Un an de vie en Inde, récits d'excursions depuis New Delhi
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Bonjour à tous,

Il y a 4 ans, je découvrais l'Inde pour la première fois (petite dédicace à mon premier récit: voyageforum.com/...ntense%20inde%20nord), et l'envie d'y retourner m'a fait y rechercher un travail... Chose à présent faite: après 1 an et demi de candidatures, j'ai trouvé un VIE (Volontariat International en Entreprise), le graal pour une expatriation à la fin des études (pour toute destination loin de la France).

Habitant à Greater Noida, banlieue industrielle sans grand (voire aucun) intérêt à 40 kms au sud-est de New Delhi, je passe une grande partie de mes week-ends à découvrir les environs, en utilisant les transports en commun uniquement.

C'est donc ce que je propose de vous raconter sous la forme d'un "carnet de voyage", agrémentés de quelques commentaires sur le fait de vivre dans ce pays fascinant (mais également fatiguant par moment!).

Les transports en bus sont en effet très pratiques et simples pour les trajets "courts" (en quelques centaines de kilomètres) : les départs sont très fréquents, on peut arriver sans réservation et avoir (en général) un bus partant dans les 30 minutes qui suivent. Il suffit juste d'être patient sur le trajet, la vitesse moyenne observée sur mes trajets étant de 50 km / heure.

Le train est un peu plus rapide et plus confortable, mais moins flexible (départs moins fréquents, réservation souvent nécessaire) et avec plus de risques de retards majeurs. Je le privilégie donc uniquement pour les longs trajets de nuit.

Quasiment aucune réservation d'hôtel à l'avance, et la plupart du temps ils sont vraiment sous-occupés.

Voilà pour l'introduction, et n'hésitez pas si vous avez des questions ou commentaires !

WE de Noël, 3 jours au sud de Delhi

Pour ce 1er week-end, je décide de prendre un bus pour Mathura depuis ma ville de Greater Noida, située au début de la récente autoroute "Yamuna Expressway" reliant Delhi à Agra. Le bus cherche à faire le plein avant de partir, et certains passagers crient pour le pousser à partir "à l'heure". Avec tous les passagers ramassés le long de l'autoroute, le bus est finalement plein à craquer. Le système est bien rodé pour tous les villages dans les environ de l'autoroute: le bus reste sur l'autoroute et s'arrête fréquemment pour prendre / déposer des passagers, qui rejoignent leur village à pied ou en moto avec ceux venant les chercher. Très pratique est assez rapide - enfin jusqu'à ce que je comprenne que, lorsqu'on m'a confirmé que le bus allait à Mathura, c'est plutôt qu'il dépose le long de l'autoroute à 10 km du centre ville. Pour une arrivée à 22h, ça ne me parait pas envisageable et je continue donc jusqu'à Agra. Je peux y compter sur les rickshaws, qui se font un plaisir de m'amener à un hôtel bon marché et toucher leur commission (mais à cette heure-ci c'est appréciable).

Bus depuis Idgah Bus Stand pour Mathura le lendemain pour revenir à mon plan initial. Après m'être installé à l'entrée de la vieille ville dans un hôtel "de base" (c'est à dire toilettes turques, draps probablement non lavés et laisser-aller généralisé - alors que ça ne manque pas de personnelf!), je peux donc commencer ma visite de cette ville sainte, "lieu de naissance de Krishna" pour les hindous. J'étais étonné par le concept de "naissance" d'un dieu. En fait (et en version simplifiée) l'essentiel des dieux hindous sont des avatars du / des dieux principaux (ça dépend des courants...) d'où le fait qu'un dieu puisse naître.

La rue qui mène de Holi Gate jusqu'à la Yamuna est très intéressante, avec un grand nombre de vieux bâtiments (qui tombent en ruine pour la plupart), et une circulation automobile limitée par l'étroitesse de la rue, ça fait du bien aux oreilles !



Les ghats sont assez peu impressionnants, et il règle un sentiment d'abandon sur l'essentiel de la longueur. Heureusement que les singes sont là pour donner un peu de vie.

Mais l'abandon a du bon: on peut, en cherchant un peu, monter dans certains bâtiments et ainsi avoir une vue panoramique sur les ghats.



En continuant la balade dans la vielle ville en direction du fameux lieu de naissance de Krishna, on passe devant la Jama Masjid, puis on tombe sur une belle mosquée du style moghol habituel. La surprise commence à la marche d'approche : il y a 2 barrières tenus par des militaires, et la mosquée est entourée de barbelés et de miradors... Juste à côté on voit le temple hindou pour lequel la ville est connue. La visite se fait rapidement, accompagné d'un militaire et après avoir indiqué son identité à l'entrée. Impossible d'en savoir plus par les militaires, mais une recherche Google (grâce à la 4G indienne très efficace et pas cher!) donne la réponse: La mosquée fait partie des 3 sites que les extrémistes hindous appellent à la destruction, en se basant sur le fait que celles-ci sont construites elles-mêmes sur les ruines d'un temple hindou rasé il y a 300 ans, pendant le règne d'Aurangzeb, l'empereur moghol ayant rompu avec la tolérance de ses prédécesseurs. C'est d'ailleurs ce qu'ils ont fait à Ayodhya en 1992 en démolissant la Babri Masjid - celle de Mathura fait donc partie des restantes sur la liste (avec une autre à Varanasi).

Intéressant de tomber par hasard sur un de ces lieux cristallisant les tensions communautaires (c'est un sujet qui m'intéressait déjà, et qui en Inde du Nord est récurrent voire omniprésent). Difficile pour un étranger comme moi d'avoir un avis sur ce qui est juste ou non, à part dire que sur le plan artistique le temple hindou reconstruit juste à côté ne peut pas rivaliser avec la grâce de l'architecture moghole.

Visite du temple hindou sans grand intérêt. A un endroit, on se trouve à 3 mètres de l'arrière de la mosquée ! Aucune photo pour représenter cette juxtaposition, comme les contrôles sont stricts.

Coucher de bonne heure, l'Inde appartient à ceux qui se lèvent tôt ! __

Bus pour Deeg, à travers la campagne des grandes plaines du Nord qui est assez monotone: des petits champs parsemés d'arbres et avec comme seul relief des grands pylônes électriques et des grandes cheminées pour les fours à briques. Les villages quant à eux sont sans intérêt en terme "paysager" (constructions en brique recouverte de plâtre), mais voir la paisible vie locale est intéressant. Il est également appréciable de voir les beaux saris des campagnardes, qui arrivent malgré le travail des champs à être bien plus élégantes qu'une grande partie de la classe moyenne urbaine que je vois au quotidien, qui a cédé à la tenue pull-jean-basket.

Après un trajet bien lent, arrivée dans la petite ville de Deeg. En voyant tous ces regards curieux, on imagine qu'ils ne voient pas beaucoup de touristes marcher dans leur ville. Visite du Deeg Palace, très beau palais entourant un agréable jardin. Mais dont la plus belle vue se trouve depuis le grand bassin juste à l'ouest du palais.

On peut se poser tranquillement sur les marches et admirer la vue, avec une lumière de plus en plus belle avec la journée qui passe.

Et aussi voir les lavandières (appelée "Dhobi", j'imagine d'ailleurs que le nom du personnage d'Harry Potter vient de là) au travail - et profiter du zoom pour ne pas se faire remarquer.

Me voyant m'éterniser sur les marches, un saddhu vient m'aborder. Conversation sympa où je peux pratiquer mes quelques mots d'hindi, jusqu'au moment où il se met à demander avec insistance des sous. Je finis donc par partir, j'avais déjà presque passé une heure autour du bassin.

Dans la rue je vois un bus rouler vers moi, et qui ralentit un peu: "Bharatpur?" auquel le conducteur répond par un hochement de tête positif : très pratique !

Arrivée en fin de journée à Bharatpur, juste à temps pour voir le très imposant Lohagarh Qila avec le soleil couchant. Ce que j'adore avec ce pays, c'est que même des sites considérés "mineurs" d'un point de vue touristique, sont vraiment intéressants! On gagne donc à s'éloigner des sites principaux, et pouvoir apprécier l'absence de harcèlement touristique, et la générosité des habitants, puisque je me fais inviter à prendre le thé chez une famille habitant juste face au fort. Quasiment toute la famille élargie (oncles, grand-mère ...) habitent dans les maisons voisines et passent donc dire bonjour!

Arrivée tardive au Saras Circle, près du sanctuaire pour oiseaux Keoladeo Ghana. __

Départ matinal pour le sanctuaire, des vélo-rickshaws font déjà la queue depuis longtemps pour pouvoir rentrer dans le parc. Je prend des sortes de patates sautées à l'entrée, que le gars essaie de me faire payer 50rs ... Je sors un "Aloo hai" ("C'est des patates") et paie 20rs, ce qui est déjà trop ... On sent bien là l'influence du tourisme !

A 8 heures du matin, tous les vélos de location sont déjà pris ... En insistant un peu, j'arrive à récupérer un vélo qui était en réparation, ça sera donc en danseuse !

Je n'ai rien d'un grand amateur d'oiseaux, mais l'idée de trouver un refuge contre l'agitation urbaine (surtout ces klaxons incessants qui tapent sur les nerfs) était très attirante. La visite est agréable, en voyant des biches, singes, chauve-souris, martin-pécheurs, hérons ... et des grues Saras, apparemment l'attraction principale. Le parc semble très appréciée par la classe aisée, à en juger par le comportement et le fait qu'ils parlent anglais notamment à leurs enfants.

Je retrouve la famille de la veille pour discuter tranquillement sur les chaises qu'ils installent devant la maison, face au fort et ses douves. Vers 15h, ils insistent sur le fait qu'il est temps que je rentre chez moi. Et ils ont raison comme il me faudra 7h30 pour arriver chez moi (pourtant à 200km), entre le bus pris dans les bouchons et le trajet jusqu'à ma banlieue lointaine. Mais tout ça en vaut le coup :)
MY Myrms ·
WE du Nouvel An - Ajmer et Pushkar

Au programme de ce week-end une "étude comparative" de 2 lieux-saints importants (qui ont la bonne idée de se trouver à 10 km l'un de l'autre) : Pushkar et son lac sacré pour les hindous, et Ajmer où se trouve le mausolée du fondateur de l'ordre soufi le plus important pour les musulmans d'Asie du Sud.

Aller en train "Shatabdi", la catégorie supérieure censée être plus confortable et surtout plus rapide (avec priorité sur les autres trains en cas de retard de ce que j'ai compris) - 7h de trajet pour 400 km quand même ... Un peu fiévreux, je décide de m'installer à Pushkar pour plus de tranquillité. Je suis pour ma part très rapidement déçu par l'ambiance: beaucoup de harcèlement touristique (pour forcer des dons, déposer des fleurs sur le lac etc). Beaucoup de touristes également, notamment de style "hippies", avec le cortège de magasins / restaurants visant spécifiquement les étrangers. Beaucoup de tentative d'arnaque également, avec des prix pour manger jusqu'à 5 fois supérieurs au "vrai prix". Mais ils ne m'auront pas ! Même s'il s'agit de quelques dizaines de roupies, insister pour payer ce vrai prix est important par "respect" envers tous ceux qui essaient de gagner leur vie honnêtement, et pour éviter aussi que ce genre de pratique se propage. (Vivre dans le pays ça aide évidemment)

L'ambiance me rappelle donc Varanasi, qui avait été l'unique déception de mon 1er voyage en Inde.

Quelques temples intéressants dans la ville, même si l'intérieur reste fermé aux non-hindous. __

Au petit matin, retourner sur les bords du lac au moment des ablutions. Des groupes de villageois semblent être venus de loin pour cela. Heureusement que les femmes sont là pour porter tous les bagages ...

Bus pour Ajmer, en le prenant en passage. Approche du Dargah (mausolée) par une rue piétonne bondée. Changement radical d'ambiance!

Rapides contrôles à l'entrée (il y a eu un attentat en 2007), mais ils sont totalement débordés par la foule. L'ambiance d'un dargah soufi est très différente d'une mosquée classique: pas de séparation homme/femme, des chants (Qawalis) très beaux, et des offrandes en continu (fleurs, ficelles à accrocher sur le tombeau etc). Le résultat est que l'on s'éloigne beaucoup de la simplicité/pureté des pratiques "traditionnelles", et que ça laisse place à beaucoup de superstition (offrandes pour avoir les faveurs du saint, un peu comme les rites hindous). Aucun harcèlement touristique (ni quasiment aucun touriste). Je ressors pour visiter la ville, et y revenir en fin de journée.

Je prends un chicken biryani (riz au poulet cuit dans une grande marmite), l'incontournable de tous les quartiers musulmans en Inde.

Visite de la mosquée Dhai Din Ka Jhonpra, construite dans un style pré-moghol (comme le complexe du Qutb Minar). Le site est à présent plus un lieu de détente comme un parc, malgré l'intendant qui essaie de faire respecter l'appel à la prière en faisant sortir tout le monde. Rapide balade dans le quartier musulman alentour, on ne peut pas s'y tromper entre les habits bien différents, les mini-boucheries et les étendards musulmans sur les maisons. Il est en effet courant par ici d'afficher son appartenance politique / communautaire sur sa maison, et dans beaucoup d'endroits on alterne entre les croissants de lune musulmans et la fleur de lotus du BJP (nationalistes hindous au pouvoir).

J'entends des taxis collectifs partir pour Taragarh, autre dargah situé en haut de la montagne (que j'avais repéré grâce à Google Maps, un super guide de voyage!). Je monte dans un, et on m'explique le principe bien rodé: aller et retour avec une heure au sommet pour 150rs. L'ascension, et les murailles au sommet sont impressionnantes, dommage que le smog / brouillard d'hiver masque beaucoup la vue. Surprenante ambiance d'un petit village musulman perché sur montagne.

Certains sont même prêts à reproduire l'épopée moghole ! Ils ont dû être attirés par le haut-parleur au volume maximum répétant la publicité pour cette prise de photo. Ca gâche quelque peu le meilleur point de vue, mais je dois être le seul ici à penser ça, les Indiens ayant une tolérance au bruit impressionnante !

Je reviens donc au Dargah à la fin de journée. La foule est encore plus dense, les gens venant notamment pour les qawalis du soir (ceux en journée ayant tendance à avoir la voix un peu cassé, j'imagine qu'ils gardent les meilleurs pour le soir). Les chants sont vraiment captivants. J'imagine qu'il y a quelques années, prendre des photos en tant que touriste était interdit ou au moins mal vu (il est toujours écrit dans le dargah de Nizamuddin à Delhi que "Prendre des photos est interdit par la sharia"). Mais à présent, comme tout le monde prend des selfies / vidéos, c'est devenu totalement anodin, et je ne m'en prive donc pas ! En tout cas cette frénésie du selfie et du partage sur les réseaux sociaux semble être le facteur commun qui unit le plus l'humanité, plus que Hollywood ou le foot en tout cas (qui ici n'ont pas beaucoup d'emprise).

Ensuite, ce sont les distributions de nourriture (du riz biryani - what else?) à tous ceux qui en ont besoin. Les gens mangent par terre en rang bien ordonnés, les hommes d'abord, puis les femmes.

Après plusieurs heures passées ici, retour de nuit à Pushkar. Plusieurs bars de la ville ont les sonos à fond pour ce 31 décembre (j'avais presque oublié), surprenant pour une ville sainte ...

En tout cas vous l'aurez compris, je penche totalement en faveur d'Ajmer sur ce "duel" !

Par contre le 1er janvier fut à oublier entièrement, avec une fièvre reprenant et un retard de train de plus de 6 heures me forçant à rentrer en bus, soit 10h de trajet jusqu'à Delhi ...
AL Aleph240758 Veteran ·
bonsoir Vincent c'est sympa de nous raconter tes week-end en dehors des sites touristiques .Assister aux qawalis c'est super je suis allée une fois à Delhi et ça m'avait beaucoup impressionné, cette année j'espérais revivre ça à Gulbarga mais malheureusement je n'y étais pas le bon jour mais il y régnait tout de même une bonne ambiance. Au prochain week-end !! mon sac est déjà prêt🙂 merci mariejo
Qui a l'habitude de voyager sait qu'il vient toujours un moment où il faut partir... Paulo Coelho
MO Moushika Globetrotter ·
Bonjour,

j'avais lu tes " dix jours en solo bien intenses en Inde du Nord " ...et te revoilou .

Tes week-ends ont l'air bien intenses eux aussi , et déjà très intéressants .

C'est bien vrai qu'en Inde , des tas d'endroits peu ou pas connus sont très intéressants , et surtout peuvent être visités en toute tranquillité . Il faudra encore beaucoup de temps avant que le tourisme de masse n'envahisse tout . Quelle chance 😛 . ....
"La vie est un voyage qui se vit au présent ou jamais ...."
PH Philan Veteran ·
superbes carnets vincent, la suite vite...
MY Myrms ·
WE à Fatehpur Sikri

Pour ce week-end, visite d'un des classiques touristiques de l'Inde, et expérience donc bien différente des précédents week-ends.

Je reprends ce si pratique Yamuna Expressway Bus depuis ma banlieue pour rejoindre Agra. Je regarde le film de Bollywood diffusé sur une petite télé, comme les sonos à fond rendent difficile toute autre activité. Il est frappant de voir le contraste entre ces films où danses de filles assez légèrement vêtues et des scènes de drague se succèdent, avec le certain conservatisme et la distance entre les sexes que l'on observe au quotidien. Frappant aussi le contraste entre ces acteurs grands et à la peau toute claire, et l'immense majorité des Indiens, petits et à la peau bien plus foncée - à croire presque qu'il s'agit de 2 peuples différents ... Ce fameux idéal de la peau claire (pour les filles en particulier), que l'on retrouve dans quasiment toute l'Asie, et crée de nombreux complexes et stéréotypes, ainsi qu'un énorme marché pour les marques de cosmétiques ...

Arrivée à Agra, et visite "au passage" de l'intéressante vieille ville autour de la Jama Masjid. On retrouve les vieux immeubles à encorbellement et aux balcons soignés qui sont courant dans la région, bien mal entretenus.

Il semble que même en dehors des fameux monuments ou régions spécifiques comme le Shekhawati, il fut un temps où il était courant d'avoir une architecture civile soignée. A présent les constructions sont essentiellement des gigantesques centres commerciaux, des quartiers de briques construits anarchiquement ou des "society", en gros le rêve des classes moyennes et aisées qui ressemblent fortement à nos grands ensembles / cités de chez nous , mais avec des gardiens à l'entrée, piscine privée, salle de sport etc ...

Bus bien lent jusqu'à Fatehpur Sikri, qui me dépose juste à côté de l'entrée de la grande mosquée. Plus que partout où je suis passé à présent, c'est dans ce village que l'on ressent le plus le harcèlement touristique. Il est quasiment impossible d'avoir 2 minutes tranquilles dans la mosquée, entre les enfants demandant des stylos / pièces, les vendeurs et les propositions de "guides". Même les chanteurs de qawalis (puisqu'il y a un mausolée soufi dans la cour de la mosquée) passent leur temps à faire signe aux touristes de poser avec eux pour les photos, et ainsi récupérer des sous. Et leurs chants n'arrivent pas à la cheville de ceux d'Ajmer ...

En sortant mes quelques mots d'hindi, je finis par avoir une conversation désintéressée avec quelques vendeurs. Et j'ai le droit au récurrent discours schizophrène (ou hypocrite, ça doit dépendre des cas), consistant à critiquer des filles s'habillant "sans respect" alors que nos conversations "de mecs" ici arrivent très rapidement sur le sujet de la liberté sexuelle des occidentaux, qui les fait beaucoup fantasmer.

Avec la tombée du jour, la foule diminue et l'on peut enfin trouver du calme. Et apprécier la beauté de l'éclairage:



Diner de "street food", avec quelques tentatives d'arnaques près de la station de bus là où sont les hôtels, mais dès qu'on s'avance un peu dans la rue commerçante on retrouve des vendeurs gagnant honnêtement leur vie, en vendant des samosas à 5rs pièces. C'est en considérant à quel point il est difficile pour l'Indien moyen de gagner sa vie que l'on comprend à quel point il peut être dommageable de donner aux enfants qui mendient auprès des touristes ... et qui risquent de comprendre tardivement (ou jamais) l'intérêt d'étudier et de travailler dur. __

Retour à la mosquée au lever du jour, et profiter de la superbe lumière, et du site quasiment désert.

Les vendeurs et les enfants arrivent progressivement, mais me laissent tranquille au début (ils ne travaillent pas en dehors des horaires!). Si l'on n'est pas pressé, rester dormir ici est donc une très bonne solution pour profiter du lieu, chose quasiment impossible en journée.

Puis visite très intéressante du palais, à l'architecture vraiment unique.

Ensuite, je me dirige vers le curieux Hiran Minar et voir un petit bout de campagne.



Ce que la photo ne montre pas, c'est que pour arriver à cet endroit, en passant derrière la mosquée on tombe sur une grande décharge sauvage, servant aussi de toilettes publiques. On peut d'ailleurs voir (tôt le matin en tout cas) le curieux spectacle de ces hommes se baladant avec leur bouteille d'eau à la main (pas de papier toilette pour les Indiens) pour se chercher un coin tranquille.

Pour rester sur cette touche pleine de classe: quand j'ai fini par faire comprendre à un ado très insistant que je ne souhaitait pas sa visite guidée, il m'a tendu la main gauche que j'ai bêtement serrée. C'est un geste vraiment non naturel, et je pense qu'il s'agit surtout pour lui de se "venger" en transmettant ses impuretés (symboliquement voire au sens propre) - pour rappel si besoin, on s'essuie ici avec la main gauche, et le savon n'est pas vraiment courant. Une fois après avoir réalisé cela j'ai lavé plusieurs fois mes mains plein de dégoût ... Si l'on vous fait pareil, je vous conseille donc de ne pas répondre au geste !

En tout cas, ce fut une très belle visite malgré tous ces désagréments que peuvent créer l'affluence de touristes dans un petit village, grâce notamment au fait de rester dormir sur place.

Retour en bus bondé, à 3 passagers sur 2 sièges, à se sourire (à défaut de pouvoir communiquer) à chaque fois qu'un dos-d'âne particulièrement marqué nous fait décoller du siège.
SO Solene40 Globetrotter ·
Rhooo oui merci Vincent. Comment je me régale, moi qui suis tjs avide de découvrir de nouveaux lieux à explorer dans ce pays. L'accueil reçu dans un endroit est pour moi bien plus important que les monuments à y voir, ton post va donc devenir une référence pour moi et je vais le suivre avec beaucoup d’intérêt. Et puis le fait que tu vives dans le pays apporte bien sûr des éclairages bien différents du touriste de passage (dont je fais partie 🤪) Au plaisir de lire la suite Christelle
Le monde est comme un miroir, si tu lui souris, il te sourit aussi!
MA Marien33 Veteran ·
Bonjour Vincent et bienvenue au club ! En voilà un carnet de voyage intéressant !!! Je suis très surpris de constater que notre différence de génération ne nous fait pas voir les choses différemment. En lisant certaines de vos remarques je crois retrouver ce que j'ai écrit moi-même ailleurs. et qui parfois a pu sembler exagéré ou choquant. Et oui, quand on vit en Inde, qu'on a du temps, qu'on côtoie différemment les gens, des fenêtres s'ouvrent sur la réalité de l'Inde. J'aime aussi beaucoup les photos. J'ai visité ces mêmes lieux et je me suis aussi fait les mêmes remarques. C'est rigolo... : j'ai adoré Ajmer où je suis retourné plusieurs fois, ainsi que Bharatpur, Deeg que j'avais adoré pour sa tranquillité, le parc ornithologique, Fathepur Sikri etc etc... Je me retrouve aussi dans vos remarques concernant les méfaits du tourisme et les conversations des mecs qui arrivent très vite à la sexualité et qui dévoilent leurs immenses frustrations... Ainsi que le double discours sur la question... A bientôt
Je rencontrai sur mon chemin tant de difficultés Qu’elles furent toutes surmontées MIRZA GHALIB poète urdu (1796 -1869) https://www.telling-india-pictures.com https://youpic.com/marien
MA Marien33 Veteran ·
Il est également appréciable de voir les beaux saris des campagnardes, qui arrivent malgré le travail des champs à être bien plus élégantes qu'une grande partie de la classe moyenne urbaine que je vois au quotidien, qui a cédé à la tenue pull-jean-basket.

Oui, bien sûr je suis d'accord. Mais les crinolines aussi c'était très beau... J'espère que vous admettrez quand même que le sari n'est pas la tenue la plus adaptée à la vie moderne et que c'est bien plus pratique pour une fille de nos jours de porter jean's et baskett. En plus, ici, chez moi, au Kérala j'ai noté que le port systématique et revendiqué, voire obligatoire, du sari est associé à une sorte de non pas respect de la culture et des traditions, mais une certaine étroitesse d'esprit, un refus de l'évolution des moeurs entre autres, un certain esprit "réac ". Et la domination du mâle qui, lui, s'autorise à se vêtir à l'occidentale sans que ça dérange qui que ce soit. J'adore les femmes en sari, c'est sûr, mais je me réjouis chaque fois que je croise une minette qui brave l'interdit et le qu'en dira-t-on en se baladant en jean's, en short, bermuda ou minijupe. Je ne sais pas si vous ou d'autres lecteurs comprennez ce que je veux exprimer par là. Mais j'ai fait aussi une constatation. Il m'est arrivé assez souvent de voir des indiennes ainsi vêtues mais qui avec leurs trais, leurs cheveux, leur physique semblaient aussi déguisées que les françaises qui veulent porter le sari. Quand on est une grande, blonde, très blanche, fine comme une liane... et qu'en plus on ne sait pas le draper ni marcher avec...
Je rencontrai sur mon chemin tant de difficultés Qu’elles furent toutes surmontées MIRZA GHALIB poète urdu (1796 -1869) https://www.telling-india-pictures.com https://youpic.com/marien
MA Marien33 Veteran ·
Il est frappant de voir le contraste entre ces films où danses de filles assez légèrement vêtues et des scènes de drague se succèdent, avec le certain conservatisme et la distance entre les sexes que l'on observe au quotidien.

Sans compter ceux qui se roulent d'énormes pelles sur les affiches... quand il est inadmissible de se tenir par la main dans la vie réelle.

Frappant aussi le contraste entre ces acteurs grands et à la peau toute claire, et l'immense majorité des Indiens, petits et à la peau bien plus foncée - à croire presque qu'il s'agit de 2 peuples différents...

Mais ce sont deux peuples et surtout DEUX MONDES différents.

nos conversations "de mecs" ici arrivent très rapidement sur le sujet de la liberté sexuelle des occidentaux, qui les fait beaucoup fantasmer.

Nos femmes sont toutes des Messaline et nous Messieurs des ...étalons... qui avons le privilège de bien savoir faire l'amour... Un jour, tu verras, si tu arrives à pousser le bouchon un peu plus loin, on te demandera des conseils et tu tomberas des nues en entendant les trucs aberrants qu'ils vont te sortir...
Je rencontrai sur mon chemin tant de difficultés Qu’elles furent toutes surmontées MIRZA GHALIB poète urdu (1796 -1869) https://www.telling-india-pictures.com https://youpic.com/marien
MY Myrms ·
Bonjour Vincent et bienvenue au club !

Bonjour Jean-Marie, j'ai vu aussi vu ta discussion très intéressante - les lecteurs de Voyageforum intéressés par l'Inde auront de quoi lire 😇

A tous, merci pour ces petits commentaires, voilà de quoi me donner une raison supplémentaire de continuer mes excursions 😛
MY Myrms ·
Oui, bien sûr je suis d'accord. Mais les crinolines aussi c'était très beau...

J'ai dû chercher sur internet ce qu'est une crinoline - c'est dire si nos habits traditionnels à nous sont bien lointains - sûrement une question de "différence de génération" comme tu le mentionnais!

En plus, ici, chez moi, au Kérala j'ai noté que le port systématique et revendiqué, voire obligatoire, du sari est associé à une sorte de non pas respect de la culture et des traditions, mais une certaine étroitesse d'esprit, un refus de l'évolution des moeurs entre autres, un certain esprit "réac ". Et la domination du mâle qui, lui, s'autorise à se vêtir à l'occidentale sans que ça dérange qui que ce soit.

Je n'avais jamais interprété le fait que l'homme puisse s'habiller à l'occidentale et non la femme, à une relation de domination - intéressant comme perspective. C'est vrai que dans un bon nombre de cultures on exige des femmes qu'elles respectent beaucoup de traditions (vestimentaire ou aussi en termes de comportement, de mœurs ...), exigence souvent mois forte pour les garçons. Et les attentes au niveau de l'apparence physique sont généralement plus élevées envers les femmes que les garçons dans quasiment toutes les cultures - exception éventuellement faite pour celles de la communauté musulmane qui portent le voile intégral, assez répandu par ici.

J'adore les femmes en sari, c'est sûr, mais je me réjouis chaque fois que je croise une minette qui brave l'interdit et le qu'en dira-t-on en se baladant en jean's, en short, bermuda ou minijupe. Je ne sais pas si vous ou d'autres lecteurs comprennez ce que je veux exprimer par là.

Je vois bien ce que tu veux dire, même si dans le Nord (en hiver en tout cas, mais je doute que l'été soit très différent), ça n'ira pas plus loin que le jean en terme de "transgression". Après il ne faut pas non plus braver le danger en bravant trop l'interdit - mais ça j'imagine que les filles des environs de New Delhi en sont pleinement conscientes ...
MY Myrms ·
Meerut

Après un weekend très touristique comme à Fatehpur Sikri, j'ai tenté la sortie totale des sentiers battus (du tout terrain même 😛) en me rendant à Meerut, ville de 1.3 millions d'habitants au nord-est de Delhi.

J'avais auparavant fait un repérage rapide sur Google Maps et internet. Il est d'ailleurs frappant à quel point il faut se méfier de ce qu'on trouve sur internet en Inde. Il existe en effet une grande quantité de sites de voyage ou de sites tenus par l'administration locale n'hésitant pas à se décrire comme "the next major tourism destination in India" ou autres commentaires élogieux, en utilisant même parfois des fausses photos !

Comme on pouvait s'y attendre, il n'y avait rien de bien marquant, à part la vie locale qui se déroule tranquillement au milieu des klaxons et de la foule. Petite remarque sur l'urbanisation en Inde: la densité de population ne sent pas particulièrement au niveau du bâti, c'est à dire qu'il y a peu de bâtiments de hauteur (rarement plus de deux étages en dehors de New Delhi) et les villes ne sont pas si étendues que ça. En revanche, la densité à l'intérieur de ces habitations semble très élevées, avec plusieurs générations sous un même toit, voire dans la même pièce. Cela s'applique aussi aux campagnes : les habitations étant toutes regroupées en villages très denses, on ne ressent pas du tout une omniprésence de constructions humaines - alors que les plaines du nord sont l'une des régions les peuplées du monde.

En se baladant au petit matin, il est néanmoins intéressant de voir se dérouler l'industrie laitière urbaine - toutes ces vaches que l'on croise en ville ont bien une utilité! Après avoir laissé ses vaches vadrouiller la journée pour manger tout ce qu'elles trouvent parmi les tas d'ordures, le berger (en tout cas celui qui s'occupe d'elle, je ne sais pas si elles lui appartiennent) les rassemble, et effectue la traite, dans une baraque en brique ou à même la rue. On voit ensuite les commerçants et les habitants du quartier aller chercher leur approvisionnement avec des petits bidons métalliques dédiés. En combinant recyclage des ordures, approvisionnements de très forte proximité et contenants réutilisables, cette industrie laitière est donc à la pointe en terme écologique ! Et visiblement l'alimentation "douteuse" des vaches n'affecte en rien le goût du lait, en tout cas cela ne se sent pas dans leur chay (thé au lait).

Ici plus qu'ailleurs, on devine un clivage communautaire très marqué, notamment entre les différents quartiers affichant ostensiblement leur appartenance politico-communautaire, le lotus du BJP contre le croissant de lune musulman comme je le racontais précédemment. C'est que l'Uttar Pradesh (UP, "Youpi" comme on dit ici) et ses 200 millions d'habitants, concentre une grande partie des récents épisodes de violences communautaires, et en particulier dans cette région du Western UP où les musulmans représentent près d'un tiers de la population, chiffre abondamment commenté par le BJP et ses sympatisants critiquant notamment leur taux de natalité bien plus haut que la moyenne. Néanmoins, on peut cependant remarquer avec soulagement qu'il n'existe pas ici de petite délinquance (tags, vandalisme ...) visant à détériorer les sites de l'autre religion, alors qu'il existe une multitude de minuscules temples hindous ou tombe musulmane à portée de main, ni de tensions perceptibles dans la vie quotidienne. Par contre quand ça explose, la violence va très loin - mais ça je n'en ai pas été témoin.

Pour en revenir à la visite, on y voit notamment des vestiges historiques des 2 précédents occupants: Le mausolée moghol de Shahpeer, construit selon le style habituel, mais avec la particularité d'avoir le toit ouvert.

Et plus récent, la "Clock Tower" construite par les britanniques à l'une des entrées de la vieille ville.

Le reste de la ville étant sans grand intérêt, et les habitants pas particulièrement accueillants, je repars rapidement pour Delhi.

Sur le très lent retour en bus, j'assiste à l'industrie d'un autre ingrédient de base pour le thé indien: le sucre. Les grandes canne à sucre sont acheminées jusqu'aux usines le long de la route par camions mais aussi par charrettes à buffle pour les paysans moins privilégiés. J'ai malheureusement raté la photo d'une longue file d'attende de charrettes remplies de cannes, attendant à l'entrée de l'usine pour vendre la récolte.

Puis à l'approche de Delhi par le nord est, on passe à travers des petits bidonvilles et surtout d'immenses quartiers auto-construits en briques, paysage urbain que je n'ai pas l'habitude de voir - le sud de la région de Delhi étant globalement bien plus riche, et plus planifié avec ses villes satellites comme Gurgaon, Noida ou ma charmante ville de Greater Noida.
CH Chris70 Regular ·
Deux idées de week end un peu plus loin, mais pas tant que cela, Narnaul en Haryana et des belles tombes, Alwar avec palais decati mais joli et un musée intéressant, cenotaphe, beau plan d'eau avec ghats et une vieille ville dans son jus. Sympa et pas touristique, je me demande toujours pourquoi. L'un et l'autre à 3 h 30 de Delhi

Christine
KE Kera Regular ·
Après avoir laissé ses vaches vadrouiller la journée pour manger tout ce qu'elles trouvent parmi les tas d'ordures, le berger (en tout cas celui qui s'occupe d'elle, je ne sais pas si elles lui appartiennent) les rassemble, et effectue la traite, dans une baraque en brique ou à même la rue. On voit ensuite les commerçants et les habitants du quartier aller chercher leur approvisionnement avec des petits bidons métalliques dédiés. En combinant recyclage des ordures, approvisionnements de très forte proximité et contenants réutilisables, cette industrie laitière est donc à la pointe en terme écologique !

BonjourVincent, Merci de nous faire participer une nouvelle fois à ta découverte de l'Inde.Je voulais juste ajouter que, d'après ce que j'ai compris, la vie de la vache malgré les apparences de liberté et de toute puissance (par exemple dans le trafic routier) n'est pas idyllique. En fait les vaches qui donnent du lait sont nourries et soignées matin et soir et ne mangent donc pas réellement n'importe quoi. Mais les vaches inutiles (vieilles, stériles, malades, moins productives, etc...), si on ne se permet pas de les tuer ou de les maltraiter ne sont pas nourries et meurent de faim, d'ingestion des déchets inassimilables qu'elles n'ont pas le choix de ne pas manger, ce qui explique qu'on en voit si souvent mortes le long des routes, le ventre gonflé par trop de sacs plastiques ou de morceaux d'argile , jusqu'à 25 kilos dans certains cas…Ce sont elles les éboueurs.J'attends avec impatience la suite des week-ends. Amicalement Christiane
MO Moushika Globetrotter ·
Bonjour,

J'ajoute a ces explications que les vaches que nous voyons dans les rues et appartiennent a quelqu'un ne sont qu'un aspect de l'industrie laitière. Ces vaches ont encore pas mal de liberté, plus en tout cas que les autres, celles qui se retrouvent dans les élevages industriels du même genre que ceux d'occident. Les vaches sacrées existent encore, mais toutes les vaches indiennes ne le sont plus. Dans les grands élevages, elles souffrent beaucoup, au point que des mouvements de défense animale font maintenant campagne pour elles.
"La vie est un voyage qui se vit au présent ou jamais ...."
VO Voileux Regular ·
BONJOUR et un grand merci pour vos recits ! nous sommes un couple de 74 ans mais actifs :j organise chaque annee des raids en catamaran de sport type Hobbie cat dans un magnifique parc marin / ANG THONG en Thailande 60 kms a l ouest de KOH SAMUI ON PART UNE SEMAINE pas d hotels on couche sous tente... ceci dit notre reve est de visiter le THAJ MAHAL .ON A PREVU une arrivee a DELHI vers le 27/28.12.2018. peux etre deux /TROIS nuits puis direction TAHJ MAHAL. pourquoi pas avec un bus ou un train voir meme un taxi si c est pas trop cher quoique.. retour vers 06.01 on n aime pas trop la foule (ah ANGKOR et ses nuees de touristes!) mais on s attend a ne pas etre seuls pour visiter notre objectif!! mal necessaire!! bien sur decouvrir la vie quotidienne , paysages monuments nous interresse merci pour votre reponse gerard
launaygerar@gmail.com
SA Sarina ·
Bonjour Moushika, Ah les vaches ! (je parle des quadrupèdes) : un poème en Inde, tout un symbole. Sans doute le meilleur symbole pour représenter l'Inde, à vrai dire. Historiquement labellisé puisque Gandhiji faisait de ce ruminant la mère universelle, qui donne son lait etc .. L'Inde, telle Cervantes, caracole au sommet de son mouvement brownien, altière et nonchalante, la merde sur et sous elle et le XXIème siècle lui sortant du trou du cul, cette ère de plastique nauséabond qui pollue tout, pollution désormais universelle, qui ne l'épargne pas (l'Inde). On observe parfois ces animaux avec un sac supermarché à moitié sorti du fondement et sans doute certaines en meurent elles, bien sur. Personnellement, je ne gouterais même pas le lait de telles vaches. Quant à la viande, il faut la chercher à la petite cuiller. Ce qu'on sait moins, c'est que la nuit, dans les grandes villes, des services viennent les ramasser et les emmènent au loin dans la campagne. Il y a aussi en Inde une industrie alimentaire à base de "vache" : on en mange. Souvent sans trop le savoir. De l'autre coté, on la laisse avancer en équilibre instable dans de nombreux lieux, sur les routes, où elles emmerdent tout le monde. L'Inde avance ... à la vitesse des vaches errantes. Comme l'éclair quoi. 😕
SA Sarina ·
Bonjour, A combien revient une telle semaine svp ? Note : vous avez sans doute 74 ans à tous les deux ! et vous mettez du vent dans les voiles, c'est sur.
VO Voileux Regular ·
750e
launaygerar@gmail.com
MO Moussokat Regular ·
C'est un vrai régal de te lire !!! J'attends la suite avec impatience!! 😉
katy
SA Sarina ·
Oui, c'est vrai. Moi aussi. A très bientôt sans doute.
LO Lotus34 ·
Mon expérience Inde du Nord. A Agra, visite du Taj Mahal, je me rend compte à la longue qu'en Inde, le touriste paie 30 fois plus cher ses entrées dans les lieux touristiques que les locaux. Je subis en plus un contrôle du sac, la femme gendarme enlève de mon sac à main un paquet de chewing-gum, de colère je l'ai rattrapé, ai ouvert chaque tablette de son papier rapidement en mettant ostensiblement tous les chewing-gum dans ma bouche. Elle n'a pas bronché, par contre j'ai gueulé et je passe encore sur d'autres faits......
PE Pebayle ·
bonsoir merci pour tes récits. ils font du bien là où règne le nuage de fumée, l arbre qui cache la forêt. ici c'est" panem et circenses" comme dans la fin de la Rome Antique....
le voyage le plus long est autour de soi même
SA Sarina ·
Ah ! l’arôme antique ... le parfum des roses ... prout, disait le poète. le poète poèt.
MI Michel46 Globetrotter ·
Bonjour, Merci du partage de ces magnifiques photos et récits très complets. La vie en Inde est particulière !!!! Bravo et bonne continuation.
a+ Michel T@ http://michel.talon.free.fr
MY Myrms ·
Bonjour à tous! Merci pour ces petits messages :) Pour les vaches, j'ai donné une vision "simplifiée" de mes observations de cette industrie laitière en ville - qui n'est pas représentative de l'ensemble. Celles que j'ai vues avaient plutôt l'air en forme, et en y repensant il est en effet probable qu'elles reçoivent une nourriture "normale" en complément des ordures (parce que ça mange énormément ces bêtes!).

Comme préambule, Le Monde vient de publier un article "En Inde, les monuments historiques menacés de disparition" (en édition abonné - et j'imagine que faire un copier-coller ici n'est pas autorisé ...). Niveau timing c'est très fort, comme s'ils lisaient dans mes pensées du moment ! En effet il est marquant (et triste) de voir la négligence avec laquelle sont traités les monuments en dehors du 1% les plus connus - négligence autant de la part du gouvernement que des habitants eux-mêmes. Ces derniers qui visiblement ne reconnaissent pas du tout la beauté des merveilles que leurs ancêtres ont pu construire. Et l'architecture des temples hindous modernes, qui à mes yeux est d'un mauvais goût certain, ne fait que renforcer cette impression que quelque chose de tragique est arrivé à ce peuple (quand, quoi, je ne sais pas!). Ce désintéressement est également confirmé par mes discussions avec mes collègues (donc classe moyenne éduquée et avec assez d'argent), qui ont pour la plupart visité nettement moins leur pays que moi en 2 mois.

L'article fait aussi le contraste de cet abandon des monuments, avec toute l'attention que reçoit le tigre à qui on dédie des grandes réserves etc. Mais on en est pas une "différence des priorités" près (par rapport à notre échelle des valeurs). Je pense notamment à : - l'indifférence à la misère humaine et aux inégalités, alors que les animaux reçoivent beaucoup de soins (les vaches bien sûr, avec de nombreuses "maisons de retraites" pour les vieilles, et même le "Ministère de la vache" dans l'état du Rajasthan - mais aussi les oiseaux qui sont souvent nourris, voire soignés comme dans le temple jaïn de Delhi) - Plus léger, on peut remarquer qu'un grand soin est porté aux jardins, alors que d'autres chose mériteraient davantage de soin (et que l'eau est précieuse ici). Par exemple dans ma résidence étudiante, les bâtiments sont en très mauvais état et surtout le sol est complètement défoncé, en particulier le terrain de volley-ball ce qui est assez dangereux pour jouer ... Par contre la pelouse et les plantes sont entretenues plusieurs fois par semaines.
OD Odrade ·
Super Vincent ! Merci beaucoup pour le partage. Qu'est-ce que ça me fait envie de repartir !!! S'il te plaît continue.

la biz Odrade
Odrade N'hésitez pas à venir voir mon site http://www.odrade.ch il y a même des carnets de voyage dessinés !
MY Myrms ·
WE du Republic Day (26 janvier) - 3 jours dans le Nord du Rajasthan

Trajet en train de nuit pour Bikaner, en classe Sleeper (classe "populaire"). Encore une fois, on sent bien le peu de respect pour les oreilles d'autrui (et donc leur sommeil), avec des discussions bien fortes qui traînent jusqu'à minuit passé, et ceux qui sortent / entrent dans les arrêts au milieu de la nuit font également beaucoup de bruit. L'inconfort ne vient donc pas du train (en tout cas en hiver), mais bien des Indiens eux-mêmes. Cette remarque s'appliquant aussi à la vie en ville : klaxons, conduite selon la "loi du plus fort", bousculades dans le métro, déchets ...

Rapide tour dans la vieille ville, puis visite du Junagarh Palace avec audioguide - ce dernier n'apportant pas vraiment grand chose, en dehors de faire les louanges de la famille de Maharajas qui a construit le château. Très beau fort, même si la fatigue d'une mauvaise nuit empêche de profiter pleinement.

A la sortie je me repose un peu, en regardant un aigle s'amusant à effrayer les pigeons:

Bus pour Fatehpur, à travers une région désertique mais sans charme: de la rocaille plate parsemée d'arbres. Désertique, mais peuplée quand même, on se demande de quoi vivent les gens ici (j'imagine que avec la mousson ça devient cultivable, mais ce n'est que temporaire). Pour certains, la (sur)vie passe par la vente de bouteilles d'eau / snacks dans le bus à chaque arrêt dans une ville - très pratique pour les passagers, moins pour eux qui doivent ressortir vite quand le bus démarre.

Arrivée de nuit à Fatehpur, je m'installe dans un hôtel à 500rs très bien, c'est fou l'écart de qualité que l'on peut trouver entre différents hôtels à ce même prix de base. Je me fait "inviter au mariage" du gars de la réception ... qui est dans 2 ans! Ici ils aiment bien envoyer des invitations en l'air.

Je commence donc ma visite du Shekhawati, connu pour ses havelis (riches maisons, parfois presque des palais) peintes, construites par des marchands qui s'y sont enrichis à l'époque des caravanes, et qui ont pour beaucoup abandonné ces maisons pour partir dans les grandes villes lorsque les chemins de fer britanniques ont cassé tout le business.

Balade très intéressante, à découvrir ces très belles demeures en flânant dans la rue. Ici encore plus qu'ailleurs, la sensation d'abandon et de gloire passée se fait sentir.

Je découvre quelques havelis en très bon état (probablement restaurées) qui furent parmi mes préférées de la région - "les premiers amours étant toujours les meilleurs".



Je visite une de celles ouvertes aux touristes, au prix (exagéré) de 100rs. Mais la visite en vaut le coup.

Elle est habitée par une famille de 5 personnes, dont je n'ai vu que la grand-mère qui encadrait ma visite. Au bout de 20 minutes elle me dit qu'il faut que je m'en aille, alors que j'aime rester à contempler longuement. J'essaie de lui faire comprendre en hindi qu'au prix où c'est payé, j'espère bien pouvoir rester longtemps mais la discussion s'échauffe (ils montent très vite le ton ici) et je pars. Dommage ...

Bus pour Mandawa, la plus touristique des villes de la région avec un grand nombre de havelis transformées en hôtel. Impression très différente de ce à quoi je m'attendais: très peu de touristes finalement, et havelis dans un vraiment moins bon état qu'à Fatehpur. Dans une de celles restaurée en hôtel / restaurant, on peut trouver des peintures étonnantes de "légèreté" - je ne sais pas si fidèle à celle d'origine!

Beaucoup de propositions de guide, qui sont tenaces comme il n'y vraiment pas beaucoup de visiteurs. Je repars assez vite pour Nawalgarh. Les liaisons en bus sont très efficaces ici, la campagne étant densément peuplée et visiblement moins motorisée que dans d'autres régions. Après avoir traversée la ville à pied, je m'installe au Ramesh Jangid's Tourist Pension, chaudement recommandé par le Routard (assez excentré quand même). Etant donc dans l'hébergement le plus recommandé de la ville la plus recommandée dans la région et en haute saison, je m'attendais donc à me retrouver entres touristes (Français au moins). Loin de là, je suis le seul hôte de la soirée - ils m'expliquent plus tard qu'il y a une forte baisse du nombre de visiteurs dans la région depuis quelques années (ce qui accroît encore ce sentiment d'abandon!). C'est triste pour eux, et surprenant vu la beauté du coin ... Balade très agréable en fin de journée dans la vieille ville, aucun harcèlement tranquille et sympa de voir la vie quotidienne se dérouler tranquillement (moins de klaxons également!).

Réveil matinal pour une très longue journée. Je profite pour commencer de la tranquillité et de la belle lumière du matin au milieu des Aath (8) havelis, dont on ne peut voir que l'extérieur.

Puis visite de la Uattara Murarka haveli juste à côté et vraiment très belle (ma préférée de celles visitées).

Le gardien, que j'avais évité jusqu'à présent pour éviter une prestation de "guide" en supplément, s'avère très sympa et c'est avec lui que j'ai à ce jour eu ma meilleure conversation en hindi, tranquillement installé sur une chaise au milieu de la magnifique cour principale. Cela fait vraiment plaisir de tomber sur quelqu'un ayant la patience de parler lentement et clairement - l'essentiel des Indiens ne faisant globalement aucun effort pour parler d'une façon à ce qu'un étranger puisse les comprendre ... Comme très souvent, il me demande mon salaire. J'ai beau le réduire à un cinquième du vrai montant (sinon le malaise est trop grand ...), cela reste 9 fois supérieur à ce qu'il gagne ... D'ailleurs, le seul fait de travailler dans une grande entreprise fait ici beaucoup d'envieux, puisque cela implique bénéficier d'un contrat de travail, ce à quoi seul 6-7% de la population en âge de travailler a droit - tout le reste étant dans le "unorganized sector" i.e toute entreprise en dessous de 20 salariés et surtout des auto-entrepreneurs. En fait, il existe un droit du travail indien qui est très protecteur, auquel doivent se plier les entreprises étrangères comme la mienne, mais il ne s'applique donc qu'à une infime minorité de la population. Avec évidemment un effet de seuil, et une multitude de combines (sous-traitance ...) pour rester sous ce seuil.

Entre la visite et la discussion, ce sont plus de 2 heures passées ici. Je continue donc rapidement la visite de la ville avant de prendre un bus pour Jhunjhunu, la grande ville du coin.

J'y prends un auto-rickshaw pour me rendre au Khetri Mahal, qui aurait été la source d'inspiration pour le Palais des Vents de Jaipur. Après un dédale de micro-ruelles, je dois demander mon chemin : l'entrée du palais se fait en fait par ... une résidence étudiante, qui s'est installée dans la cour du Palais, ce dernier étant pour eux comme une "annexe" de luxe (cf le préambule de mon message précédent ...).

J'ai à peine le temps de réaliser ma surprise que le groupe de jeunes qui justement étaient dans le palais, se mettent à pousser des cris et me disent de monter. Enchaînement de serrage de mains, et discussions dans un mélange confus d'hindi et d'anglais, puis en anglais uniquement avec les 2 parlant le mieux (même pour des étudiants, l'anglais n'est vraiment pas si courant). Moment très sympa, au détriment de la visite en elle-même (le palais étant assez vide de toute façon) ! Superbes vues du haut du palais, depuis lequel ces messieurs épient les filles du quartier sur les toits de leur maisons - qui sont un lieu de vie "privée" tout en étant à portée du regard. Ils connaissent donc toutes les maisons où vivent des filles de leur âge 😛 Puis je suis invité à prendre le thé dans une des chambres. Ils font tous des études pour devenir enseignant public.

Apparemment les concours sont très difficiles en raison du nombre de candidats. On pourrait donc s'attendre à ce que, puisque la sélection est rude, les enseignants soient de qualité - mais cela est apparemment très loin d'être le cas. Faute de moyen du gouvernement disent mes collègues, même si je pense que le je-m'en-foutisme très répandu chez les Indiens dès qu'ils sont "planqués" derrière un bureau (et encore plus quand ils sont fonctionnaires avec sécurité de l'emploi) a aussi sa part de responsabilité.

Aux-revoirs, puis je me balade un peu dans les ruelles de la vieille ville, visiblement quasi exclusivement musulmane. Ambiance très moyen-orientale, on se croirait à s'y méprendre au Pakistan. Comme dans le reste du Shekhawati la communauté musulmane semble très conservatrice, avec une majorité de voiles intégrales pour les femmes (plus qu'ailleurs).

Je m'étais d'ailleurs précédemment risqué à demander ce qui expliquait cette forte présence musulmane dans cette région proche du Pakistan, mais la seule réponse fut que "c'est partout en Inde comme ils font trop d'enfants". Sujet sensible évidemment, et familier ... Mon hypothèse personnelle (je n'ai rien trouvé sur Google) est que les relations inter-communautaires au moment de la partition étaient paisibles ici, et qu'il n'y donc pas eu de migration massive - contrairement au Pundjab (et l'Haryana, qui en faisait partie) eux aussi voisins, où les violences des 2 côtés ont été extrêmes et où il n'y a quasiment plus aucune présence musulmane côté indien (l'inverse étant vrai peu importe la région).

En mettant "de côté" ce que l'on peut penser du droit des femmes et de la religion, c'est en tout cas ici que j'ai le plus senti l'hospitalité chez les habitants, me faisant encore invité à prendre le thé dans un magasin, plus des discussions rapides avec des commerçants, tout ça en moins d'une heure. Une hospitalité qui est quand même loin d'être généralisable à tous les endroits non touristiques - la plupart du temps les gens sont indifférents, ou juste à regarder fixement.

Je me fais même reconduire en moto jusqu'à la gare routière, le monsieur insistant ensuite pour payer ma bouteille d'eau ! Puis c'est l'inévitable très long retour en bus jusqu'à mon chez moi, en tout près 9 heures de trajet!
MO Moussokat Regular ·
Bonsoir Vincent! Il me semble que dans le Sud de l'Inde, les temples sont bien mieux préservés .Ils sont d'ailleurs tellement plus beaux que dans le Nord, ( surtout au Tamil Nadu) mais ça n'engage que moi! Bien à toi et encore merci pour tes récits ! Katy
katy
FA FabGreg Globetrotter ·
C'est exact. Hormis quelques exceptions (dont les célèbres temples de Khajuraho qui étaient à l'écart et étaient sortis de la mémoire), il y a peu de temples hindous historique de très belle qualité architecturale.

En Inde du Nord, les temples hindous ont subi : - d'abord les razzias des pillards venant d'Afghanistan, - puis la frénésie éradicatrice de certains souverains musulmans (cf. Aurangzeb).

Plus éloigné des invasions des conquérants musulmans, le Sud a moins subi ces effets et ses temples ont donc mieux traversé le temps.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
KE Kera Regular ·
Bonjour Fabrice,

Je ne sais pas si vous classez les temples jaïns du Rajasthan (seule région où je suis allée quelques jours) dans les temples Indouistes mais ils sont pour moi la merveille absolue, méritant à eux seuls un voyage en Inde. Et me semble-t-il bien entretenus (par la riche communauté jaïn ?). Je joins quelques photos de Ranakpur (le plus spectaculaire, mais tant d'autres magnifiques à Jaisalmer ou au Mont Abu) de mon smartphone bas de gamme.

Cordialement Christiane Kera
MA Marien33 Veteran ·
Petite remarque sur l'urbanisation en Inde: la densité de population ne sent pas particulièrement au niveau du bâti, c'est à dire qu'il y a peu de bâtiments de hauteur (rarement plus de deux étages en dehors de New Delhi) et les villes ne sont pas si étendues que ça. En revanche, la densité à l'intérieur de ces habitations semble très élevées, avec plusieurs générations sous un même toit, voire dans la même pièce. Cela s'applique aussi aux campagnes : les habitations étant toutes regroupées en villages très denses, on ne ressent pas du tout une omniprésence de constructions humaines - alors que les plaines du nord sont l'une des régions les peuplées du monde.

Encore une différence entre nord et sud ou tout sumplement entre Etats. Ici, au Kérala, et particulièrement sur la côte Malabar, je ne compte plus les résidences de 15 ou 20 étages. Il y en a partout, partout, partout. Même parfois en pleine campagne ce qui me fait me demander : mai à qui vont-ils vendre ou louer ces appartements ? D'ailleurs tous ces grands buidings hyper modernes avec 4 ou 5 ascenseurs, salles de sport, piscines sur le toit sont aux trois quarts vides et inoccupées. cela dit il y a aussi de très nombreux immeubles style HLM "cages à poules " ou à lapins... qui sont habités et bourrés de gens... Par ailleurs je remarque dans tes autres posts que tu découvres les bonheurs de l'Inde sous son vrai visage... merci à toi de contribuer à démythifier et démystifier l'Inde... Car ce que tu racontes, en dépit des différences entre Etats, que j'ai notées plus haut, confirme par ailleurs qu'il y a beaucoup de facteurs communs à toute l'Inde et tes observations rejoignent ce que j'ai décrit moi-même ailleurs... Alors il reste deux alternatives : soit on s'y habitue et on fait avec, soit on fait une overdose et on rentre chez soi...
Je rencontrai sur mon chemin tant de difficultés Qu’elles furent toutes surmontées MIRZA GHALIB poète urdu (1796 -1869) https://www.telling-india-pictures.com https://youpic.com/marien
PA Pagaljavab Globetrotter ·
Bonjour Vincent et merci pour tes récits, riches

Comme pour ceux de Marien, il y a aurait tant à un dire. On pourrait répondre un livre sur chaque ligne écrite... qui mènerait à un autre, etc...

Je m'étais d'ailleurs précédemment risqué à demander ce qui expliquait cette forte présence musulmane dans cette région proche du Pakistan, mais la seule réponse fut que "c'est partout en Inde comme ils font trop d'enfants". Sujet sensible évidemment, et familier...

Je pense que la proximité du Rajasthan avec le Pakistan n'a que peu d'impact. C'est une région largement hindoue. La communauté musulmane y est inférieure à la moyenne nationale. Cela dit j'ai observé la même chose que toi dans le Shekhawati, mais il m'a semblé que c'était un phénomène ultra-local. Pour la réponse que les hindous te donnent, c'est celle qu'on entend presque partout en Inde: pas d'autres valeurs à cette réponse que celle du cliché et de la tension communautariste qui règne souvent dans le pays...

Mon hypothèse personnelle (je n'ai rien trouvé sur Google) est que les relations inter-communautaires au moment de la partition étaient paisibles ici, et qu'il n'y donc pas eu de migration massive - contrairement au Pundjab (et l'Haryana, qui en faisait partie) eux aussi voisins, où les violences des 2 côtés ont été extrêmes et où il n'y a quasiment plus aucune présence musulmane côté indien (l'inverse étant vrai peu importe la région).

Je pense que ton hypothèse est juste. J'en pense la même chose. J'ajouterai que dans le système de caste indien (et je parle de caste au sens large), plus des communautés différentes sont en inter-relations (et entretiennent même de bonnes relations), plus elles marquent leurs différences par des signes communautaires ostentatoires. Marien te confirmerait cela avec l'exemple des brahmanes du Kerala. Mais ce serait valable pour tant de situations en Inde, et peut-être ailleurs.
ZE Zeprof Veteran ·
Un beau carnet ! Merci pour ce partage généreux .... isa
MY Myrms ·
Encore une différence entre nord et sud ou tout sumplement entre Etats. Ici, au Kérala, et particulièrement sur la côte Malabar, je ne compte plus les résidences de 15 ou 20 étages. Il y en a partout, partout, partout. Même parfois en pleine campagne ce qui me fait me demander : mai à qui vont-ils vendre ou louer ces appartements ? D'ailleurs tous ces grands buidings hyper modernes avec 4 ou 5 ascenseurs, salles de sport, piscines sur le toit sont aux trois quarts vides et inoccupées. cela dit il y a aussi de très nombreux immeubles style HLM "cages à poules " ou à lapins... qui sont habités et bourrés de gens...

Effectivement mon commentaire sur les immeubles bas et surpeuplés concerne des zones avec un retard de développement - ce qui dans le Nord arrive assez vite dès qu'on s'éloigne de Delhi, notamment en Uttar Pradesh. L'acronyme BIMARU (Bihar, Madhya Pradesh, Rajasthan et UP, ça sonne comme le mot "malade" en hindi) avait même était inventé pour décrire le retard de développement de ces régions voisines de Delhi. L'urbanisation "à la chinoise" (avec des quartiers de grands ensembles) arrive progressivement, avec comme tu le notes des immeubles de haut standing inoccupés. Il y en a justement plein vers chez moi (Noida / Greater Noida) - certains dont la construction a même été arrêtée en plein cours, les promoteurs immobiliers doivent se rendre compte qu'ils y vont un peu trop vite.

Au niveau du Nord et du Sud, nous racontons chacun des régions bien différentes (et proches en même temps 🤪 . Je suis tombé récemment sur un article Facebook (peut-être pas le meilleur forum en termes de réflexion mais représentatif de ce que pense une grande partie des gens) au sujet du manque de respect généralisé des gens du Nord sur les plages de Goa, et les nombreux commentaires virulents montraient clairement une opposition entre ces 2 régions. Comme quoi l'harmonie entre communautés est mise à rude épreuve en ce moment, et à plusieurs échelles.

Au sujet de la beauté des temples hindous, mon commentaire portait sur les constructions de temples modernes (nombreux dans le pays) : comment peut-on construire des monuments avec si peu de goût (à mon goût personnel en tout cas, je reviens notamment d'une brève visites des temples de Chhattarpur au sud de Delhi ...) en étant héritiers d'un riche patrimoine qu'on laisse tomber en ruine ? Je n'ai pas vu ces temples jaïns mais j'imagine que oui le bon entretien se fait grâce à l'entretien particulier par cette communauté. Nos constructions modernes à nous ne sont pas toujours très belles, mais au moins on entretient bien notre patrimoine 🙂

Pagaljavab, oui ma question portait sur la forte présence musulmane au Shekhawati en particulier, par opposition au reste du Rajasthan et au Punjab. A force de trainer sur Wikipedia, on finit par connaitre la part de chaque communauté dans chaque état et même district ou ville du pays, comme c'est mentionné quasiment à chaque fois ^^.

P.S. ça fait plaisir de retrouver dans cette discussion un certain nombre de noms familiers 😎
TH TheBigSnail Regular ·
Juste une parenthèse, la forte natalité des musulmans en Inde n'est pas tout à fait un cliché, même si elle est largement exagérée par les hindous, notamment en raison des tensions.

Une projection du PEW research center pour 2050 donnait :

Musulmans : 311M (+76% par rapport à 2010) Hindous : 1.3Md (+33%) Chrétiens : 37M (+18%) Autres : 46M (+5%)
Http://thebigsnail.com
LO Lotus34 ·
Je n'ai pas forcément envie de donner de suite.... Cdt
MO Moussokat Regular ·
????
katy
PA Pagaljavab Globetrotter ·
Juste une parenthèse, la forte natalité des musulmans en Inde n'est pas tout à fait un cliché, même si elle est largement exagérée par les hindous, notamment en raison des tensions.

Oui, c'est vrai, c'est un fait démographique. Ce qui est inquiétant, c'est que cela sert d'argument à beaucoup d'hindous pour des finalités douteuses.
FA FabGreg Globetrotter ·
Bonjour Christiane,

Je ne sais pas si vous classez les temples jaïns du Rajasthan (seule région où je suis allée quelques jours) dans les temples Indouistes mais ils sont pour moi la merveille absolue, méritant à eux seuls un voyage en Inde. Et me semble-t-il bien entretenus (par la riche communauté jaïn ?). Je joins quelques photos de Ranakpur (le plus spectaculaire, mais tant d'autres magnifiques à Jaisalmer ou au Mont Abu) de mon smartphone bas de gamme.

Comme vous l'indiquez, il s'agit de temples jaïns, et donc pas hindous.

En effet, ces temples sont superbes, tout particulièrement le grand temple à Ranakpur, le plus beau beau temple jaïn qu'il m'ait été donné de voir. On ne sait où laisser poser le regard. Interdit de photographies intérieures lors de mon passage en avril 2012.

Comme les temples hindous, nombre de temples jaïns ont subi les pillages et destructions des conquérants musulmans. Ceux que nous visitons ont généralement été reconstruits et/ou restaurés. Ainsi ceux de Dilwara (Mont Abu) en 1906. Ou postérieurs aux razzias musulmanes des premiers temps.

La communauté jaïn est souvent fortunée, ce qui explique la qualité de l'architecture et les restaurations entreprises.

Parmi les autres temples jaïns visités, j'ai beaucoup apprécié ceux de Palitana (reconstruits après leur destruction en 1311) et de Girnar Hill au Gujarat.

Dans un genre très différent, j'ai adoré la finesse des fresques du temple troglodyte Jaïn de Sittanavasam / Sittannavasal (cf. http://en.wikipedia.org/wiki/Sittanavasal_Cave) au Tamil Nadu.

Mais cela fait un peu loin pour un week-end depuis Delhi 😉.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
KE Kera Regular ·
Bonjour,

Interdit de photographies intérieures lors de mon passage en avril 2012

En novembre 2017, je n'ai pas remarqué d'interdiction de photographier à Ranakpur, sauf le sanctuaire, ce dont ne se privaient pas les touristes occidentaux ou indiens. A Jaisalmer également dans les temples ouverts, où les prêtres étaient pourtant présents en nombre, sauf toujours l'autel où se donnent les offrandes. Il est vrai que le respect aurait peut-être dû m’empêcher de photographier ce qui est avant tout un lieu de culte... Et que dans d'autres temples indiens (jaïns, vishnouistes, shivaïstes...) , c'était fermement rappelé à l'entrée et respecté à l'intérieur.
MY Myrms ·
WE à Lucknow Pour ce week-end, direction Lucknow, capitale de l'Uttar Pradesh et ancienne capitale des Nawabs de l'Awadh, une dynastie shiite ayant succédé aux Moghols dans la région. Trajet de nuit en sleeper sans soucis pour une arrivée au petit matin. La gare héritée des Britanniques est assez belle, dans un style de fusion avec l'art local. Pour rejoindre le centre historique, je monte dans un tempo, un de ses taxis collectifs circulant sur tous les grands axes, très pratiques. Je commence donc ma visite du quartier historique de Hussainabad, qui regroupe tous les monuments principaux. Je découvre avec plaisir que le quartier est très bien aménagé, avec une grande promenade piétonne reliant les différents sites, ce qui rend la marche très agréable. Un espace réservé aux piétons est suffisamment rare en Inde pour être souligné! Visite du Bara Imambara (mausolée shiite), très bel ensemble bien entretenu. En jour de week-end, l'ambiance y est beaucoup plus proche d'un site touristique qu'un lieu religieux (la mosquée reste même fermée). Assez rapidement on vient me parler, les étrangers seuls n'étant vraiment pas nombreux dans cette ville. Un groupe de jeunes étudiants et étudiantes viennent m'aborder, et j'ai droit à ma première (brève) discussion avec une fille au voile intégral – qui même si elle restait en retrait semble mieux maitriser l'anglais que ses copains qui faisaient l'essentiel de la conversation ! Assez pertubant pour discuter ... Mais en tout cas il semble s'agir d'une pratique "culturelle", qui ne l'empêche pas de faire des études et de sortir avec des amis du sexe opposé. En Inde plus qu'ailleurs, il faut en effet voir la religion comme un critère d'appartenance à une communauté et à son ensemble de pratiques, plutôt qu'une religiosité "spirituelle" et personnelle. Aux aux-revoirs, je suis même surpris lorsqu'elle me tend la main (même chez les hindous ce genre de contact n'est pas si courant). Voile intégral assez répandu, et communauté musulmane assez conservatrice donc (par exemple ils me disent qu'ici aucun de leur communauté ne fête Holi ici, alors qu'à Delhi les barrières sont moins strictes). Petite digression sur les différentes "façons" de se couvrir intégralement la face, qui ne se limite pas en Inde aux communautés musulmanes: - "Ghoonghat", le fait de se couvrir entièrement le visage d'un voile assez léger permettant de voir à travers (présent notamment chez les hindoues au Rajasthan) - "Dupatta" (l'écharpe que les filles portent généralement autour des épaules) où le fait de s'enrouler son écharpe autour du visage et de la tête, en ne laissant paraitre que les yeux. Etonnament, cette dernière est en fait plutôt applicable aux jeunes filles "modernes" (conductrices de scooters notamment!) qui le portent pour se protéger de la pollution, du soleil etc. Et aussi éventuelllement des regards ou du jugement des voisins (c'est une bonne façon de rester anonyme!). Ironiquement on trouve même des religieux hindous critiquant cette nouvelle "mode", et la "liberté" (de mouvement et de comportement) qu'elle peut donner aux jeunes filles ! Un nouvel exemple de la diversité / complexité des pratiques en Inde ! Cette fois-ci je me fais invité au restaurant par un groupe de trois cousins / frères. Et pas n'importe lequel: le "Tunday Kebab" visiblement une institution culinaire ici, que l'on doit rejoindre en rickshaw jusqu'au quartier d'Aminabad. Ils n'ont d'ailleurs pas trop apprécié que je sorte mon argent avant eux pour payer le trajet ... Difficile de leur faire comprendre que je me sentirais mal à l'aise de me faire entièrement invité. Repas pas si mémorable au final, le "kebab" ici étant une boulette de viande mixée sans consistance et que je n'ai donc pas trop apprécié (je reste un inconditionnel du riz byriani et de la grande diversité de ses préparations!), et les conversations étant au point mort sachant que leur anglais est limité et qu'ils semblent avoir perdu la patience nécessaire pour "converser" en hindi avec moi.

Rapide repos, puis visite du Chota Imambara, bien moins impressionnant mais visite sympa. En cette fin de journée, de nombreux enfants jouent au cerf-volants sur les toits des maisons. Tout le monde n'a pas encore de smartphone (ce dernier s'étendant à ma surprise bien au-delà de la classe moyenne), ce qui permet d'apprécier encore les jeux simples !

Je passe ma soirée sur la grande esplanade piétonne, à observer les nombreuses familles emmenant leurs enfants jouer ici et à manger les divers snacks et fruits proposés par les nombreux vendeurs. Tous semblent bien apprécier un peu d'urbanisme bien pensé et bien entretenu ! __

Réveil matinal, et en retournant vers le centre historique je tombe par surprise sur le "marché du dimanche" qui s'étend à l'arrière du Bara Imambara. Avec la lumière de début de journée dans le dos, et le monument en arrière plan, cela donne de belles photos: La balade est très agréable avant la chaleur de la journée, déjà des maximales à 35 degrés pour ce début mars ... Il s'agit d'un "marché frais" : toutes sortes de fleurs et d'animaux vivants (chèvres, poules ...), on en oublierait presque que l'on se trouve au centre d'une agglomération de 3 millions d'habitants! Je continue la marche vers la Gomti River, bien asséchée comme tous les cours d'eau de la région, dans l'attente d'une mousson que tout le monde qui sera salvatrice (si tout va bien).

Sur les bords de la rivière, les dhobi-wallahs lavent un linge de toutes les couleurs. Comme on voit la couleur de l'eau, noire et pleine de déchets, on a du mal à imaginer que le linge ressort plus propre qu'il n'y rentre ... Mais apparemment ça marche ! Je traverse la rivière sur un pont ayant des abris aménagés pour les piétons tous les 30 mètres, très pratiques pour se poser et admirer la vue à l'abri du soleil qui cogne déjà violemment. Décidément l'aménagement de cette ville me plait ! Même si cela n'enlève rien à l'odeur plus ou moins fétide qui accompagne chaque cours d'eau par ici ...

Puis il est déjà temps de reprendre le train, un départ dans l'après-midi permettant d'apprécier depuis la fenêtre la campagne, plus belle ici que dans le Western UP, avec de grands et beaux arbres parsemant les champs. A l'arrivée à Kanpur, on traverse le Gange, lui aussi très bas, et qui laisse donc la place aux paysans de faire pousser des cultures dans son lit: Petite anecdote: je me suis à risqué à raconter à mes collègues que le Gange n'avait presque pas d'eau, mais ils m'ont contredit en me disant que ce n'est pas possible "puisqu'il sort de l'Himalaya" - dans une mauvaise foi très indienne visant à ne pas laisser dire quelque chose de "dégradant" sur leur fleuve sacré!

En tout cas ce fut un très bon week-end, et je recommande chaudement cette ville, par exemple dans un trajet entre Delhi et Varanasi et/ou le Népal. Petit conseil / rappel à ceux qui comme moi se basent (au moins partiellement) sur les guides de voyages pour s'inspirer: le Lonely Planet mentionne vraiment beaucoup d'endroits peu visités, bien plus que le Routard qui se limite aux sites "incontournables" et qui au final apporte moins de valeur ajoutée à mon goût.
MI Michel46 Globetrotter ·
Bonjour, Merci du partage de ces magnifiques commentaires et photos de ce beau pays particulier ! Bonne continuation
a+ Michel T@ http://michel.talon.free.fr
YA Yan55 Veteran ·
Bonjour Vincent, je suis avec beaucoup d'intérêt ton récit... je suis allée en janvier, à Mathura et, comme toi, j'ai bien aimé flâner dans la vieille ville malgré son état d'abandon... j'ai également visité, après avoir dû montrer patte blanche aux militaires en faction à l'entrée, la mosquée "Katra Masjid" et ce que j'ai trouvé amusant et original, c'est que pour arriver devant l'escalier de la mosquée, il faut traverser des "fermes" avec des buffles et chèvres, des granges avec foin et les habitations des paysans. C'est d'ailleurs sympa de voir toute cette vie paysanne, les travaux domestiques sur les toits plats des maisons : galettes de bouse et linge qui sèchent... du haut de l'escalier de la mosquée. Quant au temple de Krishna, c'est vrai qu'il n'y a pas grand intérêt du point de vue architectural mais j'ai bien aimé l'ambiance de ferveur qui y régnait (comme c'est souvent le cas dans les temples en Inde)... Le retour à la guest-house en suivant la voie ferrée a aussi été très intéressant... Si ça te dit, j'ai mis tout ça ici : http://un-endroit-ou-aller.over-blog.com/2018/03/mathura.html

Merci encore pour ton sympathique carnet... Anne
Anne Mes récits de voyages : www.unendroitoualler.fr
FA FabGreg Globetrotter ·
Et pas n'importe lequel: le "Tunday Kebab" visiblement une institution culinaire ici (...) Repas pas si mémorable au final, le "kebab" ici étant une boulette de viande mixée sans consistance et que je n'ai donc pas trop apprécié

L'histoire rapporte que les plats du Tunday Kebab ont été concoctés pour un nawab édenté. D'où des boulettes hachées aplaties dont l'intérêt gustatif découle des condiments et herbes avec lesquelles ces boulettes sont préparées.

Le cuisinier a conservé le secret de ses recettes et un héritier a fondé le restaurant "Tunday Kebab". Au sein de la génération actuelle, un cousin a fondé un restaurant concurrent (New Tunday Kebab?) cassant les prix et proposant de la livraison à domicile. Pas sûr que l'on retrouve la même expérience gustative.

Pour ma part, j'avais adoré les plats que j'avais goûté en mars 2012 au restaurant d'origine. L'impression que la viande fondait sur ma langue, aucun besoin de mâcher. Délicieuses saveurs en sus.

Peut-être cela a t'il changé... Peut-être affaire de goût.

La seule fois de ma vie où j'ai apprécié une adresse culinaire du Lonely Planet. D'habitude, je les fuis. Ici, j'y suis arrivé par hasard, alors que je déambulais dans Aminabad. C'est la vente du stand sur la rue qui m'a attiré. Très local, aucunement occidentalisé (en 2012 en tout cas).

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
MY Myrms ·
WE de 3 jours dans le Madhya Pradesh Train de nuit pour Bhopal sans aucun problème. Les 2 retards majeurs expérimentés sur mes 5 premiers trajets en train étaient donc plus de la malchance qu'une règle. Il est d'ailleurs intéressant de souligner que si les gares ont un aspect vétuste et délaissé, il existe en revanche une multitude de sites internets très utiles et précis: réservation en ligne sans ticket à imprimer, suivi en temps réel des trains avec l'heure de passage à chaque gare et statistiques des retards pour chaque train (très utile comme les écarts peuvent significatifs - certains trains ayant la priorité sur d'autres).

Dans les trains, il est courant de voir des passagers ne se connaissant pas partager des écouteurs pour regarder ensemble des vidéos – comme tout le monde n'a pas encore de smartphone. Il est même courant de regarder sans gêne l'écran d'autres passagers, le champion à ce niveau là étant un jeune qui m'avait regardé écrire un message avant de me demander si j'écrivais à ma "gilrfriend" (en voyant par la photo qu'il s'agissait d'une destinatrice) !

Arrivée matinale à Bhopal après une nuit assez courte. Découverte de la "vieille ville", qui se révèle être sans grand intérêt. Visite de la Taj Ul Masjid, parfois décrite comme la plus grande d'Inde même si je n'en ai pas eu l'impression. Commencée au milieu du XIXème siècle (sous le règne d'une sultanE, c'est assez rare pour être précisé!), elle se révèle être assez décevante architecturalement – le plus intéressant étant d'observer rapidement les cours d'école coranique à l'intérieur:



A voir tous ces enfants lire de manière frénétique le Coran (et surtout ne recevoir que ça comme éducation), on peut quand même se dire qu'il n'est pas étonnant que cela puisse produire chez certains au mieux une étroitesse d'esprit, au pire des réactions violentes à la moindre entorse à ce qui y est écrit ...

Balade ensuite dans la zone entre la Moti Masjid et le Sadar Manzil, où se concentrent un certains nombre de vieux bâtiments intéressants.

Visite du Gauhar Mahal, avec le gardien qui attend de (rares) visiteurs pour se proposer d'ouvrir les portes contre rémunération. Intéressant mélange de styles architecturaux, notamment les portes et colonnes en bois finement sculpté.

Dès le début d'après-midi j'ai l'impression d'avoir fait le tour de la ville (il y a aussi des musées connus mais cela ne m'attire pas), j'utilise mon Lonely Planet digitalisé pour choisir une sortie dans les environs: ce sera Islamnagar, capitale éphémère de l'état princier de Bhopal. Cela a beau être un petit village, il est relativement facile à atteindre en 2 transports collectifs depuis le Bhopal Talkies Square – c'est bien l'avantage des pays où une grande partie de la population n'a pas d'autres choix que d'utiliser des transports en commun. Quelques monuments intéressants mais rien d'extraordinaire, la visite est surtout intéressante pour la tranquillité et la campagne alentour.



Les cours d'eau sont quasiment stagnants, ce qui est pratique pour des photos de reflets, mais nettement moins agréabe au nez : même en pleine campagne il s'en dégage une odeur de moisissure caractérisée. Au niveau d'un rapide, une mousse blanchâtre d'une origine sûrement peu naturelle se forme.



Retour à Bhopal pour un sommeil précoce. __ Je profite au petit matin du "rooftop" de l'hôtel, qui sert uniquement de décharge. Presque chaque hôtel a en effet un toit accessible, qui sert souvent pour étendre le linge ou pour les habitations des employés - ils ne sont aménagés uniquement dans les hôtels visant spécifiquement les touristes étrangers.

Visite du site bouddhique de Sanchi, facilement rejoint en bus depuis Bhopal. Au niveau des représentations humaines et animales, on se trouve ici en quelque sorte au milieu des styles hindous et musulmans: profusion d'animaux, de démons et autres personnages, mais le sacré, c'est-à-dire Bouddha, n'est quant à lui représenté que symboliquement, le plus souvent par un arbre.



La réprésentation humaine de Bouddha n'aurait été introduite que plus tard avec la civilisation Greco-Bouddshiste - issue d'un intéressant mélange culturel suite aux conquêtes d'Alexandre Le Grand vers l'actuel Afghanistan. Dont il ne reste malheureusement plus grand chose à voir, les Talibans ayant dynamité leur plus belle réalisation à Bamiyan ...

Je reste bien longtemps à admirer les très beaux et variés bas-reliefs sur les portails, très bien entretenues et rénovées depuis la redécouverte du site lors de la colonisation britannique. Les Britanniques qui sembleraient avoir eu un attachement au patrimoine culturel indien plus important que bon nombre d'Indiens d'aujourd'hui !

Puis je fais le tour de la colline en marchant sur les restes d'une muraille, en appréciant le paysage avec parfois aucune construction humaine en vue, ce qui est très rare !

La pénible chaleur d'une fin de mois de mars augure déjà d'un été indien (mai-juin) très difficile ...

Je continue ma route vers Vidisha, que j'ai prévu de visiter "au passage" avant d'y prendre un train. La petite ville se révèle au final très intéressante, avec un centre ville assez préservé : de nombreux bâtiments avec balcons en bois, toits en tuile et globalement peu de constructions du style habituel en brique recouverte de plâtre (ou au moins les maisons sont peintes d'une belle couleur).



Je reste parler à 2 commerçants qui m'avaient appelé, surpris de voir un étranger se balader ici - surtout sous cette chaleur. Visiblement les clients sont peu nombreux !

Je me dirige ensuite vers le Bija Mandal, repéré sur Google Maps. L'approche à pied fut assez mémorable, le quartier alentour étant assez pauvre, ce qui se traduit comme souvent par un encore plus grand nombre d'enfants et d'adolescents trainant dans la rue. Surtout que je dois faire tout un détour et demander mon chemin pour trouver l'entrée du site. Petit coup d'adrénaline ne sachant pas vraiment là où j'ai mis les pieds ... mais aucune insécurité au final (et c'est bien une des grandes beautés de ce pays!). Un groupe de jeunes "kékés" (ce terme s'appliquant très bien à une grande partie des jeunes Indiens!) me proposent même partager avec eux du "gutka", le tabac à mâcher très répandu en Inde pour les classes populaires en particulier, que je refuse évidemment. Il n'y a visiblement pas d'eau courante dans le quartier, et on voit les habitants remplir des bidons d'eau grâce aux pompes manuelles dans la rue. Le site, une construction massive en pierre sombre, est intéressant et étonnamment bien entretenu.



Il s'agirait d'un ancien temple hindou, que Aurangzeb (encore lui!) aurait fait détruire pour y reconstruire une mosquée à la place.

Puis je me dirige lentement vers la gare, sous le charme de ce centre-ville qui est probablement le mieux préservé de ceux que j'ai pu voir à ce jour en Inde. En attendant mon train, je peux admirer ce temple hindou, dont l'entrée fait davantage penser à une attraction pour enfants qu'un temple religieux, le kitsch n'ayant ici pas de limite:



Arrivée de nuit à Lalitpur, avant la visite de Chanderi le lendemain. __

Bus pour Chanderi, c'est déjà le temps de la moisson de blé, parfois par moissonneuse batteuse (sans cabine) ou parfois encore à la main.

Centre-ville assez beau avec de nombreux vieux édifices en brique, mais je suis directement attiré par le fort de colline surplombant toute la ville - et autant faire la montée avant qu'il ne fasse trop chaud !

Superbes vues sur la ville et les collines environnantes, et quasiment personne.



L'ensemble des monuments de la ville ont visiblement été récemment restaurés à grande échelle, ce qui est assez surprenant vu le peu de visiteurs que la ville accueille. Les murailles et le fort sont donc impressionnants, même si ça sent quand même le neuf à la longue.

Comme hier, j'ai la chance de trouver de la compagnie pour me poser et discuter tranquillement, ce qui fait beaucoup de bien sous cette chaleur ... Cette fois-ci il s'agit du gardien du site, venu m'aborder pour me dire de faire attention aux singes, effectivement assez agressifs ... Communication assez efficace, notamment grâce à son utilisation d'un traducteur vocal sur son smartphone quand il y a eu blocage. Il me raconte qu'il est célibataire à 30 an passés - ce qui est très vieux en Inde, l'âge moyen pour le mariage étant 22,8 ans. Difficile pour lui de trouver en restant dans son village natal. Et pour ne pas aider, en cherchant seulement au sein de sa communauté de "Pathan" (Pachtoune), les autres communautés musulmanes n'étant pas considérées. Bavardage pendant plus d'une heure posés sur le rebord de la muraille, il n'a visiblement pas beaucoup de pression avec le faible nombre de visiteurs.

Je redescends en ville pour déjeuner, puis visite tranquille de la Jama Masjid, elle aussi très restaurée, et surtout du Badal Mahal où l'on peut se poser sur la pelouse bien entretenue et admirer la vue:



Les locaux ne s'y trompent pas, et sont nombreux à venir y faire une sieste. L'architecture islamique est assez différente du style Moghol ici, et évoque plutôt l'Asie Centrale / la Perse.

Après une dernière balade dans la très agréable vieille ville, il est temps de rentrer à Lalitpur pour prendre mon train de nuit pour Delhi. Arrivée difficile à 4h30, j'avais espéré un retard de 30/60 minutes comme cela arrive souvent mais ce ne fut pas le cas ...
FA FabGreg Globetrotter ·
A voir tous ces enfants lire de manière frénétique le Coran (et surtout ne recevoir que ça comme éducation), on peut quand même se dire qu'il n'est pas étonnant que cela puisse produire chez certains au mieux une étroitesse d'esprit

J'ai été témoin d'une scène similaire à la Mosquée Fatehpuri à Old Delhi. Déjà au milieu du XIXe siècle, c'était un bastion du wahhabisme.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
YA Yan55 Veteran ·
Bonjour Vincent, c'est amusant, nous sommes passés, en janvier dernier, dans les mêmes endroits que toi : Bhopal, Sanchi, Chanderi. As-tu eu le même problème de logement que nous à Chanderi.? nous aurions aimé loger dans le seul hôtel du centre mais celui-ci, à notre grand étonnement lors de notre demande, nous a dit être complet ! et l'hôtel gouvernemental à la sortie de la ville également... nous avons dû nous rabattre sur un "resort" à 4kms de là où il ne restait qu'une seule chambre. Etrange pour un endroit si peu touristique ! nous avons eu l'explication en arrivant : une équipe de tournage de Bollywood avait retenu toutes les chambres pour deux mois... http://un-endroit-ou-aller.over-blog.com/2018/03/chanderi.html http://un-endroit-ou-aller.over-blog.com/2018/03/bhopal.html

Nous avons bien aimé le chowk très animé de Bhopal et l'ambiance générale de cette ville... et nous avons assisté également à l'école coranique dans la grande mosquée mais nous n'avons pas eu vraiment l'impression d'étroitesse d'esprit, que ce soit là, où nous avons pu pénétrer pendant la leçon et prendre autant de photos que nous voulions sans problème, ni à la Mothi Masjid où un fidèle est venu vers nous pour discuter de religion d'une façon tout à fait libre. Nous avons eu plutôt l'impression que les musulmans de Bhopal étaient plus ouverts et accueillants qu'à Amhedabad, par exemple...
Anne Mes récits de voyages : www.unendroitoualler.fr
MY Myrms ·
Bonjour Anne,

Je n'ai pas dormi à Chanderi même, donc pas de soucis au niveau de l'hébergement. Par contre cela me fait penser à une autre anecdote. De passage à Bulandshahr, ville absolument pas touristique, tous les hôtels m'ont répondu être complets ... Au bout du 5ème, et comme le personnel parlait un peu anglais (puisque j'ai dû monter en gamme par défaut), je demande au manager si c'est parce que je suis un étranger que tout le monde me refuse. Il se sent alors très gêné ... et se sent "obligé" d'aller rechercher son code pour remplir en ligne le C-Form, c'est-à-dire la déclaration officielle que doivent remplir les établissements qui accueillent un étranger même pour une nuit. Puis il me fait comprendre que je devrais être reconnaissant qu'il ait fait cet effort là (que les autres hôteliers n'ont pas fait). Dans un pays émergent où la pauvreté reste commune, c'est quand même très surprenant (et triste) cette fainéantise !

Nous avons bien aimé le chowk très animé de Bhopal et l'ambiance générale de cette ville... et nous avons assisté également à l'école coranique dans la grande mosquée mais nous n'avons pas eu vraiment l'impression d'étroitesse d'esprit, que ce soit là, où nous avons pu pénétrer pendant la leçon et prendre autant de photos que nous voulions sans problème, ni à la Mothi Masjid où un fidèle est venu vers nous pour discuter de religion d'une façon tout à fait libre.

Je n'oppose pas le conservatisme religieux musulman au sens de l'accueil et à l'hospitalité - bien au contraire, de mon expérience cela va même plutôt de paire. Au passage, je suis d'ailleurs content d'apprendre que cela puisse aussi s'appliquer aux touristes femmes. Ma remarque porte plutôt sur le rôle général de ces écoles coraniques (souvent financé par des organisations du Golfe - même si je ne sais pas si cela s'applique à Bhopal), et on voit bien les dégâts que cela peut créer chez les voisins du Pakistan et du Bangladesh avec une intolérance et un extrémisme croissant (contre les laïcs, les autres religions ...). Mais écrire cela n'enlève rien à l'intérêt que je porte à cette culture, qui se traduit par une orientation très marquée dans mes choix de destinations !

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