes études en soins infirmiers, avec un parcours un peu particulier, certes, car après un bac littéraire... Aujourd'hui je suis infirmier pour de bon !
Un vrai plaisir de lecture. Et puis quand on fait référence à Sylvain Tesson... Je ne peux qu'accourir
Merci pour ce beau compliment, c'est d'autant plus encourageant quand cela vient de quelqu'un qui écrit soi-même et avec qui j'ai des références en commun.
En fait, tous ceux qui voyagent traversent le paradis, même si de temps en temps il faut passer... par le purgatoire, amen
Je ne te le fais pas dire : tout l'intérêt est dans cette alternance entre souffrance et moments de grâce. Et la fessée n'est pas finie...
J'espère qu'il y aura encore beaucoup d'étapes..
Merci, ça veut dire que ce n'est pas trop pénible à lire. Pour ce qui est des étapes à venir, tu te doutes que je vais garder le suspens ! tout au plus puis-je te confier que la fin de cette aventure n'est pas celle que j'avais imaginée en pensée avant le départ... | | | À: Audentes · 19 mars 2014 à 16:29 Re: Sur terre comme au ciel, récit d'un GR20 Message 12 de 105 · Page 1 de 6 · 8 253 affichages · Partager salut ! un régal de te lire... je m'y vois encore et ce rêve reprend forme. J'attends la suite avec impatience !! | | | À: RoyalEvasion · 20 mars 2014 à 23:53 Re: Sur terre comme au ciel, récit d'un GR20 Message 13 de 105 · Page 1 de 6 · 8 187 affichages · Partager Nouvel épisode...
Mardi 25 juin, Paliri – Asinao
Il y a de la magie à l’œuvre dans une bonne nuit de sommeil. Vidé de mes forces et le moral en berne après une première journée à suer ma motivation sur les pentes du GR, je me réveille avec une féroce envie d’en découdre. Un coup d’œil aux mines réjouies de mes compagnons de route accueillant le lever du soleil suffit à me confirmer qu’ils partagent mon sentiment. A défaut de déplacer les montagnes, la journée à venir s’annonce assez belle pour les arpenter avec ardeur. Sur le sentier et au bivouac, les échanges avec les autres randonneurs étoffent notre connaissance du sentier. Ils nous parlent avec déférence de ce monstre bicéphale qu’est le GR20, détaillant les longues étapes bucoliques du Sud ou la plainte du vent dans les cols glacés plus au Nord. Comme la tragédie et ses masques, notre marche est affaire de dualismes : Terre et Ciel, Sud et Nord, Euphorie et Souffrance. Pour le moment, je me contente d’apprécier ces premiers kilomètres qui nous font traverser plaines d’altitude et vallées boisées dans une succession de lacets imprévisibles. Les géologues, ces poètes qui s’ignorent, nomment cette région au sous-sol granitique la Corse cristalline.
Peu à peu, j’en viens à prêter au chemin des propriétés surnaturelles. Manifestement, il s’amuse à me faire grimper et redescendre aussitôt, trotter puis marcher au pas comme un bourrin obéissant. Chaque heure apporte son lot de changements subtils. En s’élevant vers les cols, les forêts de pins laissent place aux fougères arborescentes, puis viennent les arbustes, les plantes rases, les prairies et enfin, quand s’annonce la crête chauve d’un passage frôlant les 2000m, même l’herbe rechigne à pousser dans un royaume dévolu au minéral. Sur ces sommets fouettés par les bourrasques, seuls les lichens tiennent compagnie aux pierres, en humbles ambassadeurs d’un monde végétal qui prospère dans les vallées. Et dire que dans les Alpes, les vaches broutent à la même altitude ! A force de dénivelé, on en vient à parcourir plusieurs fois la distance qui sépare à vol d’oiseau le départ de l’arrivée. Un genre de lapalissade qui se traduit par de longues heures de marche à méditer sur les vertus de la ligne droite. Sur le chemin qui mène au refuge d’Asinao, des crêtes couleur de brique nous toisent. Avec leurs airs de montagnes américaines, les Aiguilles de Bavella contemplent les nuages comme si elles avaient l’éternité pour le faire. A leurs pieds, de petits insectes avancent péniblement en levant la tête et envient ces épines immortelles qui tutoient le ciel. Une définition à proposer aux anthropologues : les hommes sont à la planète ce que les plantes sont au flanc des montagnes, des opportunistes qui cherchent à se faire une place au soleil.
Au fil de notre trait de crayon sur la carte IGN, j’ai tout le temps de méditer sur mon nouvel emploi du temps. La randonnée ramène l’homme à des verbes d’actions archaïques : marcher, escalader, boire, manger, dormir, se chauffer. Intransigeante, elle nous renvoie à l’essentiel à grand coups de pied dans le fondement en nous dépouillant du superflu. Quand vient le moment de rallier l’étape, la vie ne se conjugue plus avec avoir : enfin déconnectés d’un monde où il faut être constamment occupé et partout joignable, le chemin rend l’Homme à lui-même. Le temps qui passe d’ordinaire si vite s’épaissit tout à coup, coagule et me laisse libre de remplir les minutes et les heures au gré de mon imagination. La fatigue aidant, chacun laisse son esprit vagabonder au fil de la marche. Le mien est comme un chien mal dressé : je lui jette au loin des idées qu’il rapporte ou pas selon l’humeur. Pour tromper son ennui quand la marche se prolonge, tous les moyens sont bons. J’occupe souvent mes matinées à discuter et chanter de vieux folk songs, pour ensuite passer l’après-midi dans la contemplation et la réflexion. Dans ces paysages de la démesure, même la plus petite occupation demande qu’on y consacre une énergie disproportionnée. Ce matin, j’ai débattu pendant plus d’une heure avec Guillaume de la stratégie militaire britannique en Afrique du Nord durant la deuxième Guerre Mondiale. En trébuchant dans les montées, nous nous sommes finalement mis d’accord pour conclure que les choix tactiques des anglais étaient les bons mais que si Rommel avait été correctement approvisionné durant tout le conflit, les allemands leur auraient infligé des pertes autrement plus sévères. L’aire de campement apparait soudain derrière un monticule boisé. Comme de juste, les derniers mètres à franchir sont les pires, peut-être pour mieux faire apprécier la joie indicible qui consiste à s’asseoir contre une pierre et ne plus bouger d’un pouce ? Images attachées: | | | À: Audentes · 22 mars 2014 à 9:45 · Modifié le 23 mars 2014 à 19:04 Re: Sur terre comme au ciel, récit d'un GR20 Message 14 de 105 · Page 1 de 6 · 8 129 affichages · Partager Allez, fidèle à mon rythme d'un épisode tous les deux jours, je vous livre une nouvelle journée de marche sur le GR.
Mercredi 26 juin, Asinao – Usciolu
Levé de bonne heure, je m’affaire en maugréant contre le froid matinal et les prix indécents pratiqués par les gardiens de refuge. A Paliri, le gardien un peu rêveur nous avait fait payer le prix de l’emplacement occupé par notre toile de tente mais à Asinao, la déconvenue est de taille. Le gérant, un Ours à l’œil dur et aux cheveux gras, s’est montré intraitable : peu importe le nombre de tentes, chaque randonneur doit payer sa place. Notre budget bivouac vient d’être multiplié par trois ! Devant mon air défait, le gardien se sent d’humeur carnassière et m’explique qu’il se doit en plus d’encaisser la différence de prix liée à l’erreur de son collègue d’hier. La coupe est pleine et je pars sans céder au chantage, en lui suggérant à voix basse d’aller chercher son argent dans un endroit où le soleil ne brille jamais. Je me souviens alors des commentaires de certains randonneurs aigris devant l’évolution récente du trek. La fréquentation du sentier de Grande Randonnée ayant explosé, le Parc Régional de Corse a en effet interdit le bivouac hors des refuges pour éviter la pollution et les départs de feu accidentels, servant ainsi un monopole sur un plateau aux auberges d’altitude qui en jalonnent le tracé. De plus en plus encadré, de plus en plus accessible, le Fra Li Monti devient une sorte de parc d’attraction pour classes moyennes en mal de sensations fortes. Des forfaits tout compris proposent le portage des sacs, les nuits en refuges et les repas chauds : certains se paient ainsi un GR20 comme d’autres une semaine en cinq étoiles à Djerba ou une croisière sur le Nil. Partis en autonomie, notre trek me parait bien plus authentique et surtout beaucoup moins onéreux mais après tout, l’essentiel est de prendre la route.
J’improvise un conseil de guerre avec Guillaume et Camille : au train où vont les choses, nos finances ne tiendront pas une semaine. Il faut trouver une voie détournée ou se résigner à rentrer la queue basse par manque de liquidités. Je plaide la cause du bivouac sauvage qui, bien que passible de fortes amendes en cas de flagrant délit, présente l’insigne avantage d’être gratuit le reste du temps. Guillaume se montre réservé, redoutant les montages de tente « commando » et les réveils matinaux par une paire de gardes forestiers corses dépourvus de sens de l’humour. Cependant, lui aussi est malade à l’idée de devoir débourser tous les soirs une petite fortune pour poser la tente que nous avons-nous-mêmes portée toute la journée. Pour finir, nous tombons d’accord pour limiter le racket des refuges avec une ruse éculée. Au lieu de nous présenter tous les trois pour régler la note avant de s’installer, nous arriverons désormais à deux. Le troisième larron arrivera en douce quelques minutes plus tard et fera en sorte de ne pas trop sortir de la tente avant la nuit tombée. La cohue sur les aires de bivouac devrait faire le reste.
Sans nous laisser abattre, nous tournons le dos au campement et commençons notre journée par l’ascension d’un « mur » qui nous propulse en moins de deux heures au sommet du Monte Incudine, le premier 2000m du parcours. Sur la tête de ce géant, la vue est splendide. Les cimes alentours dessinent un labyrinthe torturé dont les vallées sont les chemins et impasses. Au loin, la Méditerranée n’est plus qu’une simple tâche d’un bleu céruléen, comme figurée en fond de tableau par un peintre inspiré. Nous redescendons ensuite pour traverser des prairies verdoyantes entrecoupées de cours d’eau. Le paysage est si féérique qu’on s’attendrait presque à voir surgir un hobbit au sommet d’une butte pour nous demander ce que nous faisons dans son jardin. Le soleil, joueur, dessine des figures géométriques sur les corps en utilisant la mélanine comme pigment et les vêtements comme pochoir. Aux heures les plus chaudes, il suffit d’oublier sa montre à son poignet pour la voir imprimée en négatif pendant plusieurs jours. Monts et vallées se succèdent, les pics dominant le sentier écrasant de leur majesté ceux qui l’empruntent. Les rivières, ces femmes fatales, font de l’œil aux marcheurs en surchauffe lors de la pause méridienne. Faut-il succomber à l’envie de plonger dans leur eau glacée ou bien renoncer et poursuivre sa route sous un soleil de plomb ?
Petit à petit, la vie que nous menons au fil du trek vient abroger celle d’avant. Les gestes du bivouac deviennent des automatismes, les bâtons de marche un prolongement des bras et le pied commence à sentir d’instinct où il peut se poser sans risque. La faim, cette vieille tortionnaire qui nous court après toute la journée, finit par devenir familière à défaut d’être sympathique. Quand chaque gramme compte, la nourriture emportée est rationnée et l’organisme peine à s’adapter à ce nouveau traitement. Paradoxalement, nous mangeons moins qu’en temps normal, alors que nous brûlons beaucoup plus de calories. Il me reste à m’habituer à cet estomac qui gronde et à cette boule qui me tord le ventre, une heure ou deux seulement après avoir englouti un repas.
Dans l’après-midi, le temps se gâte. De gros nuages sombres s’amoncellent à l’horizon et se dirigent dans notre direction. Nous hâtons le pas mais l’orage a tôt fait de nous rattraper. Des trombes d’eau s’abattent soudain, nous obligeant à trouver refuge sous notre toile de tente, dans les jupons d’un grand chêne planté dans la prairie. L’air se rafraichit sensiblement, tandis que nous attendons la fin du déluge en repensant aux ponchos que nous avons refusé d’emmener (trop lourds !). La pluie ne s’arrête pas mais faiblit suffisamment pour que Guillaume reparte en nous entrainant à sa suite. Sur le sentier, quelques salamandres que ce temps ravit nous regardent passer d’un air étonné. Les mains emmitouflées dans mes chaussettes de rechange pour les protéger du froid – les gants aussi étaient trop lourds -, je piétine au milieu de notre file indienne en espérant à chaque sommet apercevoir le toit du refuge. Nous marchons plusieurs heures sur des crêtes battues par le vent et la pluie. Détrempé, le chemin suinte une boue qui adhère aux semelles et leur ôte toute propriété antidérapante sur les dalles rocheuses glissantes. Régulièrement, il faut ranger les bâtons pour désescalader une paroi abrupte où il ne ferait pas bon dévisser. Alors que je commence à me demander si nous sommes suffisamment équipés pour faire face à ces conditions, je me fais dépasser par un garçon d’à peu près mon âge, vêtu d’un short et d’un t-shirt. Il avance tranquillement, hésitant parfois une seconde quand ses tongs humides dérapent en couinant sur la roche lisse. Sur son dos, un duvet d’été se balance vigoureusement au bout d’un petit sac en toile minuscule. Vexé, je redouble d’effort et nous atteignons enfin le refuge d’Usciolu, vissé à 1750m sur le flanc de la montagne comme un piton sur un mur d’escalade.
Les premiers arrivés étant les premiers servis, notre apparition tardive nous condamne à planter la tente sur un minuscule emplacement parsemé de crottes de chèvres et d’affleurements rocheux. Déterminé à tenter notre nouvelle combine, je vais payer ma place avec Camille en prétendant que nous voyageons en couple. Sans nous regarder, le gardien encaisse sa dîme et nous tend un panneau marqué d’un « 2 » bien visible, à placer devant notre tente. Il m’explique d’un air blasé que lui et ses collègues passent dans les rangs le soir pour les relever et s’assurer qu’il n’y a pas de resquilleurs. Trop fatigué pour m’inquiéter, je jette le panneau devant notre tarp et part nous chauffer de l’eau. Complètement gelé, j’avale des nouilles debout en tentant de me réchauffer contre la flamme du brûleur. Puisque Camille grelotte aussi, je lui laisse mon sac de couchage, prévu pour une température avoisinant les 10°C et prend le sien, un 15°C. Cette nuit-là, il gèle et je suis si transi de froid que je dors en position fœtale, tout habillé et enroulé dans la couverture de survie. Le sol est très pentu et malgré mes efforts pour rester immobile, je glisse continuellement à l’extérieur de la tente et doit me tortiller comme un ver pour retourner sous l’abri. Dans le ciel d’un noir d’encre, les étoiles semblent des diamants dans leur écrin de nuages. Indifférentes aux affaires des hommes, elles luisent dans la nuit tandis que dans mon crâne s’entrechoquent des rêves de gueuletons et de bains brûlants. A intervalles réguliers, mon corps s’agite de tremblements incontrôlables tandis que mon cœur bat à tout rompre. J’ai déjà eu froid dans ma vie mais là, je n’en mène pas large. La bonne nouvelle c’est que l’hypothermie légère n’est pas dangereuse pour un sujet jeune en bonne santé. La mauvaise c’est qu’avec elle, les nuits sont longues. Comme disait Monod, « on n’en meurt pas mais ça pique quand même » ! A un moment, j’entends des gens marcher autour des tentes et s’arrêter pour ramasser les petits panneaux numérotés. Devant notre abri conçu pour deux adultes de petite taille, le gardien n’a heureusement aucune idée qu’à l’intérieur sont entassés trois randonneurs avec leurs sacs. Somnolent par épisodes, j’atteins finalement l’aube avec l’impression d’avoir été roué de coups. Image attachée: | | | À: Audentes · 22 mars 2014 à 9:56 Re: Sur terre comme au ciel, récit d'un GR20 Message 15 de 105 · Page 1 de 6 · 8 120 affichages · Partager Bonjour,
Merci encore pour cette journée si joliment racontée...
Des trombes d’eau s’abattent soudain, nous obligeant à trouver refuge sous notre toile de tente, dans les jupons d’un grand chêne planté dans la prairie
N'est ce pas dangereux de s'abriter sous un arbre ? J'ai entendu dire que la foudre frappe souvent les montagnes corses... | | | À: Lacalo · 22 mars 2014 à 10:03 Re: Sur terre comme au ciel, récit d'un GR20 Message 16 de 105 · Page 1 de 6 · 8 118 affichages · Partager Effectivement, sous un arbre et à découvert, ce n'est pas à faire lors d'un orage ! | | | À: Lacalo · 22 mars 2014 à 13:20 Re: Sur terre comme au ciel, récit d'un GR20 Message 17 de 105 · Page 1 de 6 · 8 092 affichages · Partager Les coups de foudre sous les grands chênes corses ne sont pas dangereux... | | | À: Smartdogs · 22 mars 2014 à 13:42 Re: Sur terre comme au ciel, récit d'un GR20 Message 18 de 105 · Page 1 de 6 · 8 090 affichages · Partager Ah bon ??? Enfin si tu le dis... | | | À: Smartdogs · 22 mars 2014 à 13:48 Re: Sur terre comme au ciel, récit d'un GR20 Message 19 de 105 · Page 1 de 6 · 8 084 affichages · Partager Les coups de foudre sous les grands chênes corses ne sont pas dangereux...
T'as raison, surtout si c'est pour une belle bergère esseulée  ... Mais attention au fratellu qui surveille ! | | | À: Lacalo · 22 mars 2014 à 14:59 Re: Sur terre comme au ciel, récit d'un GR20 Message 20 de 105 · Page 1 de 6 · 8 064 affichages · Partager N'est ce pas dangereux de s'abriter sous un arbre ? J'ai entendu dire que la foudre frappe souvent les montagnes corses...
C'est vrai que ce n'était pas la meilleure idée pour laisser passer l'orage ! Durant l'averse, je guettais les nuées avec un regard anxieux, prêt à déguerpir au moindre éclair suspect. Finalement la foudre n'est pas tombée cet après-midi là... | Carnets similaires sur la Corse: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 3 005 visiteurs en ligne depuis une heure! |