Accessibilité des aéroports aux vélos

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L'avion est un moyen rapide, certes, pour se rendre d'un point à un autre de notre chère terre. Mais pour le côté pratique, prendre un avion avec un vélo en soute, ça se complique. Je ne parle pas du choix de la compagnie aérienne; jusqu'à présent j'ai réussi à voyager avec mon vélo sans avoir à payer de supplément (Lufthansa, LOT), tout en n'échappant pas aux regards effarés voire ahuris et sourires crispés des personnels chargés de l'enregistrement des bagages.

Je voudrais plutôt évoquer la difficulté d'atteindre ou de quitter un aéroport sur deux roues non motorisées. Même si je n'ai pas une grande expérience dans le cyclotourisme, j'ai engrangé quelques petits souvenirs à ce sujet.

Dès mon premier voyage de l'aéroport Saint-Exupéry de Lyon à l'aéroport Logan de Boston, nous avons eu une petite mésaventure. Aucune difficulté pour atteindre l'aéroport de Lyon, un ami m'avait emmené en voiture avec le vélo bien empaqueté dans son carton d'emballage. Par contre à Boston, pour quitter la zone aéroportuaire, imprudents que nous étions, sans avoir songé un instant à prendre un plan de la ville, dans la nuit déjà tombée, nous nous sommes retrouvés par inadvertance sur une voie rapide (2 X 2 voies). Affolement dans nos regards. Que faire ? Il devait y avoir une autre route, nous l’avons cherché sans la trouver. Nous n’avons pas non plus vu de panneaux d’interdiction d'accès aux bicyclettes. L’accotement étant très large (qualité des routes spacieuses américaines), étant déjà engagés, nous espérions gagner très rapidement, et discrètement, ni vu ni connu la prochaine sortie. Ça n’a pas manqué. Un véhicule de police, puis un deuxième se sont rangés sur le bas côté (à juste titre d’ailleurs). Nous avons expliqué au jeune policier (l’autre étant reparti entre temps voyant que son collègue maîtrisait parfaitement la situation), que nous n’avions pas trouvé d’autres axes pour quitter l’aéroport et que nous étions perdus. Il est demeuré impassible. Il a parlé peu mais bien. Il a décidé de nous escorter à la prochaine sortie. Sympa, il ne nous a pas verbalisé. Il a neutralisé la circulation derrière nous, ce qui nous a donné l’illusion d’avoir cette large chaussée pour nous tout seul. Morale de cette mésaventure : nous avons été fautifs par négligence d’une part (pas de plan quand même !!!) et d’autre part à cause de la trop grande place accordée aux véhicules motorisés, favorisant la construction d’échangeurs et d’un réseau serré d’axes routiers à gros débits où les cyclistes ont du mal à trouver leurs places.

Autre exemple, en partant de Paris, cette fois. Echaudé par la mésaventure de Boston et par là éviter les grands axes routiers, j’ai opté pour le RER (train desservant Paris et sa banlieue) pour rejoindre l’aéroport Charles de Gaulle. Les franciliens savent que les RER possèdent des compartiments accessibles aux vélos (Eviter quand même les heures de pointes). Cette fois, j’avais préparé mon itinéraire avec minutie. J’ai d’abord, choisi la gare, celle équipée de portiques suffisamment larges et automatiques (pour éviter d’être tributaire de la disponibilité des agents de la RATP). La gare du Nord répond à cette contrainte par la mise à disposition d’un ascenseur suffisamment grand pour contenir un vélo chargé de ses 4 sacoches et de 2 à 3 personnes supplémentaires. Son entrée est située à l’extérieur de la gare près des terminus des bus urbains. Une fois au niveau inférieur de la gare vous pouvez emprunter le portique le plus à droite, 2 fois plus large que la normale, et qui s’ouvre à l’aide de votre carte navigo. Donc très pratique : pas besoin de chercher désespérément un personnel de la gare pour qu’il vous ouvre. Une fois dans la place, le plus dur fait. Il ne vous reste qu’à vous laisser porter (en maintenant quand même solidement le vélo) par les escaliers mécaniques jusqu’au quai RER de la ligne B.

Pour le voyage de retour, j’avais décidé de tenter le trajet CDG – Paris en partant directement de l’aéroport. Je m’étais dit que rejoindre la piste cyclable du canal de l’Ourcq via Roissy et Aulnay-sous-Bois devait être faisable. Effectivement, c’est faisable mais très inconfortable entre l’aéroport et le village de Roissy. Même problème qu’à Boston à une différence près. Si de l’aéroport de Logan, il existe sans doute une route « cyclable », de CDG, il n’y en a pas. Quelque soit la direction choisie, on est obligé de se retrouver roulant sur le bas côté d’une chaussée à 2 fois 2 voies. Et c’est autorisé ; ce n’est pas faute d’avoir demandé aux personnels de l’aéroport et aux policiers en faction à l’extérieur du terminal. Il n’ y a pas d’autres chemins ! Je ne demande pas forcément une piste cyclable mais au moins une route qui n’encourage pas la vitesse à outrance. J’ai bien envie d’écrire à Aéroports de Paris, afin de prévoir des aménagements pour les vélos. Sommes nous vraiment nombreux à se rendre directement à cet aéroport en vélo ?
AL Alain77124 Regular ·
Bonjour!...[;)]

Je travaille sur l'aéroport de Roissy et effectivement j'en vois quand même pas mal qui se rendent ou qui quittent CDG en vélo notamment à la belle saison.

Salut à plus Alain
JO Jo29 Regular ·
J'ai eu les mêmes aventures à S.Francisco et Las Vegas. Pour ce qui est de Paris mieux vaut connaître et ne pas habiter à...Brest ou Nancy . J'en suis arrivé à acheter un vélo sur place lorsque je me rends à l'étranger et à le revendre avant le retour; ainsi plus de soucis.
CY Cyclodine Regular ·
Salut,

Pour quitter l'aéroport de Glasgow, nous avons demandé sur place à un agent de police et heureusement car seul qqun qui connaissait pouvait nous aider!

Pour rejoindre l'aéroport d'Edinburgh, il n'y avait rien sur notre carte, juste une autoroute. L'angoisse a commencé. Nous sommes allés à l'office du tourisme qui nous a indiqué le bus faisant la liaison (type Paris/Roissy ou Orly) mais ils ne prenaient pas les 3 vélos et 12 sacoches (ce que je peux concevoir). Mais l'office de tourisme nous garantissait l'absence de route.

Nous sommes allés au commissariat. Là le gars nous dit de prendre la bande d'arrêt d'urgence! Bien sûr!!!! Pas à sa connaissance de route rejoignant l'aéroport!

Les cabs voulaient bien nous prendre (le comble!). Avec 2 cela pouvait aller mais le coût était élevé. On a gardé cette solution sous le coude en cas de pbm.

Finalement, nous sommes allés à une librairie pour acheter la carte détaillée d'Edinburgh et environs et que voit-on, une piste cyclable allant à l'aéroport mais dont personne ne connaissait l'existence, ainsi que une portion de route accessible aux vélos.

Concernant l'aéroport de Québec, il se quitte très bien à vélo mais pareil nous étions accompagnés de qqun en vélo qui connaissait (tout de suite ça a toujours l'air très simple) et pour rejoindre celui de Montréal, nous avions une carte détaillée de la ville et environ et nous avons pu faire une bonne partie du trajet sur pistes cyclables puis sur route accessible aux vélos (on a un peu demandé notre chemin sur la fin). Nous avons dû faire les derniers 500m sur un bout de voie rapide toujours très stressant et flippant mais bon pas le choix et on savait que c'était 500m donc on s'est fait tout petit et c'est passé!

Je pense que de toute façon il faut essayer de se procurer les cartes très détaillées du coin car les gens ne sont pas du tout habitués à aller à l'aéroport en vélo et ne connaissent que les grands axes alors que pour l'instant pour les aéroports que j'ai fait les petits axes existaient mais étaient difficiles à dénicher.

Mais le pbm est là bien réel alors faites bien attention et préparez ça bien car c'est très stressant au moment où!

Bonne remarque, bon sujet! Peut-être que certains peuvent dire quels aéroports ils ont quitté ou lesquels ils ont atteint et comme ça on sait qui contacter en MP si on a besoin de l'itinéraire!
Cyclodine

Rustine Air Service - Les gonflés du Cyclotourisme http://cyclotourisme.free.fr
ON Onéguine ·
Bonjour,

Merci pour vos messages. ça me rassure de ne pas avoir été le seul confronté aux mêmes problèmes. Je commençais à me dire que je me débrouillais vraiment mal!

C'est vrai que mon entourage s'étonne souvent que je ne fasse pas le choix de louer un vélo une fois arrivé à destination. Je ne sais pas si c'est vraiment facile, de trouver un VTC équipé d'un porte bagage arrière et d'un porte sacoche avant (et à quel prix?). si c'est le cas pourquoi pas choisir cette solution, finalement.

Amicalement,

Patrice
ON Onéguine ·
Merci Cyclodine,

Je reprends courage.

Toutes ces expériences actuelles et à venir nous sont très utiles.

En parlant de cab, j'en ai pris un à Boston. Et contrairement aux chauffeurs de taxi parisiens, ils acceptent de transporter dans leurs coffres des objets encombrants; et tant pis si ça dépasse.

Pour en revenir, à la puissance souveraine des voitures et camions (les gros trucks US) exercée sur le réseau routier, je voudrais vous faire d'un fait étonnant. Pour rejoindre la ville de Trois rivières (Québec), par le Sud en franchissant le Saint Laurent, sur votre vélo, c'est tout simplement pas possible! En effet l'unique pont est occupée par une voie interdite aux vélos et aux piétons (Ni passerelles ni trottoirs). La police veille. Il vous en coûtera 10 piasses (chaque piasse valant plusieurs dollars canadiens) et sans doute la vie, vue la densité du traffic. Solution: soit faire un détour de 50 kilomètres, soit faire du pick up stop à la station service d'à côté, le temps de la traversée du pont.

Je reprends à mon compte la très judicieuse recommandation de Cyclodine, pensez à vous procurer un plan détaillé, voire très détaillé et osez interroger les autochtones.

Cordialement,

Patrice
CY Cyclodine Regular ·
De rien[:)]

Pour le vélo, on m'a déjà posé la même question sur le fait que je l'emmène avec moi! La réponse que je fais toujours c'est que mon vélo je le connais (et il me connait [;)]), je sais comment il se comporte une fois chargé, je sais quelles sont ses limites, ses réactions dans les descentes vertigineuses. Tout est réglé dessus au millimètre pour accueillir mes sacoches, moi, mon compteur... Et surtout je sais qu'il tiendra le coup au niveau mécanique!

Un vélo de location ne remplira pas toutes ces conditions!!!

Concernant ta remarque sur les trucks, on s'est fait qq magnifiques grosses frayeurs au Québec avec eux ou mêmes les gros pick-up! Pas vraiment de routes secondaires là-bas (comme nos petites départementales) et sur les routes, les véhicules filent et il n'y a pas toujours cette espèce de "bande d'arrêt d'urgence" pour se caler bien tranquille sur le côté. C'était tout l'un ou tout l'autre, soit les voitures s'écartaient sur la voie d'en face nous laissant une belle distance de sécu, soit ils nous frôlaient dangeureusement. Mais je crois qu'ils n'ont vraiment pas l'habitude. En 3 semaines, nous n'avons vu que deux fois des cyclotouristes! Quant aux trucks, ils avaient parfois, vu leur grande longueur, tendance à se rabattre trop tôt. Voyant l'arrière d'un camion venir vers moi un peu trop vite et près, je me suis jeter dans le bas côté par moi-même pour éviter de m'y faire pousser par plus fort que moi!!!

Il est sûr que ce n'est pas le pays où je me suis sentie pédaler le plus en sécurité sur les routes! Je parle sécurité au niveau circulation! Sauf paradoxalement dans les grandes villes!

Pour les traversées du Saint Laurent, nous avons opté pour les traversiers, tranquille, sympa et sûrs.

Voilà!
Cyclodine

Rustine Air Service - Les gonflés du Cyclotourisme http://cyclotourisme.free.fr
ON Onéguine ·
Bonjour Alain,

Puisque tu travailles à Roissy CDG, peut-être sais tu quel service je pourrais contacter pour sensibliser les gestionnaires de cet aéroport, à ces difficultés rencontréespar les cyclistes. Je suppose que les pouvoirs publics ont également un rôle à jouer. D'ailleurs comment sont les aéroports de Paris sont ils organisés?

A bientôt!

Cordialement,

Patrice
ON Onéguine ·
C'est vrai que je suis assez attaché à mon vélo (y a-t-il du sentiment là dedans?). Il a vu et traversé les mêmes régions que moi, les mêmes difficultés aussi. Alors faire un voyage sur une longue distance sur un vélo que je ne connaîs pas?

Je constate que tu connais bien le Québec. Moi aussi, je n'ai pas vu beaucoup de cyclo là-bas, juste un couple d'anglais sur l'axe Trois rivières - Québec. Et ta crainte des poids-lourds n'est pas un vain mot. Avec Yann, l'ami avec qui je pars en voyage on se relaie pour la position arrière - à charge d'avertir l'autre lorsque déboulent ces masses en furie, et en un mouvement synchrone nous nous rangeons dans l'herbe. C'est plus prudent.

Merci encore pour vos témoignages éclairés. Je n'ai pas encore beaucoup de voyage à mon actif. Je n'aurai jamais fini d'apprendre.

Cordialement,

Patrice

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