10 jours en solo bien intenses en Inde du Nord
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Bonjour à tous,

J'entame, après quelques mois déjà, le récit de mon voyage de 10 jours en solo en Inde du Nord, de Delhi à Calcutta, histoire de partager mon expérience et (surtout ?) de revivre ces 10 jours vraiment géniaux. (C'est évidemment très court mais à la base l'Inde ne devait être qu'une "étape" vers une autre destination)

Voilà, j'espère que ça va vous plaire, n'hésitez pas à laisser vos réactions, remarques etc 😉

Vol Paris-Delhi via Riyadh (14h d'escale, mais le prix en valait le coup: 300€ en aller simple) Vol Saudia Airlines: très bien, le seul problème est l'absence de tout alcool (il fallait bien s'y attendre). Avant le décollage, des paroles de Mahomet sont diffusées dans l'avion et une "salle" est aménagée pour la prière, avec un écran indiquant la direction de la Mecque. L'aéroport en lui même n'est vraiment pas terrible (rien à faire, même pas une librairie ...), mais comme déjà à Bahreïn lors de mon dernier voyage, c'est une merveilleuse occasion de voir plein de peuples différents et inconnus ! Principalement des travailleurs migrants d'Indonésie, des Philippines et du Pakistan. Mes "préférés" furent de loin les Pakistanais (Pachtounes ?) attendant leur vol pour Peshawar: vraiment TOUS en habit traditionnels (comme on peut les voir aux infos suite aux déboires de leur pays). Je m'assois parmi eux pour plus d'une heure, et parle même rapidement à un d'eux: il est chauffeur de taxi et retourne voir sa famille pour un mois chaque année, comme c'est le cas pour le si grand nombre de migrants dans les pays du Golfe.

Vol pour Delhi: que des travailleurs Indiens, à part une poignée de touristes occidentaux. Je suis entre deux d'entre eux et la conversation s'engage très vite (j'ai pu les épater en reconnaissant Salman Khan, le Chuck Norris Indien). Un me demande même de le prendre en photo, juste comme ça dans l'avion. On nous distribue les papiers pour les contrôles en Inde, et là ça s'agite dans tous les sens. La raison: les papiers ne sont qu'en anglais (logique ??) et ils ont pour la plupart vraiment du mal. J'aide donc mes deux voisins, leur expliquant le sens de chaque mot, du nom à la date d'arrivée, et en plus ils sont têtus quand je les corrige ! Au final, ce vol est passé très vite😛 Arrivée à Delhi dans ce fameux brouillard d'hiver: je n'ai vu le sol qu'une dizaine de seconde avant l'atterrissage ! A peine l'avion a commencé à ralentir que de nombreux Indiens se lèvent et descendent leurs bagages: les hôtesses de l'air leur crie de se rasseoir, et doivent même en pousser certains très têtus ! Le dépaysement commence donc très vite 🙂

Aucun problème pour les bagages, je prends le métro express tout moderne presque vide.

Arrivée à New Delhi Railway Station, et là c'est le choc total (c'est bien ce que je recherche !): foule immense, ça court et crie de partout. Je suis les indications du Routard, et me retrouve face aux voies de la gare qu'il faut traverser. C'est là que les ennuis commencent: les passerelles pour traverser et rejoindre Paharganj ont des panneaux grands "No Entry" l'air bien officiel. Voyant bcp de monde passer, je tente mais un soldat me dit que c'est impossible. Je tente autre part, même résultat et cette fois le soldat arrête d'autres gens pour appuyer ses propos, et personne ne dit rien ... Je tente par la gare, impossible et un mec commence à me raconter une histoire de permis à acheter pour entrer à Paharganj et veux m'emmener où il faut ... Je le quitte en chemin, il me dit "I no joke you" ... Enervé et fatigué je me redirige déterminé vers la passerelle en suivant tous ces Indiens qui passent tranquillement et, miracle, le soldat me laisse passer (il suffisait de ne pas douter !) Très bizarre cette histoire en tout cas, les soldats (et les banderoles No Entry) sont ils de mèche ?? Heureusement qu'en préparant ce voyage (merci VF notamment !) j'ai bien compris qu'il faut être méfiant !



M'installe au Srivinayak Hotel sur Arakashan Road, tout neuf et très bien (1000rs, un peu de luxe pour les premiers jours 🙂) Après un bref repos, me balade dans Pahar Ganj: les petites ruelles sont absolument géniales, on n'y croise presque pas de touristes et on assiste à la vie frénétique des rues indiennes que je désirais tant voir. Les constructions anarchiques sont très intéressantes aussi, et je n'y ai senti aucun sentiment d'insécurité.



Puis arrivée sur Main Bazar road: tout de suite beaucoup moins bien, plein de magasins pour touristes, de "Hello my friend" et compagnie ... Au bout de 10 minutes, arrivant dans une zone un peu sombre, deux jeunes viennent me parler et un me serre la main un peu trop longtemps ... Je sens alors qu'on touche à ma poche de jean (avec mon appareil photo) et me débat direct ... Ils partent en courant, heureusement sans avoir rien pris. C'est donc la confirmation que les poches de jean sont l'endroit le plus sûr, et que Main Bazar comme j'avais pu le lire est vraiment à éviter ... Retour vers Arakashan road assez perturbé: j'ai eu chaud ! Diner: délicieux thali à volonté pour 60rs, que ça fait du bien !!

Première demi-journée extrêmement riche en émotions, mais tout va bien 😉. M'endors direct dans mon palace (upgradé dans chambre quadruple !)
MY Myrms ·
Et puisque je suis lancé:

Jour 2: Qutb Minar et New Delhi

Qutb Minar le matin, après un long trajet en métro (qui parait tellement propre comparé à l'extérieur). Le site est vraiment superbe et donne une impression assez "surréaliste" (probablement vu que l'ensemble n'évoque rien de connu, pas même une mosquée). Comme très souvent par la suite, on veut prendre en permanence des photos avec moi, et j'ai même signé un autographe (raté). Assez marrant, ça fait de la compagnie et permet d'engager la conversation dans certains cas. Je n'ai malheureusement cependant pas eu le succès fou d'un couple d'occidentaux dont la femme, aux formes généreuses, portait des vêtements moulants 😛 Des jeunes en sortie scolaire avaient pour mission de servir de guide pour les touristes étrangers, très sympa même si leur anglais est assez difficile à comprendre par moment. J'y passe trois bonnes heures à explorer partout et me poser sur la pelouse pour admirer ce magnifique minaret



Mais aussi les couleurs des habits



Tombe de Safdarjung: extérieur plutôt beau mais intérieur vide. Des couples s'enlacent assis à côté de femmes accroupies à casser des briques pour en faire une sorte de gravier ...



Jantar Mantar: original mais sans grand intérêt à mes yeux. Je dois utiliser les toilettes: pas de papier, et surtout pas d'eau (ce qui est problématique quand on connait comment on se nettoie ici, on comprend vite pourquoi la main gauche est impure !)

Connaught place: pas vraiment d'intérêt non plus, juste de larges avenues pas très belles et des magasins/restaus de marque occidentale. Je me dirige vers un marché ultra bondé, et au bout de quelques instants j'aperçois une bouse sur ma chaussure ... J'avais entendu parler de cette histoire, mais ça paraissait tellement gros que je me disais que "ça n'arrive qu'aux autres", et bah non ! Le pire c'est que personne n'est venu me proposer ses "services" pour nettoyer (et de toute façon mieux vaut ne pas payer ces gens là, pour qu'ils arrêtent ces conneries ...). J'essaye avec bcp de mal d'enlever ce truc avec un déchet, puis un mec vient et m'emmène jusqu'à des toilettes. Il me regarde nettoyer sans rien dire, puis quand j'ai fini souhaite ... me serrer la main ! Il n'y avait pas de savon !! Cette histoire a cassé mon dynamisme (ça fait beaucoup en moins de 24h !!!) Je rentre vers Paharganj, l'animation folle et les petites ruelles pleines de vie me font tout oublier et je m'y promène encore des heures. J'adore vraiment ce quartier, il s'agit juste d'éviter Main Bazar qui concentre voleurs, vendeurs insistants et magasins/restos où se concentrent certains touristes (quel intérêt ??). M'étant perdu, je demande mon chemin et le mec m'accompagne sur presque 5 minutes !
FA FabGreg Globetrotter ·
(je) me retrouve face aux voies de la gare qu'il faut traverser. C'est là que les ennuis commencent: les passerelles pour traverser et rejoindre Paharganj ont des panneaux grands "No Entry" l'air bien officiel. Voyant bcp de monde passer, je tente mais un soldat me dit que c'est impossible.

De ce que j'ai compris, c'est un peu comme l'ancien système des tickets de quai qui existait autrefois en France. Il fallait acheter un billet spécial pour accéder aux quais de la gare. Dont l'accès était autrefois contrôlé. Système tombé en désuétude depuis... les années 1980, à moins que cela ne soit les années 1970.

Pour emprunter les passerelles, il faut détenir un titre de transport. Ce qui est le cas pour la plupart des indiens, ne serait-ce que pour un train de banlieue (sans doute abonnement). Logique donc que les étrangers soient ciblés pour des contrôles.

Très bizarre cette histoire en tout cas, les soldats (et les banderoles No Entry) sont ils de mèche ??

En l'occurrence, je ne pense pas qu'il n'y ait escroquerie.

Je n'ai été contrôlé qu'une seule fois (évidemment quand j'étais le plus pressé), et j'ai répondu que je prenais le train. Pour Agra m'a demandé le contrôleur : oui ai-je répondu. Il m'a alors demandé mon billet. Je lui ai fourré sous le nez un billet Agra -> Delhi que j'avais sous la main, qui ne correspondait aucunement à un billet Delhi -> Agra, qui plus est pour dans 15 jours, mais cela a suffi pour qu'il me laisse passer. Il est vrai que j'avais aussi dans la main un bon nombre de billets déjà utilisés.

D'habitude, je respecte la loi, mais là, c'est vraiment plus simple de "frauder". Je ne sais aucunement où l'on peut acheter le ticket de quai. Et si on ne fait pas, il faut alors faire un très gros détour pour trouver un pont qui franchisse les voix. Alors que Paharganj est juste de l'autre côté.

Si vous êtes contrôlé, essayez d'arguer que vous allez acheter un billet à l'ITB, l'International Tourist Bureau, où l'on peut accéder aux billets en quota touristes.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
FA FabGreg Globetrotter ·
Je dois utiliser les toilettes: pas de papier, et surtout pas d'eau (ce qui est problématique quand on connait comment on se nettoie ici, on comprend vite pourquoi la main gauche est impure !)

Et pas que dans les pays de culture musulmane.

En Orient (Asie du Sud-Est inclus), ne jamais se déplacer sans son rouleau de papier-toilettes.

Je l'ai oublié 1 fois, jour d'arrivée à Téhéran. J'ai ainsi découvert que le système de la douchette est très efficace. Mais le soir même, j'ai tout de même pensé à remettre le rouleau de papier-toilettes dans mon sac à dos de balade, celui que je conserve toujours avec moi, y compris pendant les transports.

Cela peut aussi servir pour les bouses...

Paharganj, l'animation folle et les petites ruelles pleines de vie me font tout oublier et je m'y promène encore des heures.

C'est vrai qu'il n'y a pas besoin de s'écarter beaucoup de la rue centrale pour retrouver la vie indienne sans touristes. Avec dhabas, dhobi-wallahs, eau en bouteille à 10 Rps/l...

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
MY Myrms ·
Ah dans ce cas c'était donc une "règle" assez embêtante (et assez futile!). En effet il aurait fallu faire un long détour pour atteindre Paharganj et j'étais assez perdu à mon arrivée. Ca me rappelle une autre règle assez sournoise aussi: les cloakrooms qui ferment à certaines heures pour faire une sorte d'inventaire, ce qui est indiqué en tout petit et auquel on ne fait pas forcément attention. Evidemment, il s'est trouvé que je devais reprendre mon sac pour partir pendant cette fermeture, heureusement qu'en insistant ils sont très compréhensifs (et on sait bien que les règles ici on en fait un peu ce qu'on veut)
MY Myrms ·
Jour 3: Old Delhi

Je me lance enfin pour visiter une des choses que j'attendais plus pour ce voyage: une gigantesque vieille ville musulmane, remplies de mosquées et de bazar. Le quartier n'a en fait pas tellement de vestiges anciens, plutôt des bâtiments assez anarchiques en béton. Mais par contre quel bazar ! En ce 3ème jour, mes oreilles ne se sont pas encore habituées aux klaxons incessants et c'est vraiment impressionnant. Je me perds dans des ruelles, à mon goût moins vivantes et intéressantes que celles de Paharganj, et me résous à prendre un vélo-rickshaw pour la Jama Masjid. Le slalom dans la circulation folle est une expérience en soi !



La mosquée est fermée pour la prière du midi (enfin sauf si on paye le garde à l'entrée comme il s'est proposé mais bon ...), je me balade donc le quartier au sud. Ici, c'est vraiment comme j'imagine être la vieille ville de Lahore (qui me faisait encore plus rêvé mais ça attendra quelques temps encore ...): pleins de tenues traditionnelles musulmanes et de belles barbes, quelques voiles intégraux dans une foule hyper compacte. Aux abords des restos, des groupes d'hommes attendent accroupis et serrés qu'on leur donne à manger (j'imagine).



Déjeuner "chez Karim": le seul resto recommandé où je suis allé, et ce n'était pas le meilleur. Il est plus marrant de tenter sa chance un peu n'importe où.

En attendant l'ouverture de la mosquée sur les marches, des gamins de rue viennent mendier en m'entourant complètement. Je leur demande de me tenir compagnie jusqu'à l'ouverture, ce qu'ils font contre quelques roupies. Je n'ai pas senti de risque pour mes affaires, notamment mes chaussures posées à côté. Un touriste à côté râle contre le fait qu'il faille attendre, et payer. Il se plaint de "discrimination" etc sans arrêt ...

Enfin je peux entrer. C'est tellement agréable de marcher pieds nus sur les grandes plaques de gré rouge, à condition d'éviter (c'est dur !) toutes ces fientes de pigeon. Le lieu est très vivant, avec de nombreuses familles s'installant dans la cour et discutant tranquillement. Comme au Qutb Minar, au moins une dizaine de séances photos avec moi, mais ce fut la seule fois où une jeune femme était dans le lot (d'ailleurs ce voyage fut assez frustrant de ce point de vue là, je n'ai même pas dû parlé - ne serait ce qu'un mot - à 5 femmes de tout le voyage !).



Malgré l'épais brouillard, la vue sur la vieille ville depuis le minaret est splendide !



Balade à Chandni Chowk: j'adore la foule, mais trop c'est trop ! Je me réfugie donc au calme à la Fatehpuri Masjid, certes moins belle que la Jama, mais c'est super pour se reposer. Là, un certain Wajid, étudiant en droit, vient me parler pour pratiquer son anglais. Il était à l'école coranique de la mosquée, qui donne directement sur la cour. Il m'invite dans l'atelier de son père, où 5 employés assemblent toutes sortes d'outils électroménager - des fers à repasser en l'occurrence - dans un minuscule atelier (voir photo). On est très loin de la production de masse et de la standardisation ! Malgré son anglais plutôt correct, il est assez difficile d'avoir une conversation: il répondait très souvent totalement à côté à mes nombreuses questions, peut être l'accent français ? (je n'ai pas l'impression que le ien soit si terrible !)

Aux revoirs, et j'enchaine avec le Gurudwara, où l'activité religieuse est en effet très fervente. Leurs turbans de toutes les couleurs sont très beaux ! Je peux monter à l'étage pour regarder leurs prières tranquillement et sans me faire remarquer.



Visite du temple jaïn et de l'hôpital pour oiseau (assez étonnant et triste qu'on porte puisse porter tant d'attention à des pigeons, alors des humains en auraient nettement plus besoin juste à côté - mais bon c'est du "spécisme" ce que je raconte 😛)

Pour conclure cette journée très remplie, son et lumière du Fort de Delhi: vraiment peu d'intérêt, je m'ennuie comme un rat mort et j'ai froid (la "petite laine" recommandée par le Routard ne suffit pas). Seule l'idée de traverser tout le fort seul dans le noir me fait rester. Très mauvais choix, j'ai probablement attrapé froid et le retour à l'hôtel est très difficile. J'ai attrapé une méchante fièvre comme j'en ai très rarement eu, et suis totalement terrassé. Je commande un plat de riz blanc à l'hôtel, et me couche en hésitant à appeler un médecin ... Ce voyage que j'ai tant préparé et attendu ne peut quand même pas être gâché par une stupide fièvre !! Je m'endors en espérant un lendemain meilleur ...
MI Milou2008 Globetrotter ·
Ta fièvre, repas chez Karim ? Je confirme, j'y suis allée il y a quelques mois, on peut faire l'impasse, beurk beurk beurk !
MY Myrms ·
Jour 4: Quitter New Delhi avec la fièvre

Je me lève juste à temps pour le check-out en me sentant vraiment mal. J'ai réservé un train Nizamuddin - Gwalior en fin de journée et me rend donc à la gare. Je prends un rickshaw (tout est difficile avec cette foutue fièvre, et j'ai l'impression que prendre le métro serait une épreuve insurmontable) conduit par un Sikh très souriant, et conduisant comme un fou (normal ici).

Je dépose mon sac au cloak room (c'est vraiment très pratique), puis reprend un rickshaw pour le quartier du Dargah de Nizamuddin qui m'avait vraiment alléché lors de ma préparation. Une fois arrivée, la foule et le bruit me sont insupportables et je fuis donc au bout de 5 minutes en maudissant ce qui a pu me causer une fièvre pareille ... Je me rend donc au tombeau d'Humayun, ce qui est un très bon choix comme je peux m'asseoir et me reposer tranquillement face au tombeau d'Isa Khan.

Là, Khushtar, un jeune Bihari à Delhi pour les études, vient me parler. Je ne suis pas vraiment d'humeur mais il insiste. Au final il est assez sympa et on visite le tombeau d'Humayun ensemble. Il faisait des études littéraires, et avait appris, en plus de l'anglais et l'hindi, l'arabe, le farsi et le sanskrit ! J'espère que tout ça pourra avoir une utilité pour lui ... Je trouve le tombeau assez impressionnant mais nettement moins intéressant que la Jama Masjid ou le Qutb Minar.



Retour à la gare pour prendre mon train en classe sleeper. Les voyages en train ont assurément été parmi mes meilleurs souvenirs du voyage: on peut ouvrir les portes et se pendre à l'extérieur (le train ne va vraiment pas vite notamment en agglomération), et voir toute la vie qui se déroule autour des voies: des gamins jouent et courent partout, des groupes hommes parient à des jeux de cartes. Cela permet de voir la périphérie de Delhi, dans ce cas pas de bidonvilles dans le sens "absolu" du terme, mais des quartiers autoconstruits en brique le long des voies, avec parfois une bâche en guise de toit. C'est vraiment génial de se pendre à l'extérieur, cheveux au vent, à enchaîner les signes de main aux enfants qui s'arrêtaient et me fixaient.

Arrivée à Gwalior de nuit et rickshaw pour le Tourist Hotel, qui a pour seul intérêt d'être sur Booking.com ...
MO Morigirl ·
Très intéressant tout ça. Vivement la suite (que je sache ce qui a pus causer cette fièvre et que je l'évite à mon tour...)!
MY Myrms ·
Merci à vous trois pour ces commentaires, ça m'enlève la (petite) impression de raconter ma vie dans le vide 😉

Pour la fièvre, le coupable n'a pas été identifié, mais je penche pour une combinaison surmenage + froid !
FR Frariv ·
Ton récit est vraiment captivant! Je ferai cet été le trajet Kolkata-Lahore en six semaines et je m'en sert pour m'inspirer et noter des faits qui pourraient me servir. Merci!
MI Milou2008 Globetrotter ·
continue, on est suspendus à ton clavier...😉
MY Myrms ·
Jour 5: Gwalior

La fièvre est toujours bien là, mais ça va un peu mieux, je peux me lancer à la visite de Gwalior, et à l'assaut de sa forteresse ! Par manque de temps pour aller jusqu'au Rajasthan (et pour laisser ça pour une autre fois) j'avais choisi cette ville pour son fort (qui à mes yeux était semblable à ceux du Rajasthan) et sortir (relativement) des sentiers battus. Enfin sur ce dernier point, les touristes se limitant aux sites touristiques et ne se baladant que très peu dans la ville (de ce que j'ai pu voir), on peut se sentir "hors des sentiers battus" même à Paharganj et dans le centre ville d'Agra, ce qui est génial !

Le rickshaw me dépose au bas de l'entrée sud du fort, et me dit qu'il faut prendre un autre transport (et repayer) pour continuer ... Je décide de marcher, ce qui me permet d'admirer au passage les superbes statues jaïnes, vraiment bien conservées (ou restaurées mais ça ne se remarque pas). Ca me fait penser à ce que devaient être les Bouddhas de Bamiyan, en petite échelle. Je peux rester les regarder tranquillement sans personne autour de moi, le seul moment du voyage où il règne un certain silence.



La colline/montagne est vraiment impressionnante et s'élève comme ça au milieu d'une plaine (toute plate donc), on comprend facilement le choix d'y construire un fort, et il devait être sacrément difficile à prendre à l'époque !

Le sud du plateau est complètement mort et assez déprimant. Le gurudwara quant à lui n'avait pas vraiment d'intérêt. Je remonte vers le Man Mandir Palace. Là plusieurs "guides" essayent de me vendre leurs services dont un gamin d'une dizaine d'année, parlant un anglais presque impeccable, et même quelques mots de français. Je ne sais pas comment il sait tout ça, en tout cas j'espère qu'il ira loin (mais c'est pas gagné j'imagine ...)

Le palais est vraiment beau, avec des "carrelages" jaunes, bleus et verts incrustés dans la pierre. L'intérieur est assez vide, mais la visite est sympa et il n'y a vraiment pas foule. Certains touristes ont le bon goût d'assortir leurs turbans aux couleurs des faïences 😛



Je continue vers les sites au nord. Au guichet, on me demande si je suis Indien, je réponds que non évidemment mais il me donne un ticket Indien en me faisant payer un prix légèrement inférieur au prix touriste. Je me dis que tant mieux, puis je réalise que je viens de participer à cette fameuse corruption qui pourrit la société indienne ... Les bâtiments sont en ruine, et des travaux de restauration sont en cours. Ce qui est assez surprenant, c'est que les travailleurs habitent dans le site, certains dans des tentes et d'autres directement dans les bâtiments. Ils donnent de la vie aux ruines, des femmes lavant le linge dans le bassin, des enfants courent partout (décidément !), et les travaux se font vraiment à l'ancienne, avec presque aucun outil: ils transportent les pierres dans des paniers jusqu'aux murs pour la rénovation, puis les joignent avec du ciment. Tout ça est très lent, mais en y réfléchissant après coup il n'y a peut être pas de moyen "moderne" pour ça.

Je continue tout au nord le long des murailles en ruine qui prolongent la falaise: le forteresse est imprenable d'ici c'est certain ! Je m'allonge sur le rebord, que ça fait du bien ! La vue sur la vieille ville est magnifique, et ce malgré cet épais brouillard bien décidé à rester. Les klaxons forment un bruit de fond en continu, mais paraissent doucement lointains. Quelques faucons et même un grand aigle volent au-dessus de moi.

Je retourne devant le Man Mandir Palace pour admirer ses magnifiques façades, au milieu de nombreuses familles indiennes venant se reposer et pique niquer ici. Des jeunes font les kékés sur leurs scooters, à faire des roues arrières en hurlant et faisant ronfler les moteurs. Redescente vers la vielle ville. Je n'aurais donc pas vu les forts de Jodhpur ou de Jaisalmer, mais en tout cas celui-ci est certainement le plus beau que j'ai pu voir de ma vie.



Je me balade dans le centre ville, beaucoup de regards intrigués mais personne ne m'aborde. Les séances photos se limitent donc exclusivement aux sites touristiques, et tant mieux car c'est sympa d'être une star, mais avec modération 😛 J'ai l'impression de voir plus de femmes dans les rues qu'à Delhi notamment, je ne sais si cela a une explication. Comme la fièvre persiste, je vais donc chez le pharmacien et lui fait comprendre ce que j'ai. Il me tend alors deux plaquettes et me demande "combien de jours ?" (tiens c'est la première fois que c'est à moi de déterminer). Je réponds 3 et il découpe alors la quantité nécessaire de pilules. Comme ça pas de gâchis !



Je demande mon chemin à une femme pour trouver la tombe de Mohammad Ghaus, et peux pour la première fois clairement dire les deux seules phrases que j'ai appris "Mai Frans ka hou" (je suis Français) et "Moudjé hindi nahi a ti" (je ne parle pas hindi). Elle me sourit et effectue un très gracieux hochement de tête (ah ces hochements ... j'ai fini par prendre l'habitude d'en faire également, même après avoir quitté l'Inde !) Je suis tout heureux !

La tombe en elle même n'est pas très impressionnante, mais c'est sympa avec tout le monde sortant discuter dans le parc, et les enfants jouant au criquet (c'est vraiment difficile de trouver ce jeu palpitant, on a l'impression que les joueurs passent leur vie à attendre !). Retour à la gare en "tempo" (cf Routard), une sorte de gros rickshaw semblant faire office de bus ici. Le chauffeur sourit en voyant ma surprise quand il me demande "seulement" 5rs.

Trajet pour Agra en chair car: beaucoup moins vivant qu'en sleeper car on est avec la classe moyenne, qui s'habille à l'occidentale et ont pour certains des airs très "supérieurs". Je savoure le repas inclus dans le trajet. A l'arrivée à la gare, une horde de chauffeurs se ruent sur moi. Je continue tout droit et me précipite sur chauffeur au repos, attiré par sa belle barbe orange et son couvre-chef blanc sensés indiquer une certaine honnêteté. C'est en effet le cas, et il est même super sympa. Je prends rendez-vous avec lui pour un tour d'Agra le lendemain.

Je m'installe au Sai Palace, au cœur de Taj Ganj. Le quartier est rempli de magasins à touristes et de guesthouses. A la terrasse du Sai Palace, je vois pleins de touristes occidentaux fumant en buvant une bière ou surfant sur facebook, je fuis donc cette ambiance que je n'aime pas pour me balader dans le quartier. Tous les magasins ou presque sont déjà fermés donc pas trop de harcèlement. La fièvre est enfin fini, quel soulagement !

Dehors, je vois un attroupement et m'en approche donc en restant un peu à l'écart. Je me rend compte très rapidement que cela concerne la communauté musulmane. Je demande ce qu'il se passe, et un homme parlant assez bien anglais m'explique qu'ils protestent contre l'arrestation d'un touriste Bangladais suspecté de terrorisme. D'après eux cela n'est dû qu'à sa barbe et ils font donc pression devant le commissariat en solidarité. Je reste pas mal de temps à regarder ce rassemblement, très pacifique (encore une fois aucun sentiment d'insécurité). Le touriste finit par être relâché, et la tout le monde se rue sur lui, et des jeunes lancent des "Allah Ouakbar". Très impressionnant ! Il semble donc il y avoir quelques tensions entre les communautés si la police s'amuse à effectuer des arrestations au faciès ...

Retour à l'hôtel, demain est une très longue journée !
CA CalistaZ Regular ·
Merci pour le récit ! J'attends la suite, qui m'inspirera sans doute pour mon prochain voyage 😉
PA Pagaljavab Globetrotter ·
on peut se sentir "hors des sentiers battus" même à Paharganj et dans le centre ville d'Agra, ce qui est génial

Tout-à-fait d'accord! Les gens oublient souvent qu'il suffit de bouger d'une rue pour être hors-des-sentiers battus.

Sinon, super récit! Il y en a plein sur le forum, mais celui-là est captivant, je ne sais pas pourquoi.
FA FabGreg Globetrotter ·
Pour CalistaZ, je me permets d'ajouter quelques photos du Fort de Gwalior.

Le fort de Gwalior vu depuis le centre-ville

Le palais princier au bord du Fort

Le palais princier vu du plateau du Fort

Le gurdwara, à défaut de voir le Temple d'Or d'Amritsar, cela peut être l'occasion de découvrir le sikhisme

Les statues jaïns (une partie)

Garde à vous !!!

Pour ceux qui veulent approfondir le jaïnisme, il y a aussi le site de Sonagiri, près de Datia, entre Gwalior et Jhansi.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
BA Backpackasia Regular ·
Super récits ! Tres intéressant, on sent le vécu ! Ça donne envie de partir en tout cas ;)
Blog dédié aux voyages en Asie : http://www.backpackinasia.com/

Prochains voyages: Amérique latine en vélo ou moto ? Randonnées en Amérique du Nord ? Traversée des Pyrénées (hrp) ?
RA Ramramindia Regular ·
que ca fait du bien de lire des recits sans jugement negatif sur les cotes 'pas trop roses' de l'Inde !
ramramindia
CA CalistaZ Regular ·
Merci ! Encore plus parlant avec les photos ! Je note, je note, ... 😉
SO Solene40 Globetrotter ·
Oh la la, moi aussi je me régale. Aprés 4 voyage en Inde du Sud j'hésite tjs à aller faire un tour dans le nord de part les nombreux avis négatifs lus notament sur l'accueil de la population! Tu vas peut être me convaincre si tu continues comme ça et je t'en remercie. Je crois qu'on a la même vision du voyage, ça aide (les indiens et leur demande de photos ça m'éclate!). A bientot pour la suite 😉
Le monde est comme un miroir, si tu lui souris, il te sourit aussi!
BI Bijoliane Veteran ·
Bonsoir et merci pour ce récit passionnant, je me régale à te lire ! et je me dis que je n'ai jamais le courage de faire ce genre de récit pour VoyageForum (mais j'ai un blog !). Merci pour les détails sur Gwalior, ça va me servir pour un prochain voyage ! Continue... ce n'est pas parce qu'il y a peu de gens qui réagissent qu'il y en a peu qui te lisent !
Bijoliane Le but suprême du voyageur est de ne plus savoir ce qu'il contemple ; chaque être, chaque chose est occasion de voyage et de contemplation. Lie-Tseu
FA FabGreg Globetrotter ·
Aprés 4 voyage en Inde du Sud j'hésite tjs à aller faire un tour dans le nord de part les nombreux avis négatifs lus notament sur l'accueil de la population!

Jusqu'à maintenant, je n'ai pas été Inde du Sud, je ne peux donc comparer. Mais on peut rencontrer des indiens très amicaux en Inde du Nord, notamment dans les transports collectifs (train, autocars).

Evidemment, c'est plus rare dans les grands centres touristiques, car le touriste y est vite assailli par les vautours du tourisme. Pour moi, le summum a été atteint à Jaipur. De surcroît, à la seule apparence vestimentaire, ils s'adressent au touriste dans sa langue maternelle. Comme je ne répondais pas au français, ils essayaient l'anglais, l'allemand, l'espagnol, l'italien, et je répondais négativement dans chacune de ses langues. Et là ils étaient bien dubitatifs... et revenaient au français. Contacts faciles, mais très commerciaux et souvent excessivement insistants.

Mais en sortant un petit peu des sentiers battus (comme l'écrit Myrms, même à Paharganj, il n'y a pas besoin de s'éloigner beaucoup de la rue centrale), on peut rencontrer l'indien de la rue. En cas de besoin, il essaiera d'aider. Mais à la différence de l'Inde du Sud où l'anglais est la lingua franca, mieux vaut connaître un peu d'hindi en Inde du Nord.

Dans les endroits peu (ou moins) fréquentés par les touristes (par ex. Bundi, Lucknow, Allahabad, Chitrakoot, Mandu), les indiens en balade sont très friands de contact avec l'occidental de passage. Pour eux, l'occasion n'est pas si fréquente, car la plupart des touristes voyagent en tour organisé ou avec chauffeur. Un filtre qui restreint les contacts. Même si je n'y ai pas suscité le même enthousiasme qu'en Iran, et même si les indiens ne sont pas aussi accueillants que les iraniens (champions du monde en la matière, d'après les comparaisons que je peux effectuer), ce fut tout de même d'agréables expériences.

Ainsi une famille musulmane qui m'a cornaqué lors de la visite du Dargah Sharif à Ajmer, et qui était bien triste que nous devions nous quitter.

Fabrice

P.S. : les parisiens (dont je suis) ne sont pas les meilleurs ambassadeurs de la France à l'égard des touristes étrangers qui nous honorent de leurs visites. Encore moins, les acteurs touristiques au voisinage des Champs-Elysées. Il n'y a pas qu'en Inde qu'un touriste soit assimilé à un tas d'argent sur pattes.
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
MY Myrms ·
Merci à tous pour vos messages, c'est déjà beaucoup plus que ce que j'espérais 😉. J'ai trouvé un merveilleux moyen "d'évasion" en faisant ce récit sur VF ^^

Si tu as déjà fait 4 voyages dans le Sud, tu devrais en effet faire un tour dans le Nord ! Je ne connais pas en Inde du Sud, en tout cas ici les gens étaient pour la plupart vraiment sympas et curieux, et il y a toujours des étudiants parlant relativement bien anglais pour venir te tenir compagnie !

Mais j'ai aussi fait de mauvaises rencontres, et j'imagine que pour une femme ce même voyage aurait été beaucoup plus "tendu" ...

Fabrice, je vais m'inspirer de toi et insérer les photos dans le texte ça rend mieux !
MY Myrms ·
Jour 6: Agra

Je me réveille avant même la sonnerie de mon téléphone, vers 5h30. Il fait encore nuit quand je sors, et presque tout est fermé. Petit déjeuner dans le premier resto qui ouvre, en compagnie d'un Suédois qui m'accompagnera pour la visite du fameux Taj Mahal. On achète les "High value tickets" pour les touristes étrangers à 750rs contre quelques dizaines de roupies pour les Indiens. On a ainsi droit à une file d'attente spéciale "High value" (qui au final est encore plus longue que la file "Indienne" (!) ). Je me dis que ce n'est pas si terrible de payer un prix touriste, et que d'un autre côté ça permet à tous les Indiens de pouvoir profiter du patrimoine de leur pays sans se ruiner (surtout quand je compare aux prix des sites chinois, qui sont les mêmes pour tous mais terriblement chers ...)

L'attente de l'ouverture se fait dans le froid, et l'épais brouillard annonce le pire ... Les grandes portes s'ouvrent enfin, et après un rapide contrôle de sécurité on peut s'engouffrer presque les premiers dans l'enceinte du Taj. Comme vous pouvez le constater, il est en effet magnifique !



Ce brouillard restera toute la journée, et même au pied du Taj, on ne pouvait qu'en deviner le dôme ... Heureusement que d'avoir de la compagnie fait un peu passer la déception, et que ce n'était pas tant un "highlight" du voyage pour moi ! Je vois un couple dont la femme sanglotait en regardant son appareil photo de compétition, qui ne pouvait malheureusement rien y faire ...

La visite est toutefois sympa, à se geler les pieds sur le marbre froid. De près la couleur du marbre est plutôt jaunâtre que blanc, mais on peut apprécier la finesse des incrustations de pierres précieuses. La foule augmente de plus en plus, et les touristes Indiens apportent un peu de couleurs au site, autrement un peu pâle.

Quand même assez frustré par cette visite, je sors et rejoins mon chauffeur de rickshaw pour la journée (j'ai oublié le prix malheureusement). En dehors de ses illustres monuments, Agra fait plutôt sale, avec de nombreuses déchetteries en plein air, et pauvre, sacré contraste !

Le "Baby Taj" fut en revanche beaucoup plus agréable, et le brouillard ne gênait pas trop puisqu'on peut l'apprécier sans besoin de recul. C'est aussi très sympa de voir les familles de singes se balader tranquillement. Au bord du parc, on peut apercevoir les rives de la Yamuna, couvertes de déchets ...



Direction Mehtab Bagh (sans y rentrer) pour avoir une vue du Taj depuis l'autre rive (juste comme c'est dans le package, car évidemment on ne voyait pas grand chose non plus ...). Je me balade brièvement dans les chemins boueux traversant les champs à côté, mais aucune activité.

J'offre le déjeuner à Hazeem. Je commande un plat de Mutton Mughlai, encore un autre plat en sauce (pendant ce voyage j'ai eu l'impression que quoique je commande, même au hasard, je me retrouvais presque toujours avec de la viande en sauce et du pain !). Cette fois-ci, ils ont eu "l'affront" de me servir sans épices (!) ce qui donnait un plat sans aucun goût à part celui d'être écœuré ... Je m'étonne et demande si c'est normal, et on me ressers alors la "vraie" version, c'est quand même mieux ! Les épices ont donc le rôle capital de masquer tout le gras contenu dans la sauce !

Ensuite, (je ne l'avais pas vu venir ...) c'est visite obligée de TROIS magasins à touristes assez insupportables. Comme ils sont placés dans zones résidentielles à l'écart, on comprend que tout leur "business model" repose sur ce genre d'arrêt forcé. Je fais semblant d'être intéressé pour repartir 5 min après. Mon seul achat fut un magnet, "en pierres précieuses et fait par les descendants des artisans du Taj Mahal" ! Une sacrée affaire dans ce cas 😛

Après avoir assez fait perdre mon temps, il me dépose devant le Fort. A l'approche des portes, c'est la cohue avec des hordes de guides tentant de vendre leurs services. Un me colle particulièrement, même après que je sois entré. Il commence même à me faire la visite guidée ! Comme je le trouvais assez intéressant, je finis par accepter pour 250 rs (que c'est bon d'avoir un pouvoir d'achat de sultan ici !). Je ne le regrette pas, et on finit même par parler histoire. Il venait d'apprendre l'existence d'Hitler en discutant avec un autre touriste ... Je refais un tour tranquille après la visite guidée (difficile pour moi d'écouter et profiter en même temps).

Le Fort est très beau et raffiné, mais malgré ses impressionnantes fortifications je lui ai préféré le fort de Gwalior, que je trouve plus impressionnant, notamment du fait de sa position unique. Le Taj Mahal se devine à peine depuis le fort, donc pas de regret d'avoir visité le Taj au matin. Alors que je me repose tranquillement pour admirer le palais. Une jeune femme (étonnant !) vient me serrer la main et demande une photo. Je dis oui, et elle appelle alors toute une classe de jeunes écoliers Indiens qui se ruent sur moi ! Les "Hello" et "Where you from ?" fusent dans tous les sens. Les profs doivent avoir mon âge, et même le prof d'anglais (parmi d'autres matières, ils sont polyvalents ici) ne parlait pas très bien ... C'est une sortie scolaire à Agra d'un village de 5000 habitants de l'Haryana, et les élèves vont de la primaire au collège, un peu comme nos écoles de campagne dans le temps j'imagine. Moment génial ! Les enfants se poussent et rient tout le temps, et les profs doivent souvent les menacer et les taper pour obtenir un peu de silence. Je n'avais jamais ressenti à quel point être un occidental peut faire rêver ...



Il est 17h30, on nous vire du site. Aux revoirs avec la classe sur le parking. Deux camionnettes font office de cars, dans lesquelles les élèves sont entassés debout ! La route doit être longue dans ces conditions Il fait déjà nuit, et je marche jusqu'à la vieille ville. J'y retrouve la frénésie habituelle que j'aime tant. Il semble y avoir une coupure de courant, mais tout le monde est bien équipé avec des batteries de secours et on s'en rend à peine compte. Je suis pendant longtemps une longue ruelle droite partant d'un des côté de la Jama Masjid. Malgré la nuit on devine de nombreux vieux bâtiments avec beaux balcons en fer forgé. Je peux m'engager dans minuscules ruelles perpendiculaires sans sentir aucune insécurité, c'est vraiment cool !



Visite de la mosquée, l'entrée a été difficile à repérer ! Certes moins belle que celle de Delhi, mais je suis presque seul et c'est parfait pour une pause. Des escaliers au bord du vide permettent même de monter sur le toit au dessus des galeries latérales, ce que je m'empresse de faire 🙂

Contrairement à ce que j'avais pu lire, je trouve donc la ville d'Agra vraiment intéressante même en dehors des monuments, il ne faut donc pas s'y limiter ! (et ne pas rester à Taj Ganj, comme doivent le faire bcp de touristes vu que j'en n'ai croisé absolument aucun dans la vieille ville). Du fait qu'une grande partie de la communauté musulmane soit urbaine et habite notamment les vieilles villes (cf Delhi et Agra pour ce que j'ai pu voir), l'ambiance y est assez différente et on pourrait presque se croire dans un pays musulman. La nuit, la saleté disparaît et tout semble scintiller ici.

Rickshaw pour Agra Cant, où je dois prendre un train à 23h30 pour Varanasi. Comme vous l'avez remarqué, cette journée s'est déroulée sans problèmes, à part peut être le brouillard. Mais comme autrement ce ne serait pas marrant, il a fallu que mon train soit attendu avec 3 heures de retard, soit un départ repoussé à 2h30 ... J'arpente donc un nombre incalculable de fois les quais, et m'assois dans les waiting rooms, upper class et second class. Cette dernière est bien évidemment beaucoup plus vivante et intéressante. La distinction entre les deux se fait de plein gré par les voyageurs, car personne n'a contrôlé mon ticket. Le comble c'est que les toilette sont payantes en second class, et gratuites en upper class ! Je parle à un jeune couple de Français qui commencent un voyage de 6 semaines en Inde et au Népal. Chaque année ils se font en amoureux un long voyage de ce type, le rêve 🤪

En refaisant un tour sur les quais, je vois sur l'écran que mon train a maintenant comme "expected time" 6h30. Je reste planté devant l'écran, quelle blague ... Il est 1h du matin et il me faut donc trouver un endroit où dormir. Je teste les retiring rooms, mais on me répond que c'est plein, et des écrans plats tout beaux tout propres le confirment (c'est marrant le contraste avec l'aspect délabré de la gare). La gare est totalement excentrée et pas question de m'aventurer dehors à cette heure-ci, j'essaye donc de dormir assis sur un banc en waiting room.

C'est cependant totalement impossible car des enceintes sont installées en plein dans la salle, et à chaque fois qu'un train approche puis arrive, puis part de la gare, une voix perçante l'annonce (l'hurle) en hindi et en anglais, 3 fois à chaque étape (approche, arrivée, départ) ! J'essaye néanmoins, et enrage à chaque série d'annonce, toutes les 20 minutes en gros. Les boules quies n'aident absolument pas ... C'est complètement dingue que personne n'ai jamais fait la remarque sur l'absurdité de la chose ...

Je finis par ressortir sur les quais, totalement cassé. Pleins de gens ont tout compris et sont allongés par terre sur des draps (c'est tellement sale que ne peux pas envisager d'y dormir à même le sol). Mais de toute façon, ils faut être carrément bouché pour pouvoir dormir ... Certains sont néanmoins confortablement installés ! (malheureusement je me suis rendu compte après coup que je n'avais pris aucune photo de tout ce monde allongés sur les quais)



J'erre désespérément, et me retrouve au niveau des retiring rooms, un peu à l'écart et donc à l'abri de ces maléfiques annonces qui résonnent au loin. Je cherche un endroit pas trop sale dans le couloir pour m'allonger ... Puis, horreur (ou l'inverse également), je vois LA MOITIE des lits du dortoir des retiring rooms inoccupés. Les écrans indiquaient bien que tout était "occupied". On croit rêver ... Et ça ne dérange personne ... Je retiens également celui qui m'a dit qu'il n'y avait pas de place. Peut être que certains avaient pris un lit pour un départ au milieu de la nuit, mais le lit était toujours considéré comme occupé ( dans ce cas c'est vraiment mal géré, et ce ne serait vraiment pas sorcier de faire ça mieux ...)

Il est 3h30 du matin, et je viens de passer une journée de 22h comme j'en ai rarement faite de ma vie ! Sans plus attendre (et sans rien demander), je me précipite sur un lit, m'enveloppe dans mon sac à viande et m'endors direct, enfin 😎
FA FabGreg Globetrotter ·
Pas de chance pour le Taj. Il faudra revenir...

Par exemple pour un lever du jour depuis l'une des terrasses bien positionnées de Taj Ganj.

à chaque fois qu'un train approche puis arrive, puis part de la gare, une voix perçante l'annonce (l'hurle) en hindi et en anglais, 3 fois à chaque étape (approche, arrivée, départ) ! [...] C'est complètement dingue que personne n'ai jamais fait la remarque sur l'absurdité de la chose ...

Tu aurais été en retiring room, je serais d'accord avec ton jugement.

Mais en waiting room, c'est l'absence d'annonces qui serait choquant. En salle d'attente, il est utile d'indiquer quand les trains arrivent ou sont à quai. Surtout quand le train est très retardé sur l'horaire nominal. Une situation courante en Inde.

J'ai aussi subi les annonces en salle d'attente à Jhansi, mais comprenant le principe, cela ne m'a pas choqué.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
MY Myrms ·
Hmm je comprends ce que tu veux dire, mais je pense que les indication écrans auraient pu suffire. Ou alors au moins baisser le son (c'était vraiment assourdissant) et rendre les annonces beaucoup plus courtes.

En journée, c'est tout à fait normal mais là il devait bien y avoir plus d'une centaine de personnes (donc la grande majorité) essayant de dormir dans la gare, ce qui est mission impossible avec ces annonces (en tout cas avec les oreilles d'un occidental). Et les retiring rooms étaient (officiellement) pleines donc pas d'alternatives à une nuit sans sommeil ou presque pour tout ce monde 🤪
FA FabGreg Globetrotter ·
je pense que les indication écrans auraient pu suffire.

Non, il faut penser aux aveugles, aux mal-voyants. Sans oublier ceux qui ne savent pas lire (en Inde, il y en a...).

Ou alors au moins baisser le son (c'était vraiment assourdissant)

Possible en effet, mais cela doit tout de même sortir quelqu'un d'une possible rêverie. A minima, un jingle bien senti. Donc pas très compatible avec le sommeil.

rendre les annonces beaucoup plus courtes.

Pas simple pour nombre de trains indiens, car ils circulent sur d'énormes distances, parfois jusqu'à 3 j. Et traversent ainsi pas mal de villes majeures qu'il faut donc citer.

Et les retiring rooms étaient (officiellement) pleines donc pas d'alternatives à une nuit sans sommeil ou presque pour tout ce monde

Là, il y a vraiment matière à amélioration, avec la nécessité de lits refaits tout au long de la nuit selon les utilisations. Mais cela ne peut faire face aux candidats de tout un train.

Idéalement, il faudrait que le préposé surveille les annonces de retard des trains, et réveillent les intéressés en conséquence (par ex. 15 mn avant l'entrée du train en gare). Un service VIP qui ne serait plus aussi économique que celui proposé aujourd'hui.

Fabrice
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FA FabGreg Globetrotter ·
là il devait bien y avoir plus d'une centaine de personnes (donc la grande majorité) essayant de dormir dans la gare, ce qui est mission impossible avec ces annonces (en tout cas avec les oreilles d'un occidental).

Pas pratique effectivement, je compatis.

J'en sais quelque chose, car j'ai une expérience similaire dans la gare d'Agra Cantonment, y étant resté presque 5 h, entre 20h30 et 01h20.

Waiting room standard saturée, et refusé dans la Waiting room climatisée (si, si, il y a parfois un contrôle, même pour accompagner une voyageuse ayant-droit). Donc attente sur le quai, comme beaucoup. Annonces tout aussi fréquentes qu'en waiting room.

Il est 3h30 du matin, et je viens de passer une journée de 22h comme j'en ai rarement faite de ma vie !

Comme j'avais commencé ma journée à 05h00 pour photographier le lever du jour sur le Taj Mahal, j'étais éveillé depuis 20h20 quand j'ai pris le train. Mais ce train était saturé (et moi sans place réservée, ayant dû annuler au dernier moment ma place Shatabdi pour cause extérieure), pas la moindre place assise dans ce train : je n'ai pu me coucher qu'une fois arrivé à mon hôtel à Delhi, soit vers 06h00... 25 h d'affilée sans dormir. 🏴‍☠️ Alors que j'aurais dû arriver à mon hôtel tranquillement vers 23h00.

Je vitupérais intérieurement 😠 contre la demoiselle dont la négligence m'avait obligé à annuler ma place en Shatabdi quelques minutes avant l'entrée de ce confortable train en gare d'Agra Cantonment.

A posteriori, ce ne fut qu'un "inconfort" concluant un voyage très très réussi.

Fabrice
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MY Myrms ·
Jour 7: De Agra à Varanasi

Alors que je dormais tranquillement (et gratuitement !), la "gardienne" qui était en train de dormir dans le couloir vient me réveiller en me demandant "Booking ?? Booking ??" (il fallait s'y attendre). Je pense qu'elle a dû réveiller tout le dortoir en même temps ! Je lui donne donc 200rs et peux me rendormir tranquillement.

A 6h mon réveil sonne, mais je l'éteins et me rendors ... Je me réveille ensuite vers 7h et quitte le dortoir à toute vitesse en me disant que j'ai peut être raté mon train ! Heureusement (ou non), "l'expected time of departure" a encore été repoussé de plusieurs heures sur les écrans.

D'ailleurs en réponse à FabGreg, il n'y a aucune indication sonore concernant les retards. Pour ceux ne sachant pas lire il faut donc demander la nouvelle heure estimée en permanence, et mettre comme tout le monde un réveil en conséquence. La gare pourrait donc limiter les annonces à réveiller les morts aux trains qui partiraient AVANT cette heure estimée (ainsi que les rendre plus courtes, pas la peine de répéter 3 fois ni de souhaiter bienvenue aux nouveaux arrivants quand il est 3h du matin !). En tout cas bref, je ne peux pas changer le monde à ma guise, et l'Inde encore moins j'imagine ...

Je passe donc encore toute la matinée à la gare (l'heure de départ a été repoussée encore deux fois). J'étais prévenu que le brouillard hivernal cause beaucoup de retard ici, mais ce qui était étonnant (et rageant) c'est de voir que la plupart des retards étaient autour de 3-6h, mais mon train explosait tous les records ...

Mais bon, heureusement que les Indiens sont toujours là pour me tenir compagnie ! Je parle donc à deux chauffeurs de rickshaw, dont un me raconte toute sa vie, qui va jusqu'à me raconter qu'une de ses conquêtes avait "pussy smells very good" !! Petit malaise comme vous pouvez l'imaginer 🤪. Plus intéressant, il me parle aussi du fait qu'en Inde le divorce est très rare, et que contrairement à l'Occident, les couples ici font l'effort de se tolérer et de s'aimer sur la durée malgré tous les problèmes, et que c'est mieux. Il faudrait néanmoins avoir le témoignage de la femme, qui viendrait peut être (probablement ?) nuancer ce beau discours sur les relations hommes/ femmes en Inde ... Plutôt sympa, je refuse cependant le thé qu'il m'offre car il est assez louche. Juste après, je me fais aborder par un grand groupe de jeunes. C'est l'équipe de handball junior du Rajasthan qui se rendait à une compétition nationale: ils sont grands et plutôt costauds, ça change vraiment du physique de l'Indien lambda ! Là encore, au bout de 5 minutes les questions deviennent plus intimes: "Are you virgin ?", "How many times ?" et ça y est ils sont tout excités ! La vie privée n'a vraiment pas la même dimension qu'en France 😛

Il est 13h30, et mon train arrive enfin en gare avec quelques 14 heures de retard ... Mais les sensations et les vues en se penchant depuis les portes du train sont juste géniales, et me font vite oublier toute cette galère ! Le train fait le tour d'Agra à très petite vitesse ce qui permet de traverser la banlieue très étendue de la ville, avec encore une fois plein d'animation autour des voies.



Le train passe vraiment en plein cœur de la ville:



Sur le lit de la Yamuna (saison sèche), on fait sécher les draps:



Puis, on passe dans la campagne de l'Uttar Pradesh, une des plus denses du monde. On ne le sent pas tellement car tous les habitants sont regroupés dans des nombreux villages bien concentrés, mais il n'y aucune presque aucune habitation isolée (je m'attendais à voir des maisons vraiment partout !). Les fleurs jaunes des champs de moutarde rendent la campagne très belle, mais assez monotone comme c'est vraiment tout plat (évidemment). Les champs se prolongent à l'infini, toute forêt ayant dû être rasée depuis assez longtemps.

De nombreuses fois, on me demande de me pousser pour laisser les gens balancer tranquillement leurs poubelles dehors ! Le train s'arrête souvent pour en laisser un autre, ou avance à toute petite allure en klaxonnant quand le brouillard est trop dense. A chaque arrêt on peut descendre sur les quais pour marcher un peu, puis courir pour remonter quand le train démarre. C'est tellement sympa d'avoir ces libertés dans le train, ça fait oublier sa terrible lenteur !

La nuit tombe déjà (le temps est passé super vite à regarder les paysages défiler les cheveux au vent), et je m'endors très rapidement sur mon sleeper après quelques jeux de carte avec deux étudiants. Le contrôleur m'a fait comprendre qu'on devrait arriver au matin à Varanasi. Je me réjouis du fait qu'au moins j'avais réservé mon hôtel par mail et non par Booking, et donc que je n'aurais pas à payer pour ma non-présentation !
DO Dolma Globetrotter ·
Bonjour Myrms,

Eh bien tu vois, moi qui ne suis absolument pas attirée par l'Inde, je te lis avec un immense plaisir 🙂.

Ton écriture vivante et spontanée et la sensibilité avec laquelle ton regard se porte sur le pays et les gens font qu'il est vraiment très très agréable de te suivre dans ton voyage.

A bientôt pour la suite alors !

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
MO Moushika Globetrotter ·
..Et moi, qui aime beaucoup l'Inde , en voyant le titre, je m'étais d'abord dit "Un de plus " ....et je te suis avec grand plaisir .

Ton récit est tellement dense qu'il donne l'impression de bien plus de dix jours , par ailleurs .

J'attends ton récit sur Varanasi .
"La vie est un voyage qui se vit au présent ou jamais ...."
MY Myrms ·
Jour 8: Varanasi

Arrivée vers 7h à Varanasi, soit 18 heures de retard en tout. Les 4 heures de retard supplémentaires durant le trajet lui-même sont cependant les bienvenues car une arrivée en plein milieu de la nuit aurait certainement été difficile. Très bon timing de ce point de vue là ! Vélo rickshaw jusqu'au centre, je me dis que j'arrive pile pour les bains du matin qui sont les plus importants à ce que j'avais compris.

Des bonzes venant en pèlerinage pour Sarnath, font eux aussi un peu de tourisme à Varanasi (enfin il semble que cette ville a également un peu d'importance dans le bouddhisme)

Un batelier me harcèle pour me vendre son tour en bateau, et je cède finalement pour 500rs. C'est a posteriori beaucoup trop, j'aurais dû chercher d'autres compagnons ou négocier davantage. Je me suis fait avoir à cause d'un concurrent/complice me demandant plus du double, technique toute bête mais je suis tombé dans le panneau ...

Le tour est agréable, mais le brouillard est bien dense et empêche de voir pleinement les ghats sur toute leur longueur. Les ablutions sont nettement moins nombreuses que ce que j'attendais, et puis je ne peux m'empêcher de me dire qu'au final ce sont juste des gens qui se lavent ...



Apparemment de nombreux Indiens prennent désormais des bateaux pour se rendre sur l'autre rive et s'y baigner à l'abri des regards et des photos des touristes. C'est tout à fait compréhensible ! Ca ne semble pas du tout la haute saison pour les pèlerinages, probablement à cause du froid. Les vieux édifices au bord du Gange sont très beaux avec des formes assez originales, qui pour certains ne rappellent rien de connu.

De retour sur le quai, je fais la bêtise de me laisser entraîner vers un brahmane qui faisait sa cérémonie au bord du fleuve. J'ai le droit à toute une série de "prières" et à une sorte de peinture sur le front, pensant pendant toute la durée que c'est totalement ridicule de faire ça pour un non-croyant. Une fois fini, il me demande un don en énonçant des sommes en millier de roupies (là encore technique toute bête pour faire croire que c'est "normal" de donner autant et pour forcer la main). Je lui donne 500rs (je n'aurais même pas dû), et pars en enrageant de m'être, en l'espace d'une heure, fait avoir comme un vulgaire pigeon par deux attrape-touristes ... Je me sens d'autant plus totalement ridicule quand je repense à certains vendeurs de rue ou chauffeurs de rickshaw avec qui j'ai négocié pour à peine une dizaine de roupies quand je sentais qu'on me faisait légèrement un prix touriste ... Alors que ceux là gagnent leur vie en travaillant dur ... Raah ! Ca m'a suivi pendant toute la matinée ... Je me suis laissé avoir probablement à cause de la fatigue, une nuit en train étant toujours assez difficile.

Le batelier me conduit jusqu'à la Puja Guesthouse (je n'aurais jamais trouvé sinon), ou je prends une chambre correcte pour 600rs. Certaines chambres sont moins chères mais semblent réservées aux Indiens (ou alors je me suis encore fait avoir). Je me repose un peu, puis me lance pour visiter la ville. Je me dirige vers le nord. Les petites ruelles sont intéressantes, mais casse-gueules (ma cheville s'en souvient ...). A un certain endroit, ou me harcèle toutes les 5 minutes pour me rediriger vers un certain Moghol Town pour faire du shopping ... Saoulant ! Je retourne vers les ghats, que je remonte jusqu'à leur extrémité nord. Beaucoup de vie, avec comme tout le temps des groupes d'hommes jouant aux cartes en groupe compact et de nombreux enfants jouant aux cerf-volants. Des gamins me suivent pour mendier sur plusieurs centaines de mètres. Je ne rentre cependant pas du tout dans "l'ambiance", et n'apprécie que modérément la balade, même si elle m'a donné ce que je trouve être ma plus belle photo:



Sur le chemin du retour, je m'arrête au Manikarnika ghât pour regarder les crémations. Intéressant de voir tous ces brasiers, avec parfois une terrible odeur passant sous le nez. Je ne sens cependant pas de spiritualité/émotion particulière, et tout semble presque routinier. J'ai même du mal à différencier les proches de ceux qui y "travaillent" : pas de pleurs ou d'émotion particulière. Le mec me collant pour me raconter sa vie et faire copain-copain afin de mieux me vendre son truc (je ne sais plus trop quoi) n'aide pas du tout à se sentir "touché" par l'endroit. Assez incroyable de retrouver ces parasites même ici ...

J'enchaîne avec la Puja du soir, que j'ai trouvé assez ridicule et me paraissait presque être une pure attraction à touristes, avec des hordes de touristes dont de nombreux Indiens mitraillant la scène de photos. J'avais des doutes sur le fait que j'apprécierai le "folklore" hindou et j'avais donc raison. Je préfère largement la simplicité des sites et rituels musulmans.

Retour au Manikarnika ghât pour voir les feux le soir. En chemin, on me propose à plusieurs reprises "Hashish ? Marijuana ?" ... Les brasiers sont encore plus impressionnants la nuit, mais je reste sur mon sentiment "d'indifférence". Retour assez tôt à l'hôtel pour une bonne nuit. J'assiste également à une distribution de nourriture sur les ghâts, pour me rappel8er qu'évidemment la religion ne s'y limite pas à des cérémonies et qu'elle a aussi (et heureusement) un rôle d'assistance sociale:



Vous l'aurez compris je n'ai que très moyennement apprécié cette ville. Je pense néanmoins que la fatigue a eu son rôle à jouer et qu'il est possible que je n'étais pas pleinement "réceptif" de ce fait. Autant partout jusque là je n'avais pas trop à me plaindre du harcèlement commercial pour les touristes qui était assez facile à éviter car limité à certains endroits bien spécifiques, autant ici où que j'aille je ne pouvais pas y échapper et ça a certainement un grand rôle dans ma déception. Dans et autour d'un monument historique on peut accepter ce genre d'ambiance à touriste, mais dans une ville censée être un haut lieu spirituel bah ça casse vraiment tout, et rend l'atmosphère assez fausse à mon goût. Je me demande ce qu'en pense les pèlerins hindous... Peut être voudraient-il restreindre l'accès aux touristes à certaines heures ou certains endroits ? Enfin ça ne change rien au problème posé par tous ces parasites ...
SO Solene40 Globetrotter ·
Passionant de voir la réalité et l'envers du décor que nous vend l'industrie touristique. Merci pour ta sincérité en tout cas. Peut être qu'il y a moyen d'être plus tranquille de l'autre coté du fleuve mais j'imagine qu'on ne peut pas y accéder en tant que touristes, histoire de leur foutre un peu la paix à ces pélerins qui se font prendre en photos du matin au soir et qui doivent en avoir ras le bol!!! A + pour la suite! Et merci pour les photos, c'est top
Le monde est comme un miroir, si tu lui souris, il te sourit aussi!
FA FabGreg Globetrotter ·
Peut être qu'il y a moyen d'être plus tranquille de l'autre coté du fleuve

Comme tu verras sur la photo qui suit, on est effectivement bien plus tranquille sur la rive gauche : un grand banc de sable, et en arrière-plan des champs cultivés. Photo prise avec un puissant zoom, car le Gange est très large au niveau de Varanasi.

Pas le moindre ghât pour y faire ses ablutions.

Je ne suis pas sûr de ce que j'avance, mais je crois que les hindous font leurs ablutions du matin face au soleil. Donc incompatible avec la rive gauche du Gange au niveau de Varanasi.

Il me semble avoir entendu dire que c'est là que les familles les plus pauvres quittent leurs défunts, les abandonnant à la purification du fleuve car ne pouvant assumer l'achat du bois ou l'incinération des fours électriques (situés sur 1 des ghâts au sud).

Cela m'a en tout cas rappelé une autre rive gauche, celle du Nil en face de Louxor, touchant vite le désert, et où les pharaons et dignitaires étaient enterrés.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
BI Bijoliane Veteran ·
Encore merci pour ce reportage ébouriffant ! j'aime ton récit, nature et sans fioritures mais qui reflète complètement ce que tu as vécu et qui est pour la plupart la réalité au quotidien ! Bravo pour les photos aussi ! Je pense que ton récit va pouvoir donner une idée de l'Inde que tu as traversée tout à fait originale et vraie. Pour aller de l'autre côté du Gange, c'est sans souci, il faut traverser avec le bateau à 20 roupies maintenant, et on a une vue superbe de la rive d'en face...
Bijoliane Le but suprême du voyageur est de ne plus savoir ce qu'il contemple ; chaque être, chaque chose est occasion de voyage et de contemplation. Lie-Tseu
MO Moushika Globetrotter ·
De l'autre côté du Gange, pas de ghäts . Les villageois cultivent les légumes qui sont ensuite vendus à Varanasi.

On peut aussi y visiter un vieux palais de maharadja, dont les pièces sentent le moisi . Il renferme de vieilles voitures , des photos historiques, une collection d'armes . On peut y aller en barque , ou emprunter le pont au sud de Varanasi .

m
"La vie est un voyage qui se vit au présent ou jamais ...."
PA Parvat Globetrotter ·
Très sympa ton récit, et bien plus agréable à lire avec des photos 🙂
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
MY Myrms ·
Jour 9: Varanasi / Un réveillon de Noël à Calcutta

Aujourd'hui, visite du ghâts au sud du centre, après avoir bien pris mon temps le matin. Comme la veille, les bâtiments sont beaux et les ghâts animés avec les habituels jeux de carte et joueurs de criquet, mais je ne ressens pas vraiment d'émotion particulière.



Je croise pas mal de touristes occidentaux (ce qui auparavant ne se limitait qu'aux monuments historiques et aux quartiers à hôtels, mais à Varanasi ce sont les ghâts et la ville dans son ensemble qui sont touristiques). Je pense que la sensation de n'être plus qu'un touriste parmi tant d'autres quand je me balade a son rôle dans mon manque d'enthousiasme - ce qui je dois l'avouer fait assez égocentrique ! Ce fut la seule ville ou personne n'est venu me parler pour autre chose que mendier ou me vendre un truc.

Je visite un temple hindou très calme. Tout est très sombre, et certains croyants en font le tour à genou ou allongés face contre terre, apparemment pour demander le pardon. Un jeune brahmane vient me faire la visite, mais c'est très difficile de comprendre ce qu'il raconte. Evidemment il me demande des sous ensuite..

Le brouillard s'est un peu levé, ce qui laisse apercevoir l'impressionnante succession de ghâts qui se succèdent sur des kilomètres. J'ai trouvé ce lavage des buffles dans le Gange plus intéressant que les ablutions ! (et plus tranquille à regarder)

J'arrive à l'extrémité sud des ghâts, prolongés par la suite par des berges de sable. J'y ai une petite impression de bout du monde



En ayant assez des ghâts, je remonte vers le nord par le dédale de ruelles de la vieille ville. J'ai trouvé la partie sud plus intéressante que celle au nord, avec personne pour m'embêter, et je retrouve la vie indienne qui commençait étrangement à me manquer ici. Je traverse un quartier musulman (à en juger la prépondérance des couvre-chefs) en plein milieu. Ça doit faire assez bizarre pour eux d'habiter en plein dans une ville sainte hindoue, et en temps de tension ça doit assez vite chauffer j'imagine ! Je prends plaisir à me perdre dans ces ruelles, puis dois me dépêcher pour retourner à l'hôtel, où m'attends un chauffeur de rickshaw pour rejoindre l'aéroport. En chemin, je prends en photo ce qui m'évoque directement une pub pour Varanasi:



Le rickshaw est "garé" très loin à cause des bouchons. La banlieue de Varanasi s'étend très loin, mais comme à Agra, les constructions dépassent très rarement les 3-4 étages. L'arrivée à l'aéroport flambant neuf et tout propre tranche vraiment avec tout ce que j'ai vu ces derniers jours ! Longue attente (j'ai prévu vraiment très large), puis on monte dans un avion à hélice (ça doit bien être ma première fois). Les bagages sont chargés dans la soute à la main, je peux même voir mon sac à dos sur les épaules d'un des employés. Même l'aéroport n'est donc que très peu mécanisé !

Arrivée en fin de journée à Calcutta, taxi jusqu'à l'Hotel Galaxy, chaudement recommandé sur Triapdvisor. C'est en effet l'hôtel avec le meilleur rapport qualité prix que j'ai pu essayer, avec une chambre avec salle de bain confortable et en plein centre pour 500rs.

On est le 24 décembre, et je me rends sur Park Street, les Champs Elysées de Calcutta comme j'avais lu qu'il y a chaque année des festivités pour Noël. C'est bien le cas, et l'ambiance est vraiment surprenante, ça change radicalement avec tout ce que j'ai pu voir à présent !



L'événement est surtout l'occasion (enfin surtout pour les classes moyennes et aisées apparemment) de sortir le soir, en famille ou entre amis. Plein de vendeurs de chapeau de Noël partout. On peut même voir des groupes d'adolescentes et de jeunes adultes sortir entre copines, en pantalon serré et chaussures à talon ! C'est bien la première fois que je vois ça en Inde ! Pas de jupe ou de débardeur non plus, il ne faut pas abuser 😛.



La foule est comme à son habitude bien dense, et les quelques restaurants / fast food locaux sont pris d'assaut (pas de queue évidemment !). Plusieurs bars/restos à l'occidentale plutôt chic, il devait probablement y en avoir également à New Delhi mais ceux là sont les premiers que je vois. Plein de magasins de marques occidentales également. C'est bien la première fois que la vue de "l'occidentalisation" d'un pays émergent / en développement, ne m'énerve pas. En effet cela semble tellement anecdotique car limité à une seule rue, et probablement (enfin je l'espère) réservé aux grandes mégapoles indiennes. C'est même amusant de voir tout ce monde essayer de reproduire à leur manière les "coutumes" occidentales. Enfin vers 23h on sent déjà que la soirée va se terminer ! Intéressante et surprenante introduction à Calcutta, je verrai le lendemain si elle mérite son image de ville cauchemardesque.
CH Chrispopof Veteran ·
Merci pour ces récits, cela donne envie de redécouvrir cette région que je n'ai pas suffisamment visitée !
Récits de voyage et conseils pour la préparation d'un tour du monde sur http://tour-monde.fr/
FA FabGreg Globetrotter ·
J'ai trouvé la partie sud plus intéressante que celle au nord, avec personne pour m'embêter, et je retrouve la vie indienne qui commençait étrangement à me manquer ici.

En fait, à Varanasi, en poursuivant vers le Nord au-delà du ghât des dobi-wallahs, tu serais arrivé dans un quartier similaire. Pas le moindre occidental dans les environs.

D'ailleurs, il y a un signe qui ne trompe pas : les inscriptions étaient toutes en devanagari, aucune en caractères latins, et ce sur la grand-rue qui traverse Varanasi parallèlement aux ghâts. L'occidental que je suis est vite devenu une attraction, mais sans proposition commerciale, ni mendicité.

Par contre, on peut y croiser un troupeau en marche pour un brin de baignade sur les ghâts. Mieux vaut laisser le passage...

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
MA Maevafromaix Regular ·
Très bon récit qui nous invite au voyage et nous donne presque l'impression d'y avoir été grâce à toutes ces superbes photos. Merci ! 🙂
VA ValerieM Regular ·
Merci pour ce beau récit!
ValerieM
LA Laptitmarie Veteran ·
Après 7 voyages en Inde, je n'y ai plus mis les pieds depuis 2011 (pour cause de magnifiques voyages ailleurs) et cela me manque énormément. Grâce à toi, je revis cela avec émotions. Nous avions visité Varanasi alors qu'il se déroulait la Kumbh Mela à Allahabad et avons pu profiter de 3 jours de visite dans un calme incroyable ! J'attends la suite avec impatience !
Balades autour de la boule : Inde, Bangladesh, Turquie, Népal, .. Récit Bangladesh Récit Inde 2001
MY Myrms ·
Jour 10: Calcutta

Ce matin, direction le pont de Howrah à pied. Je passe devant le New Market, dont l'architecture est intéressante, mais les vendeurs à touristes me font vite partir. C'est bien le seul endroit où j'ai été embêté dans cette ville, partout ailleurs je passais presque inaperçu dans les flots continus de passants. J'assiste même à ces douches de rue mentionnées dans le Routard (décidément trop lire le guide pour préparer son voyage enlève un peu la surprise !). C'est assez surprenant de voir tout ce monde se laver tout naturellement au bord de la route !



BBD Bagh en chemin, des bâtiments coloniaux britanniques sans grand intérêt.

Bon, après une heure de marche pas vraiment excitante, j'approche enfin du quartier de Barabazar. Et là c'est tout ce que je recherchais: une animation de folie, plein de petits métiers à observer ... Comme partout en Inde on pourrait dire, sauf qu'ici cela prend des dimensions sans précédent, ce ne sont plus des ruelles qui sont noires de monde, mais de grandes rues !



Au milieu du quartier, je tombe sur la belle Nakhoda Masjid. Elle est assez unique en son genre: plusieurs étages de salles de prière au lieu d'une grande cour, il faut faire avec le manque de place ici !



Je me balade longtemps dans la foule, trouvant tout intéressant: la diversité architecturale des bâtiments (ou plutôt leurs différents degré de délabrement), tous ces gens qui font leur petit business et tant d'autres choses à observer. Il y a même des "managers" de pèse-personnes, je me demande bien combien ils peuvent gagner ceux-là !

En me dirigeant vers Howrah, je longe une large avenue, la Mahatma Gandhi Road: de gros bouchons, et comme en en plus ici les piétons marchent sur la route et traversent partout, et que chaque véhicule klaxonne à tout bout de champ, il en résulte un bordel vraiment impressionnant ! Pour en rajouter au bruit, ici les bus ont un auxiliaire chargé, en plus de collecter les sous, de crier à chaque arrêt la destination du bus. Les gens ont intérêt à être réactif, vu que le bus ne fait que freiner, le temps d'en laisser descendre ou monter quelques uns, puis redémarre aussi sec (quand il peut)



J'arrive alors au marché des fleurs, juste au pied du pont d'Howrah. Pleins de couleurs partout, et de monde évidemment



A l'arrière du marché, on arrive sur les bords du fleuve, avec une magnifique vue sur le pont. Ici ça ne sent plus du tout la rose, car l'endroit sert d'urinoir géant pour tous ceux travaillant au marché. Cela est vrai pour les femmes aussi (certaines en tout cas), qui même si elles font preuve d'un peu plus de discrétion que les hommes, restent à portée de regard de n'importe quel curieux ! Ca n'empêche pas certains de venir se laver dans le fleuve, juste à côté de là où débouche toute la pisse ...



Traversée du pont, partagé avec plein de porteurs avançant à toute allure ... Ca doit vraiment casser le dos tout ça !



Pour continuer avec la foule, je fais un tour dans l'immense gare de Howrah, et je suis servi ! Puis je prends le ferry (bondé, faut-il le préciser ?) pour remonter jusqu'au quartier des sculpteurs de Kumartuli, en passant sous le pont. Utiliser les transports en commun est beaucoup plus facile que ce que je craignais !

Le quartier a vraiment une ambiance sympa et tranquille, chacun travaillant dans son coin à modeler ces statues avec patience. C'en est même frustrant de n'attirer aucune attention même en restant planté à les regarder travailler, on s'habitue vite à être une star 😛



La nuit tombe, et je me dirige vers le métro pour rentrer. Le quartier semble vraiment pauvre et il n'y pas la foule, qui est si rassurante d'habitude. C'est bête mais je suis anxieux, et force le pas (il ne semblait pourtant pas y avoir la moindre insécurité, ce qui est fou quand on compare avec la France ...).

Je traine un peu dans le centre, puis doit rentrer rapidement à cause d'une diarrhée - il en fallait bien une au moins dans un voyage en Inde ! Faut dire qu'aujourd'hui j'ai grignoté par ci par là ce que je pouvais acheter dans la rue, difficile de trouver le coupable. Enfin si c'était à refaire, je referais pareil, c'est tellement agréable faire comme un local plutôt que de chercher des resto semblant "propre".

Sur le chemin du retour, je peux voir à tous ces sans-abris qui commencent à s'installer sur les trottoirs pour y passer la nuit ... Enfin au moins ici même l'hiver ils ne doivent pas avoir froid !

Beaucoup de photos pour aujourd'hui, comme j'ai du mal à décrire tout ça avec des mots. L'ambiance de cette ville est géniale, en tout cas pour moi aime la foule ! J'ai donc passé ma journée entière à gambader dans la ville sans voir le temps passer. Je recommande tout particulièrement la zone entre entre le pont et la Nakhoda Masjid, il y a tellement de choses à y voir !

Ca peut paraître étonnant, mais Calcutta est la ville qui m'a semblé la plus développée urbanistiquement parlant: pas de vieux quartiers anarchiques ou de quartiers coloniaux étendus et assez vides, mais de grandes avenues bien droites et entourées de hauts immeubles. Pas de bidonvilles dans le sens strict non plus (même en périphérie je n'en ai pas repéré, en tout cas de taille conséquente, sur Google Earth mon outil préféré). Les bidonvilles comme on en voit à Bombay (des empilements précaires de tôles et de planches de bois) y seraient donc une spécialité locale ?

Evidemment, cela n'enlève en rien la pauvreté omniprésente, mais celle-ci se traduit par cette activité débordante qui rend la ville si intéressante ! C'est même là tout le charme de l'Inde à mes yeux, et j'en arriverais presque à souhaiter, comme pour d'autres pays que j'ai visité, qu'elle ne se développe pas et reste comme telle ... Cela est bien sûr du point de vue purement égoïste du touriste en quête de dépaysement, et je ne souhaite sérieusement en aucun cas à tous ces pays émergents de rester pauvres (mais il faut savoir un minimum garder sa culture et ne pas idolâtrer tout ce qui est occidental !). Enfin bref, en Inde on semble dans tous les cas bien loin d'en arriver à ce stade de développement ...
JU Jujuluberon Veteran ·
et dire que l'année derniere j'avais 3 semaines a tuer et j'ai pas oser aller en inde car trop court séjour :) j'ai toujours gardé calcutta dans un coin de ma tete pour me forcer a revenir en inde et visiter cette ville ; ta description donne bien envie en tous cas , ton recit est pas mal et surtout bien ecrit ! bisou
http://www.flickr.com/photos/49830238@N04/
MY Myrms ·
Jour 11: Calcutta

Après une marche assez inintéressante dans des quartiers administratifs au sud de Sudder Street, je prends le métro pour Kali Ghat.

L'animation dans le temple est impressionnante, et c'est amusant de regarder tout ce monde faire la queue (ici pas de triche apparemment) pour pouvoir ensuite faire leurs offrandes dans une pagaille générale. Difficile pour un athée occidental de trouver un sens à tout ça, et je ne peux m'empêcher de trouver que tout ce monde, pauvre pour la plupart je présume, gâchent leur argent qui pourrait être bien mieux utilisé...

Je retourne dans les quartiers au nord du centre, les plus animés et intéressants de ce que j'ai pu voir. Je ne me lasse pas d'observer toute cette vie frénétique (qui est très dure à rendre en photo, il faut le vivre pour le comprendre !)



Je tombe sur cet hôtel, qui avec 6 enseignes (au moins), ne risque pas de passer inaperçu !



J'arrive ensuite dans le quartier des grossistes, en plein dans la ville, et m'y promène à travers les différentes zones, chacune étant attitré à un fruit en particulier.



Des vendeurs ayant fait une bonne journée en vendant tout viennent alors me parler mais leur anglais reste très rudimentaire. Ils s'étonnent qu'un touriste puisse trouver ça intéressant et je leur explique que maintenant tout se fait loin en banlieue et qu'on n'assiste jamais à cette activité en France.

Dans ce voyage les seuls avec qui j'ai pu réellement discuter étaient donc des étudiants, l'anglais étant de manière générale très peu parlé. Enfin ceux travaillant dans le tourisme connaissant quelques bases et tout le monde sait au moins compter et dire quelques mots, contrairement à la Chine que j'ai visité par la suite et où même les réceptionnistes des hôtels ou des sites touristiques "mineurs" n'en parlent pas un mot !

Ah, un autre élément faisant que Calcutta paraisse une ville plus "développée" que le reste que j'ai pu voir est qu'ici tout le monde en scooter porte un casque. Il y d'ailleurs de nombreuses affiches concernant la sécurité routière partout dans la ville, dont celle-ci en particulier dont je me demande si les locaux saisissent toute la finesse du jeu de mot:



Retour en bus tout bringuebalant, c'est facile quand on veut retourner dans le centre ville. Ici l'accessibilité pour les handicapés est loin d'être une priorité: il faut monter pendant que le bus ralentit, puis éviter de se casser la gueule en cherchant un siège comme le chauffeur accélère sec directement après. Pareil pour la descente, comme j'a mis du temps à savoir si je devais descendre, j'ai dû sauter alors que le bus accélérait déjà ! Assez sympa comme expérience, mais faut être jeune pour ça !

Je tombe sur une grosse cohue aux portes d'un cinéma



Ce n'est en fait que l'entracte, et les spectateurs se ruent aux grilles pour acheter des snacks ! Tout ça me donne envie d'aller tenter l'expérience, et j'assiste donc à la séance d'après. Malheureusement la salle n'est pas comble comme il est 21h un soir de semaine. L'ambiance est cependant très marrante, avec à chaque scène d'action des cris et des rires de partout, qui viennent s'ajouter à la musique hyper forte lancée, la même à chaque combat/course poursuite. Pareil lors des scènes de danses (qui surgissent de nulle part): ça siffle et pousse des hurlements. Aucune femme ou presque dans la salle, comme c'est un film typiquement pour mec: combat, belles voitures et belles filles etc Trop de dialogues et pas assez d'action à mon goût, et à celui des Indiens qui semblent ne venir que pour ça également, je quitte à l'entracte et vais me coucher, bien fatigué.

Départ pour Bangkok tôt le lendemain, après un trajet à toute vitesse de nuit en taxi assez effrayant !

C'est donc déjà fini pour ce voyage, qui comme promis a été bien intense et riche en émotions. Pour le coup, voyager seul a limite été un "plus" comme j'ai pu parler à plein de monde et pu me promener à ma guise dans n'importe quel quartier sans m'inquiéter. C'est pour moi le genre de pays parfait pour voyager seul, avec la garantie de faire plein de rencontres comme les Indiens sont très curieux et accueillants, et des villes tellement vivantes (de jour) qu'on ne peut jamais s'y ennuyer!

J'espère bien évidemment retourner dans ce merveilleux pays, par exemple pour visiter le Rajasthan et Amritsar ou également visiter Bombay qui avec ses bidonvilles doit être également une sacrée expérience ! Je rêve également de pouvoir me balader en vélo dans un bout de campagne indienne, pour pouvoir sortir un peu des grandes villes et y voir la vie rurale. Enfin, avant d'envisager tout ça, il est temps que me trouve un contrat d'apprentissage !

Voila voila, merci à tous ceux qui ont pu lire jusqu'au au bout 😎. Si vous avez des remarques/questions etc n'hésitez pas, sur ce post ou en message privé ! J'ai vraiment aimé cette première expérience de récit de voyage en ligne, et compte bien continuer sur VF ou sur un blog, à voir
ZH Zhinde ·
merci beaucoup, pour partage , ca me rappel mon voyage en solo en rajasthan (new delhi, agra, jaipur, jodhpur, udaipur), mais j'ai raté la ville de Gwalior j'ai beaucoup aimer les photos que ta publier. je compte retourner en inde mais pour le sud et lextreme nord salutation
MA Mariespagne Globetrotter ·
Bonjour, A ce moment de lecture de ton récit que je trouve génial, je me retrouve beaucoup et cela me fait sourire. Je confirme aussi que chez Karim, pas si terrible que ça. Je ne suis pas allée au son et lumière (tant mieux j'ai évité le froid et la fièvre...). C'est dommage quand même. Allez, je continue la lecture Marie
MARIE "Chaque voyage se vit différemment même si la destination est la même; c'est notre état d'esprit du moment et nos rencontres qui en font la différence"
MA Mariespagne Globetrotter ·
Bjr, franchement, j'ai adoré aussi Calcutta.... J'y ai véçu des choses à pleurer mais après ça reste un souvenir merveilleux. Tu peux voir aussi mon récit sur mon premier voyage en Inde (car il y en a eu d'autres par la suite). Marie
MARIE "Chaque voyage se vit différemment même si la destination est la même; c'est notre état d'esprit du moment et nos rencontres qui en font la différence"
PA Pagaljavab Globetrotter ·
Difficile pour un athée occidental de trouver un sens à tout ça, et je ne peux m'empêcher de trouver que tout ce monde, pauvre pour la plupart je présume, gâchent leur argent qui pourrait être bien mieux utilisé...

C'est vrai ça! Dire qu'avec ça il pourrait acheter des iphones et plein d'autres bidules... Mais quel gâchis!

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