1 500 kilomètres à vélo en Mongolie 15 mai - 15 juin 2016 (page 1 de 3)

Discussion démarrée par Lucbertrand le 1 avril 2017 à 12:16
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Lucbertrand (en ligne!)

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Après pas mal de temps, 10 mois je vous soumets un carnet de voyage. Peut-être m'a-t-il fallu tout ce temps pour "digérer" l'émotion suscitée par ce pays étonnant qu'est la Mongolie. Les chapitres me viendront au gré de l’inspiration, qui je l'espère ne m'abandonnera pas en cours de route. De manière paradoxale, au retour de ce mois loin de tout, à part un petit texte posé sur VF, je n'avais pas envie de relater ce voyage, des sentiments contradictoires s'entrechoquaient. Je faisais sans doute l'erreur de comparer avec d'autres déserts, comme l'Atacama, ce qui n'a pas de sens. Lentement les émotions et les ressentis ont décanté et se sont épurés, ainsi l'envie de m'exprimer se fait jour pour susciter chez vous l'envie d'enfourcher un vélo et de partir à votre tour à " l'aventure" aux lisières du désert de Gobi.


Notre itinéraire trait vert

La Mongolie est un pays qui fait rêver, tout particulièrement les amateurs de chevaux, qu’ils aient lu ou non Kessel, les cyclistes, les pêcheurs et aussi tous les voyageurs épris de grands espaces. Immense steppe, trois fois la dimension de la France, pratiquement vide, trois millions d’habitants dont un million à Ulan Bator. Une gigantesque prairie presque vide sur une superficie équivalente à l’Europe de Gibraltar à Berlin. Voilà les réflexions qui viennent à l’esprit d’un cycliste au long cours qui envisage de poser ses roues dans ces contrées d’Asie centrale.
Avec Yves nous décidons de nous lancer dans cette aventure et planifions d’effectuer une boucle de 1500 kilomètres à partir de la capitale. Nous prévoyons de rester un mois sur place. Le départ est prévu mi-mai, un peu tôt en saison, le climat étant très rigoureux dans ce pays au climat continental, rigueur été comme hiver entre chaleur et froid.
Comme toujours avec des vélos emballés la traversée de Paris est un exercice fatigant et pas très agréable, avec le stress d’un problème, toujours possible de dernier moment lors de l’embarquement, entraînant un refus de chargement. Heureusement tout va se passer pour le mieux, il suffit de payer 50 euros par monture.
Après un transfert à Moscou et une nuit extrêmement courte, 6 heures de vol jusqu’à Ulan Bator exactement à l’inverse de la course du soleil, notre avion d’Aeroflot est en approche de la piste. Nous découvrons enfin ces immenses steppes que nous allons parcourir. Ce qui nous frappe au premier coup d’œil, le manque de couleurs, la végétation en cette mi-mai n’a pas encore verdi, sable et herbe roussie encore sous l’emprise des grandes froidures hivernales, manifestement la montée de sève n’ayant pas commencé. Les teintes sont mornes voire tristes Je ne peux m’empêcher de comparer avec le désert de l‘Atacama, où toujours les contrastes de tons vifs donnent une impression d’irréalité. Cette uniformité de marron sur marron aux coloris fades qui défile sous notre hublot n’est pas à l’avantage du panorama que je contemple avec curiosité.
Comme prévu nous sommes attendus par Bildjet, information que nous avons eue par un membre de VF. Le transport jusqu’à notre destination de départ sur une distance d’une trentaine de kilomètres nous permet de confirmer notre première impression, la saison chaude n’est pas encore arrivée et le printemps en est à ses prémisses.
Nous arrivons dans un quartier périphérique où les immenses buildings se côtoient au touche-touche. Que ces cités, aux dimensions inhumaines en expansion anarchique, dégagent une tristesse angoissante, due d’une part à cet envahissement de béton et d’autre part à cette mondialisation uniforme des villes. Le rêve de ce bout du monde nous rappelant Genjis Khan et ses hordes de guerriers cavaliers, qui étaient partis à l’assaut du monde, s’écroule. J’ai un peu l’impression de revivre mon enfance me rappelant les barres des Minguettes à Vénissieux dans le sud de Lyon, mais version titanesque.


Heureusement, nos hôtes sont très avenants et se mettent en quatre afin de nous permettre de nous installer au mieux dans l‘appartement qu’ils nous fournissent pour la modique somme de 6 euros chacun par jour. Deux jeunes Françaises nous ont précédés et se préparent pour un raid en 4X4 de 15 jours.
Comme toujours à l’arrivée d’un voyage en avion le moment fatidique tant craint arrive : quel est l’état des vélos, notre projet peut-il être compromis ? Pour Yves tout se passe au mieux, quant à moi catastrophe ! La fourche de mon vélo est doublement tordue, elle a été enfoncée de vingt degrés longitudinalement et de dix degrés latéralement. Ma première pensée, que vais-je faire un mois sans mon vélo ? Pas de panique, allons prendre un café et réfléchissons. Tout va rentrer à peu près dans l’ordre. Biljdet notre hôte revient avec un démonte-pneu de camion et d’un coup franc et bien ajusté remet les bras de fourche dans l’axe. J’arrive à remonter ma roue et redescends mon vélo des quatre étages dans une cage d’escalier étroite et effectue un essai.


Ça embarque franchement à gauche, le vélo est à peine pilotable. Démontage et avec Yves nous tirons par tâtonnements successifs sur la ferraille en affinant par touches le travail de remise en place. Après plusieurs essais le vélo devient de plus en plus stable. Je finis par pouvoir lâcher le guidon. Le moral remonte en flèche, notre périple va pouvoir commencer. Certes l’un des bras de fourche est marqué par une amorce de grosse fissure verticale, mais sur un mois j’ai bon espoir que cela tienne. Je ne savais pas qu’une fourche métallique pouvait se « malaxer » à la manière d’une pâte à modeler un peu dure !
Nos problèmes techniques réglés nous nous installons, puis décidons de partir à la découverte du centre-ville. L’épouse de notre hôte nous propose de nous conduire en voiture avec les deux jeunes Françaises sur la place principale, mais nous préférons y aller par nos propres moyens. Ce sera à pied, car il nous est déconseillé formellement de prendre nos vélos. Par une marche d’une demi-heure au milieu d’une forêt de grands buildings un peu déglingues nous arrivons dans le cœur de la cité. Nous repérons immédiatement le magasin qui nous a été indiqué pour acheter des cartouches de gaz.
Le centre-ville me fait un peu penser au Tirana d’il y a une quinzaine d’années. L’impression est étonnante, un mélange de monuments à l’allure un peu soviétique côtoyant d’autres à l’architecture d’avant-garde.


De tous côtés au-delà des constructions le regard porte sur des collines pelées, ce qui rappelle que cette capitale est en lisière du désert de Gobi. Quelles sont les immensités désolées qui se cachent derrière ces premiers reliefs. Cela aiguise notre curiosité et notre envie de partir au plus vite. Mais l’expérience nous a appris qu’il est préférable de prendre son temps et de compenser le décalage horaire en passant deux nuits sur place.

1er jour jour Ulan Bator à Altanbulag 59km

Le 17 mai, enfin le départ, nous descendons notre matériel au bas de l’immeuble. Le gardien intrigué nous interroge sur notre itinéraire. Nous lui montrons sur notre carte ce que nous espérons parcourir. Il s’étonne et rigole, peut-être n’est-il pas sorti de son immeuble depuis l’époque où comme beaucoup de ses compatriotes poussés par la misère il a quitté ses steppes à la recherche d’un emploie en ville.


En ce lundi matin, nous quittons sans trop de difficultés Ulan Bator, bien que la circulation soit plus dense que celle du weekend. En périphérie nous passons des zones un peu bouleversées par les bulldozers, la ville s’agrandissant à grande vitesse. Nous longeons une vieille centrale électrique en fonctionnement, on est vraiment plongé dans la technologie de la première moitié du siècle dernier. L’aéroport est sur notre route, tout autour des groupes d’édifices d’habitation d’une vingtaine d’étages serrés de manière compacte, se sont constitués de façon dispersée et en apparence aléatoire. Mais d’ici une dizaine d’années, il est fort à parier que l’aéroport sera complètement enclavé dans la ville.


Plus nous avançons plus la steppe devient présente et moins nous dépassons des groupes de grands immeubles. La route toujours goudronnée est de moins en moins passante. Nos craintes, suite aux mises en garde qui nous avaient été prodiguées au sujet de la conduite folle des conducteurs bourrés, se sont envolées, ce n’est pas pire qu’en France, d’ailleurs les voitures nous frôleraient peut-être moins.
Nous attaquons les premières côtes, la vue s’étend, les immenses prairies encore endormies se dévoilent toujours plus. Des villages composés de maisons multicolores ponctuent de loin en loin la plaine en direction d’Ulan Bator. Les grandes cheminées qui dégagent des fumées épaisses se fondent lentement dans le lointain, et se font absorber définitivement après quelques grosses bosses franchies.


Une fois quittées les villes qui de plus en plus ont un côté uniforme du fait de la mondialisation, les pays ont gardé leur spécificité et la Mongolie ne ressemble à rien de ce que je connais. Je sens que nous allons faire un voyage, mais comme dit Nicolas Bouvier : On ne fait pas un voyage c’est le voyage qui vous fait et vous défait. Et effectivement, il va peut-être me défaire, car à travers ces immenses espaces je ressens une forme de tristesse sans doute due à l’absence de couleurs marquées. Cette steppe est uniformément marron, la sève n’étant pas encore montée dans les milliards de brins d’herbe, ce qui lui donnera son aspect riant comme les prospectus nous la montrent. Mais pour le moment le sable donne sa teinte atténuée au travers de cette herbe en devenir.
Puis le goudron s’arrête et la piste commence, et avec elle l’aventure semble toujours plus prometteuse, comme si nous nous éloignions de la civilisation pour plonger dans un monde plus authentique. Mais tout cela n’est peut-être que subjectif. La circulation a quasiment disparu, devant nous l’immensité du désert de Gobi. Nous allons en arpenter les lisières nord sur 700 kilomètres dans la première partie de notre périple.
Au sommet d’un tertre nous effectuons notre première pause le temps du repas de midi, rite qui se renouvellera chaque jour durant un mois. A nos pieds coule une rivière, pas très propre. Elle est le seul élément qui retient le regard en dehors du sable qui nous cerne.
Nous croisons nos premiers troupeaux, moutons, chèvres, vaches et aussi quelques chevaux, ces derniers jamais très nombreux. Au cours des 24 jours de ce tour de 1500 kilomètres, les hommes seront peu nombreux, les animaux par contre nous accompagneront en permanence. Bien que l’herbe soit très maigre et rare, ils se portent bien et ont belle allure, bien en chair et pelage luisant.


Le GPS et la trace nous sont un réel secours, car dans ces immensités sans repères parfois il est presque impossible de choisir une piste plutôt qu’une autre. Il fait chaud, et nos organismes ne sont pas encore habitués à l’effort prolongé, et de plus le décalage horaire n’est pas totalement assimilé. Au sommet d’une bosse le village d’Altanbulag apparaît d’un coup. Qu’il nous semble étrange, des groupes de maisons serrées les unes contre les autres, entourés de palissades de planches, forment des taches de couleur sur la prairie. Un ensemble de bâtiments sans palissade matérialise le cœur du bourg, avec la banque, l’épicerie et les centres administratifs.


Nous nous arrêtons devant l’épicerie, et la fatigue nous saisit sans prévenir. Nous pénétrons dans ce commerce et avec plaisir nous constatons qu’il est bien achalandé, fruits, gâteaux, saucisses, pâtes et riz, eau, soda, bière et même vin. Je me souviens de certains pays comme la Bolivie ou le Laos aux épiceries presque vides. De plus, comme partout sur notre planète la bière présente, en canette d’un demi-litre, est le meilleur des remontants pour désaltérer après un effort prolongé. On en boit toujours avec plaisir, cela change de l’eau souvent chauffée par le soleil que nous transportons sur nos porte-bagages. Le courage nous manque ainsi que l’envie de reprendre la piste. Nous demandons s’il est possible d’être hébergés pour la nuit. Sans problème, quelques chambres spacieuses au confort spartiate sont disponibles. En plus, raffinement suprême il nous sera possible de prendre une douche chaude, ce qui ne sera pas souvent le cas par la suite. Le prix nécessitera d’âpres négociations par gestes. Cependant la base de discussion sera toujours clairement affichée, car l’épicière détient une petite calculette. Au gré des mimiques les chiffres défilent et nous finissons par tomber d’accord sur une somme correspondant à quelques euros pour chacun. Nous sommes au bout du monde, mais tous les adolescents ont leur IPad. La barrière de la langue est bien réelle, mais surprise, une jeune fille me tend son IPad pour que j’y inscrive des mots anglais qu’elle convertit en mongol. Puis, elle appelle par téléphone la professeure d’anglais. Une jeune femme très occidentalisée nous rejoint rapidement. Alors nous pouvons tenir une conversation approfondie et très intéressante. Elle nous apprend que ce village comprend une population de deux mille âmes. Elle nous fait comprendre que son métier n’est pas facile, elle se sent isolée loin des joies et des plaisirs de la ville. La situation devenant particulièrement pénible l’hiver avec des températures terriblement basses et une gangue de neige qui s’installe pour de longs mois.
Une fois installés, nous partons à la découverte de cet étrange village constitué d’îlots retranchés derrière leurs barrières de planches. Des enfants viennent à notre rencontre et essayent de communiquer sans grand succès. Le soir tombe sur ce paysage qui s’étend jusqu’à l’infini sans trop de points caractéristiques. Le dépaysement est total.


Puis, nous rejoignons notre chambre et nous confectionnons notre repas, somme toute copieux, car tout ce que nous avons acheté est gros, saucisses ou gâteaux sablés. Les restaurants dans ces villages mongols il n’y en a pas, contrairement à d’autres pays loin de tout, où il a toujours moyen de trouver une autochtone qui propose une soupe ou une platée de riz.

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ai bien aimé ton récit... c'est comme être la bas....
et suis contente que mon contact a pu t'aider à pourvoir démarrer sur un vélo presque tout neuf... après désastre du transport dans l'avion!

quelle destination le prochain voyage en vélo?

bonne continuation
Lucbertrand (en ligne!)

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2ème jour Altanbulag à Point de bivouac 74 km

En ce matin du 18 mai après une nuit fort convenable nous nous mettons en route à 7 heures, l’aventure commence vraiment. 140 kilomètres nous séparent du prochain village. Quel sera l’état de la piste ? Sur route dans de bonnes conditions on pourrait envisager de les parcourir en une longue étape, mais là il n’en est pas question. L’expérience nous a montré que sur des chemins très sableux on ne dépassait pas les 35 kilomètres par jour. Or personne n’a été en mesure de nous donner des renseignements sur ce qui nous attend. C’est là que réside le secret profond du voyage, et en particulier du voyage à vélo, ne rien savoir sur les conditions qui nous allons rencontrer. Nous espérons mettre deux jours au plus trois pour atteindre Buren. Mais qu’en sera-t-il vraiment ?
Il fait frais, mais ce sont des conditions idéales pour pédaler. Très rapidement nous sortons du village qui vient de nous héberger pour la nuit, et les grands espaces nous sautent littéralement au visage. Ces immensités, qui dans l’air calme et pur du matin se dévoilent jusqu’à des infinis lointains, nous donnent l’impression de nous engager dans la quête d’un but inatteignable.


De loin en loin les yourtes blanches piquettent l’immensité de la plaine. Une rivière sur notre droite, plus ou moins proche en fonction des caprices de la piste et des méandres de l’eau, nous indique la direction. Cependant, il nous arrive de nous tromper en passant des multitudes de croisements de pistes, ce qui nous conduit à quelques détours.


Les animaux sont toujours présents, quelques groupes de chevaux passent au galop. Que ces animaux sont esthétiques dans leur course ! Surtout sans cavalier, on observe avec délice toute la légèreté de leur mouvement rapide. Un paysage immense, où tout se ressemble, défile au ralenti à la vitesse de nos roues. Nous ne trouvons pas cette immersion, dans un monde uniforme, où les repères manquent, ennuyeuse. Tout d’abord la vigilance liée à l’autonomie nous accapare et maintient tous nos sens en éveil, puis la curiosité nous envahit, confrontés que nous sommes à un monde si différent du nôtre.


De toutes parts nous entoure l’espace gigantesque de la steppe, borné à des distances incertaines à évaluer par des reliefs, dont nous ne pouvons estimer la hauteur. Notre carte au 2/1000 000 ème ne nous est pas d’un grand secours dans nos supputations. Cette incertitude en tout, c’est justement ce que nous sommes venus chercher.
Très peu d’êtres humains, mais cependant ils sont très surpris par deux cyclistes improbables loin des axes habituels du tourisme, et ils arrivent de loin pour nous interpeller et nous observer ainsi que nos montures. Tout les intrigue, en particulier le fanion breton qu’Yves arbore au sommet d’un petit mât métallique sur sa remorque. Ils font systématiquement la remarque en voyant le drapeau mongol placé plus bas, et indiquent par gestes en riant qu’il faut en inverser l’ordre.
A midi, nous nous nous arrêtons pour manger, ce sera spartiate, une boîte de jambon et une demi-pomme.


Le vent se met de la partie, la bâche que nous tendons se gonfle comme un parachute au gré des rafales. En repartant nous l’avons de face, ce qui selon le cas peut être un terrible handicap. Je me souviens de moyennes de 5 km/h durant des heures sur terrain plat dans de telles conditions adverses.


Aujourd’hui, heureusement après quelques kilomètres il change de direction, et nous l’avons trois quarts arrière. Notre traversée de cet infini sans jalon se poursuit jusque vers 5 heures du soir et quelques 75 kilomètres parcourus, un peu plus de la moitié de la distance qui nous sépare de Buren. L’endroit où nous nous arrêtons pour bivouaquer est un morceau de prairie absolument plat en bordure d’un bras d’eau. Sensation étrange, se poser au milieu de nulle part avec cet infini qui nous engloutit. La soirée se passe paisiblement dans une ambiance clémente, sans froid ni vent.

Lucbertrand (en ligne!)

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3ème jour Point de bivouac à Buren 79 km

Après une nuit confortable, herbe rase souple en guise de tapis de sol, absence de vent et température bien adaptée à notre équipement, vers les 5 degrés, nous émergeons de nos tentes face à un ciel en train de changer, ce qui donne tous les ingrédients d’un lever de soleil magnifique. Les éléments entrent en conflit, les nuages envahissent l’espace et l’astre du jour pour se défendre, y déclenche le feu.


Dans ce décor gigantesque je mets à chauffer l’eau pour un thé. Mais je n’ai même pas le temps d’allumer le réchaud, que le vent se met de la partie. Tout évolue rapidement, le froid s’amplifie, la pénombre retombe, impossible de faire démarrer le réchaud. La déperdition de chaleur commence à se faire sentir avec force. Nous mangeons rapidement un peu de pâte d’amande pour ne pas démarrer le ventre vide, et finissons de boucler nos sacoches. Le premier objectif à très court terme étant de récupérer un peu de chaleur, nous comptons sur l’exercice physique. La piste, au début bonne, devient exécrable et les poussages dans le sable se multiplient. Le vent au départ est un allié puis rapidement il devient adverse.


La Mongolie est un pays où les changements météorologiques sont très brutaux, nous avait-on prévenu. Nous nous en rendons compte au-delà de ce que nous soupçonnions. Très vite en luttant contre ce vent défavorable les muscles s’échauffent et cependant l’impression générale de froid subsiste malgré la veste le bonnet et les gants. L’ambiance devient de plus en plus hostile.


Par âme qui vive de la matinée. Va-t-on avoir une tempête comme parfois il en survient dans ces contrées. J’ai lu des récits où subitement on est pris dans un nuage de poussière et toute visibilité est anéantie. J’essaie d’imaginer le temps nécessaire pour monter la tente en quatrième vitesse avant d’être englouti. Mais non, nous passerons à travers. Le voyage à vélo permet seul cette sensation d’engagement loin de tout dans ces immensités en lisère du désert de Gobi.
Devant nous une chaîne de montages se dessine, nous visualisons le chemin qui la franchit par un col. Pas loin du point haut, un serpent mort s’étale de tout son long.


Nous franchissons la crête et à nouveau l’immensité sans relief déploie son absence de repères.


Nous commençons à avoir faim, mais pas un mur, pas un arbre, pas un rocher pour s’abriter de ce vent glacial en furie qui nous agresse, donc on roule. Soudain, sur le bord de la piste un trou. Nous nous y couchons tous les deux, partiellement abrités, et sortons nos victuailles. Très vite je suis pris de grelottements violents car l’air glacé me transperce. Dans cette bourrasque je retourne à mon vélo et cherche ma doudoune miracle, et effectivement cela va mieux.
Nous avons l’impression de nous situer en dehors du temps, l’expérience est tellement inhabituelle. L’hiver vient juste de se terminer dans cette Asie centrale. Les prairies sont encore endormies ou presque. La tonalité générale est le gris, sable, rocher et le ciel semble évoluer vers une teinte noire lourde de menaces. Une impression de tristesse oppressante me submerge, dans cette immensité ou tout être humain semble avoir disparu. L’ambiance me fait penser au livre « la route » de Cormac McCarthy. Après une terrible catastrophe, dont on a aucune idée de l’origine, qui a détruit pratiquement toute la population de le Terre, un père et son fils se retrouvent sur la route à pousser un caddy de supermarché dans un paysage où tout a été détruit. La couleur ambiante est le gris, la végétation a disparu ainsi que les animaux. Les seuls êtres humains qui errent, essaient de se dévorer les uns les autres. Voilà ce qu’évoque pour moi ce paysage de Mongolie sous ce ciel très menaçant, sous les assaut d’un vent glacial. Un peu avant notre arrêt nous avons vu des loups blancs de belle taille qui arpentaient à vive allure les collines environnantes. Ils étaient d’autant plus remarquables dans leur livrée blanche au milieu de ce décor à la lumière crépusculaire
Notre repas rapidement englouti dans notre trou, nous repartons. Nous avons effectué 35 kilomètres ce matin, il nous en reste 38 si nous voulons atteindre Buren ce soir. Si les conditions ne se modifient pas, il faut s’attendre à devoir bivouaquer. Nous ne devons pas oublier que nous sommes en train de nous enfoncer dans le désert de Gobi, à vélo ce n’est pas réputé être facile. Mais le moral reste bon, nous sachant capables aux aléas climatologiques.
Mais comme par enchantement la piste va s’améliorer, la tendance générale de la piste s’inverser à la descente, et par-dessus le marché, le vent change de direction et nous pousse. Notre moyenne s’en trouve considérablement améliorée et rapidement nous ne doutons plus de pouvoir atteindre le village avant la nuit. Chose incroyable, nous allons croiser un panier à salade avec 6 policiers. Ils sont aussi surpris que nous et s’arrêtent pour s’informer de notre présence en ce lieu loin de tout par ce temps. Ils ne montrent aucune agressivité, malheureusement la barrière de la langue ne permettra pas de nous comprendre. Nous nous exprimons les uns et les autres par des sourires et reprenons notre route.
Le village apparaît à une dizaine de kilomètres en bordure d’un immense lac salé.


Un véhicule passe et s’arrête. Le conducteur se montre très curieux de nos montures et des différents appareils, GPS, compteur, Gopro. Ce qui le fait le plus rigoler, ce qui se répétera tout au long du mois, c’est la remorque d’Yves. Et outre cet amusement systématique, comme Yves arbore un drapeau breton sous lequel il a mis un drapeau mongol, à chaque fois nous n’y couperons pas, les Mongols nous demandent de mettre le drapeau de leur pays au-dessus de celui de la Bretagne. Déjà que nous avons beaucoup de mal à nous comprendre, comment leur faire réaliser ce que représente ce drapeau ? Car effectivement cela les intrigue.


Le village approche, comme il nous semble étrange perdu en contre-bas dans cette immensité.


Des groupements plus ou moins importants de petites maisons de couleurs et de yourtes blanches regroupées derrière des palissades et un centre administratif sans palissade, qui regroupe entre autres bâtiments systématiquement l’épicerie. Nous nous y dirigeons et devant se trouve un véhicule, une femme en descend et j’essaie de lui faire comprendre que nous cherchons un lieu pour dormir. Elle saisit et possède au moins un mot d’anglais « green » en me désignant un toit, qui est celui de l’hôtel local, distant de quelques centaines de mètres. Rapidement nous nous y rendons et découvrons, s’il en était besoin, que le pays a été longtemps sous le joug de la lourdeur communiste. Pour avoir une chambre il me faut remplir un formulaire digne d’un interrogatoire d’un espion pris à la belle époque du « Great Game » que se livraient Russes et Britanniques dans les ex-républiques soviétiques. Mais tout cela se passe avec calme et amabilité, pendant qu’Yves attend en surveillant les vélos. Mais en Mongolie en dehors des villes importantes nous ne sentirons jamais les gens prêts à nous dérober quelque chose, comme je l’ai si souvent ressenti dans des pays comme le Pérou. Nous sommes les seuls clients. La chambre est correcte pour le coin, car on nous avait prévenu que souvent il valait mieux dormir dans sa tente. Mais ce soir tout va bien, et nous avons même de l’eau pour se laver, ce qui est une bonne surprise.
Une fois installés, nous partons faire quelques courses. Tout contents, comme il y a deux jours nous trouvons de grosses saucisses et des galettes bien bourratives, ainsi que du riz et des pâtes, et cerise sur le gâteau de la bière très bonne.


Depuis trois jours que nous sommes en route, le dépaysement est total. De plus depuis que nous avons quitté Ulan Bator nous n‘avons pas vu un occidental. Les premiers nous les découvrirons après deux semaines, alors que nous descendrons dans une guest-house aux standards occidentaux, dont nous avons trouvé l’adresse dans un guide. Depuis notre départ et durant la première semaine, la région que nous traversons est totalement ignorée de toute publicité touristique. Sans doute ceci explique cela.
Bluequark (en ligne!)
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Merci de ce récit. Je m'étais régalée de ta première aventure mongolienne et je suis bien contente que tu aies repris la plume pour raconter le reste.
Lucbertrand (en ligne!)

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4ème jour Buren à Delegerhann 56 km

Au réveil après une nuit confortable, nous nous confectionnons un petit-déjeuner lui aussi confortable, thé avec de bons gros gâteaux bien consistants. Nous savons que c’est un atout en préparation d’une journée difficile. Il y a deux mois au nord Laos, nous n’avions pas cette opportunité de trouver des aliments bien consistants et c’est le ventre souvent vide que nous partions. A vélo, le coup de fringale vous guette vite et là, impérativement il faut y remédier. En Mongolie dans ces lisières du Gobi nous n’y serons jamais soumis, grâce à ces énormes paquets de galettes et de bugnes (appellation lyonnaise), que d’autres appellent beignets de carnaval ou merveilles, et aussi du fait des grosses saucisses qui nous servent de pique-nique de midi. Sans aucun doute la recette mongole de la bugne donne un produit plus dense et très lourd, mais qui constitue le carburant idéal pour débuter une journée faite de piste et de vent où le froid et le chaud alternent à une vitesse surprenante au gré du jeu de cache-cache auquel jouent les éléments.


Avant le départ, un petit coup de pompe dans les chambres à air. Yves arrache sa valve avant. Je lui fournis celle que je garde en rechange, mais c’est la seule en secours que nous possédons à deux, erreur évidente de préparation. Un détail de ce type, anodin en apparence, a vite fait de compromettre un voyage dans des contrées loin de tout.
Notre premier souci en retrouver une. Nous nous mettons donc en quête d’un éventuel magasin afin de trouver cet objet convoité. Dans ce village vide à 7 heures du matin, je n’y crois pas trop. Lentement, nous remontons la rue principale. Tout est fermé et toutes les maisons se ressemblent. Nous ne sommes même pas capables de discerner une maison d’habitation d’un magasin, alors trouver une échoppe qui nous vendrait l’élément que nous cherchons, c’est la quadrature du cercle, pensons-nous.

Mais c’est compter sans l’immense curiosité des rares Mongols déjà debout. Intrigués par notre lente remontée ponctuée d’arrêts, manifestement à la recherche de quelque chose, ils s’approchent et nous interrogent. Nous leur montrons nos pneus et immédiatement ils comprennent et nous entraînent devant une maison fermée qui n’a en rien l’aspect d’un marchand de pièces de deux roues. Tout est fermé, barricadé par de larges planches. Devant notre air perplexe l’un de nos accompagnants se met à tambouriner à la porte. Pas de réaction, il tape de plus en plus fort, toujours rien. Ils se mettent à rigoler. Nous ne comprenons pas pourquoi, mais l’explication viendra tout naturellement. Devant le manque de réaction à son martèlement, notre homme aux coups de poing alertes, fait le tour de la maison et réapparaît quelques minutes plus tard avec le commerçant en question. Et là, l’explication de la surdité de l’intéressé tant attendu est évidente. À voir sa tête, sans aucun doute nous réalisons la situation, il cuvait son excès de vodka. Ce comportement fréquent, pour ne dire pas plus, représente une véritable catastrophe nationale. Il ouvre et rapidement nous vend pour une somme modique la pièce recherchée. Puis il referme son échoppe et repart se coucher, sans doute la tête remplie de bisons lancés à fond de train dans les replis de son cortex. C’est sans doute à travers de petites actions de ce type que l’on arrive à percevoir la réalité du mode de vie dans ces régions que nous traversons à rythme lent, livrés au bon vouloir des habitants en matière d’aide.

A neuf heures nous nous mettons en route. Je ne parlerais pas de contre-temps car ce moment que nous venons de passer a été extrêmement instructif. Le village traversé, une fois la dernière maison dépassée l’immensité nous explose littéralement à la figure. Nous en ressentons presque un choc. Ce matin l’air est calme et clair, d’où cette incroyable perception d’immensité. Le vélo est un moyen idéal pour se fondre dans le gigantisme, parfois oublié, de notre planète. Il permet de s’imprégner jusqu’au plus profond de soi de ses infinies variations.


Il me semble que nous sommes en train d’inventer notre voyage de surprises en chocs émotionnels. Un véhicule à moteur rétrécit l’espace et le temps par sa vitesse, son pare-brise et son habitacle vous isolent de la planète qui respire et ne demande qu’à vous envoyer ses ondes et caresses sensuelles. Les longues expositions sans filtre aux caprices du climat avivent la capacité de notre peau à devenir un récepteur, voire un réceptacle de vie. J’imagine que nos ancêtres avaient des capacités de prémonition dues à cette communion beaucoup plus profonde à la nature.
Devant nous une immensité saupoudrée de blanc, du sel, se déroule jusqu’à une crête montagneuse quelque part à l’infini. Moments de pur bonheur, la piste est excellente, étroite de terre bien tassée sans un caillou. Le vent se range de notre côté, et malgré l’immensité sans relief nous avons la sensation d’avancer. Cependant de temps à autre, uniquement pour rompre le rythme établi, un raidillon sévère nous oblige à pousser nos montures. Cela ne fait que renforcer l’immense plaisir que nous expérimentons dans cette chevauchée à travers la steppe.


Le mot sens et puis le mot bonheur me viennent à l’esprit. En écrivant ce texte me remémorant ce mois en Mongolie, je pense au livre de Reinhold Messner « le Sur-Vivant ». Il y crie tout son rejet d’un certain monde, même si certains l’accusent d’en être un pur produit. Je ne me permettrais pas de juger ce grand alpiniste, sans doute le plus grand par l’engagement extrême dont il a été le précurseur. Il m’a servi d’étoile polaire dans ma carrière de montagnard. Certaines de ses phrases me semblent tout à fait adapté à l’expérience que nous vivons, même si bien évidemment mon extrême est très loin du sien. Voilà quelques-unes des pensées qu’il couche sur le papier : « On est obligé de faire un retour sur soi-même quand on vit longtemps isolé au cœur du monde sauvage. Rester fidèle à sa nature c’est créer du sens. En s’extrayant d’une existence soumise aux normes, on est obligé de s’assumer ou de partager la responsabilité avec des compagnons ».


Dans le voyage à vélo, le ou les compagnons sont un des éléments fondamentaux. Très vite, il faut trouver un compromis afin que nos esprits vibrent à l’unisson et que nos volontés et nos forces s’associent et s’amplifient permettant à l’impossible de se concrétiser en réalité. La plus extraordinaire expérience que j’ai vécue, fut une traversée de 40 jours d’un désert, durée similaire à celle durant laquelle Jésus se retira dans le désert du Sinaï, je crois.
Alors Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Luc 4 : 1 et 2
Pour ma part c’était le désert de l’Atacama qui s’étend sur quatre pays, accompagné par une jeune professeure de sport de Martigny, à la joie de vivre immense et au moral plus que d’acier. Malgré les difficultés de ce que nous avons vécu, abandonnés à nos seules forces musculaires dans ce désert de haute altitude, je l’ai toujours entendue crier sa force de vie dans la tempête, d’autant plus fort que la tourmente s’amplifiait et que la piste devenait épouvantable de pulvérulence volcanique, « c’est top c’est cool ». Je me demande encore où se situaient les limites physiques et psychiques de Flora. Tout au long des 1500 kilomètres de piste sur un trajet de près de 2500, nous nous y étions sentis tellement à notre place en harmonie avec la rudesse extrême de la nature sauvage, que c’est avec tristesse que nous en avons vu la fin, alors que l’on nous avait prédit ce point final comme une délivrance. Le voyage en autonomie c’est surtout cela, ces émotions et cette synergie avec vos compagnons de route, qui vous tombent dessus et vous marquent pour la vie.


Flora dans l'Atacama au fond le Chili

De toute évidence avec Yves nous faisons aussi une très belle équipe qui vibre à l’unisson, même si parfois nous nous lançons dans de grands débats politiques en confrontant des idées en apparence à l’opposé ! Je dirais que nous croyons en des chemins différents pour arriver au même but, l’exploitation si possible minimale de l’être humain par son semblable.
Reprenons le fil de notre errance aux lisières du désert de Gobi. De bosse en bosse l’environnement immédiat se découvre au tout dernier moment alors que le panorama gigantesque de l’arrière-plan reste immuable. De temps à autre des habitants curieux viennent de loin à notre rencontre et ils affichent toujours une extrême curiosité concernant nos vélos et notre matériel.


Nous marquons la pause de midi sur un mamelon au large panorama, bien abrités par un rocher. Nous dégustons notre saucisse de gros calibre et nos gâteaux comme chaque jour. Nous ne nous en lasserons pas tout au long de ce mois. L’atmosphère est douce, mais il suffirait d’un rien pour que le froid et le vent reprennent le contrôle.
Il nous reste 18 kilomètres pour rejoindre notre but du jour. Subitement, au détour d’un mouvement de terrain le village nous saute à la figure, blotti dans une petite dépression. Une petite descente nous y conduit. Nous nous y engageons, nous laissant entraîner par la pente. Un cavalier au galop sur le talus nous rattrape et nous dépasse sans ralentir son rythme. Ayant pris un peu d’avance, il s’arrête et affichant sa fierté nous attend.


Notre entrée dans le village s’effectue dans une nuée d’enfants tout excités. Ils nous accompagnent. Nous nous adressons à un villageois près du centre. Eureka, il parle couramment allemand, ayant vécu 4 ans à Berlin. Donc sans difficulté nous obtenons les informations nécessaires pour dénicher un hébergement. On nous fournit une clef et nous investissons notre chambre, suivis de très près par la bande d’enfants. Ils y entrent de bon cœur avec nous. Une fois à l’intérieur nous nous regardons tous. Que faire avec tous ces enfants, nous qui n’avons qu’une envie nous changer et prendre une douche, luxe qui nous sera encore une fois accordé. Ils finissent par réaliser que nous désirons être seuls et se retirent un peu à contre cœur. Tous les jours depuis notre départ nous sommes l’attraction en particulier des plus jeunes qui nous bombardent de questions auxquelles nous ne comprenons rien, à part le rituel et perpétuel : what’s your name ? Seule phrase qu’ils sont capables de prononcer en anglais.


Un peu plus tard, un homme sans s’annoncer, en ouvrant brusquement la porte, entre à son tour dans notre chambre. Avec une démarche mal assurée il la traverse et vient s’asseoir sur l’un des lits et tente d’engager la conversation. Mais nous n’avons aucune langue commune. De plus son état sous l’emprise de la vodka semble lui obérer passablement le niveau de conscience. Il finit par réaliser que tout dialogue reste impossible. Il doit aussi constater, je pense, dans son brouillard alcoolique que son intrusion ne nous fait pas particulièrement plaisir, il se lève donc et de la même démarche mal assurée il sort. Nous nous regardons et éclatons de rire en essayant de ne pas faire de bruit. Il est vrai que l’alcoolisme est un grand mal dans le pays. D’ailleurs, tout au long du parcours les bouteilles vides isolées ponctuent la piste de façon assez régulière. Cependant j’en ai vu un tas, et j’ai pris le temps de les compter, 30 !
Ce soir nous faisons un repas agréable, digne d’un grand chef, une boîte de singe que l’on fait revenir avec un gros oignon.
Lucbertrand (en ligne!)

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Bonjour Meridiana, effectivement encore merci de m'avoir donné les coordonnées de ce contact à Ulan Bator. Je ne peux que le recommander à tous ceux qui veulent un bon point de chute en Mongolie, qu'il s'agisse de logement à prix très modéré, ou de conseils voire de guide pour de longues balades.
Concernant mes prochains projets, des parcours en France sur des gros dénivelés mais sur de courtes périodes, mon épouse ayant de plus en plus de mal à subir les longues absences qu'implique l'itinérance dans les recoins perdus de notre Terre. Eh oui! on ne peut pas tout avoir à la fois, les proches comptent aussi et plus que les grands virées dans les déserts du monde.Cool
Encore merci pour ton petit mot et tes bons contacts Luc
Lucbertrand (en ligne!)

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Bonjour Bluequark, merci pour ton petit mot cela fait toujours plaisir de savoir qu'une lectrice apprécie la lecture de ce que l'on écrit. il est vrai que certaines lectures de carnets de voyage ont déclenché chez moi des envies de partir sur les traces de leurs auteurs, ce que parfois j'ai réalisé pour mon plus grand bonheur.
Il est vrai que l'alcool peut favoriser les malformations chez le fœtus, mais tous les Mongols ne sont pas atteints de trisomie 21, et de ce fait ne sont pas tous dans l'aventure mongolienne. Donc vive la Mongolie et les aventures mongoles Malin
Encore merci et bonne journée Luc
Lucbertrand (en ligne!)

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5ème jour Delegerhann à Bayan Ödör 42 km

La nuit n’a pas été trop bonne, sans doute du fait des efforts des jours précédents. Si le nombre de kilomètres effectué n’est pas très important, la piste demande plus d’efforts qu’une bande goudronnée. De plus les conditions climatiques en cette fin de mois de mai sont assez rudes, alternances rapides de chaud et de froid, avec des amplitudes thermiques importantes. Et puis le vent est un élément primordial à vélo, et dès qu’il est adverse, même sur plat on fournit des dépenses musculaires équivalentes à celles qu’exige une montée.
Ce matin encore le petit-déjeuner sera très consistant, bugnes et œufs. Nous démarrons à 8h15. Une journée à traverser la steppe immense, plongés en dehors du temps. Les troupeaux ponctuent notre chemin.


Il n’y a personne, cependant nous sommes vus de loin dans cette plaine aux courbes arrondies et nous avons quelques visiteurs toujours aussi curieux de ces étrangers qui se déplacent à vélo avec tout un tas de bagages.


Dommage que la barrière de la langue soit si importante. Il aurait fallu que nous parlions le russe, à défaut du mongol.
Le village de Bayan Ödör apparaît brusquement au détour d’un mouvement de terrain. Il est posé à même la steppe sans transition aucune. A la première évaluation il est minuscule, mais plus nous approchons et plus ses vraies proportions se révèlent. Dans ces espaces gigantesques tout est relatif.


La piste descend en ligne droite pile sur le bourg en suivant une ligne électrique. Une femme dans la prairie ramasse les bouses sèches avec une fourche qu’elle entasse dans la hotte de belles dimensions qu’elle porte sur le dos. On pourrait la prendre pour une espèce de Père Noël. Bien évidemment, elle vient nous parler. Elle est d’origine russe, de la région du lac Baïkal. Il est cependant étonnant, n’ayant aucune langue commune, nous arrivons à échanger des idées. Elle semble regretter ses territoires russes, même si là-bas au-delà de la frontière il s’agit des mêmes steppes infinies au climat très rude.


Une fois au centre du village des ouvriers en plein travail nous font comprendre qu’il n’y a pas de logement disponible, car l’hôtel est fermé. Alors un 4X4 s’arrête et le chauffeur nous demande de le suivre. Il nous emmène dans un de ces fameux enclos où les habitations s’entassent. Il se dirige vers une yourte. De toute évidence elle sert de débarras pour le matériel d’élevage et de traite. Notre hôte s’active et rapidement met de l’ordre et nous offre l’hospitalité pour la nuit. Nos nariness’habituent rapidement à la très forte odeur de vache qui y règne. Il nous apporte aussi une bouteille de vodka, que nous toucherons à peine. Il refuse tout paiement, nous lui offrons donc notre paquet de 500 grammes de dattes acheté dans les Vosges avant le départ. Il a l’air tout content du cadeau et se dépêche de l’apporter à son épouse.


Il est tôt, nous avons une bonne partie de l’après-midi à nous laisser emporter au rythme de la vie locale. Un voisin vient nous chercher afin de nous proposer de l’accompagner en véhicule pour regrouper les animaux. D’abord le troupeau de moutons à contrôler, puis les chevaux seront conduits dans un immense haras. La technique est étonnante, le conducteur se met derrière les animaux et klaxonne en les serrant de près. Pour les chevaux après les avoir accompagnés jusqu’au sommet d’une crête alors que le haras se dévoile, le chauffeur prend doucement une direction divergente, le troupeau gardant son allure de trot. Nous les voyons prendre seuls à bonne allure la direction du haras, encore distant sans doute de plus d’un kilomètre en contre-bas.


De retour à notre yourte, le berger entre avec nous, s’assoit et nous regarde très intéressé sortir notre réchaud et préparer notre repas. Il a l’air véritablement intrigué. Je me demande s’il désire manger avec nous. Une fois notre platée de pâtes prête, je lui en propose une portion, il refuse. Considérant qu’il a vu ce qu’il voulait voir, il se lève nous salue et part. Les us et coutumes dans ces contrées aux lisières du désert de Gobi sont très éloignés des nôtres.

Lucbertrand (en ligne!)

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6ème jour Bayan Ödör à Öldziyt 53 km

Dans cette yourte aimablement prêtée nous passons une bonne nuit, nous avons vraiment de l’espace. De temps à autre les chiens du propriétaire aboyaient lorsqu’ils nous entendaient bouger. Sortir de nuit pour aller aux toilettes ou en ce qui en tient lieu est un peu angoissant sachant que deux gros chiens rôdent dans la nuit. Mais tout se passe bien. Ces animaux sont intelligents et ils savent que nous sommes identifiés comme amis.
D’ailleurs tout au cours de notre périple les chiens n’auront jamais représenté de danger. Lorsque nous croisions à proximité de yourtes ils se mettaient bien à aboyer parfois ils arrivaient au triple galop, mais s’arrêtaient à distance. Jamais nous n’avons été inquiété comme ce fut le cas en Equateur et au Pérou, où nous subissions plusieurs attaques par jour, par des animaux agressifs qui cherchaient le contact.
Au matin le temps est triste et sombre. Un petit grésil tombe, je m’attends à une étape difficile. Que cette steppe est triste et hostile dans cette lumière de fin du monde. Nous quittons le village sans voir un habitant. Atmosphère étrange et un peu oppressante. Je n’aimerais pas être seul sur cette étape. Allons-nous trouver notre chemin, arriverons-nous à Ölziyt avant la nuit ? En effet sur piste, on ne sait jamais d’avance si l’on fera plus de trente kilomètres dans la journée. Il m’est arrivé en d’autres lieux, de parcourir seulement 31 kilomètres en douze heures, du lever du jour à la tombée de la nuit. En fonction de ces incertitudes, il est nécessaire de prévoir la quantité d’eau nécessaire. Je n’en prendrai jamais plus de 7 litres, Yves plus optimiste plus de 5. Il faut dire nous sommes seulement sur les lisières du désert de Gobi. Il en irait tout autrement si nous décidions de le traverser de part en part, avec sans doute des centaines de kilomètres sans rencontrer âme qui vive.


Nous démarrons donc dans ce petit matin triste. A la sortie du village nous marquons l’arrêt sur le tertre où nous avait amenés le berger motorisé. Il y a un monument sommaire, une espèce de gros cairn sur lequel flottent des fanions religieux, en mémoire ou à l’honneur des chevaux que les villageois ont mangés. Juste en contre-bas une multitude de crânes d’équidés est empilée, afin que le souvenir et le respect soient bien marqués. D’ailleurs hier nous avions participé au rite en l’honneur du cheval, en tournant et en rajoutant quelques pierres à l’édifice.
De ce point haut nous jetons un dernier coup d’œil sur le village, dans lequel toujours aucun mouvement n’est perceptible. Nous n’avons même pas eu l’occasion de dire un dernier au revoir à ces gens si hospitaliers, avec lesquels nous avons passé un si bon moment, sans fioriture tout en retenue. Je ne sais plus quel aventurier ou aventurière a dit que voyager c’est vivre une séparation difficile tous les jours. C’est un peu ce que je ressens sur cette proéminence immobile sous la pluie.


Nous nous arrachons au lieu et à son sortilège et mettons le cap à l’ouest. Dans cette atmosphère hostile, cependant un point très favorable, le vent nous pousse. Nous allons rouler dans ce décor sombre plusieurs heures, où l’homme semble avoir disparu. Puis subitement nous allons faire la plus extraordinaire des rencontres. Un homme de grande taille à la figure burinée accompagné de sa jeune fille de 5 ou 6 ans. Tous deux sont à cheval, ils ont fière allure. Ils descendent d’une colline à notre rencontre. Nous ne voyons ni bâtiment ni yourte, où peuvent-ils bien loger ? de toute évidence ils s’occupent du troupeau disséminé dans les environs. Que cet homme a un regard bon chargé de bienveillance, avec son immense sourire un peu triste, marqué probablement par les rigueurs du désert de Gobi. Les paroles sont superflues, il suffit de se regarder pour que nos esprits rentrent en communion en ce lieu aride battu par le vent. Nous sommes littéralement envoûtés par la force et la fierté qui se dégagent de ces deux cavaliers, l’homme immense et la toute petite fille. Cette dernière a une maîtrise absolue de sa monture qui doit peser 15 fois son poids. Nous demandons la permission de faire des photos. L’homme accepte bien volontiers, sa fille non. Cela le fait rire. Elle marque sa réprobation en démarrant au galop et mettant une distance d’une centaine de mètres entre nous et elle. Quelle classe, tout cela s’est fait rapidement mais sans précipitation, pas un mouvement de trop. Une fois arrêtée, elle nous regarde d’un air impassible. Elle ressemble à une apparition en ce lieu. Son père rit et lui fait signe de revenir d’une voix calme et bienveillante. Elle nous perce de son regard, puis elle décide de revenir en lançant son cheval au trot, et venant s’immobiliser juste devant nous, sa monture réagissant à la perfection à ses ordres, alors que nous ne percevons aucun son ou mouvement de sa part. J’ai du mal à imaginer que cette jeune cavalière à la maîtrise si parfaite n’a que 5 ou 6 ans ou à peine plus.


Là encore nous avons de la difficulté à reprendre notre route. Dix mois après cette rencontre, alors que je la retranscris je ressens toujours une très forte émotion. Est-ce que le fait d’être allés à leur rencontre à vélo, endurant les mêmes assauts du froid, du vent et de la pluie qu’eux, nous ont-ils un peu considérés des leurs, ce qui a permis cette communion, cette vibration de nos regards et de nos pensées en harmonie ?
Le temps va s’améliorer, un timide soleil fait son apparition. L’heure du repas sonne, les ventres criant famine. Nous organisons un barrage au vent avec nos vélos, nos sacoches et une bâche. En quelque sorte nous organisons un petit chez nous. Bien couchés derrière nos vélos et nos empilements de bagages nous sommes protégés et nous sentons bien intégrés à ce lieu d’immensité. Nous passons un long moment. S’il était plus tard dans la journée, sans tourment aucun nous sortirions nos tentes et avec plaisir nous bivouaquerions. Mais il n’est que midi. Donc nous reprenons la piste après ce moment de communion avec l’espace qui nous entoure.


Il nous reste une quinzaine de kilomètres à parcourir, et subitement comme à chaque fois ou presque au détour d’un mouvement de terrain le village se trouve devant nous. C’est le plus petit dans lequel nous nous arrêtons depuis une semaine. Le premier minuscule bâtiment sur lequel nous butons nous propose un hébergement. La propriétaire est particulièrement attentionnée, elle nous apporte un seau d’eau chaude pour nous laver, manifestement la prestation est digne d’un cinq étoiles. Nous sommes très bien dans ce petit gîte, sans nulle autre personne. Contrairement à nos lieux d’arrêt précédents, il y a une petite salle qui tient lieu de salle à manger.


Une petite promenade à pied dans le village nous permet de sentir combien la vie dans ces confins est éloignée de nos normes. Nous sommes les témoins une fois de plus de l’incroyable rapidité des changements de temps et de température, le vent les nuages et le soleil en étant les acteurs principaux.

Lucbertrand (en ligne!)

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7ème jour Öldziyt à Arvayheer 94 km

Après une bonne nuit, nous reprenons notre chemin à 8 heures. Il fait très frais comme chaque matin, particulièrement aujourd’hui, sans doute pas loin de 0 degré.
Une distance d’une trentaine de kilomètres à couvrir avant de rejoindre un des grands axes goudronnés qui traversent la Mongolie de l’est vers l’ouest. Durant cette dernière partie de piste, quelques Mongols curieux viennent à notre contact. Comme nous le vivons maintenant depuis une semaine les animaux sont partout, ponctuant les pentes des différentes couleurs de leur pelage.


Au loin nous voyons quelques véhicules qui défilent sur l’horizon, cela signifie que la route n’est plus très éloignée. Et voilà nous y sommes. Une yourte marque le carrefour. Nous nous y arrêtons et buvons un café. Depuis notre départ d’Ulan Bator c’est la première fois que nous buvons une boisson chaude non chauffée sur notre réchaud. C’est la bouse de bétail qui sert de combustible, dans ces steppes le bois étant totalement absent.
60 kilomètres nous séparent de la ville de Arvayheer sur cette grande route au très faible trafic. Le temps s’apparente à ce que nous connaissons en France au moment des giboulées de mars. Quelques gouttes de temps à autres nous touchent, mais nous avons la chance de passer entre les gros grains. En nous retournant de temps à autre nous constatons qu’une légère couverture neigeuse vient de recouvrir le lieu où nous trouvions quelques minutes plus tôt.


Après une succession de bosses et un vent assez aléatoire qui souffle une fois dans un sens puis dans l’autre la ville apparaît, après avoir passé un immense portique qui marque l'entrée dans la province.


Arvayheer n’a plus rien à voir avec les villages traversés depuis une semaine. Grâce au guide emmené, nous trouvons facilement un hôtel. Une belle chambre avec une baignoire, moi qui ne prends jamais de bain, je me laisse tenter sans cependant abuser. Je mets juste ce qu’il faut d’eau pour être à peu près immergé. Je n’oublie pas que nous sommes dans des contrées où l’eau est un luxe, d’autant plus lorsqu’elle est chaude. Il faut reconnaître que si l’eau chaude est bien agréable, le voyageur à vélo a l’habitude de s’en passer. L’hôtel fait aussi restaurant, là encore nous nous laissons tenter, et c’est bien agréable. Mais comme bien souvent dans les pays pauvres nous sommes les seuls clients, alors que le personnel est quand même conséquent, entre cuisiniers et serveurs. Comment font-ils pour tirer quelle rentabilité, car les prix sont de plus faibles ? Mystère !
Lucbertrand (en ligne!)

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8ème 9ème 10ème étapes Arvayheer à Bayankhongor 86, 106 et 40 km

Ces trois jours nous allons rouler sur route goudronnée. Le trafic est très faible, comment en serait-il autrement dans un pays où la densité est si faible, une superficie 3,5 fois celle de la France pour 3 500 000 habitants. Nous allons remonter d’immenses lignes droites qui escaladent une succession de bosses, parfois très longues et aussi avec des déclivités qui de temps à autre s’avèrent sévères.


Malgré la route goudronnée nous restons dans l’ambiance désert de Gobi, immensité du décor avec très peu de points de repère, vent violent et froid qui nous secouent sérieusement extérieurement et intérieurement.


Sans oublier les brusques changements de temps très temporaires, qui apportent un coup de chaleur, qui nous laissent quelques instants après tout mouillés de sueur dans un coup de froid.


Quelques rencontres le long de l’itinéraire et quelques sites intéressants, comme le mémorial du cheval.


Des arrêts dans des villages pour rechercher le gîte ou la pitance. Un contact toujours très proche avec les enfants, qui souvent sont vraiment turbulents en voulant tout toucher sur nos vélos, et très prompts à la moquerie si on se laisse submerger, les garçons pas les filles.


Une nuit dans une yourte, qui nous a laissé un souvenir indélébile. J’en ai fait un texte publié, il y a déjà quelques mois sur VF, intitulé « La yourte de l’enfer ». Une autre nuit passée en plein désert sous tente par un temps magnifique, la nuit et le désert éclairés par une lune grosse et pleine, ambiance irréelle et féerique.


Dans mes voyages, que ce soit à vélo ou de façon plus classique en voiture avec mon épouse, les nuits dont je me souviens le mieux sont toujours celles passées dehors au cours de ces itinérances sans aucune planification. A mon sens cette dernière tue en partie l’intérêt du voyage. Cet oubli de superbes nuits dans de somptueuses chambres d’hôtel 4 ou 5étoiles m’attire parfois des remarques de la part de mon épouse qui se souvient avec un grand plaisir de ces magnifiques endroits et moments, dont je n’ai pratiquement plus aucune souvenance. Sans parler des repas, dont là j’oublie très très vite ce que j’ai mangé, même si je suis gourmand et que j’aime bien les bons vins ! Ces moments de plaisir que l’on s’offre grâce à son porte-monnaie, je suis content de pouvoir me les payer sans trop regarder, mais ils ne me font pas vibrer comme ces nuits passées dans ma tente au hasard de mon avancement à la force du mollet.


Ces immensités mongoles, dans lesquelles on se sent très dépaysé, cependant en harmonie avec la nature, surtout lorsqu’on se déplace à faible vitesse avec un vélo lourdement chargé, déclenchent chez moi une forme de tristesse, associée à une crainte d’une hostilité possible face à des éléments qui peuvent se déchaîner avec de courts préavis, alors que nos moyens de protection sont pratiquement inexistants.


Cette ambiance est-elle due au fait que le printemps n’a pas encore éclaté, et que la steppe garde sa teinte grise. On dit bien que l’absence de couleurs peut être un facteur de déprime. Je n’en suis pas là, l’expérience vécue est suffisamment intense pour que je garde toute ma vigilance et ma curiosité. Là-bas au sud loin au-delà d’une immensité sablonneuse de grandes montagnes enneigées apparaissent comme un mirage suspendu dans les airs. Le point culminant, d’après ma carte, approche les 4000 mètres. J’imagine que partir grimper ces sommets doit représenter une belle aventure.


Le troisième jour nous arrivons avant midi à Bayanhongor, capitale de la province du Gobi. Cela va nous permettre de nous imprégner de l’ambiance nonchalante de la ville tout l’après-midi. L’ennui a l’air de régner en maître dans ces recoins en bordure de désert. Mon esprit est déjà parti vers les étapes à venir, à travers le massif montagneux qui va nous conduire à Tsetserleg quelques 300 kilomètres plus au nord. Pour cette étape à venir nous avons très peu d’informations, ne sachant même pas si le col que nous devons passer à 2700 mètres sera toujours enneigé. A Oulan Bator notre hôte Bilget, grand connaisseur de son pays, n’était pas sûr que les nomades aient repris à mi-mai la route de ces hautes vallées. Ce type de doutes et d’incertitude sont un des moteurs qui donnent au voyage en autonomie à vélo toutes ses lettres de noblesse.

Michant

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Bonsoir Luc,

Enfin le paysage semble s'animer quelque peu au huitième jour de ton parcours!

La tonalité générale est le gris, sable, rocher et le ciel semble évoluer vers une teinte noire lourde de menaces. Une impression de tristesse oppressante me submerge, dans cette immensité ou tout être humain semble avoir disparu.

L’ambiance devient de plus en plus hostile.

Je suis ton récit depuis le début et je salue le courage d'une telle entreprise dans cette immensité monotone et en prise avec l'hostilité des éléments, ce qui me ferait rapidement déprimer!
Apparemment tes impressions sur ce voyage sont mitigées, surtout si j'en crois la mauvaise expérience de la yourte infernale!

À voir sa tête, sans aucun doute nous réalisons la situation, il cuvait son excès de vodka. Ce comportement fréquent, pour ne dire pas plus, représente une véritable catastrophe nationale.

Voilà pour moi une raison suffisante d'écarter ce pays de ma liste des envies! Pirate
Perju (en ligne!)

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À voir sa tête, sans aucun doute nous réalisons la situation, il cuvait son excès de vodka.

Voilà pour moi une raison suffisante d'écarter ce pays de ma liste des envies! Pirate

ça c'est du chauvinisme de base.... il y a de très bonnes Vodka !.....et de très mauvais Champagne ! Malin
Dommage c'est un fabuleux pays...paysages grandioses, mais effectivement distances importantes...je ne pense pas que le vélo soit le meilleur moyen de le découvrir....
Cette constatation n'étant évidemment sans rapport avec le retour super intéressant de notre cycliste Clin d'oeil
Lucbertrand (en ligne!)

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Bonjour Michel, effectivement ça boit pas mal, mais ça ne doit pas être un frein. J'en parle ainsi, mais je crois que dans tous les pays du monde ça boit pas mal. Mais c'est vrai que de voir toutes ces bouteilles de vodka vides qui jonchent le désert de loin en loin ça interpelle.
Merci pour le petit mot, je mets la suite, et dans les montagnes nous n'allons pas voir de bouteilles vides, en tout cas je n'en ai plus le souvenir, peut-être parce que j'avais plus le regard en l'air à regarder les montagnes qui nous dominaient!
Mais c'est vrai qu'avancer dans la grisaille le froid et le vent à vélo plusieurs de jours de suite ça porte un peu sur le moral, cependant nous n'avons jamais subi de grosses pluies jusque là. Mais le vélo c'est aussi un peu le voyage intérieur. Je me réfère toujours à Kazantzakis : un jour où je n'ai pas souffert est un jour où je n'ai pas vécu.
Luc
Lucbertrand (en ligne!)

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Bonjour Jean-Pierre effectivement dans ces immensités le vélo peut paraître un peu dérisoire. En un mois quand je regarde sur la carte de Mongolie notre tour, il fait petit malgré ses 1500 km. Comme je l'ai dit précédemment, le vélo c'est aussi le voyage intérieur. Ce qui nous fait agir ce sont souvent des émotions et des envies personnelles et sans cette sensation d'effort physique et d'insécurité relative face aux éléments où nous sommes presque sans possibilité de protection dans des immensités dénudées, je n'aurais pas forcément envie de quitter mes Vosges où je passe ma vie dans les forêts et les ruisseaux de montagne à traquer le cèpe et la truite fario.
En tout cas, je suis parti là-bas en partie parce que tu avais renforcé mes envies à travers tes conseils.
Luc
Lucbertrand (en ligne!)

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11ème étape Bayanhongor à bivouac 66 km

Il semblerait bien que le col Höl Sayayn que nous devons passer est libre de neige, ici on ne peut pas parler de cols ouverts comme en France, il n’y a pas de chasse-neige qui passe pour ouvrir l’itinéraire. Il faut attendre que la neige fonde. De plus il n’est pas certain qu’il y ait du trafic par ce type de col. Nous voyons bien dans le lointain des montagnes enneigées, cependant la couche ne semble plus trop épaisse. Mais notre col est beaucoup plus loin que notre vue porte, il se situe à une centaine de kilomètres de la ville.

Plus la peine de se poser de questions, nous verrons bien sur place en espérant ne pas être obligés de faire demi-tour après cent kilomètres. Pour la sécurité nous partons avec au moins 6 jours d’autonomie en nourriture, pour l’eau pas de souci, les rivières nous en fourniront. En effet, avec la fonte de la neige, elles devraient être bien fournies. D’ailleurs c’est notre deuxième point d’inquiétude, arriverons-nous à les traverser si le courant est trop important. Je me souviens avoir lu un livre sur une expédition dans l’Himalaya, où au cours d’une traversée de rivière l’un des alpinistes avait été entraîné et s’était noyé du fait du courant et de l’eau glaciale. Pour la sécurité j’ai une corde de vingt mètres, si cela devait devenir trop risqué nous nous encorderions.


Allez finies les appréhensions nous partons. Nous avions cru comprendre qu’en partant vers l’est au lieu du nord nous pourrions traverser la rivière par un pont. Il n’en est rien, premier bain de pieds de la journée après quelques kilomètres. Il y en aura beaucoup d’autres ce jour.


J’ai commencé par enlever mes chaussures, mais les cailloux et l’eau très froide m’ont fait endurer un vrai calvaire à la limite du supportable. Yves ne s’y est par risqué. A l’avenir je ferai comme lui, je garderai mes chaussures, ce qui rendra les traversées bien plus faciles et beaucoup moins dangereuses.


Depuis 10 jours que nous sommes partis, ce matin la température semble plus clémente, vers les 10 degrés, alors que précédemment le matin elle était toujours autour de zéro. Le décor change, nous entrons dans une large vallée caillouteuse, ce qui change complètement du sol sableux du désert. Le lit de la rivière est très large et la piste y est tracée. Nous roulons de façon très inconfortable sur des montagnes de galets, et nous nous faisons secouer.


Le temps est tout à fait beau, pas de gros nuages noirs menaçants. Après une vingtaine de kilomètres nous traversons le dernier village avant le col. Le suivant se situe à 150 kilomètres sur l’autre versant de la montagne. Nous avons l’impression de nous lancer dans une petite aventure, exactement ce que nous apprécions dans le voyage à vélo. Le dénivelé le long de cette immense vallée ne sera pas énorme, 1100 mètres pour cent kilomètres.


L’herbe est quasiment absente, la vallée nous apparaît comme entièrement minérale.


Cependant elle commence à pousser, d’ailleurs les nomades ont effectivement installé leurs yourtes et leurs troupeaux sont présents sur les flancs de montagne qui nous entourent. De temps à autre des plaques de neige, parfois assez étendues, sont présentes. Qu’en sera-t-il 1000 mètres plus haut ? Les passages de rivières se succèdent. Certains sont scabreux, fort courant et profondeur suffisante pour que les sacoches fassent prise dans les flots.


Nous ne comprenons pas tout de suite qu’il ne faut pas chercher à traverser perpendiculairement aux berges, mais en biais en se laissant un peu porter et entraîner par le courant. Cependant il faut se méfier de ne pas passer une zone où la profondeur est excessive, car inexorablement nous serions emportés. D’ailleurs au cours de l’une de ces traversées, Yves étant déjà arrivé sur la berge opposée, je tombe justement sur un de ces trous tant redoutés et je commence à partir. Mon compagnon saute à l’eau et vient à la rescousse, et à deux nous sortons mon vélo, associant nos forces pour résister au courant.

Nous voyons pour la première fois des yacks parmi les nombreux animaux. Très peu de circulation, une ou deux motos dans la matinée. Les yourtes sont dispersées, des kilomètres les séparent et même parfois des dizaines.


En début d’après-midi nous allons faire une rencontre extraordinaire et tout à fait inattendue. Alors que nous passons au pied du seul petit bâtiment que nous verrons en plus de 200 kilomètres, un homme en sort et nous fait des signes. Nous n’avons pas l’intention d’escalader ce mamelon pour répondre à son invitation. Alors il descend et vient à notre rencontre. Il nous fait comprendre qu’il est peintre et nous invite à venir voir ses œuvres. Pour une surprise c’en est une grosse. Là au fond de nulle part à 50 kilomètres de la ville un peintre isolé à la recherche d’inspiration. Notre curiosité est piquée à vif. Nous nous pressons d’escalader la petite côte bien raide en poussant nos vélos. Nous entrons dans la maison, effectivement des tableaux partout. Je suis ébloui par son style de peinture, le mouvement, les thèmes et les couleurs.


Nous sommes bien chez les descendants des Huns, des cavalcades en des charges désordonnées et héroïques d’hommes armés aux tenues multicolores. Il nous fait une démonstration de son art. Sous son pinceau par quelques touches de couleurs précises et rapides naissent hommes et animaux animés d’une vie intense. Quel artiste ! Si nous étions en voiture sans hésiter je lui aurais acheté plusieurs tableaux. Mais à vélo à travers les montagnes, surtout qu’il nous reste 800 kilomètres à parcourir, il ne peut malheureusement pas en être question.

Il nous offre un thé au lait accompagné de petits gâteaux. Ces derniers sont durs et très rances, il n’est de toute évidence pas ravitaillé tous les jours. Mais c’est avec bon appétit que j’en mange plusieurs, manifestement j’ai très faim. Il voudrait bien nous garder pour la nuit, mais il n’est que 15 heures, et notre route est encore longue. Nous espérons profiter du beau temps pour avancer, car si la météo se dégradait comme les jours derniers, vent pluie et froid, nous risquerions de vivre des moments inoubliables !


Nous parcourons encore une dizaine de kilomètres et nous installons pour la nuit.


A quelques centaines de mètres se trouvent plusieurs yourtes. Les occupants ne tardent pas à arriver poussés par la curiosité et l’envie de dialoguer avec nous. Nous leur offrons des figues séchées bien moelleuses. Je ne sais pas si les adultes apprécient, car ils ne sont jamais très expressifs, mais les enfants cela ne fait aucun doute et ils mangeraient bien tout le paquet si on leur proposait. Mais très poliment ils se contentent de ce qu’on leur offre.

Notre emplacement est idéal, la rivière coule à côté, ce qui est parfait pour compléter nos réserves d’eau. Nous n’avons plus besoin comme les jours précédents d’en transporter de grandes quantités.

Perju (en ligne!)

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Salut Luc,
j'ai très bien compris ta philosophie du vélo et effectivement, les sensations éprouvées, surtout à l'époque choisie pour ce périple, doivent être exactement celles que tu recherches.
Je suis un peu dans la même optique, et si le fait de se déplacer en 4X4 est plus sécurisant, moins fatiguant à première vue...ce n'est pas toujours le cas. Justement je recherche la plupart du temps des parcours inédits et oubliés, sur lesquels on peut très rapidement se trouver en difficulté ou tout au moins dans l'incertitude de pouvoir continuer. Il reste également une composante plus difficile à maîtriser qu'en vélo, c'est gérer les problèmes mécaniques éventuels qui peuvent faire d'un voyage comme celui-ci, une vrai galère...nous avons plus d'une fois eu peur d'y laisser un véhicule, heureusement pour le moment tout c'est bien passé...
Par contre le gros avantage est de pouvoir découvrir beaucoup plus de régions d'un même pays, dans le même temps.
Je te rejoins pour le temps passé en montagne...cèpes évidemment et en ce moment morilles Clin d'oeil
Bonne prochaine destination...
jp
Mlefevre

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Bonjour Luc,
Je suis avec plaisir le récit de vos pérégrinations mongoles!
Nous serons en Mongolie d'ici qq semaines, en 4X4 Tire la langue!
Peux-tu m'indiquer l'endroit où vous avez trouvé du gaz à Ulan Bator?

Je viens de faire de nos demandes de visas et je lis ça : "
I would get registered
within 7 days after my arrival
in Mongolia at the Immigration Agency and get deregistered before the
departure at same office
, if my stay length over thirty days."

Donc faut-il s'enregistrer à l'arrivée et de "désenregistrer" si séjour supérieur à 30 jours?
Ou faut-il s'enregistrer à l'arrivée dans tous les cas et ne se désenregistrer que si séjour supérieur à 30 jours?

Comment avez-vous fait?

Merci pour les infos et le beau récit!

Marie
Lucbertrand (en ligne!)

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Rebonjour Jean-Pierre, je comprends aussi très bien ce que tu dis, et certainement en 4x4 loin de tout peut être plus angoissant qu'à vélo. ce dernier en cas de gros problème mécanique on peut toujours le pousser et on arrive à faire 30 km par jour sans trop de difficulté. dans le pire des cas on part à pied. Le véhicule c'est effectivement plus problématique. Il y a des endroits vertigineux où on se sent plus en sécurité en poussant son vélo qu'en voiture, en particulier dans des chemins glissants et en dévers sur le vide. J'ai vécu trois ans en Albanie et roulais beaucoup dans les montagnes en 4X4, et je me suis fait des grosses trouilles, alors qu'à vélo jamais.
Je me souviens avoir croisé dans le désert de l'Atacama deux motards, ils étaient exténués à lutter contre la chute avec leur lourdes motos, en particulier à cause du gros réservoir pour avoir l'autonomie nécessaire pour 600 km. Alors qu'à vélo c'était top c'était cool.
Je vois que tu es un adepte du boletus edulis et autres cryptogames. Ah! la morille dans les Vosges d'après ce que je sais il n'y en a pas, le terrain étant granitique, elle s'épanouit sur les terres calcaires. Sur les bords du Rhin il y en a, j'ai fait de belles récoltes il y a pas mal de temps. Mais cette année j'ai eu la flemme de tenter ma chance, une petite centaine de km. Je te mets en toute confidentialitéMalin, quelques photos de mes prodigieuses récoltes de cèpes 2016.
Luc

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